Se constituer une garde robe minimaliste

Se constituer une garde robe minimaliste

Le minimalisme a la cote, et pour cause. Cela permet de se centrer sur l’essentiel, d’aller vers un mode de vie plus simple et de s’écarter de la consommation de masse et ainsi privilégier la vie aux choses. La mode n’y échappe pas, et même si cela paraît difficile de se détourner de la fast fashion, voici des éléments pour vous aider à vous constituer une garde robe minimaliste, adaptée à vous.

Sur le même sujet :

Si vous avez lu mes précédents articles, vous savez à présent pourquoi il est important à mes yeux d’aller vers de la mode éthique. Je vous ai déjà présenté un guide de matières et la liste des critères qui me permettent d’orienter mes nouveaux choix de consommation textile. Mais il y a une étape qui me paraît essentielle avant de procéder à tout nouvel achat, c’est celle de déjà faire un état des lieux de ce que l’on possède et de ses besoins, afin de comprendre ses comportements et identifier quelle serait la garde robe la plus adaptée pour soi.

Trier ses vêtements

Selon moi, avant même de se poser la question de ce qu’il nous faut, il est bon de faire le tri de ce que l’on possède. Pourquoi ? Pour identifier les vêtements que l’on aime ou que l’on ne porte pas et comprendre pourquoi on conserve certaines pièces.

C’est en m’inspirant de la méthode KonMari que j’ai fait le tri. Dans son ouvrage, la magie du rangement, Marie Kondo préconise de ne conserver que les vêtements et accessoires qui nous procurent de la joie. C’est à dire que l’on observe sa réaction en touchant chaque pièce, sans la porter, et on se débarrasse de tout ce qui ne nous procure pas de joie, même s’il s’agit de pièces sentimentales.

Personnellement, je trouve cet exercice très difficile parce que l’esprit se trouve rapidement transporté dans des souvenirs, on se met à penser, et là c’est cuit car on n’est plus dans le ressenti pur. Néanmoins, je suis parfaitement d’accord que l’on ne devrait garder que ce que l’on aime, ce qui nous fait nous sentir belle et bien.

Pour arriver à ce résultat, j’ai un peu distendu le processus. Pour le faire, je me suis pris un moment dans le silence, sans télé ni musique en fond pour ne pas nous disperser. J’ai sorti tous mes vêtements et accessoires, même ceux du linge, puis prends chaque pièce dans mes mains que j’ai trié en 4 piles.

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  1. Ce que je porte et que j’adore : ce sont des pièces faciles à identifier, dont on ne pourrait se passer. C’est une évidence, ceux là je les garde ! Je les range dans mon armoire.
  1. Ce que je porte et que je n’aime pas plus que ça : personnellement j’ai remarqué que parce que je n’aime pas acheter ni jeter, je continue de porter des choses parce que c’est là et que j’en ai besoin mais sans grande conviction. Nous verrons l’identification des besoins dans l’étape suivante, et tout ce qui correspond à un besoin je vais garder en attendant de renouveler, sinon je m’en sépare.
  1. Ce que je ne porte pas ou peu mais que j’aime beaucoup : ce sont les pièces souvenirs, les pièces qui ne me vont plus, qui ne s’assemblent pas bien avec le reste ou que je garde pour des occasions. Je vais prendre un moment pour réfléchir à pourquoi je les garde et me séparer des pièces dont je sais pertinemment que je ne mettrais plus. Pour les autres, je leur laisse un sursis : je les mets de côté pour voir si j’y repense dans l’année. Je me débarrasserai de ce que je n’ai pas porté au cours de la saison.
  1. Ce que je ne porte pas et n’aime pas plus que ça. Il y en a toujours quelques unes qui traînent, soyons honnêtes. Exit cette pile !

Si vous avez bien suivi, dans mon placard vont donc rester les pièces que j’adore, les pièces “cachées” et les pièces que je porte sans grande conviction à mettre en parallèle de mes besoins pour voir ce qui vaut la peine d’être renouvelé.

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Identifier ses besoins et ses envies

Il existe une multitude de techniques pour estimer ce dont on pourrait avoir besoin. Certains constituent leur garde robe autour d’un chiffre clé, comme le projet 333 (33 pièces pour 3 mois) ou le chiffre 7 (7 tenues d’extérieurs, 7 hauts, 7 bas et 7 paires de chaussures) préconisé par Dominique Loreau dans son ouvrage “L’art de la simplicité”. Je trouve ces méthodes un peu trop rigides, dans le sens où je trouve dommage de se séparer de choses que l’on aime et que l’on porte simplement parce qu’on a décidé qu’on devait se limiter en nombre. De plus, en comptant les éléments de ma garde robe, je suis arrivée à environ 120 pièces (avec les chaussures et les accessoires) et je me suis dit que c’était trop, alors qu’à regarder ce n’est pas tant que ça.

Ceci dit, il est intéressant de se poser la question sur nos besoins et nos envies en fonction des saisons et de nos activités. Je dis “envie” parce que ce choix est personnel et tout le monde n’aime pas porter la même chose. Pour cet exercice j’ai trouvé les conseils de Clémentine et Natasha très utiles pour définir les catégories à envisager (les hauts, les bas, les accessoires, les chaussures, les sous-vêtements), et de déterminer un nombre idéal en prenant en compte nos besoins pour le travail, les loisirs, la maison et les saisons.

Ensuite, on va comparer cette liste à sa garde robe actuelle et noter les écarts. On peut alors choisir de conserver ce qui nous plaît en attendant d’arriver à cet idéal (on pourra s’en séparer quand on s’en lasse ou une fois usé) ou de nous débarrasser du superflus.

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Note : Pour vous débarrasser du surplus, prenez le temps de trier ce qui est en mauvais état et irréparable, à mettre dans une benne à vêtements pour qu’ils soient revalorisés – ou à upcycler soi-même – du reste que vous pourrez donner à des amis, des associations et ou à vendre ! Vous trouverez plein de liens utiles ici.

Se faire une garde robe capsule

Si déterminer un nombre idéal de vêtements et accessoires à avoir vous paraît difficile (pour moi ça l’est !), on peut s’en sortir en choisissant au moins d’aller vers la capsule wardrobe (l’un n’empêchant pas l’autre bien sûr). Il s’agit d’une garde robe composée d’éléments essentiels et intemporels qui s’associent bien entre eux et permettent d’avoir des tenues pour toutes les occasions. Cela permet de gagner du temps, de ne plus se dire “je ne sais pas quoi mettre ”, mais aussi de faciliter le rangement.

Jusque là tout va bien, mais comment fait-on ?

Le choix des couleurs

A chaque saison nous avons le droit à de nouvelles collections, de nouvelles couleurs à la mode. Cela ne facilite donc pas la constitution d’une garde robe intemporelle. C’est pourquoi on privilégiera les couleurs simples et neutres, que l’on pourra relever avec un accessoire. Ces couleurs sont le noir, le beige, le gris et le blanc. Mais au fond, peu importe. Mon conseil est de déterminer quelles sont les couleurs qu’on aime porter, nous font du bien et qui nous font plaisir à voir quand on ouvre le placard. Je suis adepte de la simplicité, alors partir dans des tests de colorimétrie ne m’intéresse pas.

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Copyright : Hylla

Le choix des pièces

De la même façon, il s’agit d’avoir des pièces intemporelles et multifonction. Des bas qui peuvent se combiner avec plusieurs hauts, quelques pièces classiques qui s’adaptent à plusieurs occasions, voire des vêtements modulables qui peuvent se porter de plusieurs façons. C’est là que se joue toute la créativité ! Par ailleurs, plus que les couleurs, c’est surtout la coupe des vêtements et le type d’accessoires qui nous vont qui importe. C’est le moment de faire le point sur ce qui correspond à notre silhouette.

A vrai dire, ce n’est pas à moi, ni à qui que ce soit d’ailleurs, de vous dicter quelles sont les pièces indispensables à avoir. Vous trouverez toutes sortes de listes sur Internet, mais franchement je trouve qu’il n’y a pas mieux que de faire confiance à son ressenti. A titre d’exemple, Béa Johnson a publié sur son blog des idées pour faire 50 tenues avec seulement 15 pièces !

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En pratique…

Qu’on se le dise et se le répète : tout cela ne se fait pas en un jour. Il est nécessaire de s’accorder du temps pour se détacher de certains vêtements et tester les vêtements entre eux. De plus, il ne faut pas hésiter à répéter ces exercices plusieurs fois. Parfois, le premier coup est difficile car on ne veut se séparer de rien et au fur et à mesure on arrive à cerner le tout beaucoup plus facilement.

Pour avoir joué le jeu, j’ai trouvé que faire le tri m’avait déjà beaucoup aidé à faire le point. L’exercice des besoins a été difficile, car étant donné que je connais ma garde robe sur le bout des doigts cela n’est pas évident de se fixer des chiffres objectifs. De plus, je vous avoue que ne pas arriver à me fixer sur un nombre idéal m’a un peu angoissé, donc je me suis plutôt contentée d’estimer mes besoins, de repérer ce qu’il me manque et ce que j’ai besoin de renouveler suite à mon tri initial.

Car en fait, même si je souhaiterai avoir une garde robe majoritairement multi-saison, je ne peux échapper aux aléas de mon climat. Ainsi, j’ai à la fois besoin de pièces que je peux porter toute l’année mais aussi des tenues chaudes pour l’hiver et plus légères pour l’été, en plus des activités sportives. A ce sujet, même si je ne suis pas une grande sportive, je n’ai pas envie de me débarrasser de vêtements que j’ai et aime porter quand l’occasion se présente. En bref, je ne souhaite pas diminuer juste pour diminuer.

Par ailleurs, j’ai remarqué que ma garde robe était assez sombre et tristoune et j’ai très envie d’ajouter plus de couleur. Donc même si je cherche à avoir une base de basiques dans les tons noirs et bleu, je vais aussi saupoudrer cela de couleurs et de clarté.

Enfin, j’ai récemment terminé la lecture du livre Lune rouge, dont je vous parlerai prochainement, et l’idée d’adapter mes tenues en fonction de mon cycle me tente pas mal ! Et puis je me rends compte que j’ai besoin de mettre en accord cette garde robe avec la femme que je suis aujourd’hui (les choses ont changé depuis mes derniers voyages…).

Tout cela pour dire que cela prend du temps ! Et si en plus on veut une garde robe éthique, il faut doublement s’armer de patiente. On ne trouve pas toujours tout en version éthique, j’apprends donc à être un peu souple pour faire cette transition.

Cet article contient des liens affiliés.

Pour aller plus loin :

Trier et ranger ses vêtements – Dressing Responsable (avec un diagramme très utile !)
Je vide mon dressing : le bilan – Antigone XXI
Garde robe minimaliste : comment faire – Clémentine la mandarine
Mes astuces pour une garde robe minimaliste – Echos Verts
Comment assortir ses vêtements – Bien Habillée

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Et toi, comment tu fais pour avoir une garde robe minimaliste ?

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Cet article a 11 commentaires

  1. Comme d’hab merci de m’inspirer et de m’aider dans mes choix! Je suis toujours bluffée comme tes articles tombent à pic dans ma vie et je trouve tes conseils astucieux et bienveillants: un GRAND merci!

    1. Merci Alice ! Cela me fait plaisir si j’ai pu t’aider ! N’hésite pas à partager ton expérience 🙂

  2. merci pour cet article très complet 🙂 J’arrive assez facilement à trier mes vêtements (je fais un update tous les 6 mois) mais j’ai encore du mal à trouver les pièces qui me vont bien. Cela dit j’ai une méthode infaillible dans les magasins : si j’hésite sur un vêtement alors je ne le prends pas ! Il faut que ce soit un vrai coup de coeur pour rentrer dans mon armoire. Et j’applique aussi la règle : un qui rentre, un qui sort. Comme ça je peux acheter sans remplir ^^

    1. Moi aussi je trie régulièrement, et je n’ai pas encore trouvé mon contenu idéal. C’était le principal souci avec Marie Kondo : je pourrais me retrouver avec trop peu de choses donc je m’octroie une période de transition pour remplacer mes pièces car c’est essentiellement de ça dont j’ai besoin -> renouveler !

  3. Avant de partir en voyage, j’ai opté pour une garde robe capsule associé à l’idée d’une lessive tous les 7 jours. Après tout, tout devait tenir dans le sac à dos.
    Après un an et demi ainsi, je dois dire que j’avais envie d’un peu de changement. Du coup, j’ai fait l’erreur d’accepter des vêtements dont les personnes autour de moi se débarrassaient. J’ai pris des choses car je ne savais pas si j’en avais envie ou non, j’ai pris des choses dont les couleurs me plaisaient.
    Bref, six mois plus tard, j’ai trié façon Konmari et c’est jusqu’ici la façon de faire qui me convient le mieux, mais qui va mériter d’être refaite bientôt je pense (on m’a donné d’autres choses).
    De retour dans une maison, on ne fait plus trop attention à la quantité, tant que ça rentrer dans les placards. Du coup, j’ai aussi fait le point sur ce que ma fille possède. Et on revient à des choses beaucoup plus correctes et pratiques.
    Au fait, rien à voir, mais j’ai testé le dentifrice pachamanai dont tu parlais il y a quelques temps, ainsi qu’un de leur shampoing (j’ai testé le no-poo depuis septembre et là, j’en ai ras le bol). J’aime beaucoup le dentifrice, j’ai par contre plus de mal avec la texture du shampoing. On verra à l’usage car cela ne fait qu’une semaine que je les ai.

    1. Merci Tiphanya, c’est vrai que le voyage aide à réduire, et puis après on se réencombre.
      Pour le shampoing, je fais parfois des rinçage à base de 1L d’eau tiède, une cuillère de miel et un peu de jus de citron. Ça les rend moins “crissants” et les adoucit après le lavage. Par contre la texture du shampoing j’aime bien moi, ça mousse bien je trouve…

  4. Je suis tout á fait d’accord avec toi, j’ai aussi fait pas mal de tri, sans me limiter à un chiffre particulier. Et j’ai accepté que certaines choses sont importantes pour moi, et puisque je n’ai pas la nécessité de réduire toujours plus (je n’ai pas prévu de vivre sans placard), je peux me permettre de garder ce qui me fait plaisir, meme si ce n’est pas du tout vital. Ainsi, aprés avoir essayé de me séparer d’une partie de ma collection d’écharpes (une trentaine quand meme…), j’ai laissé la culpabilité derrière moi et j’ai continué à me réjouir de cette cllection bariolée, puisque je les aime, elles restent!

  5. Idem, je n’aime pas trop le principe des chiffres que je trouve aussi trop rigide et sans vrai fondement (on peut un peu prendre le chiffre qui nous arrange). Certains proposent même des chiffres par saison, ce qui au final fait beaucoup de fringues quand même ^^
    J’ai commencé à bien diminué et j’ai remarqué que c’était de plus en plus facile de m’habiller le matin. Quand on a que des vêtements qui nous vont et qu’on aime, plus facile de choisir 😉

  6. Très boboïde tout ça! Aucune mention des vêtements les plus importants, à savoir ceux de travail. Mais il est vrai que quand je parle de travail, c’est les pieds dans la bue et pas sur une moquette de compagnie d’assurance… Citadins continuez votre masturbation, pas sûr que la planète entre en rémission.

    1. Bonjour José, je ne comprends pas le ton de votre message. Un blog, c’est le parcours personnel de celui qui l’écrit. Alors effectivement je ne mentionne pas les tenues de travail, même les tenues type tailleur-costard, car je n’en n’ai pas l’utilité. Dans l’article je mentionne justement le fait de se concentrer sur ses besoins, donc si le vôtre est de porter des tenues étanches ou spécifiques, alors bien sûr elles feront partie de votre garde robe. Le fond n’est pas remis en question, et quoi qu’il en soit je ne force personne à adopter le minimalisme si cela ne lui correspond pas. Chacun est libre.

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