Comment choisir une mission en volontariat ?

Comment choisir une mission en volontariat ?

En réponse à des demandes de mes lecteur.ices, j’ai décidé de rédiger cet article pratique pour vous aider à bien choisir une mission de volontariat. Quelles sont les choses à éviter, les questions à se poser, les endroits où se renseigner… je vous donne toutes les clés !

Volontariat, tourisme ou bénévolat ?

Si j’ai déjà écrit un article sur le tourisme et le volontariat, avec mon avis sur les missions qui sont parfois proposées et les attitudes à adopter, il manquait un aspect plus pratique pour apporter des conseils pour celles et ceux qui veulent partir en volontariat.

Il existe de plus en plus d’organismes qui en proposent et je suis loin de tous les connaître. De plus, je trouve que c’est toujours plus pertinent de proposer une démarche que de vous recommander tel ou tel organisme, car les envies et engagements de chacun.e sont très subjectifs.

Avant tout, je fais un petit aparté pour préciser que je ne suis pas experte en volontariat et j’ai moi-même essuyé des essais dont je suis plus ou moins fière. J’ai été dans un orphelinat, j’ai donné de l’aide sur des missions de permaculture, de nettoyage de plages ou de plantations, et au final je qualifierais plutôt ça de bénévolat et d’apprentissage que vraiment de volontariat.

Et je pense d’ailleurs que le terme volontariat est utilisé facilement et entretient la confusion.

A l’origine, le volontariat est un engagement formel, contractuel, pour une durée limitée à temps plein. On part plusieurs mois, voire années, avec ou sans indemnité et on ne paye pas.

Le reste, c’est soit du bénévolat non contractuel, soit une forme de tourisme (éco-tourisme, le tourisme solidaire etc.).

Les missions que j’ai effectuées au Mexique par exemple, s’apparentent plus à un bénévolat, comme j’aurais fait chez moi parce que je vivais là bas et que je voulais contribuer.

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Donc j’insiste un peu sur faire la distinction entre l’envie d’un volontariat, l’envie d’un tourisme différent, et l’envie d’un engagement.

Pour la suite, je vais partir du principe qu’on entend par mission volontaire une mission solidaire ou écologique en voyage, même si je reviendrais sur la notion de volontariat en fin d’article.

Enfants-Thaïlande-volontariat


Les pièges à éviter

  • Le blanc sauveur

Les missions “volontaires” sont normalement construites pour venir en aide à une population ou une situation qui en a besoin et qui n’a pas les ressources pour le faire. Or souvent, on voit des missions qui pourraient être faites en local. C’est pourquoi elles font débat, allant même jusqu’à être considérées comme racistes ou colonialistes. Si cela vous paraît extrême, cela ne l’est pas vraiment. Même si cela part d’une bonne intention, il y a un côté « blanc sauveur » qui dérange et ça peut se comprendre. Qu’est ce qui justifie notre intervention ? C’est une vraie question à se poser.

De plus, la solidarité plait et donc multiples agences et organismes proposent des missions par des offres touristiques. Je vais essayer de vous aider à faire le tri pour mettre votre énergie à bon escient.

  • Volontariat humanitaire 

C’est un travail qui intervient pour des populations sensibles, victimes d’un désastre ou des conditions de pauvreté, d’insuffisance sanitaire ou alimentaire. Si vraiment c’est quelque chose qui vous intéresse, renseignez vous auprès d’ONG spécialisées dans l’humanitaire ou d’organismes de volontariat. Pour ces missions, il est essentiel d’avoir des compétences précises. Évitez donc les missions d’organismes tiers qui ne reposent pas sur des compétences.

  • Volontariat avec les enfants 

Ici aussi, c’est un travail qui nécessite compétence. L’enseignement et le soin ça ne s’improvise pas et ne sera pas efficace ni rendra service si vous n’y connaissez rien. De plus, les enfants ont besoin d’équilibre et d’une pédagogie, de durée et de confiance. Ce n’est pas parce qu’ils sont étrangers et pauvres qu’ils doivent se contenter de miettes. Alors par pitié, évitez ces missions si ce n’est pas de votre ressort.

  • Volontariat vétérinaire

Là encore, ce n’est pas un travail à prendre à la légère. Si on peut assister des soins aux animaux, les administrer ou faire des missions en contact physique avec des animaux sauvages ce n’est pas un bon filon, mais plutôt une activité touristique. Les animaux, ça attire et engendre plein de fausses associations de réhabilitation juste pour en faire un business. Renseignez-vous bien sur le type de travail qu’on vous demande et éviter les missions qui mettent trop en avant le contact avec les animaux et les soins médicaux.

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  • Eco-volontariat

Elles sont à mes yeux un peu moins risquées que les précédentes, parce qu’on sort des relations humaines et il est plus facile de trouver des missions de renfort sans trop de compétences. Là où il faut être plus vigilant.e, c’est sur le type de mission écologique, qui l’initie et qui ça impacte (j’y reviens plus bas). Si vous avez des compétences, vous aurez une réelle valeur ajoutée. Si vous souhaitez apprendre, acceptez d’être une petite main (planter des arbres, défricher, couper du bois, planter des graines, faire du torchis, recueillir de données, faire la cuisine…) plus qu’autre chose. Ne vous improvisez pas pro de l’agriculture, de la construction ou que sais-je.

Nettoyage de plage Cozumel 2

Nettoyage de plage à Cozumel – Mexique

 

  • Les missions payantes

Attention aux prix exorbitants et à qui va l’argent, cela peut cacher un tourisme opportuniste ! Je dis opportuniste car si le terme volontariat est utilisé, c’est du marketing. Encore une fois, il s’agit d’une forme de tourisme, mais pas de volontariat. Si c’est assumé, c’est déjà plus honnête. Qu’une mission volontaire soit payante peut néanmoins se justifier pour soutenir une association ou un travail de recherche. Sachez que certaines missions sont gratuites, peuvent être faites en échange d’un autre service, voire être dédommagées. Souvent, les frais de déplacement sont à votre charge.

  • Les missions courtes

Généralement, en dessous de 2 semaines je n’appelle pas ça du volontariat non plus. Pour les missions avec les enfants, une année scolaire c’est le minimum, en dessous, évitez. Pour l’humanitaire, tout dépend de l’urgence mais plusieurs semaines voire mois sont généralement nécessaires. Pour les animaux, on comptera aussi plusieurs semaines. Enfin concernant l’environnement, tout dépend de l’aide, cela peut varier de quelques semaines à plusieurs mois, notamment pour les missions agricoles ou de coordination.

Rien de vous empêche de faire des missions bénévoles courtes si vous êtes déjà sur place. Mais prendre l’avion pour aller sur un projet de 2-3 semaines à l’autre bout du monde, parce qu’on veut découvrir un pays et offrir son aide en même temps, c’est du tourisme.


Les critères à privilégier

Une fois qu’on a ça en tête, voici quelques conseils pour trouver une mission qui vous correspond et qui aura un vrai impact.

  • Quelle est votre intention ?

La première question à se poser, est ce que vous cherchez à accomplir à travers cette mission. Apporter une compétence ? Travailler sur un sujet qui vous intéresse ? Apprendre quelque chose ? Vous rendre utile ? Trouver une activité originale ? Vous donner bonne conscience ?
Soyez honnête avec vous-même sur vos intentions, parce qu’il y a peut-être d’autres façons d’y parvenir, comme faire du bénévolat dans une association près de chez vous ou vous interroger sur votre vie au quotidien… Votre envie appelle peut-être une partie de vous que vous n’exprimez pas et qui cherche à se faire une place.

  • Comprendre le contexte et les besoins

Ensuite, si vous avez trouvé des missions qui vous intéressent, interrogez-vous sur les personnes qui les ont initié. Privilégiez des missions portées par les locaux, ou qui implique un maximum la communauté locale de manière éthique. Interrogez-vous aussi sur les besoins et sur l’authenticité du projet, ce qui n’est pas toujours simple.

Aussi, renseignez-vous sur le contexte et les besoins. Cela vous permet de savoir où vous mettez les pieds, s’il y a contexte dangereux ou économique particulier. Cela vous permet aussi d’estimer si votre participation est justifiée ou non. Ne jouez pas aux héros. héroïnes !

  • Choisir des missions cohérentes

… avec vos compétences, en terme de durée, en terme de besoins, avec vos aspirations et votre engagement. Une mission volontaire ne se choisit pas sur un coup de tête, cela se travaille et se prépare.

Graines de Guaimaro

Récolte de graines en Colombie avec Envol Vert


Où trouver sa mission de volontariat ?

Si après tout ça, vous êtes encore motivé.e à partir (j’espère ne pas avoir plombé l’ambiance ^^), voici mes recommandations :

  • Les sites de wwoofing

Helpx, Work away, Wwoofing sont des sites où l’on trouve des missions plutôt courtes et en lien avec la nature, c’est ici plutôt du bénévolat en échange du logement et parfois de la nourriture. C’est la forme que je privilégie si je cherche à voyager en apprenant et en limitant les coûts, tout en contribuant à un projet qui soutient l’environnement.

A lire aussi, mon wwoofing au Canada

  • Découvrir des associations sur place

Vous pouvez aussi approcher des associations locales. Cela implique de rester sur place un petit moment, de rencontrer, d’échanger. J’aime bien cette forme lorsque je reste longtemps dans un endroit, et que je me mêle à la vie locale.

Vigilance encore une fois sur le bien-fondé de ces associations, observez avant de vous engager.

  • Des ONG volontaires depuis la France

Des associations françaises, humanitaires ou environnementales, proposent parfois des missions à l’étranger, notamment à travers des VSI (volontariat de solidarité internationale), qui seront plutôt longues.

Le VSI est un dispositif qui permet d’encadrer les missions volontaires depuis la France, dans les domaines de développement et d’action humanitaire, d’une durée de 12 à 24 mois. Le lien ci-dessus propose la liste des associations agrées en bas de page.

D’autres associations envoient des volontaires sur des missions de terrain sur sélection, comme Envol Vert (projets en lien avec les forêts en Amérique du Sud) ou Sea Shepherd (projets pour la protection des océans).

  • Les agences et organismes spécialisés

Je préfère éviter, surtout lorsque les missions sont payantes parce que comme je disais, cela devient du tourisme. Aussi parce que je ne souhaite plus prendre l’avion pour une courte durée.
Néanmoins, les différentes clés que j’ai donné vous permettrons de juger par vous même.

Quoi qu’il en soit, renseignez-vous au préalable auprès des organismes mais aussi d’ancien.es volontaires, qui auront un regard plus critique et sauront vous apporter des conseils plus précis.

Sachez aussi que vous ne pouvez pas tout maîtriser. Vous pouvez très bien vous tromper, ça arrive et c’est comme ça qu’on apprend. Je vous partage mes retours par rapport à mes connaissances et expériences, mais rien ne vaut l’expérience personnelle. Vous avez déjà l’intention de bien faire et de vous rendre utile, c’est quelque chose de POSITIF et à nourrir.
Le ton de l’article est un peu rabat joie, et je ne veux pas décourager l’action individuelle. Je souhaite juste éviter la promotion du volontariat car elle a des dérives qui ne me plaisent pas. Le but de cet article est de vous permettre de faire au mieux en connaissance de cause et vous inviter à rester attentif.ve à votre mission. Si elle ne tournait pas comme vous vouliez, apprenez de vos erreurs.
Et partez à la découverte de comment faire grandir cette graine tous les jours, pas seulement pendant vos congés 😉

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Et toi, quelles missions bénévoles, volontaires, touristiques solidaires as-tu déjà expérimenté ?

Pinterest-volontariat

 

Planet Addict

A 24 ans, j'ai plaqué mon CDI pour partir voyager. Un voyage qui m'a emmené plus loin que ce que je pensais : il m'a ouvert des portes pour suivre mes rêves, m'engager à adopter un mode de vie minimaliste et plus éthique, et élever ma conscience. Depuis 6 ans je partage mon cheminement et mes changements d'habitudes de vie avec vous, en espérant planter des graines !

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