Je sature.

Je sature.

Le titre est assez explicite. Je suis un peu à bout ces derniers temps. Des montagnes russes émotionnelles, des interrogations, des doutes, et un besoin de calmer le jeu, vraiment.

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Épuisement global.

Cela fait un moment que je tire sur la corde. Je suis un peu une acharnée du travail qui se donne une raison d’exister en se rendant productive. Le fait de ne rien faire à tendance à m’angoisser, j’ai un besoin profond de me sentir utile.
Si c’est un cadeau pour les gens qui m’embauchent parce que je suis toujours dévouée dans mon travail, et que cela me donne l’impression d’être quelqu’un de bien parce que je suis impliquée et engagée, cela me casse en deux. Je suis en plus curieuse et j’aime tester plein de nouvelles choses, ce qui me pousse à l’hyperactivité, et j’ai tendance à ne pas écouter mon rythme naturel ni mon propre jugement.

J’ai frôlé le burn out il y a peu, de près. Je suis épuisée depuis des mois et j’ai drastiquement réduit mon activité pour tenir le coup. J’ai fait une chute de ski qui m’a empêché de faire du sport pendant 2 mois et qui m’impose un repos et une rééducation depuis 4 mois. Rien de grave du tout pourtant (mais alors vraiment pas !), mais une douleur et une fatigue qui ne veulent pas partir.

Cela a été finalement un mal pour un bien car cela m’a forcé à ralentir, à réévaluer mes priorités et à me poser les bonnes questions. J’ai quitté mon travail et commencé à prendre des décisions que je n’ai pas l’habitude de prendre, pour mon bien – même si sur le coup c’est très inconfortable.


Saturation.

Ce surmenage est venu accompagné d’un sentiment de saturation. Je me suis rendue compte que ce n’est pas en m’épuisant que j’allais faire avancer quoi que soit, qu’en plus je n’avais pas la reconnaissance que je souhaitais, et je devais cesser de chercher à prouver quoi que ce soit, à qui que ce soit et à commencer par moi-même. Que je devais cesser de culpabiliser en pensant ne jamais faire ou être assez, de vouloir contrôler le court des choses. C’est une réflexion qui a débuté il y a 6 mois, et qui fait son bout de chemin depuis.

Je me suis rendue compte que le développement durable, cela commence par soi. Son bien-être, sa capacité à tenir sur la durée, son auto-respect, ses limites. Si je donne tout pendant 1 an et que je suis au fond de mon lit les 6 mois suivants, non seulement je me fais du mal mais cela va à l’encontre de l’impact que je souhaite avoir. Au final, moi aussi j’étais dans une logique productiviste à court terme, et ça ne peut plus durer.

En lisant cet article sur les troubles mentaux qui frappent les entrepreneurs, j’ai trouvé des mots qui expliquaient ce qui me dérange en ce moment. (Les citations qui suivent proviennent de cet article).

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Source : Bored Panda


Je sature, de l’efficacité et du surmenage ambiant.

On vit dans une société où c’est bien vu de s’épuiser au travail, de donner une place centrale au travail dans sa vie et de rechercher constamment des méthodes pour être plus productif.ve.s, pour en faire toujours plus. Le nombre de personnes autour de moi qui ont vécu un burn out ou un surmenage me frappe. On a une difficulté grandissante à poser ses limites, d’autant plus dans un contexte où on est concurrencés par la technologie.

Les emplois peu qualifiés sont remplacés par des machines, les ordinateurs traitent l’information plus vite que le cerveau, l’information circule à vitesse grand V sur les réseaux. Il faut être partout, être un mouton à 5 pattes, à la fois expert et polyvalent. Ce n’est peut-être pas le cas partout, mais dans l’univers dans lequel j’évolue, dans l’entrepreneuriat notamment, c’est le cas.

Et je crois que j’ai atteint mon max d’efficacité, au delà duquel je n’ai juste plus d’énergie pour suivre.

« Nous avons cessé de nous concentrer sur le travail pour devenir obsédés par le fait de travailler »


Je sature, des réseaux sociaux.

Soyons clair.e.s, les réseaux sociaux n’ont jamais été mon fort. Même si je reconnais que c’est fort utile et que cela permet de toucher un max de gens en un temps record, je suis perplexe sur ses dérives.

Hyper-connectivité, perte des réalités, frustrations, déconcentration, comparaison, parfois ça va trop loin.

Le comble c’est que cela trouble la productivité. On est sollicités en permanence, on se laisse distraire, on se complexe et on perd le fil de ce qu’on fait. Pour ma part, je n’arrive pas à suivre le flow d’information et de sur-sollication. Je me sens à côté de la plaque et je fais un rejet.

Aussi, cela me trouble de suivre la vie des gens virtuellement. Des gens que je ne connais pas qui m’ouvrent leur monde, des gens que je connais dont je suis le quotidien sans avoir à prendre de nouvelles.

J’ai du mal à partager des choses, parce que je trouve bizarre de montrer ce que je fais et de penser à ce à quoi ressemble ma vie derrière un objectif. J’ai aussi de la difficulté à m’extraire du moment pour le vivre 2 fois sans l’apprécier vraiment. C’est vraiment étrange, et pourtant je le fais aussi – pour l’instant.

Et forcément, on se compare, et sur de mauvais critères. Les gens montrent le bon côté de leur vie, ou scénarisent ce qui ne va pas, si bien qu’on a l’impression de les connaître, de suivre leur vie et émotions, alors qu’en fait on n’en sait rien. Parfois je sais que des gens ne vont pas bien et pourtant leurs posts montrent le contraire. Ceci dit, cela peut aussi être une méthode pour voir le bon côté des choses. N’empêche, il y a quelque chose qui me dérange, c’est qu’on s’en remet au regard des autres pour se faire du bien.

« En ligne, je suis admirée et dans la réalité, je ne suis personne, je ne vaux rien. Ce clivage entre deux identités qui sont dissociées et qui ne communiquent plus entre elles peut conduire à de graves dépressions voire même au suicide »

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Je sature, de l’uniformisation.

Je trouve que les réseaux sociaux et cette vague de productivité, pousse trop à faire comme tout le monde. Instagram en est l’exemple parfait : on voit une photo et on veut prendre la même. Soit le même style, soit carrément aller au même endroit et faire la même photo. Ce qui d’ailleurs peut avoir des conséquences désastreuses sur ces endroits, qui deviennent célèbres parce qu’ils sont « instagramables ».

En fait, on veut rendre toute notre vie Instagramable. Ce qu’on mange, ce qu’on achète, ce qu’on vit, où on va, ce qu’on fait dans la vie. Et ça me rend dingue.

Dans le monde du blogging voyage, je vois des personnes souffrir de plagiat, de gens qui copient leur travail, que ce soit leur style d’écriture, de photos ou de parler. C’est notamment ce qu’on partagé les Best Jobers récemment, et c’est effrayant.

Où est passée l’originalité de nos vies ?


Je sature, de l’immédiateté.

Aujourd’hui, on ne veut plus attendre. On veut tout, tout de suite. C’est le modèle des start-ups, qui doivent faire du cash très vite pour avoir le droit d’exister. C’est le modèle de consommation en général, qui veut qu’en 2 clics je commande et que je reçoive mon précieux le plus rapidement possible. C’est que ce qui fait qu’Amazon, une entreprise loin d’être éthique, cartonne.

On peut à présent faire à peu prêt tout de chez soi : aller au resto, se faire masser, acheter des fringues, faire ses courses, travailler, faire une rencontre. On oublie le lien social, et le fait de prendre son temps. Et forcément, si on a tout facilement et rapidement, on en veut plus non ? Si on brûle les étapes, on apprécie moins ce qu’on récolte et cela cultive notre insatiabilité.

Cela pousse également à ne plus prendre le temps de travailler des relations, de les cumuler comme des objets, de les jeter quand ça nous convient plus en se disant qu’on trouvera mieux ailleurs.

On ne veut plus passer par les processus d’apprentissage et on se fait assister de data pour suivre notre vie, notre corps, nos besoins, notre travail, notre vie sentimentale.


Je sature, de l’individualisme.

Tout nous pousse à rester chez soi et à oublier comment tisser des liens sociaux dans la vraie vie. C’est incroyable, aujourd’hui j’entends l’expression « IRL » (In Real Life), pour qualifier de quand on va faire quelque chose en dehors du monde virtuel. Comme si ce dernier était devenu la norme.

Ajoutons à cela la mode du développement personnel et là ça devient encore plus compliqué. Attention, je ne crache absolument pas dessus ! Je suis une adepte du coaching, je fais du développement personnel depuis des années et j’ai même débuté une thérapie. Mais je ne peux que constater que cela pousse parfois les gens à ne penser qu’à eux et oublier qu’en face, il y a des êtres humains. Penser à soi et son bien-être, apprendre à se placer en premier et à s’améliorer, revoir ses schémas de construction individuels et sociétaux, je suis 100% pour.

Simplement n’oublions pas que l’objectif est d’être bien avec soi, et dans ses relations avec les autres pour échanger, cheminer, aimer, vivre.

En économie, Adam Smith disait que l’intérêt collectif est atteint en satisfaisant les intérêts individuels. C’est son concept de “main invisible”, où la poursuite de l’intérêt individuel mène à satisfaire l’intérêt général. A l’inverse, Rousseau a développé l’idée que l’intérêt général transcende les intérêts particuliers. Et de son côté, Marx défend l’idée que l’intérêt commun est une fiction utilisée par la classe dominante pour dissimuler et faire prévaloir son intérêt propre, et donc que l’intérêt général est subjectif.

Bref, l’idée n’est pas de refaire les théories de l’intérêt général, mais je trouve ça intéressant parce qu’on assiste à un individualisme croissant qui peut nous faire oublier qu’on est tou.te.s dans le même bateau et que la solidarité et l’échange sont mis de côté.

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Je sature, du développement personnel.

Soit dit-en passant, je sature aussi du développement personnel parce que… et bien c’est dur de se remettre en question, de changer de perspective, de lâcher de mauvaises habitudes.

C’est dur de déconstruire ses schémas de pensées, qu’ils soient personnels liés à notre vécu, ou sociétaux liés aux croyances qu’on nous enseigne. Je pense notamment au féminisme et à la masculinité, qui sont des sujets que j’approfondis beaucoup en ce moment.

C’est dur d’essayer de faire de son mieux et de se prendre des portes quand même, ce qui nous laisse avec encore plus de questions. Qu’est-ce que j’ai fait qui n’allait pas ? Qu’est-ce que j’aurais pu faire de mieux ? Est-ce que je prends les bonnes décisions ? Ça demande beaucoup de volonté, d’énergie et de bienveillance envers soi.

C’est dur d’apprendre à se connaître et s’écouter, d’accorder de la valeur à son discernement même si les personnes en face ne sont pas d’accord.

Ça demande d’identifier ce qui ne nous nourrit pas, ce qui est toxique, ce qui ne répond pas à nos besoins, et de s’en séparer, aussi douloureux soit-il.


Je sature, de l’éco-anxiété.

Cela fait quelques années que je suis engagée dans le développement durable et que j’ai décidé d’ôter mes œillères pour comprendre l’impact de mes gestes quotidiens sur le monde qui m’entoure. Sur la planète, sur les animaux, sur les humain.e.s.

Notre système capitaliste et notre modèle économique mondialisé – hérités de nos chers économistes d’ailleurs, avec cette idée que le monde regorge de richesses et qu’on peut les échanger entre les pays pour profiter des avantages de chacun – nous pousse à sur-exploiter les ressources humaines, animales et naturelles, en plus d’accroître les transports et donc les émissions carbones.

Rendus accessibles, que ce soit de la nourriture, des biens, des voyages etc, tout le monde veut consommer de tout, n’importe quand, n’importe où. Cette poursuite du plaisir individuel en guise de quête du bonheur est le terrain idéal pour la surconsommation.

Sur-consommation et sur-production qui satisfont notre besoin de croissance, indicateur privilégié d’une économie saine. Sauf que tout ça nous mène dans un mur, un mur que les scénarios les plus pessimistes estiment qu’on se prendra d’ici 30 ans. Une génération pendant laquelle jusque 90% de la population humaine pourrait-être anéantie. Sympa les perspectives, non ?

Moi aussi, ça me fout le cafard, car je me sens impuissante. Cela renforce mon idée que quoi qu’on fasse, bien qu’on se tue à la tâche, il est sans doute de toute façon trop tard.

Il y a urgence, et dans l’urgence il faut se bouger et être efficace… la boucle est bouclée.

Et en même temps, je sens que je sature aussi de cet engouement pour “sauver le monde” : les grandes prétentions de start-ups aux messages inspirants, les initiatives qui fleurissent partout parce que c’est la mode faisant qu’il devient compliqué de distinguer le sincère du greenwashing qu’on constate que malgré tout, beaucoup restent dans une logique capitaliste de laquelle il est difficile de se défaire. Le sentiment de culpabilité dès qu’on fait quelque chose de pas écolo, la recherche de la perfection, encore et toujours, l’énergie folle que l’on met pour tenter d’avoir un impact, l’exploitation du travail bénévole pour faire avancer des causes. Si on touchait un revenu pour faire du bénévolat, je peux vous dire que les choses avanceraient beaucoup plus vite !

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Vivre le moment.

Bon, j’ai conscience que mon article n’est pas des plus gais, c’est normal. Je ne l’ai pas voulu pseudo-inspirant. Je me dis que c’est bien aussi de partager les moments où ça ne va pas.

Je suis en train de modifier mon regard par rapport à moi-même et le monde. Il y a 6 mois, je prenais conscience de ma valeur et du fait que je n’avais rien à prouver. La mise en pratique n’est pas aussi évidente et je sais que je ne suis pas seule à m’interroger sur la vie, lui donner un sens, à compter sur le regard des autres pour valider ma valeur ou mon existence, à chercher ma place et me donner de l’importance dans un monde de plus en plus individualiste.

Et je n’ai pas envie, pour une fois, de me distraire pour passer le temps, pour me changer les idées, pour ignorer les émotions désagréables. Non. J’ai envie de m’asseoir et de regarder le plafond, de sentir les vagues émotionnelles passer, les écouter et voir qu’après elles se calment.

J’ai envie de prendre le temps de me donner de l’espace, de ne pas être efficace, de me laisser souffler. De calmer mes frustrations, de ne plus culpabiliser, de m’accepter comme je suis. Pour mieux repartir, les idées plus claires.

J’ai envie de rester engagée, malgré la fatalité, avec l’idée qu’on peut poursuivre son bien-être personnel en prenant en compte que l’intérêt et le développement personnel n’a de sens que dans un monde qui existe, et où je prends en compte le bateau commun et les autres individus qui naviguent avec moi, que je le veuille ou non.

Je reste convaincue que je veux continuer d’explorer tout ça.

Parce que tout à une fin, et ce qui importe c’est comment on veut vivre le moment. Vivre l’aventure.

Qu’est-ce que l’on veut accomplir, qu’est-ce qui nous rend fier.e, qui sont les gens desquels on veut s’entourer ? Comment le faire d’une façon qui n’impacte pas négativement les autres, qu’est-ce que je peux apporter aux autres ?

Dans ces moments, je suis en quête de simplicité et j’en reviens à la fable du pêcheur mexicain, le tout premier article que j’ai rédigé sur le blog et qui me parle toujours autant 5 ans plus tard, même si j’ai tendance à l’oublier.

Je reviens bientôt avec des articles un peu plus funky, sur les réflexions qui découlent de cette saturation. C’était important pour moi de partager tout ça, pour montrer qu’on a le droit de parfois se sentir down, dans un monde où on prône la perfection.

« Vous ne pouvez pas tout quantifier, il faut vivre sa vie, sinon la machine humaine créative tombe en panne. Le secret du bonheur, c’est de vivre l’instant. »

***

Et toi, comment surmontes-tu tes phases de saturation ?

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Planet Addict

A 24 ans, j'ai plaqué mon CDI pour partir voyager. Un voyage qui m'a emmené plus loin que ce que je pensais : il m'a ouvert des portes pour suivre mes rêves, m'engager à adopter un mode de vie minimaliste et plus éthique, et élever ma conscience. Depuis 6 ans je partage mon cheminement et mes changements d'habitudes de vie avec vous, en espérant planter des graines !

Cet article a 13 commentaires

  1. Comme d habitude énormément de sensibilité et de justesse dans tes mots. Une pointe de tristesse de voir que quelqu’un comme toi a aussi ces moments de doutes de remise en question et de peine.

    Saturer c est comme tomber. L important quand c est fait c est de savoir se relever et reprendre la bonne direction en remettant en question ce qui n a pas été et qui a conduit a cet état. Même si parfois ça fait mal ou qu on se rend compte que l erreur ne date pas d hier . Car se rendre compte d une erreur du passé c est aussi accepter qu on a perdu quelque chose de précieux et irrécupérable : du temps. Seul façon de l accepter d après moi : essayer de voir du positif dans tout. Comme disait mon papa après avoir perdu subitement a 80% l’ouïe due a un microbe : au moins j entend moins ta mère ! Ok pas super l’exemple mais l’idée est la :).

    Continue d écrire stp aucune idée de combien de lecteurs tu as mais j en suis un…

    Bisous

    1. Merci Stéphane, et ça me fait plaisir de voir que suis aussi lue par des hommes 🙂
      Je pense qu’il est nécessaire, et inévitable, de tomber de temps à autres. Il faut parfois se laisser faire pour se relever quand on a reprit des forces. Merci de ton message en tout cas 🙂

  2. Merci pour cet article complet et vrai. J’ai plutot l’impression de montagnes russes émotionelles en ce moment, et prendre le temps de me poser vraiment me semble nécessaire et impossible en meme temps… Pas facile à suivre.
    Bon courage dans cette étape complexe!

  3. Merci pour cet article. Tes mots sont tellement justes.
    Tu décris très bien ce à que nous impose la société, et ce que nous nous laissons imposer, aussi…
    Moi aussi je sature un peu des réseaux sociaux, comme toi je m’interroge sur cette relation bizarre, ne montrer qu’une image, qui n’est qu’une reflet de la réalité. Je n’arrive pas à faire des photos instagrammables, car je profite de l’instant et après, c’est trop tard… Mais je ne peux pas me dédoubler. Je préfères vivre l’instant! 🙂 Et je n’aime pas trop m’exposer aussi, quel intérêt? Il y a toujours une fascination répulsion avec les RS, c’est tellement curieux. Je passe encore beaucoup trop de mon temps sur internet…
    Quand au reste, immédiateté, développement personnel, éco-anxiété… je partage aussi ton point de vue.
    Je pense qu’on a besoin de temps plus que jamais , pour soi, pour réfléchir, sans se laisser influencer. J’ai arrêté de regarder les infos, trop anxiogènes, je préfères me concentrer sur ce qui est important pour moi, continuer mes actions écolos, inspirer mes proches par mon comportement.
    Je me sens un peu isolée malgré tout, car comme tu le dit, l’important c’est le lien réel avec les autres! Mais pour l’instant je n’ai pas l’énergie de m’investir dans des nouvelles rencontres, mais je me laisse le temps. Je pense que c’est important quand on vit de gros changements, ou qu’on arrive au point de saturation!
    Je te souhaite un bel été tout en douceur et présence à l’instant.

    1. Merci Audrey, ça me fait du bien de sentir que je ne suis pas toute seule à vivre ces questionnements et ces moments de saturation. Merci d’avoir pris le temps de m’écrire 🙂

  4. C’est important de pouvoir poser les mots justes sur ses émotions. Merci de l’avoir fait et de le partager avec nous.
    Pour ma part, c’est suite à un burn-out que j’ai décidé de repenser ma vie et que je me suis vraiment écoutée. Ça m’a permis de trouver ce qui me faisait vraiment vibrer (le bien-être au naturel). Ça m’a aussi donné une motivation supplémentaire, liée au fait que j’ai l’impression de pouvoir contribuer un petit peu à aider les gens sur mon chemin avec mes pratiques. Je ne suis plus dans l’ambition. Ça m’a enlevé un poids énorme. J’ai aussi accepté le fait que je ne serai jamais la fille parfaite après laquelle j’ai couru pendant longtemps. Ce souci de perfection dans tout ce que je faisais et tout ce que j’étais a été le plus difficile à laisser derrière.
    Et puis la vie est faite de rencontres et d’opportunités. On apprend un peu plus sur soi chaque jour. Et on avance : c’est important !
    Je te souhaite de trouver les pistes qui t’aideront à avancer en t’écoutant pour de vrai. Mais tu m’as l’air déjà bien partie. Aie confiance !

    1. Merci Pauline pour ton commentaire, il me touche beaucoup et m’inspire dans ce moment pas évident <3

  5. Merci pour cet article plein de délicatesse. Je pense que nous sommes nombreux/ses à saturer comme toi en ce moment. C’est une période de gros changements rapides au niveau global et vouloir en faire toujours plus au niveau individuel ne nous mènera nulle part, sauf à l’épuisement. A un moment de ma vie, je me suis rendu compte que personne n’attendait de moi quoi que ce soit et que la seule chose que je pouvais faire et qui valait peut-être quelque chose, c’est de travailler sur ma propre négativité pour ne pas en rajouter (trop) dans le monde. Depuis des années, je suis mes enseignements spirituels d’Amma (Mata Amritanandamayi) et ça me donne un véritable point d’ancrage. Dans mon expérience, rien ne vaut une pratique spirituelle régulière pour parvenir à rester centré en soi-même au quotidien, ce qui nous permet d’avoir assez de force pour être là pour les autres en cas de besoin. Et puis je suis comme toi par rapport à Instagram. J’ai découvert ce réseau il y a moins d’un an et je suis effarée par l’uniformisation des comptes et des vies! Je crois que si je vois une nouvelle photo de Bouddha Bowl, je hurle!

    1. Merci Suzanne 🙂 J’aime beaucoup ce que tu dis sur l’ancrage spirituel pour être centré en soi chaque jour. Je vais m’en inspirer 🙂
      Belle journée à toi

  6. Bonjour Emma,

    Magnifique article! Je me suis tellement reconnue dans vos mots (celle que j’étais il y a 3 ans aurait apprécié de lire le “don’t quit but do rest” car j’ai tout quitté il y a 3 ans pour un énorme repos de 2 ans, j’en suis sortie là réénergisée et dans l’envie de continuer à vivre) Et je vous rejoins, c’est difficile de casser ses schémas et je pense que pour certain(e)s cela peut être dû à la pression de l’environnement (sens étendu: proches, emploi, habitudes, manque aussi de connaissance de ce qui est “autre” d’être beaucoup resté dans un environnement en particulier) Et j’en suis venue à la conclusion aussi que j’ai ainsi été conditionnée par mon milieu de départ et qu’il se pourrait que je ne puisse donc pas assez m’en déconditionner rapidement non plus et doive continuer à sentir sa pression (mais que rien ne m’interdit d’année en année de la faire baisser progressivement) Je pense qu’un autre écueil de nos modes de vie urbains rapides productivistes c’est aussi les accoups et quitter l’autoroute (ces vies là) pour le mini chemin de terre c’est violent, parfois accepter d’y rester encore un peu sur cette autoroute et puis se stabiliser sur une nationale ça peut aider (je suis partie en petite ville, ça a été un peu violent, je pense repartir en grande ville mais dans les montagnes, ça me parait un bon compromis pour sortir de la très grosse ville polluée tout en ne changeant pas radicalement d’environnement non plus :))

    1. Merci Lena, ce que tu dis a beaucoup de sens. Prendre conscience de ses conditionnements est une chose, réussir à passer outre en est une autre qui peut prendre du temps. Certaines personnes arrivent à passer de l’autoroute au petit chemin rapidement, d’autres non. Selon les domaines, parfois j’y arrive, parfois non et c’est frustrant. Ça me fait du bien de voir que je ne suis pas la seule 🙂 Au moins, essayer des chemins différents c’est le début du travail. ET justement on doit apprendre à être indulgent.e.s de ne pas y arriver du premier coup.

  7. Merci pour ton message, si nécessaire, si authentique, si juste (selon mon propre avis). J’ai moi même 31 ans, je suis entrepreneur depuis 4 ans, après avoir fait un bien out (étonnant !) Sur le coup je l’ai très mal vécu, car moi le bon petit soldat, qui réussit tout (l’énéagramme ; personnalité n°3), je ne me reconnaissais plus. Plus d’enthousiasme, des crises d’angoisse pour tout et n’importe quoi. .. mais je m’en suis sortie, dans le lâcher prise, la réflexion, la découverte et le respect de moi même, la spiritualité. Quel bonheur! Et quel inconfort. Aujourd’hui, avec tant de liberté, le moindre de mes actes me demande réflexion (est ce juste? Est ce le meilleur que je puisse donner?) Car la vie reste précieuse et le temps aussi, et je veux faire les choses bien, du 1er coup si possible (on ne se refait pas! Même si je crois que si ;)) perpétuelle dualité, même si je suis beaucoup plus souple, indulgente, bienveillante envers moi même, je reste une travailleuse qui aime découvrir, monter des projets, apprendre sans cesse… Je me retrouve bien dans ce que tu dis de ta personnalité. L’épuisement aussi, qui revient si je ne fais pas attention, car je ressens plus vite les choses maintenant, et je dois m’obliger a prendre des temps de pause. Et essayer de ne pas culpabiliser ni de me comparer aux autres ( pourquoi j’ai autant besoin de repos???). Comme toi, je mange beaucoup mais ne grossit plus, et je m’intéresse et experimente la cuisine crue depuis peu. J’échangerais avec grand plaisir avec toi, si tu veux bien. Au plaisir, Cécilia

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