Faire une pause dans le blog.

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Cela fait bientôt 6 ans que je blogue. Que je partage mes avancées, mes réflexions, mes astuces pour vivre plus écolo, plus sainement, plus épanouie. Mais depuis quelques temps, je ne me sens plus en phase. J’ai donc décidé de faire une pause, d’une durée encore incertaine. Une pause pour me recentrer et réévaluer mes envies et besoins.

Mon blog, mon reflet.

Quand j’ai démarré ce blog il y a 6 ans, j’étais au Canada. J’étais en PVT pendant 1 an et je voulais bloguer comme support à mon apprentissage sur le développement durable et mes nouvelles habitudes écologiques, et aussi sur ma passion du voyage en essayant de concilier les deux. De mettre en avant des initiatives, des façons différentes de voyager et l’évolution philosophique que le voyage m’a apporté.

Car je n’oublierai jamais : c’est le voyage qui m’a ouvert les yeux sur la nécessité de protéger la planète à mon échelle, de faire mon possible pour la respecter, et sur moi-même, sur ce que j’attends de la vie et comment je veux la croquer à pleines dents. J’ai réalisé bien brutalement et bien jeune que la vie pouvait s’arrêter à tout moment et qu’il était primordial de faire ce qui nous prend au tripes.

Ce blog, c’est le seul travail que j’ai fait en continu pendant autant d’années. En parallèle, j’ai vagabondé entre missions éco-volontaires et travail associatif, parce que faire quelque chose qui avait du sens était une évidence pour moi.

Jusqu’à ce que je me casse la gueule.


Saturation, surmenage ou burn-out ? Quand tu ne trouves plus de sens.

Épuisement global

Je vous ai partagé il y a quelques mois ma saturation. En fait, je pense que j’ai fait un genre de burn-out sans m’en rendre compte, et c’est encore dur de me l’admettre car je pensais vraiment l’avoir évité. Moi qui me croyais si forte, si connectée, je ne pensais pas que ça m’arriverait, à MOI. Je pensais que j’étais « au dessus de ça ». Lol. Moment d’humilité :  je dois bien me rendre à l’évidence, en fait j’étais à côté de la plaque (en toute bienveillance ^^).

▶ A lire aussi : Je sature.

Newsflash : je suis humaine. On a tendance à oublier que nous sommes des êtres humains, et pas des robots. Avec toute cette technologie et productivité, on oublie que nous avons des émotions, des humeurs, un rythme naturel à respecter.

D’ailleurs, pourquoi je ferais exception ? A l’échelle macro, on surproduit et valorise l’efficacité, la productivité et l’hyperactivité, et en faisant on épuise les ressources de la planète et on produit des milliards de déchets. Ce qui se passe à l’extérieur se passe aussi à l’intérieur. C’est assez logique en fait. En voulant trop faire, je me suis épuisée et j’ai besoin de faire le ménage.
Moi qui m’intéresse tant à l’écologie, il est temps de m’occuper de l’écologie intérieure. Nettoyer de l’intérieur pour ensuite peut-être apporter une énergie positive à l’extérieur. Et ça demande de recalibrer certaines choses !

robotisation

 

Chaque mois je lâche un peu plus

En 2019, mon corps m’a bien fait sentir que ça suffit, il est temps de ralentir. Depuis que j’ai arrêté mon travail, je me rends bien à l’évidence des besoins de mon corps et aussi de l’inconfort de mêler mon identité et ma valeur à ce que je « produis ».

Le premier mois, je pleurais beaucoup et je mettais encore mon réveil, déterminée à rester « active ». Je culpabilisais d’être au chômage et de ne plus être « utile ». J’ai réalisé que je ne savais pas ce que c’était de ne « rien faire ». Or il parait que c’est bien aussi, de ne rien faire…

Le deuxième mois j’ai arrêté le réveil, je suis partie me vider un peu la tête en Suède et chez ma mère, j’ai commencé à réaliser que j’étais épuisée et que je n’arrivais pas à récupérer. Mon réflexe aurait été de voyager plus longtemps, mais je n’en avais même pas la force.

Le troisième mois, ça allait un peu mieux. Je commençais à me sentir plus en forme, mais je dormais encore mal et me sentais vide de sens. J’ai compris qu’il était temps de m’écouter et de prendre des décisions pour m’apaiser. Que sortir de situations qui ne me convenaient pas me faisait peur, mais que c’était mieux que l’angoisse de rester dedans. Je ne pouvais plus me permettre de stress supplémentaire, par respect pour moi-même et mon corps.

Maintenant ça fait plus de 4 mois et je me sens toujours perdue, mais un peu plus confiante. Toujours dans cette idée d’efficacité, je pensais qu’en 3 mois je serais remise ! Même si ça va beaucoup mieux, il me reste encore du chemin et j’accepte l’idée que je n’ai aucune idée du temps que ça va prendre.

 

L’écriture et le blog pendant cette période

Pendant tout ce temps, je continuais d’écrire ici parce que c’est mon ancre depuis si longtemps et que lâcher toute activité « productive », vous comprenez, était difficilement envisageable pour moi. Mais je sentais que j’étais à la traîne. Je ne prends plus le même plaisir, je me coince dans mes propres injonctions, je me compare en permanence et me trouve nulle.

Au fil du temps, j’ai réalisé que je faisais les choses par habitude, toujours par volonté d’être utile, mais que j’en oubliais de juste vivre, exister, ressentir de la joie. De la vraie joie. Pas du plaisir ponctuel lié à des reconnaissances ou accomplissements externes. Pas une identification et une valeur tirées de l’extérieur : travail, amour, entourage, activités. Mais une joie intérieure, une estime, une confiance qui me permettent de contribuer et d’apporter dans ces domaines.

Alors est venue l’idée de faire une pause du blog.


Mettre le blog en pause pour me recentrer

Perdue dans la blogosphère

Tout simplement, je ne m’y retrouve plus. A la base, je voulais écrire et partager. Je me suis retrouvée à m’intéresser au référencement, aux réseaux sociaux, à la rémunération de mon travail. J’ai énormément appris et appliqué plein de choses mais pour continuer d’exister dans ce monde, je n’arrive pas à suivre.

Les algorithmes changent tout le temps, cela en devient ridicule. J’écris pour moi, pour vous, pas pour google et facebook. Et pourtant, si je ne le fais pas je deviens invisible.

Je n’ai jamais été portée réseaux sociaux. Partager ma vie, mettre en scène, ce n’est pas mon fort. Et je le paye. Pire, c’est une source de comparaison interminable qui me met face à mon incompétence dans le domaine tous les jours. Je sais pertinemment que mon blog et mon parcours sont uniques et que la comparaison c’est du poison, mais c’est dur d’y échapper. Je galère à porter des messages que d’autres diffusent et engagent sans problème, ou en tout cas c’est ce que je crois.

Je n’arrive plus à suivre ma vie en ligne et hors ligne. Je vois tous ces gens qui agissent et j’ai toujours l’impression de ne pas faire assez, ne pas être assez. Cette avalanche d’information est oppressante pour moi (et je disais quoi sur le stress supplémentaire ??…).

Le côté commercial aussi me trouble. Comme beaucoup, j’estime que mon travail mérite reconnaissance et rémunération, je suis partante pour soutenir des marques engagées et je le fais. Mais je gagne peu par rapport au travail accompli, et je n’ai pas envie que mon écriture soit biaisée ni que mon langage tourne au commercial, donc je ne suis pas encore très à l’aise.
Je n’ai pas envie de balancer des photos de moi en sous-vêtements pour telle marque, de me retrouver dans une campagne parmi des dizaines d’autres inflenceur.euse.s, ni de tester des choses dont je n’ai pas besoin.

Bref, quelque chose ne vibre plus et j’ai besoin de prendre du recul.

Mont Royal sous la neige 2

 

Vivre mon hiver

Aussi, pour celleux qui me suivent, j’ai obtenu ma certification en Shiatsu il y a un an et demi. Ce parcours m’a appris plein de choses, notamment le rythme des saisons. Cela me fait réaliser à quel point notre société est à contre-courant. A l’automne et en hiver, la nature décline et se repose, et on devrait suivre ce rythme. Au printemps et en été, la nature se renouvelle et se déploie. Nous, on fait l’inverse. La rentrée est en septembre et la période de Noël est la période de rush. En été, on part en vacances. WTF ?
Je pensais que c’était moi qui était à contre-courant… en fait c’est peut-être juste normal que je n’arrive pas à m’adapter et que ça m’épuise de le faire. On marche un peu sur la tête, non ?

J’ai bien senti ce décalage l’année dernière. J’ai été hyperactive de septembre à février. Et en février, mon corps a dit stop. Toute la période dite d’expansion, j’étais à bout. Alors cette année, je veux vivre mon hiver. Me reposer, me régénérer.

Et niveau blogging, je n’ai pas envie de participer à la course de Noël. Je sais que c’est toujours mieux de proposer des idées cadeaux éco-responsables pour compenser l’industrie classique. Mais cela reste dans une logique capitaliste. Et je ne peux plus.

 

Me recentrer

Je vous partageais dans l’article précédent toutes mes réflexions du moment. Au départ, je voulais les insérer ici, mais l’article aurait été complètement indigeste !

C’est un peu le cadeau dans toute cette merdasse ! Dans la chute on découvre de belles surprises. Mes questions autour du voyage, du féminisme et de la vulnérabilité ont toutes un lien : un retour à l’authenticité.

Sortir de mes illusions, me reconnecter avec moi-même, enlever les couches que je porte pour me cacher, une à une. Et le blog, j’ai réalisé, est une de ces couches.

Me déshabiller, comme les arbres à l’automne pour laisser ce qui ne me sert plus et m’alourdit. Me sentir plus légère et ensuite choisir ce que je souhaite garder pour la suite du voyage.

Je travaille aussi à ouvrir les yeux autour de moi et être attentive aux effets miroirs, qui ont été très forts ces derniers mois. Ces rencontres ou moments qui raisonnent et nous appellent à nous connecter à ce qui nous a blessé ou ce qui nous fait vibrer.

Réparer ma boussole interne et apprendre à écouter le GPS qu’est mon intuition. Faire un pas vers le brouillard pour sortir des illusions, et avancer pas à pas dans le présent jusqu’à ce que le brouillard se dissipe et que les choses deviennent plus claires.

Faire les choses avec intention, parce que cela répond à mes valeurs profondes.

▶ A lire aussi : Comment sortir de l’éco-anxiété ?


Je ne vous cache pas que ça me fait flipper de faire ce break ! Je n’ai aucune idée de ce que je vais faire avec le temps que je libère, mais c’est la seule décision dont je sois certaine pour le moment, alors j’y vais. Comme je l’écrivais au début de ce blog : le plus dur, c’est de monter dans l’avion. (Métaphoriquement, car je n’incite plus à prendre l’avion ^^).

***

Un grand merci pour tout jusque là :)

Pinterest-faire-une-pause

Planet Addict

A 24 ans, j'ai plaqué mon CDI pour partir voyager. Un voyage qui m'a emmené plus loin que ce que je pensais : il m'a ouvert des portes pour suivre mes rêves, m'engager à adopter un mode de vie minimaliste et plus éthique, et élever ma conscience. Depuis 6 ans je partage mon cheminement et mes changements d'habitudes de vie avec vous, en espérant planter des graines !

Cet article a 14 commentaires

  1. Zuza

    Bonjour Emma,

    C’est avec beaucoup d’émotions que j’ai lu votre message ce matin.

    Je comprends votre situation puisque moi-même je m’y retrouve.
    Et je sûre que, malheureusement, dans ce monde où l’on vit, nous sommes beaucoup à vivre cela également.

    Je ne peux que vous souhaiter de vous faire du bien, de vous préserver, de prendre soin de vous.
    Et vous avez bien raison d’hiberner.
    Au printemps, tout renaît….

    Bien à vous,
    Zuza

    1. Planet Addict

      Merci Zuza,
      Cela m’attriste de vous savoir dans une situation similaire, et comme vous dites, c’est très fréquent. Ce que je sais c’est que je commence à voir ça comme un cadeau. On apprend sur soi, ses ressources, son énergie, ses priorités, ses limites. Et finalement, je tenais à partager ce ressenti pour peut-être permettre à d’autres de déculpabiliser aussi. La nuit fait peur, et ensuite arrive le jour et tout s’éclaire. Je ne sais pas ce qui m’attend ces prochains mois, et j’espère avoir envie de partager le renouveau au printemps :)
      Bel hiver :)

  2. Zouglougloute

    Oooh, belle pause à toi alors 😊 !
    Ça a toujours été un plaisir de lire tes articles (et d’en partager certains 😊). Merciiiiii pour tous ces partages réflexifs depuis ces 6 ans ! C’était chouette de te voir évoluer (et nous avec 😉)!
    En tout cas, prends grand soin de toi dans ce monde trop rapide, ralentis autant que tu veux ! Pis si un jour tu remets un pieds par ici, on te relira (en tout cas « je » … enfin, probablement de loin vu que je tends aussi à m’éloigner de ce monde de l’internet 😉).

    Enjoy ta reconnection avec toi-même 🙏😊! Et quoiqu’il arrive et dans n’importe quel sens il sera, c’est TON chemin à toi !
    A bientôt, qui sait ! 😊

    1. Planet Addict

      Merci beaucoup ! Je suis heureuse de recevoir ces commentaires de gens dans l’ombre, que je vois dans les stats mais sans savoir s’iels lisent régulièrement, apprécient mes articles etc. :) Une petite dose d’humanité qui fait du bien !
      A bientôt :)

  3. Stephane

    Hello miss,

    même si je comprend la démarche, lisant tout sur ton blog (j’avoue je n’ai pas lu l’article sur les culotes , honte a moi!), ca me rend triste de voir que même quelqu’un qui a « l’air’ si bien dans sa peau et dans sa tète peux être victime des comparaison, ou encore être épuisé(e). On est tous humain (surprisseeeeeee) . J’espère que tu reviendra, égoïstement d’abord pour avoir le plaisir de te lire, et pour les autres qui te lisent (je suis sur de ne pas être le seul hein). J’imagine que tu ne resteras pas en contact avec les gens de ton blog ? (oui je sais tu ne devine pas qui lis tes articles :) ). Si jamais tu envoies des mails, je te relaisse mon email.

    Remet toi bien, repose toi, pense a l’essentiel. La vie est courte. Vraiment courte. Profitons…

    Bisous

    Stéphane

    1. Planet Addict

      Merci Stéphane ! Pour le moment je vais couper des mails aussi. Je vais bien, juste j’ai besoin de recalibrer certaines choses. C’est une manière de fonctionner à revoir, parce qu’outre les phénomènes extérieurs, je remarque que c’est moi qui choisis de m’épuiser à faire, faire, faire. Je prends un temps pour être, c’est pas mal aussi ^^.
      J’espère aussi revenir et je te remercie sincèrement de ton assiduité (même si oui je ne sais pas qui lit tant que je n’ai pas de commentaires ^^). Tu auras tout le temps de lire l’article sur les culottes haha (c’est intéressant pour les mecs aussi, ne serait-ce que parce que vous avez certainement des personnes réglées dans votre entourage :) ).
      Bon hiver et à bientôt !

  4. Alice

    Emma,
    Merci pour ta sincérité dans un monde souvent trop gagné par l’apparence. Je suis évidemment triste de ne plus pouvoir te lire pour un moment (indéfini) mais je trouve que c’est tellement capital d’être authentique avec toi-même. Ce n’est pas facile de se comprendre en profondeur, d’oser se l’avouer et de le partager aux autres.
    Perso, tu es vraiment une source d’inspiration alors prend soin de toi c’est important!

  5. Lucie A.

    Coucou ma belle!
    Je suis heureuse de partager notre semaine d’annonce de pause dans le blog et de sabbatique! Le hasard (existe-t-il du hasard?) fait bien les choses.
    On partage aussi de nombreuses réflexions, comme tu le sais, mais tu m’as vraiment donné un éclairage supplémentaire sur le côté saisonnier. C’est vrai que c’est absurde tout cela! J’ai bien hâte de vivre en accord avec mes cycles et la nature et je m’en réjouis aussi. Je te souhaite beaucoup de calme, de sérénité, des réponses à tes questions et beaucoup de bonheur! Je t’embrasse.

    1. Planet Addict

      Merci Lucie ! C’est réconfortant de voir des personnes suivre un cheminement similaire. On se sent moins seule et plus forte d’une certaine façon. Et je te remercie pour ton soutien et tes inspirations aussi, qui m’apportent beaucoup au quotidien <3

  6. Lucile

    Hé bien oui, cela a l’air de saison !
    Merci Emma pour ton article qui m’a fait à retardement réaliser mon essoufflement (pas encore épuisement) professionnel…
    Je crois que c’est très difficile de poser la juste limite lorsqu’on est à son compte et qu’on fait un boulot éthique ! Et pourtant, le déséquilibre guette…
    J’avoue avoir découvert ton blog davantage depuis qu’il s’est arrêté : étrange, non ? Je l’avais épinglé en cherchant des textes sur Lune Rouge et ton dernier mail a ensuite ressurgi et avivé mon intérêt… C’est que je me suis rendue compte qu’on a -selon mes calculs- le même âge, les mêmes dynamiques et interrogations !! Donc merci pour ton partage, cela ouvre sans doute de nombreuses paires d’yeux !
    Enfin, je suis curieuse de savoir ce que tu auras fait, ou plutôt quel RIEN tu auras fait de ton hiver et comment sera ton printemps !!

    1. Planet Addict

      Merci Lucile pour ton retour. Je vais bientôt refaire surface ^^ N’hésite pas à t’inscrire à la newsletter pour être informée.
      Cela me fait plaisir de voir que mon travail te parle et ne peux que te recommander de t’écouter si la fatigue se fait sentir :)

  7. Sophie

    Merci pour vos articles qui m’ont souvent inspirée. Bonne chance.

    1. Planet Addict

      Merci Sophie, c’est toujours plaisant d’avoir ce genre de retours sur mon travail :)

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