Depuis un certain temps maintenant, je m’intéresse aux cycles hormonaux féminins : les liens avec les cycles lunaires, les incidences de la contraception hormonale, les rythmes émotionnels, les influences de chaque phase, le flux instinctif libre, la symptothermie… J’ai ensuite croisé le chemin des travaux d’Alisa Vitti qui permettent de pousser encore plus loin, afin de se synchroniser avec ses cycles dans tous les domaines de sa vie.

 

Changer de regard sur les cycles avec Alisa Vitti 

J’ai découvert Alisa Vitti à travers mon podcast préféré : The Lively Show. Elle est intervenue dans 2 épisodes pour parler des différences entre la nature cyclique féminine et la nature linéaire masculine, et tout ce qui en découle.

Avant de continuer, je précise ici que lorsque j’utilise les termes « féminin / femme » et « masculin / homme », je parle des fonctions reproductrices mâle / femelle, Je n’entre ici pas dans la subtilité des genres.

Atteinte de Kystes Polykystiques (PCOS) dès l’adolescence, Alisa n’a reçu aucun diagnostic pertinent par les spécialistes. C’est à la suite de ses propres recherches qu’iels ont confirmé sa maladie. Depuis, elle a développé une connaissance approfondie du système reproducteur féminin et a conçu des méthodes pour aider les femmes qui souffrent de maux que l’on connait bien : troubles menstruels, syndrome pré-menstruel, infertilité, endométriose, épuisement…

Son constat est simple : notre éducation sexuelle se fait à travers une propagande selon laquelle c’est un fardeau d’avoir ses règles, c’est normal et inévitable de souffrir de douleurs et la pilule contraceptive est un remède miracle. Elle souligne également la manière dont on nous décrit le système reproducteur masculin vs le féminin :

  • Masculin : de petits soldats par milliers dont un dépassera tous les autres dans leur course contre la montre. Ils sont empreints de force, de pouvoir et de réussite.
  • Féminin : des phases permettant la création d’un ovule qui s’il n’est pas fécondé, provoquera la chute de la muqueuse, et il faudra attendre le mois suivant pour retenter sa chance. Les règles sont donc teintées d’échec : « tu pourras mieux faire la prochaine fois »

Une manière de concevoir les choses qui se reflète dans la manière dont on considère les hommes et les femmes…

Autre chose qui m’a fascinée, c’est le fait qu’elle mentionne que de nombreuses études scientifiques (notamment concernant l’alimentation et l’exercice physique) sont effectuées sur des hommes et débouchent sur l’idée préconçue que tout doit être continu.


Les cycles menstruels

Alisa Vitti a écrit 2 ouvrages, tous les deux passionnants et qu’il serait impossible de résumer.

  • Woman Code aborde son programme en 5 étapes pour se réapproprier son corps à travers l’alimentation et de nouvelles façons de s’organiser.
  • In The Flo va beaucoup plus loin dans l’explication scientifique des cycles menstruels et de comment se synchroniser dans tous les aspects de notre vie.

La logique de départ est de distinguer le cycle circadien de 24h, qui régule les processus fonctionnels de l’organisme (digestion, température, métabolisme, sommeil, élimination, production hormonale), et l’horloge infradienne de 28 jours, propres aux personnes cycliques. Cette dernière signifie que le système biologique fluctue avec le cycle menstruel.

Selon elle, les cycles débutent non pas le premier jour des règles – qui est une simplification médicale car c’est un jour que l’on identifie facilement – mais le 1er jour après les règles. Les menstruations sont la dernière phase du cycle, ce qui est logique car c’est celle où l’endomètre qui s’est épaissit durant les phases précédentes se détruit.

Les besoins de notre corps, ainsi que notre énergie et notre fonctionnement, varient d’une phase à l’autre.

nature-cyclique-phases

 

D’autres hormones – FSH, LH, cortisol, insuline, testostérone –  entrent en compte mais ce serait aller trop en détail.


S’organiser en fonction de son cycle

Se synchroniser avec ces cycles tient donc à se référer aux différentes énergies de ces phases, provoquées par des sécrétions hormonales différentes. Car les hormones vont influencer le cerveau, le système immunitaire, le métabolisme, le microbiote, la réaction au stress.

La première manière de se synchroniser, c’est au travers de l’alimentation. Le corps ayant besoin de choses différentes, les aliments varient d’une phase à l’autre. Inspirée par la diététique chinoise des 5 éléments, Alisa fournit une liste d’aliments à privilégier à chaque phase, ainsi que quelques recettes.

  • Phase folliculaire : aliments légers, moins caloriques, détoxifiant le foie (propice au jeûne intermittent)
  • Phase ovulatoire : aliments crus et beaucoup de végétaux (propice au crudivorisme et véganisme)
  • Phase lutéale : aliments riches en fibres et nutriments, sucres lents, légumes cuits (propice à la macrobiotique)
  • Phase menstruelle : aliments riches en fer, minéraux et micronutriments

 

Ensuite, on parcoure tous les autres domaines de la vie courante pour adapter l’exercice physique, la priorisation du travail, la gestion de ses relations ainsi que la gestion de sa vie sexuelle. Quand privilégier un sport cardio, une réunion importante, une discussion compliquée ? Cette nouvelle façon de voir les choses permet d’être le plus en phase possible.

 

S’organiser et s’alimenter en fonction de ces cycles a pour but de se faciliter la vie, de réduire le stress et la fatigue, d’augmenter ses chances de concevoir, réduire les douleurs et symptômes pré-menstruels, ainsi que les symptômes d’une maladie – voire s’en débarrasser.

Au début bien-sûr, se caler sur ces cycles peut paraître compliqué. L’idée est d’y aller pas à pas, et de ne pas tout faire en même temps. Le livre Woman Code est parfait pour débuter, car il donne les premières étapes pour s’approprier la méthode. Car avant de se lancer dans la synchronisation, il y a certaines choses à réguler, notamment son niveau de sucre et son exposition aux perturbateurs endocriniens.

Le site d’Alisa propose aussi plusieurs programmes pour s’y mettre concrètement.

 

En ce qui me concerne, déjà adepte des cadrans lunaires et de la symptothermie, je suis mes phases depuis plus de 4 ans, et je suis hyper enthousiaste à l’idée de prolonger l’expérience avec ces nouvelles informations. J’explore donc à présent l’aspect alimentaire, exercice physique, relationnel et organisationnel, à l’aide notamment d’un bullet journal et un tracking d’indicateurs ^^.


Cycles et féminisme

Ce que j’aime surtout, c’est que c’est la combinaison parfaite de tout ce que j’étudie depuis quelques années : médecine chinoise, alimentation, gestion du stress, vie éloignée de la productivité perpetuelle, sensibilisation aux perturbateurs endocriniens, éco-féminisme.

▶ A lire aussi : L’écoféminisme

Parce qu’en renouant avec cette nature hormonale on change beaucoup de choses, notamment la vision d’un monde centré sur une logique linéaire et productiviste.

Cela ne veut pas dire qu’un système hormonal est mieux que l’autre, ni que nos différences doivent nous éloigner davantage ou confirmer des stéréotypes.

Cela veut juste dire que nos différences hormonales nous font fonctionner différemment, et que le monde pourrait bien user d’un peu plus d’équilibre en donnant toute sa juste place aux fonctionnement cyclique, tout aussi valable et qui est largement absent.

***
Et toi, quelle est ta connaissances des influences du cycle menstruel ?

Pinterest-cycles

À propos de l’autrice

A 24 ans, j'ai plaqué mon CDI pour partir voyager. Un voyage qui m'a emmené plus loin que ce que je pensais : il m'a ouvert des portes pour suivre mes rêves, m'engager à adopter un mode de vie minimaliste et plus éthique, et élever ma conscience.
Depuis 6 ans je partage mon cheminement et mes changements d'habitudes de vie avec vous, en espérant planter des graines !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.