Journal de confinement – semaine 10 : vivre le déconfinement

Journal de confinement – semaine 10 : vivre le déconfinement

Eh bien, déjà un mois s’est écoulé depuis mon dernier article ! Je compte reprendre une nouvelle série d’articles prochainement, mais avant je voulais clore mon journal de confinement avec mon ressenti au sujet du déconfinement.

Déconfinement, mieux que le confinement ?

Je ne sais vraiment pas.

Une histoire me vient en tête, je ne sais plus où je l’ai lue. C’est sur le conditionnement du cerveau à travers l’expérience d’un chien en cage. Si on met un chien en cage, il va essayer de sortir et frapper contre tous les bords. Et si la cage est électrifiée, il se prendra des coups de jus à chaque fois. Au bout d’un moment, à force de se faire mal, il arrête d’essayer et reste couché. Puis on ouvre la cage et on laisse la porte ouverte, mais il reste couché. Il a été conditionné à rester tranquille, il est programmé pour penser que s’il essaye de sortir il va se blesser de nouveau, même si la menace n’existe plus.

Et bien, c’est un peu comme ça que je me sens. Pendant le confinement, je sentais une certaine frustration de ne pas pouvoir circuler librement, puis je me suis habituée et j’y ai trouvé un confort. Maintenant que la porte est entrouverte, j’ai envie de rester confinée. Je ne me sens pas vraiment prête à vivre le « nouveau normal », même si je m’y adapte sans problème. Mettre un masque, respecter les distances, se désinfecter, ne pas partir loin, pourquoi pas ? Mais je sens comme si cette liberté retrouvée était un leurre. On ne peut pas s’approcher, s’enlacer, faire ses activités habituelles, il faut penser à deux fois avant d’interagir avec quelqu’un, et une méfiance globale s’installe. Cela me laisse un goût amer.

Ajouté à la parano ambiante sur les théories du complot, les guerres politiques pour choper le premier vaccin, les perspectives de traçage,  le non sens de parler de crise sanitaire alors qu’on dirige les gens vers la maladie mentale. Digne d’un 1984 de George Owell.

Pour autant, j’apprends à surfer cette nouvelle vague avec ce qu’elle a à offrir, et notamment, me permettre un repos mental que je ne m’autorisais pas.


J’ai quitté Paris !

Et la grande nouvelle, c’est que j’ai quitté Paris. C’est une énorme page qui se tourne ! Car même si je n’y ai pas vécu en continu, entrecoupé de voyages et expatriations, c’était ma base depuis que j’ai commencé mes études. Une décision qui trainait dans les tiroirs depuis quelques années et qui frappait fort au carreau depuis quelques mois. Mais voilà, moi qui ai pu faire tenir ma vie dans un sac à dos pour partir à l’autre bout du monde, ranger ma vie entière dans des cartons sans destination était une aventure bien plus difficile à acter.

Aussi, j’ai toujours eu des idées, rêves et projets qui ont guidé mes changements de vie. Un voyage, une expérience professionnelle, une formation, une compétence à développer, une relation ou juste une expérience de vie. Quand on bouge, c’est pour une raison, ou quand une opportunité se présente.

Dans ce cas, la raison c’était « je ne me sens plus en phase là où je suis ». C’est une page passée qui ne résonne plus, sans forcément avoir une perspective. C’est très inconfortable. J’ai résisté, j’ai tapé contre la cage.

Le confinement m’aura au moins permis ça. D’agir, de quitter cette ville d’accueil qui a bercé une époque entière, pour retrouver l’herbe, les arbres, un rythme bien différent. Un rythme plus en phase avec celui qui m’attire depuis un an.


Et après ?

Cette satanée question ! Eh bien, je ne sais pas. Et pour tout vous dire, je n’ai pas envie de savoir. C’est effrayant l’inconnu, et en même temps cela permet de se laisser surprendre. Cela laisse de l’espace à la vie de faire son chemin. C’est peut-être ça, l’expérience que j’ai envie de vivre maintenant.

Je sens une certaine ironie tout de même. J’ai conservé un appartement à Paris pendant toutes ces années, malgré les voyages, pour garder un ancrage et une indépendance à mes retours. Pour ne pas avoir à « retourner chez ses parents ».

J’ai beaucoup écrit sur le ressenti d’un retour de voyage, lorsqu’on débarque dans son ancienne vie avec un sac rempli de nouvelles expériences lunaires. Les retours de voyage sont souvent durs pour nous voyageur.euse.s. C’est ce qui nous incite à repartir. Parfois, je me demande si je ne suis pas à présent en train de vivre le VRAI retour de voyage. Celui où on rentre chez soi, où on boucle une boucle, on prend le temps d’envisager la suite.

Pendant ce confinement j’ai découvert de nouveaux sentiers autour de ma maison familiale. J’ai esquissé un sourire en pensant « je suis partie à l’autre bout du monde, et je reviens ici, où tout a commencé, où je découvre des sentiers inconnus dans un rayon d’un km ». A-t-on donc vraiment besoin de partir très loin pour s’aventurer, explorer, découvrir ?

Une chose est sûre, lorsque j’ai jeté un dernier regard sur mon appartement, j’ai senti « ouf, enfin ». Il me semblait plus petit encore, les murs refermés sur un tas de souvenirs que j’emporte avec moi, et qui pourront circuler librement sans être confinés dans un petit espace en colocation avec moi-même.

Finalement, c’est ça, mon déconfinement.

***
Et toi, comment se passe le déconfinement ?

Pinterest-deconfinement

Planet Addict

A 24 ans, j'ai plaqué mon CDI pour partir voyager. Un voyage qui m'a emmené plus loin que ce que je pensais : il m'a ouvert des portes pour suivre mes rêves, m'engager à adopter un mode de vie minimaliste et plus éthique, et élever ma conscience. Depuis 6 ans je partage mon cheminement et mes changements d'habitudes de vie avec vous, en espérant planter des graines !

Cet article a 1 commentaire

  1. Kellya

    Oh, félicitations pour ce changement de vie! Personnellement aprés 3 ans à Paris, je me suis promis de ne plus jamais y retourner, trop de stress et trop peu d’espace.
    J’ai eu le meme plaisir de découverte dans la foret en bas de chez moi, j’ai adoré redécouvrir un bout de nature profondément, intimement.

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