Le Voyage Slow, c’est quoi ?

Le Voyage Slow, c’est quoi ?

Aujourd’hui, voyager est assez répandu. Voyager est de plus en plus accessible, c’est un rêve d’évasion, une envie partagée par beaucoup. Le nombre de touristes dans le monde ne cesse de croître, et le tourisme reste une source de revenus incontestable pour les économies des lieux visités. A l’heure des questionnements sur le changement climatique et l’impact du tourisme sur les populations et l’environnement, est-ce qu’une autre façon de voyager serait possible ?

Le tourisme aujourd’hui

Comme expliqué dans cet article sur le tourisme de masse, le tourisme aujourd’hui devient plus un fléau qu’une bénédiction.

  • 1,4 milliards de touristes ont voyagé en 2018
  • Les villes et sites touristiques deviennent invivables
  • Les sites naturels sont de plus en plus pollués ou endommagés
  • L’industrie aérienne représente près de 3% des émissions de gaz à effet de serre, avec des prévisions de plus de 20% en 2050
  • Le nombre de passagers risque de doubler voire tripler d’ici 2050

Je pense qu’il est assez lucide de voir que cela ne présage rien de bon. Aujourd’hui, outre les problématiques environnementales, culturelles et sociales, le changement climatique est un vrai enjeu qui est encore trop peu pris au sérieux.

Pour autant, faut-il renoncer à voyager ? Quelles pratiques pouvons-nous mettre en place pour limiter les dégâts et, encore mieux, laisser une trace positive ?

Renoncer au voyage ?

C’est la réaction un peu radicale qu’on entend dès que l’on parle du fait que prendre l’avion quand on a une démarche écologique n’est pas cohérent.

A titre très personnel, je suis très mal placée pour dire à quiconque de ne plus voyager.

Le voyage a été (et est toujours) une source d’apprentissage incroyable pour moi. C’est par le voyage que ma sensibilité écologique est née. Le voyage m’a permis d’ouvrir mon esprit, de comprendre des choses sur le monde et sur moi-même. Il m’accompagne dans mes changements de vie, qui m’apporte du réconfort et du challenge.

Bali trip temples

Cela étant dit, entre mon premier voyage en Asie et le dernier au Mexique, ma vision sur la façon de voyager a changée. Le fait d’avoir choisi de continuellement revoir mes habitudes de vie pour limiter mon impact écologique et social est indéniablement une variable que j’intègre au voyage. C’est d’ailleurs l’essence même de ce blog.

Donc je suis de celles qui pense qu’on n’est pas obligé de voir tout noir ou tout blanc. Je pense que l’on peut voyager et le concilier avec écologie et éthique : cela demande de repenser sa façon de voyager. Oui, cela implique de moins prendre l’avion, forcément. Cela implique aussi de revoir le rythme associé aux voyages.

Le voyage slow, c’est quoi le concept ?

Une piste que j’explore dernièrement est le voyage slow, ou slow travel. Il y a quelques mois, Louis du blog Slow World a répondu à mes questions sur le mouvement slow en général. En résumé, il s’agit d’une approche qui vise à ralentir le rythme, prendre le temps de vivre les choses. Dans une société de l’immédiateté, on vit dans un rythme effréné et une vision productiviste qui consiste à toujours faire plus.

L’idée dernière le slow, c’est de faire mieux. La qualité vs. la quantité.

Appliqué au tourisme, il s’agit donc de réduire : moins de voyages, moins de destinations, réduire la fréquence des départs. Il s’agit aussi de prendre le temps : mettre plus de temps à arriver, rester plus longtemps quelque part, découvrir une culture plus en profondeur.

A cela j’ajoute des habitudes plus durables : préserver l’environnement sur son passage, respecter les us et coutumes, éviter les attractions touristiques, partir hors saison, s’éloigner des lieux trop prisés.

Alors, concrètement ça ressemble à quoi ?

Montagnes Rocheuses 2

Le Transport Slow

Peu de surprise de ce côté, effectivement l’avion n’est pas l’ami du voyage écolo. Rejetant jusque 350g CO2/km, on ne va pas se mentir – c’est le mode de transport à éviter au maximum.

Dans un précédent article, je dresse un état des lieux des modes de transports plus ou moins écologiques.

On privilégiera donc plutôt le bus et le train pour les distances courtes et moyennes, on évitera les croisières et les cargos, et on gardera l’avion pour les très longues distances, qu’on limitera dans l’année et dans l’idée de rester plus longtemps sur place.

L’idée n’est pas de faire culpabiliser, mais d’explorer des alternatives.

J’ai conscience que beaucoup veulent partir en week-end en Europe régulièrement, aller voir des amis ou de la famille à l’étranger, s’évader une ou deux semaines parce qu’il y a une contrainte de congés, ou ont des contraintes liées à leur travail tout simplement.

La réalité, c’est que nous avons le choix. Le choix de prioriser. Nous n’avons pas besoin de tout faire tout de suite. J’ajouterai que si partir est un échappatoire indispensable, il y a peut-être une interrogation à avoir sur notre mode de vie au jour le jour. Personnellement, je ne conçois pas une vie où je ne kiffe pas tous les jours et où j’attends les escapades pour me sentir bien.

De nouvelles habitudes à prendre

réduire l'avion

Par exemple, j’ai décidé de bannir tout week-end à l’étranger, car en 2 jours on ne découvre rien, on court partout, on revient épuisé et on est contraint de prendre l’avion.

Le simple fait de prendre comme principe de base le fait de partir en bus ou en train m’oblige, de fait, de ne même plus envisager ce type de séjours.

Aussi, on peut décider de s’accorder un voyage long en avion une fois par an, une fois tous les deux ans, tous les 5 ans, afin de se fixer des points de repères  et d’apprécier encore plus l’expérience.

Le transport slow, cela s’étend aussi à la marche ou au vélo. Que ce soit pour se déplacer sur place ou pour passer d’un point à l’autre. Oui, oui, les voyages entiers en vélo ou à pied, ça existe ! Et là, on est dans l’ultra-slow 🙂

Enfin, on n’est pas obligé de partir loin pour se dépayser et se ressourcer. C’est le principe de la micro-aventure, où on recherche des expériences dans un périmètre plus réduit !

Le séjour Slow

Hormis les transports, la démarche Slow s’applique aussi sur le programme de notre séjour. Plutôt que de courir d’un site touristique à l’autre, ou de vouloir cocher toutes les attractions de notre guide de voyage (j’exagère hein), on peut plutôt choisir une à deux activités à faire en profondeur par jour, prendre le temps de flâner, déjeuner, se reposer, discuter avec les gens.

Ralentir le rythme, cela peut aussi s’étendre à notre hyper-connectivité. Est-ce qu’on est obligé de partager tout ce que l’on fait sur les réseaux sociaux ? Ne peut-on pas profiter de ces moments pour se contenter de l’observation, de l’expérience, sans regarder derrière un objectif ou un écran de téléphone ?

Encore une fois, ralentir ne veut pas dire ne plus rien faire mais réduire. C’est une façon de conserver les choses que l’on aime faire, tout en restant dans la mesure, de façon à les rendre plus durables. La durabilité, c’est permettre à d’autres de vivre des expériences similaires, c’est le partage, et c’est aussi contribuer à faire perdurer tout ça dans le temps.

Stay tuned !
Nous sommes plusieurs à reconsidérer notre façon de voyager ! Je vous en parle très vite pour que vous puissiez vous aussi exprimer votre vision du voyage slow et partager vos nouvelles habitudes de voyage !

***
Et toi, comment conçois-tu le voyage slow ?

Pinterest-voyage slow

Planet Addict

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Cet article a 4 commentaires

  1. Super billet.
    Va et découvre ton pays :
    1 – pour une meilleure transmission de l adn de ton territoire aux générations futures
    2 – parce que tout autour de toi il y a des gens, des anonymes, des pépites de l ombre qui mériterai d être mis en lumière
    3 – parce que le dépaysement commence a sa porte

    1. Merci Patricia ! J’ai adoré écouter ta conférence, heureuse qu’on se rassemble pour porter un nouveau souffle de voyage 😉

  2. Salut Emma !

    Ah je suis heureux de lire cet article sur ton blog 🙂 Je vois qu’on prend un peu le même chemin tous les 2 (j’ai vu que dernièrement tu postais beaucoup sur le zéro déchet dont je commence à parler aussi de plus en plus).

    Bref, pour en revenir au slow travel, ton article me fait penser à une réflexion que j’ai en ce moment :
    Est-ce que voyager slow, ne serait pas finalement une façon de réhabiliter le voyage au sens originel du terme ? C’est à dire privilégier la découverte, l’expérience, la vie d’un lieu plus que la consommation de 3 attractions touristiques et 1 resto.
    Pour moi, c’est une manière d’approfondir en quelques sortes 🙂 Vivre un endroit plus qu’y passer.
    Et c’est là que je le distingue du tourisme, où comme tu dis par exemple, on fait un weekend en Europe. C’est pas du tout contre le tourisme que je dis ça mais c’est une expérience différente quoi.
    Et comme tu dis le voyage slow c’est aussi une réponse à la crise écologique. Et puis vouloir réduire son impact en adoptant le slow travel c’est aussi une façon de revoir sa manière de voyager, repenser carrément le voyage du coup. Bref, un peu tout ce que tu dis, sur par exemple ne plus faire de weekend en Europe, limiter l’avion à 1 fois par an, etc ! C’est tout à fait ça 🙂
    Le truc pour y arriver aussi je crois c’est peut-être d’arrêter de penser en terme de coincer un max de trucs dans un temps limité pour en profiter plus, car au final c’est l’inverse qui se produit, on revient de voyage exténué, le téléphone bourré de photos, mais est-ce qu’on aura vécu quelque chose de réellement marquant ? Ok oui on sera peut-être marqué, ébloui même. Mais y’aura pas cette dimension plus profonde, mentale et spirituelle je dirais. Pour moi le voyage c’est un apprentissage, pas juste voir des temples, goûter des plats et tout ça.
    Le truc c’est que y’a cette peur de l’ennui inculquée par la société qui pousse à remplir son emploi du temps au max, en voyage ou autre. Pourtant quand on y pense, quand on est gamins on s’ennuie régulièrement et ça nous gêne pas. Mais l’ennui en vrai ça n’existe pas je pense. On réfléchi, on rêvasse, on admire, on observe. Par en exemple en faisant un trek ou en se posant sur une place publique à observer la vie locale, etc. Sans compter que c’est meilleur pour le cerveau de se calmer un peu. Et même de se déconnecter, et là ça rejoint ta réflexion sur le réseaux sociaux, je suis on ne peut plus d’accord !

    Bref, je pourrais continuer des heures à parler du slow travel je crois, mais je vais m’arrêter là pour pas prendre tout l’espace commentaire de ton post ^^

    Désolé si je me suis lâché, mais ça me passionne. Bref, ton article m’inspire !! 😀

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