Comment éviter la prolifération du moustique tigre ?

Comment éviter la prolifération du moustique tigre ?

Le moustique tigre prolifère en métropole depuis quelques années. Vecteur de nombreuses maladies telles que Zika, la dengue ou le Chikungunya, comment est-il arrivé là et comment peut-on limiter sa propagation ?

Cet été, j’ai eu une recrudescence de moustiques dans mon appartement parisien, source d’insomnies et de batailles nocturnes. Je me suis dit « avec le réchauffement climatique, on va bientôt installer des moustiquaires aux fenêtres ». Je ne croyais pas si bien dire…

 

L’arrivée du moustique tigre en métropole

Le moustique Tigre, Aedes Albopictus de son nom latin, est un moustique originaire d’Asie, d’une taille de 5mm, de couleur noire avec des rayures blanches sur l’abdomen et les pattes.

Dans les années 80, il a commencé a coloniser l’Amérique du Nord, du Sud, l’Europe et l’Afrique. Il s’est installé depuis 2004 en France métropolitaine.

Comment est-il arrivé là ? Principalement par les transports, notamment les équipements destinés à l’exportation dans lesquelles les femelles pondent. Les œufs de moustique tigre sont très résistants à la dessiccation (procédé de déshydratation visant à éliminer autant d’eau que possible, notamment utilisé dans les systèmes de freinage des trains et poids lourds) et peuvent se mettre en hibernation pendant plusieurs mois en attendant le printemps.

Le moustique tigre s’adapte à tous les types d’environnements et aujourd’hui, il est présent dans plus de 42 départements français (+30% par rapport à 2017), à la fois en zone rurale et urbaine.

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Le moustique tigre, vecteur de maladies tropicales

Le moustique tigre est particulièrement actif de mai à novembre. Ce sont les femelles qui piquent, plutôt le matin et en fin de journée, en laissant une piqûre douloureuse. Le plus préoccupant, en dehors du fait que ce n’est jamais un plaisir de courser les moustiques et se faire piquer, c’est que le moustique tigre peut être vecteur de maladies infectieuses telles que Zika, Chikungunya et Dengue. Pas le paludisme, c’est déjà ça.

Généralement, les moustiques nés en métropole sont sains. Ce qu’il se passe c’est que si un.e voyageur.euse revient avec une maladie de ce type et est repiqué.e par un moustique tigre sain à son retour, le moustique sain devient porteur et peut infecter d’autres personnes.

On parle alors de cas de transmission autochtone, sur le territoire. Les premiers cas ont été identifiés en 2014 et continuent d’augmenter. Pas de quoi déclencher une épidémie, rassurons-nous, mais suffisamment pour que les ARS (Agences Régionales de Santé), parlent d’enjeu de santé publique et initient des plans de sensibilisation pour freiner la prolifération du moustique.


Moustique tigre et changement climatique

Une femelle moustique tigre peut pondre 200 œufs à la fois, qu’elle va éparpiller dans plusieurs endroits pour augmenter le taux de survie. Elle peut pondre plusieurs fois, pouvant aller jusqu’à 1000 œufs au cours de sa vie !

Le moustique prolifère plus vite que les prévisions et a même atteint la région parisienne en 2016.

La première question que je me suis posée, c’est s’il y avait un lien entre la prolifération du moustique tigre chez nous et le changement climatique.

Le changement climatique n’est pas la cause de l’arrivée du moustique en France (c’est plutôt la mondialisation et les voyages), en revanche il est un accélérateur de sa propagation.

La hausse des températures à des effets importants sur ce moustique :

  • Elle raccourcit son cycle de développement de l’œuf à l’adulte, qui est compris entre 6 et 10 jours entre 20 et 25°C et seulement de 6 jours à 28°C. La densité de moustiques augmente
  • Elle accélère la vitesse de multiplication du virus dans le moustique. Le virus atteint les glandes salivaires plus rapidement donc le moustique devient infectieux plus vite.
  • Elle le rendrait plus agressif, avec un besoin plus important de piquer.

Les solutions pour limiter la propagation du moustique tigre

Pour éviter la reproduction des moustiques : éliminer les eaux stagnantes

Le moustique tigre se développe en milieu aquatique. Les femelles privilégient de petites quantités d’eau pour pondre leurs œufs, dans toutes sortes de récipients dans lesquels l’eau peut stagner : vases, pots, sceaux, bidons, gouttières, réserves, fontaines, flaques etc. On appelle ces endroits propices au développement de larves des gîtes larvaires (sexy non ?).

Aussi, le rayon de déplacement d’un moustique est de 100 à 150m2. Donc il est fort probable que si on aperçoit un moustique tigre, il est né près de chez nous. On peut donc adopter quelques gestes :

  • Éliminer les endroits ou l’eau peut stagner
  • Changer régulièrement l’eau des fleurs (genre toutes les semaines). J’ai vu qu’on pouvait remplacer l’eau des vases par du sable humide. On peut aussi éviter les soucoupes des pots si possible.
  • Couvrir les réservoirs d’eau (bidons, citernes…) et les piscines (en évacuant aussi l’eau des bâches)
  • Contrôler les récupérateurs d’eau de pluie, et idéalement les couvrir d’une moustiquaire
  • Vérifier le bon écoulement des gouttières, et les drainer régulièrement

L’utilisation d’un pare-feuille pour les gouttières

Les gouttières sont de vrais nids à moustiques, souvent sous-estimées et difficiles d’accès. Pour y remédier, on peut installer un pare-feuille : une grille de protection en aluminium avec de petits trous, à poser sur les gouttières.
100% recyclable et garantie 25 ans, c’est une solution innovante et écologique qui permet de freiner mécaniquement le développement des gîtes larvaires, sans avoir à recourir à des produits chimiques (utilisés en démoustication par exemple).

Le dispositif empêche les débris (feuilles, aiguilles de pin, nid d’oiseaux etc.) de s’accumuler et de boucher la gouttière, permettant une meilleure évacuation des eaux de pluie. Les débris qui s’accumulent sur le pare-feuille sont eux évacués par des vents dès 15km/h, donc plus besoin d’entretenir ses gouttières tous les ans. Enfin, les perforations brevetées du pare-feuille empêchent les moustiques (dont le moustique tigre) d’accéder à l’eau stagnante dans la gouttière et donc de pondre dedans.

En savoir plus sur comment ça marche.

 

illustration-avant-apres-pare-feuille

Vous pouvez trouver ces produits sur le site pare-feuille.fr de la société Araltec.

 

Pour éviter de se faire piquer 

On connaît la chanson mais on peut toujours répéter, surtout que je voudrais donner des petites informations en plus !

  • Porter des vêtements couvrants, fluides et légers pour protéger la peau. Le lin est une super matière, car elle laisse respirer la peau, est une fibre végétale et européenne.
  • Appliquer un anti-moustique sur la peau. J’ai notamment élaboré une recette naturelle maison (elle contient des huiles essentielles donc ne convient pas aux femmes enceintes).
  • Installer des moustiquaires aux fenêtres (on y vient !) ou dormir sous une moustiquaire
  • Dormir avec un ventilateur pour créer un courant d’air et éloigner les moustiques
  • Porter un bracelet répulsif naturel

Recette-antimoustique

 

Personnellement, je ne suis pas fan de :

  • Imprégner mes vêtements ou moustiquaires d’insecticide, autant pour ma santé que pour l’environnement
  • Se tourner vers la climatisation car déjà on prend froid et en plus ça contribue au changement climatique qui envenime le problème (je trouve ça donc illogique)
  • Brancher des diffuseurs électriques qui sont hyper toxiques

De plus, notons que les répulsifs sont de moins en moins efficaces sur ces moustiques qui développent des résistances (sinon, c’est pas drôle) et qu’en plus, ce n’est pas ça qui les élimine durablement, mais bien de supprimer les gîtes larvaires. Donc on continuera de produire des insecticides de plus en plus toxiques pour rien. C’est pourquoi j’opte pour du naturel, des vêtements, moustiquaires et ventilateurs.

Conseils-Voyageurs-moustiques

Notes :

  • Lors de mes premiers voyages je prenais un répulsif fort en DEET. Mais mon côté « je veux éviter de m’asperger de produits toxiques » m’a poussé à m’orienter vers des répulsifs plus naturels. La recette maison ci-dessus partagée est inspirée d’une recette naturelle maison que j’utilisais au Mexique. Je l’aime bien car elle soulage également en cas de piqûre. Elle n’est pas aussi efficace qu’un répulsif chimique, mais je préfère combiner ça à d’autres protections.
  • Concernant la moustiquaire, je me souviens avoir transporté une moustiquaire pendant 15 mois sans jamais m’en servir. La flemme de l’installer, d’autant plus qu’en Asie, les auberges étaient souvent équipées. A chacun de voir.

A plus large échelle, agir aussi pour enrayer le changement climatique

Il fallait bien que je le cale 🙂

Tout ceci étant dit, même si je trouve malheureux de constater qu’on commence sérieusement à flirter avec des conditions climatiques très différentes, je ne peux pas y faire grand chose. Il faut du temps, beaucoup de temps pour rattraper un changement de cette ampleur. Donc à la fois, il faut bien accepter qu’on va devoir s’adapter, et continuer d’agir pour limiter les dégâts et enrayer le changement climatique. Encore une fois, il ne s’agit pas de tout faire porter sur l’action individuelle mais d’agir chacun.e comme on peut, en individuel et collectif, ou les deux. Et continuer de faire pression sur le gouvernement pour qu’il fasse son taf !

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Et toi, comment évites-tu les moustiques ?

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