Journal de confinement – Semaine 4 : motivation, résilience, humilité.

Journal de confinement – Semaine 4 : motivation, résilience, humilité.

Cette 4ème semaine… ouch elle m’a fait mal. Pourtant partie positive dans ce confinement, j’ai eu un point culminant de pas bien qui a débuté à la fin de la troisième semaine et qui a duré une bonne semaine. Du mal à trouver de la motivation, du sens, une direction. Dans ce brouillard, j’ai pris un peu de recul que je partage avec vous aujourd’hui.

Profiter au maximum du confinement ?

Le temps est une expérience étrange pour moi. A la fois il passe lentement, l’instant peut paraître challengeant, et en prenant du recul il passe plutôt vite. On se rend compte parfois que ce qui paraissait insurmontable est ensuite relativement rapidement derrière nous. Même en en ayant conscience, ce n’est pas toujours évident de naviguer dans le moment, face aux émotions que cela fait apparaître, la peur de l’inconnu. C’est toujours plus facile de se dire après coup qu’on aurait pu faire telle ou telle chose mieux. Dans l’instant, on n’a pas la même information et on fait avec ce qu’on a, comme on peut.

Je dis ça parce que depuis le début du confinement, pour le vivre au mieux et ne pas se laisser abattre, on voit une farandole de messages d’inspiration, de conseils pour se motiver, de tutos et cours en ligne pour continuer de faire des choses. Et c’est bien, c’est une forme de résilience et de solidarité. On ne va pas s’arrêter de vivre et effectivement on peut le prendre comme une opportunité pour faire des choses qu’on aimerait mais ne fait jamais. Cela permet aussi de gérer le stress et l’angoisse que peut générer cette période.

Mais il y a aussi une sorte de pression. Comme en développement personnel de manière globale d’ailleurs. Le fait de toujours se dépasser, se motiver, optimiser, se perfectionner. Ça me fatiguait déjà avant, et là encore plus ^^

Malgré moi, je suis une bonne cliente de ce genre de messages, parce que moi-même je cherche toujours à faire mieux, me surpasser, comprendre, apprendre, faire de nouvelles expériences. J’ai moi aussi débuté le confinement avec tout un tas de choses que je pourrais faire et ce que j’aimerais avoir « accompli » une fois sortie du confinement. Pour que cette phase ait été « utile ».


Motivation face à la situation

Bon, assez vite, après la première semaine, je me suis reprise parce que j’observais que je retombais dans de vieilles habitudes. Au-delà de ça, j’observais aussi que malgré mes bonnes conditions, malgré le fait que tout aille bien autour de moi, il y avait aussi un certain malaise.
Malaise face à ce qu’il se passe mondialement, où à présent la moitié de la population est confinée. Malaise parce qu’il y a un décalage entre ce que je vis et ce que vivent d’autres en ce moment. Malaise parce que même si je suis bien où je suis, je n’ai pas toutes mes affaires, j’ai du mal à me motiver, je me sens parfois désorientée, j’ai du mal avec la distanciation sociale et je dois faire face à des émotions intenses et pensées qui tournent en boucle. Et le sentiment d’impuissance, d’une certaine perte de contrôle sur le quotidien, ce n’est pas facile à gérer tous les jours.

Alors oui, on peut en faire une « super expérience », voir tout le positif, être dans la gratitude, en profiter pour se surpasser et se motiver parce que ça va passer.
Je n’ai rien contre (au contraire, j’en parle moi-même dans mes précédents articles). C’est juste que la situation est particulière. Je n’ai pas envie d’être non plus dans le déni. C’est un juste milieu difficile à trouver.

Ce n’est pas évident d’avancer sans direction. C’était déjà inconfortable avant, mais là c’est dur de se projeter dans quoi que ce soit donc c’est compréhensible de ne pas arriver à se motiver.


La résilience à tout prix ?

Comme je le disais la semaine dernière, j’ai aussi mes moments d’angoisse, malgré mes bonnes conditions. Et au début, j’étais très dure avec moi-même à ce sujet. Je ne m’autorisais pas trop à vivre ces émotions, à en prendre la dimension, parce que je voulais être résiliente. Passer outre, voir le verre à moitié plein. Ne pas vouloir « regretter d’avoir gaspillé ce précieux temps ». Parce que pour moi, tout va bien.

Mais psychologiquement, j’ai eu une semaine troublante.

Ce qu’il se passe à l’intérieur de moi, des pensées angoissantes et obsessionnelles, et l’incapacité à me raccrocher à une perspective plus ou moins proche dans le temps, m’a donné du fil à retordre. J’aurais aimé pouvoir éteindre ou liquider mon cerveau, et j’ai utilisé pas mal d’énergie à lutter, pour au final ne plus en avoir et devoir y céder. Plus l’envie de résister, et plutôt permettre à tout ça de m’accompagner, même si c’est désagréable. Parce qu’à trop lutter, on ne voit plus que ça.

Alors plutôt que de le considérer comme une super opportunité en ignorant ce qui est inconfortable, j’ai à présent envie de voir ça comme un process, une expérience d’adaptation et de développement. Accepter que c’est une situation difficile qui favorise l’angoisse et qui amplifie certaines fragilités. Plutôt que de vouloir tuer mon mental (ce qui n’est pas une action très bienveillante envers soi ^^), chercher à l’apprivoiser et à faire plus de place à d’autres pensées plus réconfortantes.


Un peu d’humilité

Il y a toujours des gens en souffrance, pour diverses raisons, et des inégalités d’expériences. Il y a toujours des gens qui pensent qu’on devrait se dépasser à tout prix, dans ce monde productiviste à souhait. Il y a toujours ce fameux « profiter du moment présent car on ne sait pas de quoi demain sera fait » – éviter de toujours vivre pour « l’après ».  Il y a toujours des gens qui jugent les autres, s’en foutent ou ne savent pas faire preuve d’empathie. Et on a tou.te.s des émotions qui nous challengent. Cela existe en temps normal, mais le contexte l’amplifie et en fait une expérience collective massive.

Alors si c’est une opportunité, je dirais que c’est une opportunité d’humanité et de présence.

De réaliser que chacun.e fait de son mieux avec ce qu’iel a, de réaliser que tout le monde peut le vivre bien ou mal indépendamment de ses conditions, qu’on est tou.te.s amené.e.s à juger les autres car on pense mieux savoir ce qu’il faudrait faire. Qu’on essaye tou.te.s de naviguer au mieux, et que cette phase aura peut-être été une riche expérience pour certain.e.s, un calvaire pour d’autres, un challenge, un déclic, une phase ultra productive ou ultra angoissante.
Que vivre toujours en pensant à ce qu’on fera “après” nous met dans une attente et nous empêche d’être en paix avec ce qu’il se passe dans le présent. C’est important de se donner une direction dans ce contexte, mais tout autant de ne pas occulter ce qu’on est en train de vivre.

De mon côté, je reprends une dose d’humilité de « je suis humaine » et je suis en phase de faire la paix avec de vieilles émotions et avec moi-même. De comprendre un peu plus comment je fonctionne, réagis. D’accepter que je ne serais peut-être pas des plus productives et apprendre à faire avec ce qui est et toute sa part d’inconnu.

Pour terminer, voici deux ressources psychologiques que je trouve utiles en ces temps :

A lire aussi :
Journal de confinement – Semaine 1 : s’adapter
Journal de confinement – Semaine 2 : temps et liberté
Journal de confinement – Semaine 3 : privilèges et culpabilité

***

Et toi ? Comment te motives-tu pendant cette période ?

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Planet Addict

A 24 ans, j'ai plaqué mon CDI pour partir voyager. Un voyage qui m'a emmené plus loin que ce que je pensais : il m'a ouvert des portes pour suivre mes rêves, m'engager à adopter un mode de vie minimaliste et plus éthique, et élever ma conscience. Depuis 6 ans je partage mon cheminement et mes changements d'habitudes de vie avec vous, en espérant planter des graines !

Cet article a 5 commentaires

  1. Kellya

    Merci pour les ressources très instructives et pour mettre des mots sur notre humanité partagée.
    En te lisant, je viens de me rendre compte que moi je retrouve exactement mon rythme des vacances d’été de mon époque lycéenne. Le meme rythme lent mais productif, qui devient un peu “la vraie vie” meme si on sait que ca aura une fin.

    1. Planet Addict

      Ca me fait plaisir de te lire Kellya 🙂
      Comment tu vis cette période ? Ca va de ton côté ?

  2. Lucie Aidart

    Merci pour les ressources, je vais aller checker. Pour ma part, après une belle semaine pleine d’énergie, j’ai eu un coup de mou aujourd’hui et je me suis donc laissée aller à ne rien faire (après une petite dispute intérieure tout de même, faudrait pas exagérer!) et c’était parfait. Mais pas toujours facile d’accepter.
    Demain, j’ai décidé de ne pas regarder l’heure (dans la mesure du possible, parce que quand on vit avec quelqu’un, pas toujours facile), et je suis assez curieuse de ce que donnera cette expérience de reconnexion avec moi-même!

    1. Planet Addict

      Merci Lucie pour ton partage, je suis de tout coeur avec toi et tu le sais, dispo pour discuter de tout ça <3

  3. Lili

    Tout pareil. Ou presque. 🙂 Merci pour ces partages. Riches, forts, inspirants. <3

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