Quelles sont les alternatives à la contraception hormonale ?

Quelles sont les alternatives à la contraception hormonale ?

Sous pilule pendant plus de 14 ans, ce n’est que récemment (depuis 4 ans), que j’ai définitivement arrêté de la prendre et que j’explore les autres options. On parle beaucoup des différents types de contraception hormonale, et malheureusement trop d’alternatives restent méconnues.

Avant propos

Ceci n’est pas un discours pour remettre en question l’émancipation de la femme et le contrôle des grossesses. Je ne suis pas là pour vous dire que la contraception hormonale c’est bien ou mal, ni vous dire quoi faire. Je suis là pour exposer des faits, nourrir une réflexion et proposer des alternatives. Je ne suis pas médecin ni gynécologue et je vous invite à explorer les alternatives avec un.e professionnel.le.

Aussi, j’aborde le sujet d’un point de vue hétérosexuel et j’utilise les termes homme et femme pour désigner les personnes productrices de – respectivement – gamètes mâles et femelles.

Genèse d’une réflexion

Lorsque j’ai arrêté la pilule, je me suis confrontée à un cas de conscience : est-ce je devrais reprendre la pilule avec un partenaire régulier ? C’est vrai que la capote c’est relou et que monsieur en a marre (parce que moi j’adore… *ironie*), et je ne fais pas assez confiance à l’analyse naturelle de mon cycle pour me passer complètement d’une autre protection.

A ce moment je me suis sentie mal à l’aise, parce que j’ai porté toute seule la recherche d’autres manières de faire, parce que j’ai exploré des alternatives mais que je sentais que quand même, ce serait plus simple de reprendre un fichu comprimé. Ou alors de passer au stérilet, mais je bloque parce que cela ne me branche pas du tout. Je n’ai pas envie d’avoir un objet dans l’utérus H24 alors que je suis fertile que quelques jours par mois.

Je vous partage donc le fruit de mes recherches, qui vont plus loin que simplement vous exposer des alternatives, mais aussi une autre façon de voir le corps, le couple et la sexualité.


Quid des contraceptions hormonales

Les différents types de contraception hormonale

Petit rappel de biologie, la contraception hormonale consiste à diffuser les hormones de synthèse qui agissent sur l’appareil reproducteur féminin (œstrogènes et progestérone) afin de supprimer le pic hormonal qui déclenche l’ovulation. Pas d’ovulation, pas de fécondation.

Elles sont aussi réputées pour réduire les syndromes prémenstruels et sont souvent prescrites en cas d’acné, de règles douloureuses et d’endométriose. Certaines contraceptions peuvent également entraîner l’arrêt des menstruations.

Et les hommes ? Il existe des contraceptifs hormonaux pour les hommes, plus récents, moins connus et moins utilisés. Ils diffusent notamment de la testostérone et des progestatifs, visant à empêcher la maturation des spermatozoïdes ou à en réduire la production.

Tableau-contraception-hormonale

NB : les contraceptifs hormonaux sont efficaces après 1 mois pour les femmes et 3 mois pour les hommes.

Pourquoi envisager autre chose ?

Tout d’abord, la contraception hormonale n’est pas sans effets secondaires. Les plus répandus sont : perte de libido, prise de poids, migraines, perte de cheveux, pertes de sang pendant le cycle, mais aussi angoisse et dépression !

Plus loin que les effets secondaires, les contraceptions hormonales sont par définition des perturbateurs endocriniens.

Un perturbateur endocrinien est une substance chimique ou naturelle qui va mimer ou bloquer l’action d’une hormone du corps. Par conséquent, il perturbe le système endocrinien : l’ensemble des organes producteurs d’hormones (ovaires, testicules, pancréas, thyroïde, thymus, épiphyse, hypophyse, hypothalamus, glandes surrénales).

En savoir plus sur les perturbateurs endocriniens sur le site de Générations Cobayes

La perturbation hormonale peut avoir des effets néfastes sur la santé sur le long terme, notamment contribuer au développement des maladies chroniques telles que le diabète, l’obésité, les cancers hormono-dépendants (seins, testicules, prostate, utérus…) mais aussi à l’infertilité.
Je ne suis pas en train de dire que la contraception hormonale donne le cancer, je préfère le préciser !
Ce que je dis, c’est que ce mode de contraception peut produire des effets secondaires chez certaines personnes et donc ne pas leur convenir et qu’il peut conduire à des risques pour la santé sur le long terme. Notamment, les scandales des pilules de 3e et 4e génération ainsi que de certains stérilets hormonaux en témoignent, avec notamment un risque avéré de thrombose veineuse pour ce type de pilule. Il faut en avoir conscience, c’est tout. Personnellement, je ne veux plus prendre de contraception hormonale tant que possible.

Ensuite, concernant la contraception féminine on peut se demander : pourquoi est-ce que l’on prendrait une contraception qui diffuse des hormones de manière continue, alors que l’on est fertile que 10 jours maximum par cycle ? Surtout que l’on prend ces contraceptifs pendant des années et souvent au plus jeune âge. Envisager une autre méthode permet également de se réapproprier son corps : apprendre à le connaître, à le comprendre, et à identifier ses fluctuations au cours d’un cycle.

NB : les hormones absorbées se retrouvent également dans les urines puis les eaux, ayant également un impact sur l’environnement.


Les alternatives non hormonales

Les méthodes barrières : préservatifs, capes, éponges

Elles consistent à empêcher le passage des spermatozoïdes dans l’utérus.

Les préservatifs sont les plus connus. Le préservatif masculin se place sur le pénis alors que le féminin dans le vagin. Ce sont les seules méthodes qui protègent aussi contre les IST.

A lire aussi : mon article sur les préservatifs

Capotes-ecolo-bannière

 

Beaucoup moins connus, on trouve le diaphragme ou la cape cervicale. Ils consistent à placer un capuchon en silicone sur le col de l’utérus avant le rapport et à garder encore 6h après. Ils s’utilisent conjointement avec un gel spermicide à insérer dans le vagin. Pour cette méthode, il est recommandé de consulter son ou sa gynécologue afin de vérifier si son col de l’utérus est propice à cette méthode et pour vérifier la pose.

Il existe aussi l’éponge contraceptive (différente de l’éponge menstruelle). C’est une éponge en polyuréthane à usage unique qui contient un spermicide, à insérer dans le vagin 15 minutes avant le rapport et à retirer minimum 6 heures après.

Contraception-sans-hormones

 

Les méthodes au cuivre : stérilet et boules

Elles sont placées dans l’utérus par un.e gynéco et agissent par action au cuivre qui a un double effet : il rend les spermatozoïdes inactifs et enflamme la paroi utérine ce qui empêche la nidation.

Le plus connu est le stérilet de cuivre qui se présente comme celui aux hormones. Il rendrait les règles plus douloureuses.

Moins connues, les boules de cuivre sont elles enfilées sur un fil à mémoire de forme. Cela les rendrait plus flexibles que le stérilet et présenterait moins de risque de blesser les tissus.

Les deux peuvent se poser sur des nullipares.

 

Les méthodes naturelles : indices combinés et contraception thermique

Ce sont celles que je qualifierais de moins invasives et basées sur la biologie des corps.

La contraception masculine thermique d’un côté : il s’agit d’une méthode visant à réchauffer les testicules afin de réduire la production de spermatozoïdes. Un sous-vêtement spécial est utilisé pour remonter les testicules pour les réchauffer. Il doit être porté 15 heures par jour et la méthode est efficace après 3 mois, sur confirmation de spermogrammes.

La symptothermie de l’autre : méthode basée sur l’observation des cycles menstruels à travers différents indices (prise de température, toucher du col de l’utérus et de la glaire cervicale).

A lire aussi :

 

COUVERTURE HD Audrey GUILLEMAUD

Un bon livre pour comprendre le cycle et les méthodes naturelles pour les femmes

 

La stérilisation : ligatures des trompes, pose d’implants, vasectomie

Plus radical, la stérilisation peut néanmoins être réversible dans certains cas, mais l’idée est de ne pas miser dessus.

Pour les femmes, cela consiste à ligaturer ou boucher les trompes de Fallope afin d’empêcher le passage de l’ovule. L’intervention se fait par anesthésie générale. Elle est irréversible concernant la pose d’implants pour boucher les trompes.

Pour les hommes, il s’agit de la vasectomie qui consiste à sectionner les petits canaux permettant aux spermatozoïdes de remonter des testicules au pénis, pratiquée sous anesthésie locale.

 


Changer de regard sur les rapports sexuels et sur le corps

Pour aller plus loin, s’interroger sur d’autres méthodes de contraception est l’occasion de découvrir plein de choses !

Des rapports sans pénétration

Réalisons d’abord que toute la problématique réside sur le fait que l’on considère que rapport sexuel = pénétration. Or, un rapport sexuel c’est bien plus que ça !

Si on réfléchit bien, la pénétration est ce que l’on valorise le plus alors que c’est précisément ce qui entraîne un risque de grossesse. Surtout que ce n’est pas forcément la meilleure source de plaisir pour les 2 partenaires. Et étrangement, un rapport basé sur la pénétration se termine généralement quand l’homme a éjaculé, peu importe si la femme a eu un orgasme. L’inverse est beaucoup plus rare.

Il y a tellement de choses à explorer entre deux personnes à ce niveau que le fait d’envisager de se passer de contraception hormonale est un excellent prétexte pour découvrir les corps et plus d’équilibre dans un couple. A commencer par le plaisir clitoridien (il serait grand temps que l’on valorise cet organe et que les deux partenaires l’explorent), mais aussi le plaisir prostatique pour les hommes.

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Je vous recommande chaudement l’écoute de l’épisode Pénétrer, du podcast Les couilles sur la table, qui aborde ce sujet merveilleusement bien. Sincèrement, ça a changé mon regard sur les rapports et le plaisir, et m’a ouvert une porte pour comprendre certains de mes blocages et explorer d’autres choses.

Vraiment, j’insiste. Que vous soyez intéressé.e.s ou sceptiques, écoutez-le.

La charge mentale des femmes

Naturellement, je me dois de mentionner que lorsque l’on parle de contraception hormonale, la charge mentale est nettement plus sur les femmes. Dès les premières règles, les premières douleurs, les premiers boutons, on nous colle une pilule au bec sans trop nous expliquer de quoi il en retourne. Ensuite, on considère complétement normal que ce soit aux femmes d’y penser et de faire attention.
Sur la contraception, mais également sur les IST. Le nombre de questions que l’on se pose avant, pendant et après un rapport nous empêche aussi de lâcher prise et de profiter pleinement du moment.

Étudier d’autres moyens de contraception est aussi l’occasion de responsabiliser les 2 partenaires et de communiquer pour trouver la solution qui convient le mieux au couple et plus d’équilibre. Il n’y a pas de raison que seules les femmes se préoccupent de ça.

Comprendre son corps

Là où on devrait être plus responsables, c’est sur la connaissance de notre corps de « femme ». La prise de pilule systématique n’est pas accompagnée de la compréhension des cycles, des hormones, des organes de plaisir, des règles. Et ce ne sont pas les cours de bio qui aident.

Ce n’est qu’en décidant d’arrêter la pilule et de m’observer à travers la symptothermie que j’ai commencé à comprendre comment je fonctionnais. A 30 ans. Et je suis loin d’être la seule.

Combien de femmes se retrouvent démunies à l’arrêt de la pilule, à jongler entre les effets post-pilule et la compréhension de leur cycle ? Combien de femmes savent ce qu’est la glaire cervicale et comment se toucher le col pour savoir où elles en sont dans leur cycle ? Combien de femmes estiment que se débarrasser des règles grâce à la pilule est un soulagement ? Combien de douleurs sont dénigrées, et combien de femmes sont atteintes d’endométriose et ne sont diagnostiquées qu’après des années de consultations ?

Je trouve cela très dommage et préoccupant. Et puis, n’oublions pas que de la même façon, les hommes aussi ont à y gagner sur la compréhension de leur anatomie et de leur plaisir.

A découvrir : les groupes Facebook créés par Dearlobbies sur l’arrêt de la pilule


Quelle contraception choisir ?

Au final, pour terminer ce loooong article, ce qu’il faut retenir c’est qu’il existe plein de méthodes de contraception et que l’essentiel est de trouver celle qui nous convient, d’en discuter avec son.a conjoint.e et son.a gynéco.

Pour trouver des gynécos ouvert.e.s au féminisme, à la stérilisation, aux personnes trans ou non binaires, aux méthodes naturelles, consulter la liste Gynandco

De mon côté, m’interroger sur la contraception m’a emmené plus loin que ce que je pensais. Je continue l’observation de mes indices afin de connaître mes fenêtres de fertilité, mais c’est plus à titre indicatif. Je préfère encore me cantonner au préservatif, au diaphragme, et à l’exploration du sexe sans pénétration selon où je suis dans mon cycle. Cela étant dit, en ce moment je suis célibataire et l’abstinence est aussi un super moyen d’éviter une grossesse ^^.

Blague à part, réfléchir à tout ça permet de changer de regard sur le couple, la communication, et le degré d’empathie et de respect que l’on peut chercher chez l’autre.

J’espère d’ailleurs que des hommes liront ceci. L’idée n’est pas de pointer du doigt car nous sommes dans un système qui nous éduque ainsi. Néanmoins, tout le monde est concerné par la prise de conscience, hommes et femmes sont autant responsables de trouver la contraception qui leur convient le mieux.

Soyez ouverts messieurs à explorer d’autres alternatives, car à la clé, plus de respect et d’épanouissement c’est aussi plus d’amour et de sérénité dans un couple.

***

Et toi, quelle contraception non hormonale utilises-tu ?

Pinterest-contraception

Planet Addict

A 24 ans, j'ai plaqué mon CDI pour partir voyager. Un voyage qui m'a emmené plus loin que ce que je pensais : il m'a ouvert des portes pour suivre mes rêves, m'engager à adopter un mode de vie minimaliste et plus éthique, et élever ma conscience. Depuis 6 ans je partage mon cheminement et mes changements d'habitudes de vie avec vous, en espérant planter des graines !

Cet article a 3 commentaires

  1. Je suis, infirmier, et concepteur-développeur de l’Andro-switch, la nouvelle alternative au maintien testiculaire en position supra-scrotale pour mettre en pratique le protocole de la CMT.

    C’est un dispositif annulaire en silicone biocompatible, issu de 3 années de R&D spécialement conçu pour un maintien efficace, confortable, durable et abordable.

    Je suis en lien avec l’ensemble des acteurs engagés et militants sur cette thématique. Ma démarche vise à sensibiliser sur l’alternative thermique et rendre accessible à tous par un site de e-commerce l’Andro-switch et renvoyer vers les autres outils disponibles. Le site est aussi à visée informative, d’aide à la décision dans le parcours contraceptif, et de mise en lien des acteurs du secteur. L’approche se veut non-genrée, centrée sur le couple et non l’individu, la mutualisation, la transversalité et la valorisation méthodes naturelles : vers une nouvelle ère contraceptive.

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