Le tourisme de masse, un vrai problème

Le tourisme de masse, un vrai problème

Première industrie mondiale, le tourisme est la voie royale pour créer des richesses économiques dans les pays du monde entier. De plus, partir en voyage ou en vacances est devenu un symbole de liberté et de richesse, une des raisons pour laquelle on travaille dur chaque jour, un échappatoire qui illumine la vie. Sur le papier, ça à l’air d’être un deal plutôt positif. Seulement en réalité, le tourisme de masse version années 2000 est une vraie plaie.

Les chiffres du tourisme en 2018

En 2000, nous étions « seulement » environ 700 millions à voyager. Ce chiffre a quasi doublé en moins de 20 ans. En 2017, nous arrivons ainsi à quasi 1,4 milliards de touristes dans le monde. Au premier abord, on pourrait se dire que c’est un bon signe : meilleur niveau de vie, opportunités pour les pays accueillant les touristes, sans compter l’ouverture d’esprit et tous les bénéfices du voyage.

C’est un secteur créateur d’emplois et de PIB : en France par exemple, le tourisme représente en 2017 plus de 7% du PIB et plus d’1 millions d’emplois. La France reste d’ailleurs la première destination touristique mondiale avec près de 87 millions d’arrivées en 2017.

Pour les données mondiales, je vous partage cette superbe infographie créée par Philomène du blog Globe-Trotting. Voyez par vous même.

INFOGRAPHIE TOURISME 2018 - CHIFFRES 2017 (c)girltrotting

Vous pouvez partager cette infographie en mentionnant son auteure Globe-Trotting

Les perspectives ? Si on suit la croissance, on est bien parti pour doubler encore d’ici 2030.

Même si le tourisme est créateur de croissance, car il permet de faire entrer des capitaux venant de l’étranger grâce aux dépenses des touristes, de créer de nouvelles infrastructures d’accueil et donc de moderniser les destinations et créer des emplois, la contrepartie en vaut-elle vraiment la chandelle ?

Le tourisme de masse : un vrai désastre pour l’environnement

Qui dit infrastructures dit souvent bétonisation, qui détruit au passage la biodiversité et pollue les ressources naturelles et défigure les paysages.

Qui dit augmentation de la fréquentation dit saturation des lieux, dommages créées aux espaces naturels et à la biodiversité qui n’a pas le temps de se renouveler, sans oublier la pollution et l’augmentation de l’utilisation des ressources naturelles.

Avec la montée du tourisme, des sites fabuleux sont menacés, comme les tombeaux d’Egypte, le Macchu Picchu, Venise ou les Galapagos.

La montée du tourisme est aussi un danger pour les espèces animales. Un rapport de l’ONG World Animal Protection expose la montée en puissance des selfies d’animaux sauvages sur les réseaux sociaux et leurs conséquences inquiétantes : recourir à la nourriture pour les attirer, permettre aux touristes de les toucher, déguiser les animaux pour les rendre drôles ou mignons, permettre la nage rapprochées avec des animaux aquatiques. Sans parler de la montée des infrastructure de type aquarium et zoo, que personnellement je boycotte complètement.

Koalas bébé

Observés en pleine nature en Australie

Enfin, l’avion restant le mode de transport principal, l’impact carbone est considérable. Rappelons que le secteur aérien représente 2 à 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et que son utilisation devrait doubler voire tripler d’ici 2050.

A l’heure où l’on se rend (enfin) compte de la gravité du changement climatique, ce n’est tout simplement pas tenable.

Outre l’impact carbone, il faut aussi prendre en compte les effets de la pollution sonore et des perturbations des milieux naturels et espèces sauvages, comme c’est le cas avec les bateaux de croisières.

Voir mon article détaillé que l’impact des transports en voyage.

L’impact du tourisme de masse sur les populations

Avec la montée des arrivées, les logements transformés en locations meublées saisonnières pour touristes et la création de nouvelles structures d’accueil, on assiste à ce qu’on appelle la gentrification.

La gentrification, c’est le fait que les populations plutôt aisées sont amenées à déserter les centres pour aller vers des quartiers plus populaires en raison de la flambée des prix de l’immobilier, causés notamment par la spéculation immobilière due à l’accroissement du tourisme. En somme, les quartiers se vident de leurs habitants. C’est pourquoi certaines villes commencent à se manifester sérieusement contre le tourisme, comme Barcelone ou Venise.

Merci Airbnb ?

La saisonnalité liée au tourisme entraîne également la précarisation des emplois et rend les villes invivables pendant certaines périodes, même pour les touristes eux-mêmes.

Aussi, la mise en scène touche aussi les personnes et les cultures. On appelle ça la folklorisation, le fait de caricaturer une culture à des symboles et de divertir les touristes avec des spectacles, des déguisements, des pratiques et expériences soit disant « authentiques » et « ancestrales ».

Pour terminer, un autre fléau est la montée du tourisme sexuel, notamment dans les pays d’Amérique Latine, Asie du Sud-Est, Afrique et Europe de l’Est, qui implique de plus en plus de mineurs.

Comment on s’en sort ?

Il y a déjà des choses à faire côté infrastructures. Limiter la bétonisation, réduire les entrées sur les sites fragiles, réguler les locations de logements et les prix de l’immobilier, ou encore interdire l’accès à des bateaux de croisière, créer des zones piétonnes et limitées aux vélos.

Mais bon, à moins de travailler dans le secteur du tourisme, vous ne pouvez pas y faire grand chose. En revanche, chacun.e peut adopter un comportement plus durable en voyage.

Je partage ici quelques idées et expériences, et je vous préparer un article dédié au voyage slow d’ici peu. En attendant, voici les grandes lignes à prendre en compte :

Améliorer son impact tourisme

Voir mon article sur la crème solaire.

La question de notre impact à travers le tourisme est quelque chose qui commence à émerger chez beaucoup. Nous sommes plusieurs à vouloir contribuer à proposer des idées pour faire autrement, car aujourd’hui il y a urgence. Il ne s’agit plus de simplement faire de petites choses ici et là, mais d’intégrer une démarche responsable et de l’appliquer dans un maximum de domaines.

Ces prochaines semaines, nous serons plusieurs à partager nos réflexions, propositions, expériences. Stay tuned !

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Et toi, comment agis-tu pour contrer le tourisme de masse ?

Planet Addict

A 24 ans, j'ai plaqué mon CDI pour partir voyager. Un voyage qui m'a emmené plus loin que ce que je pensais : il m'a ouvert des portes pour suivre mes rêves, m'engager à adopter un mode de vie minimaliste et plus éthique, et élever ma conscience. Depuis 6 ans je partage mon cheminement et mes changements d'habitudes de vie avec vous, en espérant planter des graines !

Cet article a 5 commentaires

  1. Hello Emma, Article supra interessant comme toujours. Par contre c’est assez contradictoire vu que une des essences de ton site est le voyage non ? Loin de moi la critique, il n’est pas toujours aisé je pense de lier voyage “green” et tourisme de masse . Continue en tout cas, perso, j’adore ton boulot ! (accessoirement ton beau sourire supra communicatif ! 🙂 ).

    Stef

    1. Pourquoi contradictoire ? Au contraire, je sais de quoi je parle et j’entends bien diffuser un air de voyage plus responsable, l’intérêt de mon blog est là ^^
      Merci en tout cas 😀

  2. Beaucoup de pays commencent à s’en rendre compte. Mais parfois c’est à se demander s’il n’est pas trop tard. En tout cas, faut pas lâcher.

    1. Trop tard ou non, mieux vaut faire quelque chose pour réduire les dégâts !

  3. Bien d’accord avec toi sur le tourisme de masse. j’y ai travaille pendant trente ans. Mais tout le monde se contredit. Exemple , j’ai passe une vingtaine d’année a travailler comme cuisinier en Corse. Toute les fins de saisons , la même rengaine: mauvaise saison , pas assez de monde. par contre durant l’été ce que tu entend : font chier ces touristes. En fait , comme dans tout les domaine c’est le pognon qui pourri tout. Tout ça pour partir en Thaïlande et finir dans un Starbucks.
    On ne peut pas lutter, t’explique augmentation des chiffres. Il faut prendre en compte qu’avant 2000 il n’y avait pas de touristes chinois, du coup ça fait du monde. Et c’est pas fini tu vas voir avec la nouvelle route de la soie .
    ( https://www.latribune.fr/economie/international/pourquoi-la-chine-investit-elle-massivement-sur-la-nouvelle-route-de-la-soie-819466.html )

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