“Je veux pas mettre de capote” : on en parle ?

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Vous allez peut-être penser que je m’éloigne de ma ligne éditoriale avec un sujet pareil, et finalement pas tant que ça ! C’est un sujet qui me trotte dans la tête depuis quelques mois, qui aborde les notions de protection, charge mentale et IST.

Pourquoi je me mets à parler de préservatifs ?

C’est peut-être l’arrivée de la Saint Valentin qui m’inspire, ou le fait de travailler pour une association décomplexée qui parle librement de sexe bio, d’infertilité, de maladies et qui distribue des capotes à tout va !

Peut-être aussi parce que depuis 3 ans maintenant je m’intéresse à la symptothermie comme méthode de contraception, à la question de la féminité et du féminisme en général.

Aussi sans doute par le fait que je redécouvre la jungle du dating après des années passées en couple ou à l’étranger, jungle que je trouve fascinante et déroutante à la fois ^^.

Je me mets à la page et me trouve à beaucoup discuter des relations hommes-femmes, des préjugés, de charge mentale, de comment sont abordés aujourd’hui la contraception, l’éducation sexuelle, les IST et le fait que les gens mettent de moins en moins de préservatifs.

C’est un sujet encore un peu tabou, alors que soyons honnêtes : le sexe fait partie intégrante de la vie de tout le monde !

Je vais surtout ici parler de relations hétérosexuelles, parce que c’est ce que je connais, n’y voyez aucune discrimination 🙂

Love birds Sydney

Les gens mettent moins de capotes

Ayant grandi dans les années 90, je fais partie de la « Génération Sida », où on était sur-sensibilisé à ce maudit virus et dès la puberté, le sujet du préservatif était monnaie courante. Pas question d’avoir des rapports sexuels sans !

Je découvre qu’aujourd’hui il existe ce qu’on appelle la PrEP, un traitement pré-exposition éventuelle au VIH pour éviter l’infection, surtout connu dans le milieu Gay apparemment. Même si la PrEP ne dispense pas de protection externe – car elle ne protège pas des autres IST – force est de constater que l’usage du préservatif est en perdition. Alors on ne va pas tout mettre sur le dos de la PrEP, bien sûr !

Avec toutes les avancées médicales qui permettent de traiter et prévenir en cas de contraction du VIH ainsi qu’un accès plus facile à des traitements, la fréquence des nouveaux cas a drastiquement diminué dans les années 2000 (et tant mieux !). Cette bonne nouvelle tend à faire penser que c’est bon, on ne risque plus rien, donc les gens se protègent de moins en mois.

En revanche, ce n’est pas le cas pour les autres infections sexuellement transmissibles, qu’on a tendance à oublier.

Au contraire, les IST se sont multipliées par 3 entre 2012 et 2016, surtout chez les jeunes.

Préservatifs green

Le port du préservatif pour protéger des infections sexuellement transmissibles

C’est le moment de voir si vous êtes incollables sur les IST ^^ (pas d’inquiétude, j’ai appris des choses aussi en faisant mes recherches pour cet article !).

Les IST qu’on connaît mais qu’on a tendance à oublier :

  • L’herpès génital : virus très contagieux qui entraîne boutons et démangeaisons avec possibilité de récidive, car il reste en latence dans le corps.
  • L’hépatite B : forme la plus grave des hépatites virales, c’est un virus qui peut attaquer le foie allant jusqu’à la cirrhose ou le cancer. Il existe un vaccin pour s’en protéger à vie.
  • La syphilis : infection bactérienne qui touche la peau et les muqueuses et qui, non traitée, peut entraîner des problèmes neurologiques, cardiaques, hépatiques, rénaux voire psychiatriques.
  • Le SIDA : la plus connue, cette maladie grave se transmet par voie sexuelle mais aussi par voie sanguine. Le Virus à Immunodéficience Humaine attaque le système immunitaire. Il existe encore, même si le plus gros est derrière nous.

Les 2 infections vénériennes les plus fréquentes qu’on connaît peu :

  • La gonococcie (blennorragie) : appelée aussi « chaude pisse », elle est causée par une bactérie qui provoque des brûlures génitales ou des écoulements jaunes. Les hommes développent plus de symptômes que les femmes et, sans traitement, les infections peuvent atteindre les appareils génitaux. Il y a tout de même eu 50 000 cas en France en 2016 !
  • La chlamydia : infection bactérienne très contagieuse et souvent asymptomatique chez les femmes et les hommes, qui se dépiste par prélèvement et/ou test urinaire. Elle est notamment en cause dans les problèmes de fertilité et de stérilité et touche encore plus de 250 000 personnes.

L’infection dont on entend de plus en plus souvent parler, sans trop comprendre les tenants et aboutissants :

  • Les papillomavirus (HPV) : c’est une famille de virus qui affecte la peau ou les muqueuses. Ils peuvent évoluer en lésions pré-cancereuses allant jusqu’au cancer du col de l’utérus, cancer de la gorge ou encore cancer du pénis ! Il existe plus d’une centaine de types différents, dont certains sont plus à risque que d’autres (notamment les HPV16 et 18).

Le préservatif est donc incontournable pour s’en protéger, même s’il n’est pas toujours suffisant dans le cas d’infections qui peuvent aussi se transmettre par un contact peau ou muqueuse (herpès et HPV notamment).

Autrement, le dépistage est le meilleur moyen de prévention, j’y reviens plus bas !

Love birds melbourne

Le port du préservatif comme moyen de contraception

Ne l’oublions pas : c’est aussi une méthode dite barrière pour éviter les grossesses non désirées, sous réserve de le mettre dès le début des rapports (car toute pénétration non protégée présente un risque, rappelons-le !).

Alors oui, ce n’est pas la plus funky des méthodes, je conçois ! Mais cela présente une bonne alternative aux contraceptifs hormonaux (pilule, stérilet aux hormones, anneaux, implants) ou au stérilet de cuivre.

Pour des raisons qui sont propres à chacune – volonté de ne pas se bourrer d’hormones, intolérances, prises de poids, douleurs à la pause du stérilet, entre autres – la recherche d’une contraception non intrusive est de plus en plus présente.

J’en profite pour faire une parenthèse sur une autre méthode barrière, le diaphragme, qui permet de se passer du préservatif. C’est un dispositif en silicone, un peu dans l’idée de la coupe menstruelle, qui s’insère dans le vagin et va couvrir le col de l’utérus. Le diaphragme s’utilise normalement avec un spermicide, et présente une efficacité de 88%. Voilà, je pose ça là 😉

Tableau des contraceptifs.

Charge mentale des femmes

Parce que nous disposons d’un appareil sexuel super sophistiqué, complexe et amené à créer d’autres êtres humains, nous sommes suivies par des gynécos depuis l’âge de 14 ans, voire plus tôt. On est donc très tôt sensibilisées aux IST et grossesses.
Si sensibilisées, qu’on nous colle une pilule au bec très tôt, ce qui fait que la charge mentale du risque de tomber enceinte est sur les femmes. D’autant plus que nous sommes les premières concernées en cas de « pépin », devant se procurer une pilule du lendemain ou procéder à un avortement.

De plus, certaines IST mentionnées plus haut peuvent être asymptomatiques chez les hommes, comme la chlamydia ou certains HPV. C’est à dire qu’ils peuvent être porteurs sans le savoir et les transmettre aux femmes, qui elles vont développer les symptômes et les complications que cela peut engendrer. Cela implique que la charge mentale de ne pas choper une saloperie est souvent aussi portée par les femmes.

Alors que, précisons-le, ces maladies peuvent tout autant mener à des infections aggravées, voire des cancers chez les hommes aussi.

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Sur l’éducation sexuelle

L’idée n’est absolument pas de faire un séparatisme homme-femme, de considérer les hommes comme des méchants qui ne se préoccupent de rien, et les femmes qui subissent tout.

Je pense qu’il y a surtout une avancée à faire au niveau de la prise de conscience et de l’éducation sexuelle en général. On a grandi avec un fonctionnement où la responsabilité repose beaucoup sur les femmes, c’est vrai, mais même nous les femmes ne sommes pas aux faits de tout !

Notamment, bien qu’étant accompagnées par des gynécos depuis l’adolescence, je ne peux que constater le manque d’information, encore, sur certaines maladies.

Je pense en particulier aux papillomavirus, ces virus qui touchent de plus en plus de personnes autour de moi. Selon les cas, cela peut aller jusqu’à l’opération sous anesthésie générale pour retirer un morceau de col de l’utérus, voire un cancer si ce n’est pas pris en charge. Je n’y connaissais rien aux HPV il y a encore 6 mois, et je suis loin d’être la seule (pourtant on parle de l’utérus !).

Un article top pour se renseigner sur le HPV.

C’est aussi pour ça que je tenais à écrire cet article. Parler de tout ce qui se cache derrière l’usage de la capote, ce que ça veut dire pour moi quand quelqu’un dit « on met pas de capote ». Je trouve que c’est un manque de respect voire de l’irresponsabilité, même si, bien sûr je fais mon max pour ne pas juger et que j’ai parfaitement conscience du manque d’information et de responsabilisation en général. L’idée n’est pas de pointer les gens du doigt.

D’ailleurs, messieurs, rassurez-vous, on ne kiffe pas plus la capote que vous ! Que ce soit dit ! C’est bien pour ça que les femmes aussi prennent des risques. Ce n’est pas un sujet entièrement réservé aux hommes.
J’ajoute aussi que les préliminaires, du genre frottements et sexe oral, sont souvent des zones de flou où l’on prend plus facilement de risques alors qu’il est possible d’attraper une infection par ces biais.

L’importance du dépistage

Au delà de la capote, il est surtout important de faire des dépistages réguliers : tests sanguins mais aussi tests urinaires pour la chlamydia et les frottis pour les HPV. Les hommes peuvent également avoir accès à des prélèvements, notamment chez un urologue ou un dermatologue.

Car encore une fois, même sans symptômes il est possible d’être porteur.euse d’une IST, et la capote ne suffit pas à se protéger de certaines infections !

Le dépistage est la seule manière de se passer de préservatifs avec un.e partenaire régulier.e (sous réserve d’autre méthode de contraception pour celleux qui ne veulent pas ’un enfant de suite), donc autant s’y mettre !

Les capotes écolos, ça existe ?

Le mot de la fin, parce que c’est un peu mon job 🙂

Savez-vous qu’on peut retrouver plein de produits toxiques dans les préservatifs ? Oui je suis comme ça, je vous parle de pourquoi c’est bien d’en mettre, et ensuite je vous parle de perturbateurs endocriniens auxquels on expose nos muqueuses par l’usage du préservatif. Malheureusement, ce sont des sujets sans fin ! Heureusement, il existe des alternatives.

Qu’une chose soit claire : peu importe la capote, c’est important de se protéger. Mais si le sujet vous intéresse et que vous cherchez une alternative, je vous recommande la marque Green Condom Club, créée par une Suisse. Ses préservatifs sont exempts de produits toxiques et complètement transparents sur leur composition. Vous remarquerez que vous n’avez pas de liste d’ingrédients sur votre boîte de préservatifs. C’est normal, c’est un dispositif médical et donc cette liste n’est pas obligatoire. Comme pour les tampons quoi. Il existe peu de marques dans le monde qui sont transparents sur la composition (l’autre marque est américaine : Four Square).

Capotes écolo _ _bannière

Donc pour terminer : dépistons-nous, protégeons-nous et si c’est possible avec des capotes pas trop dégueu – c’est encore mieux !

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Et toi, quel est ton rapport avec la capote ?

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