Faut-il privilégier l’action individuelle ou collective ?

Action collective ou individuelle

En matière de développement durable, je suis la première à dire qu’il est important que chacun agisse à son échelle, et le plus possible en cohérence avec les changements qu’il ou elle veut voir dans le monde. Dans tout ça, quelle est la place de l’action collective, du militantisme ? Est-ce que l’action individuelle est suffisante ? J’ai quelques débats ces temps-ci qui me font réfléchir et toute réflexion me fait pondre un article :).

Dernièrement j’ai partagé quelques articles pour proposer tout un tas d’actions à la portée de tou.te.s, pour améliorer un peu plus sa consommation et son mode de vie chaque jour : 5 conseils pour un mode de vie plus durable, les 10 idées reçues qui vous empêchent souvent d’agir et les meilleures applications mobiles pour vous accompagner, sans compter tous les autres articles que j’ai rédigé ces 4 dernières années, pour vous montrer comment vous passer de plastique, revoir votre alimentation, votre consommation de cosmétiques, de mode et j’en passe ! Beaucoup de ce que je propose est le fruit de mes propres expériences et tests individuels.

A titre personnel, j’ai débuté par des actions militantes avec des associations, puis je me suis rendue compte de tout ce que je pouvais faire juste avec mon quotidien et j’ai mis le paquet là-dessus. Et des discussions récentes m’ont fait un peu réfléchir sur ce qui était le plus pertinent : le collectif ou l’individuel ?

Les plus et les moins de l’action individuelle

Puisque notre société actuelle est largement basée sur la consommation, il est évident que celle-ci devient un levier incontournable pour exprimer sa voix et son opinion. Il y a effectivement ÉNORMÉMENT de choses que chacun peut faire pour aller dans ce sens, et cela met la pression aux industriels pour changer leurs pratiques, en plus d’inspirer d’autres personnes à agir.

De plus comme je le dis souvent, c’est important d’agir en cohérence avec ses convictions et d’être proactif, sans attendre que d’autres se bougent à notre place.

Néanmoins, certaines questions qui se posent : est-ce que cela a un réel impact, est-ce que c’est suffisant, utile ? Est-ce que tout doit reposer sur les citoyen.ne.s pour faire avancer les choses ?

D’une part, il est vrai que parfois certaines actions qui paraissent utiles sur le papier, ne le sont pas tant que ça, voire vont faire l’effet inverse. Je vous invite à lire cet article qui recense les fausses bonnes actions écologiques. Par exemple, fermer le robinet pendant qu’on se lave les dents a largement moins d’impact que de réduire sa consommation de viande, si on parle d’économies d’eau.
(En contrepartie, cet autre article sur des gestes plus efficaces).

Orque

D’autre part, le grand défaut de l’action individuelle c’est qu’elle culpabilise les gens et les réduit à de simples consommateurs, faisant porter sur eux la responsabilité. Ça me rend dingue quand j’entends les dirigeants de grandes entreprises comme Coca ou Marlboro dire texto que ce n’est pas de leur responsabilité si leurs consommateurs ne jettent pas correctement leurs déchets, sans remettre en cause à aucun moment le fait qu’ils produisent des produits polluants (pour l’environnement ET pour la santé).

Et enfin, il est vrai que face à la pollution et les déchets issues des usines, grandes entreprises, hôpitaux, de la construction ou simplement des modes d’extractions de ressources, la petite action individuelle peut paraître dérisoire voire inutile.

 

Les plus et les moins de l’action collective

On m’a récemment partagé cette vidéo “Oubliez les douches courtes”, qui exprime l’idée que seule l’action collective a un réel pouvoir d’action à grande échelle.

S’engager auprès d’une association, se regrouper pour frapper plus fort, boycotter, militer, pousser certaines actions à l’extrême, il est vrai que cela fait considérablement avancer les choses, et sans doute bien plus que l’action individuelle, en plus de se réunir autour d’objectifs communs.

Se contenter de changer un peu sa consommation, en se disant qu’on fait sa part et que c’est suffisant peut paraître faire la moitié du chemin et ne pas oser aller plus loin, de se rassembler avec des personnes pour avoir un impact plus fort.

Pour certain.e.s, comme on peut le sentir dans la vidéo, c’est un peu comme se rassurer qu’on fait quelque chose et qu’on va changer le monde à coup de tri, zéro déchet et végétarisme, quand les grands changements de société on nécessité un coup de poing un peu plus fort, porté par un ensemble de citoyen.ne.s résistant.e.s.

En revanche, je trouve que le militantisme, la résistance peut parfois faire peur et tout le monde n’est pas prêt ou fait pour s’y impliquer. Si c’est la seule manière qui est exposée, on risque de perdre pas mal de gens. Et puis il ne faudrait pas que le fait de s’engager collectivement nous déresponsabilise complètement de toute initiative individuelle en la considérant inutile car l’impact est moindre et que c’est « aux responsables » de se bouger… (mais qui est vraiment responsable ?).

phoques canada

 

L’un ne va pas sans l’autre

Alors, est-ce que pour autant l’action individuelle est inutile et que seule l’action collective peut vraiment avoir un impact déterminant ?

Très sincèrement, je reste intimement persuadée que l’action individuelle est indispensable, car elle responsabilise chacun et fait prendre conscience de son impact et de son rôle dans la toile du monde. Plus que ça, je pense qu’elle est efficace car elle permet de donner l’impulsion à des changements à un niveau plus haut, aux niveaux des industriels, des engagements politiques etc. Elle donne aussi un point de départ, des points de repères pour agir avec ce que l’on peut maîtriser à notre niveau, et surtout des clés pour agir au quotidien en cohérence avec ses valeurs et le monde qu’on veut voir. Aussi, elle permet d’engager des personnes qui ne l’auraient peut-être pas fait autrement.

Selon moi, c’est important que chacun réalise qu’il a son mot à dire et qu’il peut faire avancer la société avec de petites actions.

Cela étant dit, l’action collective est aussi indispensable, parce que c’est important de ne pas considérer que tout repose sur les individus pour faire avancer les choses, et surtout parce qu’elle a également une force de frappe plus grande et va impulser des changements à un niveau plus en profondeur, au niveau sociétal.

Et puis, n’oublions pas que certains changements impulsés uniquement par la consommation sont malheureusement parfois des actions de greenwashing, agaçantes au plus haut point. Les dernières pubs de Danone ou Nutella en sont la parfaite illustration.

En fait, le message que je veux faire passer c’est de ne pas oublier l’autre face de la pièce. Les deux ensemble ont encore plus de pouvoir et il est vrai qu’on entend de plus en plus que chacun peut et doit faire sa part, en oubliant souvent de mentionner l’intérêt d’un engagement au sein du collectif. Parce qu’en plus de donner des coups de massue, se rassembler permet de se sentir moins isolé et de se motiver à continuer de se bouger, et ça c’est hyper important !

Alors secouons le cocotier à coup de petites actions, et passons le bulldozer à coup de grandes actions de masse ! Mais surtout, ne nous tirons pas dans les pattes à savoir ce qui marche le mieux ou non, toute action a son intérêt, tout engagement fait avancer les choses, alors embarquons tous à notre niveau 🙂

 

#wearetheorca

 

Un exemple concret avec la campagne We Are The Orca

Alors il se trouve qu’au moment où j’ai des discussions sur ce sujet, j’assiste à une mobilisation initiée par un groupe de personnes qui illustre parfaitement ce que je veux dire (et vous allez comprendre pourquoi les photos d’orques 😉 ).

La blogueuse Little Gipsy s’est rendue avec d’autres youtubeurs en Colombie Britannique pour mobiliser les gens autour de la situation dramatique des orques là bas. Ces derniers n’arrivent plus à se reproduire et à survivre, grandement à cause d’un manque de nourriture et d’une pollution sonore omniprésente et croissante qui les déroute. Il ne reste que 47 orques là-bas. Et c’est un signal catastrophique au sujet de la santé de l’éco-système marin. On est à deux doigt d’assister à leur extinction.

Alors l’action individuelle, c’est par exemple de ne plus consommer de saumon d’élevage issu de là bas (la nourriture des orques), ou de changer de banque si vous êtes au Crédit Agricole car elle finance un projet de pipeline dans la région (c’est ce que je vais faire et je vous en parle la semaine prochaine).

L’action collective, c’est signer des pétitions, soutenir les associations locales pour leur permettre d’avoir plus de force sur place, et relayer – relayer – relayer un MAXIMUM pour que tout le monde puisse s’unir et défoncer la porte (#WEARETHEORCA).

Je vous mets tous les liens ci-dessous, et vous invite vivement à suivre Little Gipsy pour suivre les actus de ce mouvement.

Cela vous montre aussi que l’action collective, ce n’est pas que s’enchaîner à des arbres ! Cela passe par plein de biais, l’essentiel à retenir c’est qu’ensemble, on va plus loin !

► La pétition de Greenpeace au sujet du pipeline
► La pétition de Change.org au sujet des barrages
► La cagnotte pour soutenir les associations

MERCI <3

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Et toi, c’est quoi l’engagement pour toi ?

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