La liberté d’être soi

La liberté d’être soi

Ces derniers mois ont été éprouvants. Echo de mon surmenage, je me suis retrouvée face à du vide, des questionnements, une quête de sens et de vie. Je vous partage les questions que je me pose en ce moment, autour du voyage, du féminisme et de la liberté d’être soi.

Mes questionnements autour du voyage

Depuis le mois d’Avril, je parle de voyage slow, de l’impact de l’avion, des dérives du tourisme et même du volontariat. Je veux inviter les gens à reconsidérer leur rapport au voyage. Et c’est un terrain de résistance absolue ! Plus même que la gastronomie. Changer quelques habitudes ok pourquoi pas, mais pas trop hein…

A lire aussi, mes articles sur le voyage slow

Les voyages et surtout l’avion ? C’est dur. Pourquoi ?

Au même titre que n’importe quel appel au changement, on se heurte à des réactions du type – je pense aussi à l’alimentation quand je note ces questions – :

  • C’est un plaisir, une source d’épanouissement, de liberté
  • Pourquoi moi je changerais alors que les autres s’en foutent ?
  • Il y a quand même des retombées économiques, alors si on arrête tou.te.s, il y aura des conséquences négatives, notamment des pertes d’emploi

Les deux dernières questions, j’y ai déjà répondu dans mes 10 idées reçues d’un mode de vie plus écologique. En résumé, c’est plutôt :

  • Si toi tu ne changes pas, personne ne va le faire. Tu ne peux contrôler que TOI. Donc toi change en fonction de tes valeurs, ne te compare pas aux autres et encore moins à ceux qui préfèrent garder leurs œillères.
  • Tout ne changera pas en un jour et quoi qu’il en soit, ce n’est pas parce que quelque chose crée un emploi que c’est juste. Il y a d’autres sources d’emploi inexploitées ou sous-exploitées qui feraient bien plus de bien à notre société.

Renoncer à une liberté ?

Je voudrais entrer un peu plus en profondeur sur la première question.

Tout d’abord, si ton plaisir ou ta liberté fait du mal aux autres (planète, animaux, espèces, humain.es), est-ce vraiment une liberté ? C’est une question philosophique intemporelle, mais la liberté à une frontière et cette frontière c’est l’éthique.

Concernant le voyage, je voudrais creuser un peu car j’ai l’impression qu’on touche à une corde très sensible. De quelle liberté on parle ? D’un luxe qu’on peut se permettre, une façon de rêver, de s’aventurer, mais aussi de s’échapper ? S’échapper d’un quotidien ou d’une société qui ne nous convient pas, se donner un temps de repos qu’on ne s’accorde pas autrement ? Il n’y a que moi que ça interroge ?

Peut-être qu’on pourrait commencer par se demander ce que ce besoin de partir, découvrir ou s’échapper cache. Est-ce qu’il y aurait d’autres moyens d’y parvenir ? Est-ce que cela justifie de prendre l’avion plusieurs fois par an ? Est-ce qu’il y a quelque chose qui est à revoir dans mon quotidien ? Des besoins non écoutés ?

Parce que quand on y pense, est-ce vraiment une liberté ? Nous libérer de quoi ? Est-ce que 2 ou 3 semaines de vacances et les week-ends ici et là nous libèrent vraiment ? Est-ce que même un long voyage nous apporte ça ? Pour avoir vécu plusieurs voyages, je vous assure que l’on n’échappe pas à soi-même. On peut aller au bout du monde, on reste avec soi.

Citation

Et puis, est-ce que ce n’est pas aussi une justification pour le travail accompli ? Une récompense ? Ce qui nous fait tenir sur la durée ? En fait, cela nous garde peut-être emprisonné.e dans quelque chose qui nous convient pas, ne nous rend pas heureux.se, et ce avec notre consentement !

Voyager différemment

Je ne suis pas en train de dire « arrêtons de voyager à jamais » ou « ne prenons plus jamais l’avion ». Le voyage reste une source d’ouverture, de culture, d’émerveillement et de cheminement.
J’invite seulement à nous poser des questions et à prioriser nos envies de voyage. Peut-être que voyager en avion à des fins purement touristiques n’est pas indispensable. Peut-être qu’on peut trouver d’autres sources de plaisir. Peut-être qu’on peut troquer l’avion pour un autre moyen de transport. Peut-être qu’on n’est pas obligé d’avoir une bucket list longue comme le bras d’endroits à voir à tout prix et d’être dans la boulimie.

Voyager en conscience, voyager plus responsable, voyager plus slow. Et se créer un quotidien qui nous épanouit.

Ce qui est sûr, c’est que le monde ne nous appartient pas et que le fait d’être privilégié.e ne nous donne pas le droit diplomatique de faire tout ce qu’on veut partout comme si c’était un open bar.

 Changer n’est pas renoncer, c’est agir en conscience et faire des choix en cohérence.


Mes questions autour du « numbing »

Numbing, traduit par « engourdissement » en français. C’est surtout notre faculté à taire ce que nous ne voulons pas voir, pas sentir, pas admettre. Notre faculté à nous distraire en permanence pour échapper à ce qui nous fait peur.

Cacher qui on est

En septembre, ma sœur m’a fait découvrir le travail de la chercheuse américaine Brené Brown, qui aborde les thèmes de la vulnérabilité et de la honte avec une justesse incroyable. Elle parle notamment de notre inconfort à nous montrer vulnérables, alors que c’est ce que nous cherchons chez les autres, que c’est la voie de l’authenticité et de la créativité. Elle révèle à quel point on passe notre temps à vouloir taire nos émotions, nous cacher derrière des masques car on a peur d’être vu.e.s tel.le.s qu’on est.

Et on est devenu des PROS du numbing. Alcool, réseaux sociaux, cigarette, streaming, drogues, porno, jeux vidéos, médicaments et antidépresseurs, applis de rencontre, malbouffe, soirées, voire les voyages, le sport… On fait ce qu’on peut pour noyer ses émotions, sa vulnérabilité et sa peur de ne pas être assez ou socialement accepté. Et la société de consommation peut se déployer tranquillement, elle a un support solide.

C’est l’excès de ces choses que je souligne. Lorsqu’on ne peut s’en passer, qu’on devient accroc et dépendant.

L’hyperactivité, le perfectionnisme, la critique et le jugement, la victimisation sont aussi des masques. Et lorsque l’on juge ou accuse « les autres », c’est que l’on décharge cet inconfort. C’est plus facile que de regarder en soi, mais ça ronge notre société.

Redécouvrir l’empathie

Passer du temps seul ? Passer du temps dans le silence ? S’accorder du temps pour pleurer ? Se confier, parler à quelqu’un, se faire aider ? Faire preuve d’écoute et d’empathie ? Ralentir ? S’interroger sur ses besoins et envies profondes, les nôtres ? Faire les choses en conscience, être présent.e ? Tout ça est inconfortable.

Pourtant, lorsque l’on inhibe toute cette vulnérabilité, on inhibe aussi la joie profonde. Si on commence à faire preuve de compassion et d’empathie, envers soi-même et les autres, on ouvre des portes.

On est tou.te.s dans le même bateau, tou.te.s connectées. Si je te fais mal, je me fais mal. Pour ne pas faire de mal, je dois faire preuve d’empathie, et cela nous manque cruellement. On pourrait alors passer d’un cercle vicieux “j’ai mal > je te fais mal > on me fait mal > j’ai mal” à un cercle plus vertueux “j’ai mal > je me connecte à l’empathie, je fais ce qui est bon pour moi > je fais du bien aux autres > on me fait du bien > je (me) fais du bien”.


Mes réflexions autour du féminisme

L’importance du féminisme

Après la lecture du livre Sorcières, la puissance invaincue des femmes, j’ai découvert le podcast Les couilles sur la table en Juin. J’ai tout écouté en un mois et amorcé de looongues discussions avec mes amies blogueuses sur le féminisme.

J’ai appris plein de choses et compris qu’être une femme me mettait dans une case, dans la société et dans le couple, que j’avais intégré inconsciemment. Parallèlement, être un homme met aussi dans des cases et des privilèges insoupçonnés. Il y a du boulot pour rétablir l’équilibre.

Au final, être bien avec soi et avec les autres, ça passe aussi par la compréhension des genres, du féminisme, des masculinités… de toutes ces cases à la con dans lesquelles ont essaye de tenir et qui nous empêchent d’être juste nous-mêmes.

Ce qui n’empêche pas de vouloir s’améliorer, au contraire. Cela nous appelle à nous connaître, nous améliorer, à communiquer nos besoins. A être plus ouvert.e.s, plus bienveillant.e.s, plus vrai.e.s, plus sensibles. Plus vulnérables. Cela nous appelle à reconnaître les situations toxiques pour nous et les quitter, parce qu’elles ne nous conviennent pas.

Ne plus s’effacer juste pour plaire

Cela m’a aussi permis de comprendre que certaines angoisses me signalaient simplement des incohérences et dissonances, que je n’osais exprimer pour « plaire ». Alors que mes émotions sont tout à fait légitimes, ont un message à délivrer et m’aident à m’approcher de ma vérité.

Ahh, plaire, s’adapter, se soumettre, s’effacer. Tout ça est intimement lié. On a un besoin cruel d’appartenance, que l’on confond avec l’acceptation. On se contorsionne et se sur-adapte pour ne pas être rejeté, être comme « les autres » alors qu’on est peut-être pas avec les bonnes personnes ou dans la bonne situation. Ou a minima, cela appelle à exprimer ce qu’on veut et nos besoins.

Appartenir, c’est être où on veut être et là où on nous veut aussi. S’adapter, c’est être où l’on a envie d’être mais en face qu’on soit là où pas ne fait aucune différence. Si on n’est pas accepté pour qui on est, alors on n’appartient pas. – inspiré de Brené Brown.

Pensez au vilain petit canard.


Sortir de l’illusion et se reconnecter à soi

Pour terminer, on peut résumer cela à un retour à l’authenticité.

Repérer nos illusions, l’idée qu’on se fait de ce que sont les choses ou comment on voudrait qu’elles soient. L’illusion de la liberté, l’illusion du contrôle, l’illusion d’échapper à ce qui est inconfortable, et même l’illusion de certaines de nos envies et de qui on croit être.

Se redécouvrir, s’interroger sur ses vrais besoins, ses joies, à SOI. Et c’est dur. C’est tellement plus facile d’essayer de faire comme les autres. On ne nous apprend pas ça à l’école. On nous apprend à nous formater.

Sauf qu’on est tou.te.s uniques.

Et au final, la vraie liberté, c’est peut-être la liberté d’être soi.

Je vous laisse là dessus, et vous retrouve dans l’article suivant sur la suite de mes réflexions et une décision qui implique le blog.

***

Et toi, comment vis-tu ta liberté ?

Pinterest-liberte

Planet Addict

A 24 ans, j'ai plaqué mon CDI pour partir voyager. Un voyage qui m'a emmené plus loin que ce que je pensais : il m'a ouvert des portes pour suivre mes rêves, m'engager à adopter un mode de vie minimaliste et plus éthique, et élever ma conscience. Depuis 6 ans je partage mon cheminement et mes changements d'habitudes de vie avec vous, en espérant planter des graines !

Cet article a 6 commentaires

  1. Hello !

    Concernant le voyage, plusieurs réflexions me viennent à l’esprit en te lisant. Je sais que tes remises en question sont sincères, mais je me demandais : penses-tu que tu te serais fait les mêmes réflexions si tu n’étais jamais partie ? Je me dis que quelque part, tu as conscience des impacts du voyage parce que tu as conscience de ce que c’est que de vivre de l’autre côté du globe… pour y être allée. Et aussi, justement, je me dis que c’est sans doute difficile de recevoir des invitations à rester chez soi de la part de quelqu’un qui a vu les paysages merveilleux que toi tu as eu l’occasion de voir…

    Pour ma part, oui, j’ai des rêves de voyages lointains, parce que j’ai envie de voir d’autres choses que nos interminables alignements pavillonnaires. Parce que quand je vois la baie d’Halong en photo, j’imagine la sérénité que je tirerais de ce genre de paysage. Je ne te parle pas de ma liberté, mais simplement du désir enfoui en moi, comme en beaucoup d’autres, d’être confrontée à la beauté et à l’immensité.

    Par ailleurs, le voyage slow, c’est bien beau, mais… à moins de rester dans les frontières françaises, t’as intérêt à avoir du temps devant toi… Quant aux familles, j’imagine même pas la logistique…

    Je dois t’avouer que la seconde partie de ton billet me met assez mal à l’aise, et même si c’était le but (dans le sens où je pense que tu avais envie d’éveiller les consciences, de faire réfléchir, sans porter de jugement), ben… Je me sens un peu agressée. Tout ce que tu dis est probablement vrai, mais c’est aussi affreusement généralisant.
    Je ne me bourre pas la gueule parce que je trouve “inconfortable” de m’affronter. Je le fais parce que malgré tout ce que j’ai réussi à accomplir pour m’en sortir, j’ai besoin d’une béquille.
    ““j’ai mal > je me connecte à l’empathie, je fais ce qui est bon pour moi > je fais du bien aux autres > on me fait du bien > je (me) fais du bien”.” Je n’ai aucune idée de ce que tu as dû traverser au cours de ta vie, et si l’amitié, le soucis d’autrui et les bonheurs reçus en retour t’ont “suffi”, tant mieux. Vraiment ! Pour ma part, je suis désolée, ça ne suffit pas, et d’ailleurs c’est aussi ma grande empathie, mon hypersensibilité, qui ont achevé de me démolir il y a quelques années.
    Alors non, mes addictions ne sont sûrement pas un moyen viable de m’en sortir et ne sont utiles à personne. Mais parler d’inconfort, je trouve ça blessant. Je me débats comme je peux dans la nasse de mes traumatismes et angoisses, et ça ne m’empêche pas d’être quelqu’un d’ouvert sur les autres, d’adorer échanger avec les gens, d’adorer mon métier, ni de croire en la bienveillance et en l’écoute. Ne mélangeons pas tout. (J’ai pris mon cas personnel parce que c’était plus simple hein, pas pour dire “regardez-moooaaaa” 🙂 Je pense juste qu’énormément de gens se reconnaîtront dans mon exemple.)

    1. Bonjour Nathalie,
      Je te remercie d’avoir pris le temps de me partager ton retour sincère. Tout d’abord, je n’ai voulu blesser, agresser, ni culpabiliser personne. Je suis moi-même hypersensible et sujette aux angoisses donc je ne souhaite ajouter de charge à personne.
      Sur le voyage, OUI c’est le voyage qui m’a ouvert les yeux. C’est pourquoi j’ai déjà partagé dans un autre article que j’étais mal placée pour dire aux gens de ne pas voyager. Et ce n’est pas ce que je dis. J’ai appris de mes expériences et je tente d’en tirer des réflexions sur ce que ça a pu cacher, parce que peut-être cela peut faire gagner du temps à certain.e.s. Je dis de s’interroger sur le pourquoi on veut voyager. Par exemple, as-tu besoin d’aller dans la baie d’Halong pour avoir un paysage de sérénité ? Et qu’est-ce qui dans ton quotidien pourrait t’offrir plus de sérénité ? C’est tout. Libre à chacun.e de faire ses choix et je ne suis personne pour dire à qui que ce soit ce qu’iel devrait faire. Le voyage reste quelque chose d’important dans ma vie et je CHOISIS de prioriser et de voyager lentement. Je ne vois pas pourquoi il faudrait plus de temps pour voyager en Europe qu’en Asie, dans mon esprit c’est justement le contraire :).
      Concernant les addictions, je me suis peut-être mal exprimée. Sincèrement, j’ai juste envie que les gens soient bien et se libèrent de leurs chaînes. Je dis que si on a des addictions (et je parle bien d’addictions, pas d’une cuite de temps en temps) cela cache peut-être quelque chose et qu’en l’admettant on peut chercher de l’aide ou entamer des actions pour s’en libérer. Et libérer ne veut pas dire ne plus jamais ressentir d’inconfort ou d’angoisse. C’est reconnaître ces états et surfer plus librement d’une émotion à l’autre. C’est pouvoir en parler sans avoir à se cacher ou avoir honte. C’est se soutenir.
      C’est quand on résiste qu’on s’embourbe et qu’on s’épuise. Avoir une béquille, c’est différent, c’est nécessaire pour se relever. La béquille sous-entend qu’on a conscience, qu’on est sur un chemin vers un état de mieux-être. Quand on est blessé, on a besoin de béquilles sur lesquelles se reposer. J’appelle ça le gilet de sauvetage. Il permet de calmer, relâcher cette résistance et nous aider à continuer de nager vers la rive. L’idée étant à un moment de retirer les béquilles et de remarcher (ce qui n’empêchera pas de tomber de nouveau, de se reblesser, et de nouveau avoir besoin de béquilles…). Quand je dis inconfort, c’est parce que ce n’est pas toujours agréable de réaliser certaines choses sur soi, de se remettre en question, d’avancer. Justement, je trouve ça triste que l’empathie et l’hypersensibilité te démolissent. Mais ce n’est pas étonnant, on est dans un monde qui manque cruellement d’empathie et qui n’est pas confortable avec la sensibilité. Pour moi aussi, c’est dur. J’aime à croire que cette sensibilité est un don. C’est juste plus difficile de jongler entre les émotions et de trouver du bien-être dans tout ça. Cela nécessite de (se) poser des limites et on a généralement du mal à le faire. En tout cas pour moi c’est pas facile.
      Bon, cette réponse est bien trop longue ! Tu vois, ton commentaire m’a interpellé. Je me suis dit : merde, ce que j’ai écris a blessé/ agressé quelqu’un. Alors que je ne veux juger personne, seulement partager mon cheminement et proposer des pistes. C’était donc important que je prenne le temps pour approfondir mes pensées. Belle journée à toi 🙂

      1. Merci pour cette longue réponse, je les aime bien comme ça, moi, les réponses 🙂
        Je viens de poster un billet sur mon blog qui, si le cœur t’en dit de le lire, éclaircira peut-être un peu ce qui m’a amenée à “prendre mal” une partie de ton message.
        Concernant le voyage, tu dis que c’est un choix de voyager lentement. Certains ne l’ont pas, ce choix, c’est pour ça que je pense que cet argument risque d’être peu convainquant pour toute une partie de la population.

        PS : ça m’attriste que tu arrêtes de bloguer ! J’espère que tu repasseras, un de ces jours… (et aussi, on s’en fout, des stats. On peut bien être trois à te lire, ce qui compte c’est que ça te plaise d’écrire. Et toucher trois personnes, ben… c’est déjà beau… T’as pas besoin de céder aux sirènes du référencement, je pense :))

        Belle soirée à toi aussi 🙂

        1. Merci pour ton retour Nathalie 🙂
          Tu as tout à fait raison : même si une seule personne me lit, c’est suffisant ! J’ai simplement besoin de prendre du recul car je m’identifie trop à ce que je produis (c’est aussi ma béquille et il est temps que je lâche un peu 🙂 ), pour que si je reviens, c’est avec vibration de nouveau. L’hiver est propice à cette introspection.
          J’ai lu ton billet qui est très touchant. Je sais qu’on vit dans un monde où quand tu tombes, on te dis “bah relève toi”. Sauf qu’on a besoin d’empathie avant. La vidéo de Brené Brown que j’ai posté l’explique bien et c’est ce que j’ai voulu transmettre. Avant de juger, de conseiller, on a besoin de “je comprends” “tu n’es pas seul.e”, et surtout “tu as le droit de te sentir mal”. Je déplore que toute cette mouvance de développement personnel n’insiste pas assez sur les passages à vide. Il n’y a pas de honte. Il y a des circonstances qui déclenchent des émotions différentes selon les personnes. Certaines se relèvent plus vite, d’autres non. Le travail que je fais sur moi est justement d’apprendre à me connaître MOI. Certes d’utiliser tout un tas d’outils, mais l’appliquer d’une façon qui raisonne pour moi. Et m’assumer. C’est pas facile !
          Donc sans prétention aucune, j’ai envie de te dire : je te comprends. Je sais que l’anxiété et la dépression c’est dur à vivre. Se lever le matin sans sens. Regarder autour de soi et ne voir que des mauvaises nouvelles. Enchaîner les coups durs et encaisser. Et rester coincé. Alors qu’on s’aime assez pour avoir envie de s’en sortir.
          Personnellement, voici ce que je fais en ce moment : déjà, je suis suivie par une psy. Ensuite, je m’entoure de personnes à qui je peux parler sans honte, qui me soutiennent et m’encouragent, et me montrent des exemples. Que ce soient des proches ou des mentors via le web comme Brené Brown. Je sors de ma vie toute source d’angoisse, car pour le moment je n’ai pas la force de le gérer. Je me repose, parce que mon corps est épuisé. Je fais des activités que j’aime et je prends le temps. Je tente de renouer avec les plaisirs, et de changer mes pensées “négatives” en plus positives en cherchant “l’exception”. Par ex : le monde va mal. Si je trouve un exemple que le monde va bien alors je peux penser que le monde peut aller bien.
          Et c’est dans cet élan que je m’écarte du blog. Faire un peu le vide, pour décrocher mes habitudes de productivité, mes injonctions, et juste vivre.
          Car au final, je pense que ces angoissent délivrent un message sur des choses à réajuster. Et on a tendance à les taire, ce qui décuple l’angoisse. Alors que quand on s’écarte, on vit les émotions désagréables plus vite, et on s’y identifie moins…
          Et concernant le voyage, un choix entraîne d’autres choix et de la priorisation. Je ne connais pas les circonstances de tout le monde, mais je pense que pour beaucoup, on croit qu’on n’a pas le choix pour X ou Y raison, et plutôt que de voir comment on pourrait rendre ça possible, on s’arrête de rêver. Avoir le choix ne veut pas dire pouvoir le faire tout de suite. C’est prendre une décision qui en guidera d’autres et nous amènera sur un chemin qu’on a envie d’explorer. Ça aussi on oublie de le dire. Tout ne se fait pas en un claquement de doigts. Si le changement était facile, tout le monde le ferait sans hésiter. C’est inconfortable.
          Bien entendu, étant donné que je parle de mon expérience, je ne cherche à blesser ni agresser personne dans mes écrits.
          Encore une bien trop longue réponse ^^
          Je te souhaite sincèrement de trouver les petites lumières qui éclairciront l’obscurité, celles qui raisonnent en toi et qui te correspondent à toi.

  2. Bonsoir, il m’a fallu un certain temps pour arriver à la fin de ton partage, je crios que j’ai eu le temps d’un peu oublier le début du coup… Je me retrouve dans ta vision du voyagem puisque j’ai fait le choix de vivre dans un autre pays plutot que de voyager loin. Mais cela oblige á voyager pour voir ses proches, ce qui n’est finalement peut-etre pas mieux. Je suis toujours en réfléxion sur le sujet moi aussi!
    Je me retrouve dans les reflexions sur le féminin et l’empathie qui pour moi ne sont finalement qu’un sujet. J’ai la chance d’évoluer dans le milieu de l’informatique, ou il y a un certain respect de nos bizarreries parce qu’un geek c’est pas tout à fait normal dans l’imaginaire collectif mais traité avec un respect craintif. Plus les années passent et plus je m’éloigne de ce besoin primitif de normalité pour aller vers celle que je suis vraiment, mais le chemin est encore long! Depuis quelques temps je me passionne pour la CNV et Marshal B. Rosenberg.

    1. Merci pour ton partage Kellya, et de me suivre depuis les débuts !
      Pour le voyage, je parle bien de réduire les voyages à but purement touristique. Je le distingue du voyage pro ou pour voir ses proches. C’est pourquoi je parle de priorisation !
      C’est chouette si tu te retrouves aussi dans certaines de ces réflexions !
      A bientôt 🙂

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