Qu’est-ce que le mouvement Slow ? Interview de Louis – Slow World

Mouvement Slow

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas publié d’interview sur le blog. Je remets le couvert avec une intervention un peu spéciale. Louis est un lecteur du blog qui est lui-même blogueur sur Slow World, qui aborde le mouvement Slow. Il m’a proposé de vous expliquer comment on peut ralentir nos modes de vie et en quoi cela répond à une démarche éco-responsable. Le résultat est très, très intéressant !

1. Bonjour Louis, peux-tu expliquer ce qu’est le mouvement slow et à quels domaines il s’applique ?

Bonjour Emma, tout d’abord, merci beaucoup pour ton accueil sur ton blog 🙂

Pour faire simple, le mouvement Slow (ou Slow Movement en anglais) préconise de ralentir les rythmes pour retrouver un équilibre personnel et planétaire.
La philosophie Slow met en avant 2 choses : le fait de prendre le temps et la vision à long-terme.

L’objectif est donc de préserver à la fois l’être humain et l’environnement. Cela passe par ce que j’appelle la décélération intelligente. La bonne nouvelle avec le mouvement Slow, c’est qu’il s’applique à TOUS les domaines de la vie. Que ce soit la nourriture, le développement des villes, l’entrepreneuriat et le management, l’art, le sexe, la cosmétique, le voyage… Pour résumer, partout où le rythme pourrait être « abusif », il existe une démarche Slow (avec ou sans association). 🙂

Louis-Baumstark Slow world

 

Les avantages & intérêts d’adopter la Slow Life sont nombreux. Les bénéfices sont à la fois personnels et collectifs. Dans un premier temps, le but est de se resynchroniser avec la nature et retrouver son rythme personnel. De ce fait, en arrêtant de subir la cadence imposée par la société, nous limitons les possibilités d’être touché par les maladies du temps (pression, stress, burn-out, bore-out, brown-out, suicide…).

C’est aussi faire du « plus » avec du « moins ». Très souvent, il s’agit de baisser la « quantité » pour augmenter la « qualité ».

Par exemple, manger moins mais mieux. Produire moins mais mieux… Dans cette démarche, on y retrouvera – par exemple – le bio qui consiste à produire un peu moins mais en meilleure qualité, tout en respectant les sols, le producteur, etc.

Dans ma vision du Slow, tout est interconnecté de manière logique. Il n’y a pas d’univers « séparés ». C’est vraiment ce qui fait la force de ce mouvement.

 

2. Quelles similarités ou différences avec les mouvements minimalistes, bio/éthique, zéro déchet, végane, seconde main etc. ?

Comme dit précédemment, le mouvement Slow s’applique en réalité à tous les domaines. Donc de mon point de vue, tous les mouvements que tu cites sont rattachés à la philosophie Slow. Je ne dis pas que tous ces mouvements sont nés grâce au Slow, mais simplement qu’en adhérant à la Slow Life, vous pratiquerez – de près ou de loin – le minimalisme, le bio, le zéro déchet, etc.

Manger zéro déchet camping

 

Par exemple, j’aime beaucoup la viande, mais j’ai pris conscience depuis plusieurs années qu’il fallait que je baisse ma consommation. Depuis que je suis dans la démarche Slow, j’ai réduit drastiquement ma consommation (via notamment les alternatives végétariennes).
Au niveau « déchet », j’essaye de plus en plus de choisir des produits sans emballages via les épiceries en vrac, etc. Je n’ai jamais été un grand acheteur mais je réduis encore mes achats et mes possessions matérielles, j’achète en seconde main de temps en temps…

Cependant, je reconnais que je ne suis pas à fond sur les possibilités qui s’offrent à moi. Pour faire simple, je sais que je pourrais faire encore mieux.

Donc, en réalité, mon positionnement n’est pas Vegan, n’est pas Zéro Déchet, ni Minimaliste au sens « strict » du terme… Par contre, si je poussais les curseurs de la philosophie « Slow » aux extrémités, j’arriverais dans ces mouvements « Vegan », « Zéro Déchet » ou encore « Minimalistes ».

C’est ce qui est très intéressant avec le Slow ! Cette philosophie permet de trouver un positionnement sans être nécessairement dans l’extrême tout de suite. Elle permet de mettre un pied à l’étrier et surtout d’aller à son propre rythme sans imposer quoi que ce soit, tout en encourageant à faire toujours mieux.

A mes yeux, c’est LA différence majeure avec les autres mouvements cités ci-dessus qui imposent souvent un « cahier des charges » beaucoup plus « strict ». Pour le reste, les démarches sont très similaires : mieux vivre, préserver l’environnement et le bien-être (humain / animal), etc.

En un mot : assurer la prospérité.

 

3. Par exemple, comment caractérises-tu un voyage slow ? en quoi ça consiste ?

Alors là, tu ne pouvais pas mieux faire pour me poser une question piège 🙂

Le voyage est l’un des rares thèmes du Slow Movement sans réelle représentation via une association. La philosophie Slow arrivant de plus en plus sur le devant de la scène, les professionnels du tourisme et du voyage commencent à s’engouffrer dans la brèche… Donc chacun essaye de trouver le bon argument marketing.

Du coup, même problème pour les points de vue des adeptes qui divergent un peu. Pour certains, tout transport polluant doit être banni, pour d’autres c’est juste le fait de manger un plat local…

Plitvice fall

 

Pour ma part, ce qui caractérise un Slow Traveler (adepte du Slow Travel), c’est l’état d’esprit « d’aventurier ». Ne pas avoir peur de dormir chez les habitants, prendre le temps de se perdre dans les rues et découvrir par soi-même, goûter aux plats locaux, essayer de vivre comme un local (prendre les transports en commun, trouver le bar du coin sympa…). Je dis aussi « préparer son voyage, mais pas trop » afin de se laisser des ouvertures sur les imprévus.

Bien évidemment, s’arranger pour limiter son empreinte carbone au maximum… Et surtout : éviter les voyages organisés qui sont archi chronométrés, blindés de touristes puisqu’on fait visiter à tout le monde la même chose… Le Slow Traveler aura a cœur de trouver « le truc » que les autres n’auront pas fait parce qu’il aura fallu prendre le temps, parce qu’il aura fallu se perdre dans les rues, poser des questions aux locaux, etc.

C’est pour cette raison que je n’ai aucun problème avec les modes de transport (comme l’avion) à condition que ce ne soit pas abusif. Comme je l’explique dans l’une de mes vidéos : « je souhaite bon courage à celui qui veut visiter le Japon en y allant à vélo avec 10 jours de congés ».

Le mot d’ordre – comme dans toute la philosophie Slow – c’est : PRENDRE LE TEMPS.

 

4. Justement, aujourd’hui, on dit tout le temps ˝je n’ai pas le temps˝. Penses-tu que le mouvement Slow puisse vraiment trouver une place dans une société où le stress et les « to do list » sont grandissants ?

C’est vrai que j’entends cette expression de plus en plus souvent ! Je ne te le cache pas, c’est dur… pour le moment ! Et c’est là-dessus que je travaille notamment avec mon blog : trouver les axes pour développer la philosophie Slow en sachant que l’on reste – en partie – tributaire du rythme imposé par la société.

Mais justement ! Je pense que c’est maintenant ou jamais que le mouvement Slow a toute sa place ! Comprendre que chacun doit « ralentir » et « prendre le temps » est une nécessité ! Que ce soit d’ailleurs pour la personne concernée ou pour la planète !

Il n’y a qu’à lire tous les articles que tu rédiges sur ton blog pour se rendre compte que la course au profit effréné engendre des catastrophes planétaires et humaines terribles. On aurait tous à y gagner de calmer le jeu…

Bali_antistress

Pour raccrocher sur le stress puisque tu m’en parles dans ta question, la philosophie Slow préconise de soigner les maux à la racine plutôt que mettre un « pansement ».

En ce moment, dans les entreprises, la mode, c’est de faire des séances de méditation et de relaxation pour enlever le stress (ce qui est – en soit – louable). Mais ne serait-il pas plus intelligent et j’ose même dire « productif » de repenser plutôt le management ?
Parce qu’après la séance de Yoga, si la gestion dans l’entreprise n’a pas changé, le stress reviendra tout aussi vite… L’approche Slow proposerait plutôt une formation au Slow Management qui éviterait la création de stress dans l’entreprise. A ton avis, qu’est-ce qui fonctionnerait le mieux sur le long terme ?

Concernant les « to do list », ce n’est pas une mauvaise chose, c’est une méthode de productivité qui fonctionne d’ailleurs plutôt bien, que j’utilise et que je recommande 🙂 A mes yeux, c’est même « slow », puisqu’on prend le temps de poser sur le papier les choses à faire pour libérer son cerveau. Ce qui n’est pas Slow par contre, c’est de faire la course à celui qui a la plus grosse « to do list » 😉

Pour conclure, je pense que la première chose à faire pour retrouver du temps et ralentir les rythmes est d’apprendre à réagencer son « emploi du temps ». D’ailleurs le terme « emploi du temps » veut bien dire ce que ça veut dire : la façon dont vous allez « employer votre temps ».

 

5. Comment le mouvement slow peut-il impacter au niveau personnel ?

Pour commencer avec l’argent, la bonne nouvelle, c’est que depuis que je suis dans le Slow, je n’ai pas perdu d’argent 😉 Pour être honnête, vous allez même faire des économies ! En comprenant le terme « ralentir » au sens large, vous allez « ralentir » les rythmes – certes – mais aussi « votre consommation » !

Une partie de votre consommation sera à l’équilibre puisque vous compenserez le volume par la qualité. Mais là où vous gagnerez de l’argent, c’est en arrêtant de consommer du superflu (par exemple, je ne bois plus de sodas depuis plusieurs années). Prenez le temps d’acheter auprès des producteurs locaux, tu parlais d’acheter en seconde main tout à l’heure, c’est tout de suite moins cher, le « Do It Yourself » rentre bien-évidemment dans la démarche Slow, pour les voyages, si vous dormez chez l’habitant, ça vous coûtera bien moins cher qu’à l’hôtel…

Globalement, excepté pour la nourriture bio (et encore !!) et les cosmétiques bios, tout le reste vous fera gagner de l’argent.

Bohinj Lake - Slovénie

 

Ensuite, le Slow est une énorme opportunité d’apprentissage ! En étant moins sous pression & sous stress, en apprenant à bien se connaître, en prenant le temps de bien choisir nos sources et bien se renseigner, en prenant le temps de bien appliquer ce que l’on apprend… Vous pourrez vous développer de manière qualitative.

Enfin, en intégrant une vision à long-terme on voit les choses de manières différentes. C’est un peu comme comprendre la différence entre « dépenses » et « investissement » :  avec le court-terme, on dépense ; avec le long-terme, on investit.

Du coup, tous nos choix de vie sont impactés et nous prenons nos décisions en fonction de cette vision qui va plus loin que l’instant présent et le plaisir immédiat.

 

6. Quelles ressources recommandes-tu pour aller plus loin ?

Si vous souhaitez adopter la Slow Life, je recommande 3 livres, à lire dans l’ordre indiqué !

  • Trop Vite ! de Jean-Louis S.Schreiber : ce livre fait un constat sur la société actuelle
  • Eloge de la lenteur, de Carl Honoré : vous comprendrez la puissance du Tempo Giusto (qui est la base de la philosophie Slow)
  • Slow Attitude ! de Sylvain Menétrey : vous allez découvrir toutes les ramifications du mouvement Slow

Pour ceux que ça intéresse et qui veulent déjà aller plus loin, je propose beaucoup de contenu sur la philosophie Slow (explication du mouvement plus en profondeur et pour chaque domaine, articles, etc.) !
Pour ceux qui disent souvent « je n’ai pas le temps », j’offre également un livre gratuit pour retrouver l’équivalent de 14 jours de vie dans une année en 3 clefs expliquées avec une méthode pas-à-pas. 😉

Louis BAUMSTARK du blog Slow World

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Et toi, comment intègres-tu la démarche Slow dans ta vie ?

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