5 Gestes pour changer d’assiette

Continuant mes réflexions sur nos pratiques alimentaires, j’ai voulu réunir quelques actions que l’on peut faire, nous petits individus, pour alléger notre empreinte alimentaire sur l’environnement, mais aussi faire du bien à notre santé et encourager une production agricole plus responsable et proche de nos convictions. 3 bonnes raisons de modifier le contenu de notre assiette !

 

Geste 1 : Manger des fruits et des légumes de saison

Alors je sais, c’est vraiment chouette de ne pas avoir à attendre l’été pour manger des tomates et des aubergines ! Simplement, ce n’est pas la nature qui nous l’offre. Produire des fruits et légumes hors saison nécessite l’utilisation de serres et d’intrants chimiques pour compenser le manque de chaleur du soleil et de nutriments dans le sol, et aider à faire pousser tout ça. Plus d’énergie, plus de pesticides = Non merci.

Et la nature est bien faite ! En plus de respecter le cycle de la terre à travers les saisons, c’est notre cycle à nous que l’on respecte. En été, il fait chaud, nous avons besoin d’aliments riches en eau pour nous hydrater, et tiens tiens il y a des courgettes, concombres, melon etc. En hiver, nous avons besoin de réchauffer notre corps et de renforcer notre système immunitaire, et bim ! Bonjour les agrumes (vitamine C), choux (fer, calcium) et carottes (béta-carotène) ! Pourquoi dérégler un système qui fonctionne bien tout seul ?

De plus, manger de saison permet de varier le contenu de son assiette et de renouer avec ce qu’on appelle les légumes anciens (ils ont toujours été là en fait, mais c’est juste qu’on c’est concentré sur une sélection de quelques légumes).

Calendrier saisonsCalendrier des saisons (cliquer pour agrandir)

 

Vous pouvez aussi consulter les fiches pratiques sur Conso Globe, qui mois par mois vous donnent la saisonnalité des fruits et légumes, mais aussi fromages, viandes et poissons (oui il y a des saisons pour ça aussi !).

Bon plan : si tu ne peux pas résister aux framboises ou aux tomates toute l’année, une solution toute simple s’offre à toi: les congeler !

 

Geste 2 : Manger plus local

Tout simplement pour éviter que vos produits aient fait 2 fois le tour de la planète avant d’arriver dans votre panier, mais aussi des produits récoltés avant maturité pour qu’ils mûrissent pendant leur périple (et donc moins bons au goût), et souvent produits de manière intensive.

Dans un contexte où la production de masse de l’agriculture conventionnelle crée des dommages incontestables sur les sols et encourage une répartition inéquitable des richesses, il est logique de vouloir maintenir et soutenir les petites exploitations qui nourrissent les populations là où elles vivent en favorisant les circuits courts.

De plus, acheter nos produits plus localement et auprès de spécialistes (bouchers, fromagers, poissonniers…) nous permet d’avoir plus de visibilité sur ce que l’on consomme, de renouer le contact avec les producteurs, de redécouvrir des variétés de produits et d’encourager un nouveau mode de production et de distribution.

tomatesSource de l’image : AMAP

 

Manger local va également de pair avec manger de saison, car quand ce qui est produit près de chez nous est généralement un produit de saison !

Un bon moyen de se procurer des paniers locaux est de s’approvisionner auprès d’une AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne), qui recrée le lien entre producteurs et consommateurs et permet de se constituer une sélection de fruits et légumes (souvent bios !), mais aussi des produits laitiers et carnés. Il existe aussi des fermes urbaines, notamment au Canada et aux États-Unis.

Réseau AMAP FranceRéseau AMAP – France Métropolitaine

 

Pourquoi pas aussi envisager de faire son propre potager ? Il n’y a pas plus local ! On peut aussi faire un jardin partagé ou redistribuer son trop plein de légumes aux voisins! Il est d’ailleurs possible de se former à l’agro-écologie chez Terre et Humanisme. Personnellement, ça me tente bien ! 😉

Pour en savoir plus sur manger local et de saison : page des Colibris (oui, encore! Que voulez vous, c’est une bonne source d’informations !)

 

Geste 3 : Privilégier le bio et l’équitable

On ne peut parfois pas manger uniquement local, surtout si on aime les produits exotiques (fruits, soja, café et chocolat en tête), ni tout trouver près de chez soi ou avoir accès à une production locale. On ne va pas pour autant se rendre malheureux, on peut se procurer bon nombre de produits biologiques et équitables dans des boutiques spécialisées, ou des super-marchés.

Pour les boutiques spécialisées, trouvez la plus proche de chez vous en farfouinant sur les sites Biocoop, Naturalia ou Bio c’ Bon pour la France, les Nouveaux Robinsons pour la région parisienne, et Bioterre et Rachelle-Bery pour Montréal.

Si vous n’arrivez pas encore à vous passer de votre supermarché, recherchez les labels suivants sur les produits :

LabelsTableau des labels. Pour en savoir plus, voir ici

 

Geste 4 : Manger plus végétarien

Je vous en parlais déjà lorsque je vous racontais production agricole plus responsable, l’élevage intensif d’animaux ainsi que la surpêche, en plus d’être barbares (ne l’oublions pas), ont des conséquences désastreuses sur l’environnement et entretiennent une situation de pauvreté dans les pays en développement. Leurs terres sont exploitées pour cultiver les céréales qui nourriront le bétail et leurs eaux envahies par des navires occidentaux, privant les pêcheurs locaux de leur production (ils n’ont pas les mêmes budgets, ni les mêmes équipements).

En face, on (le Programme National Nutrition Santé, et le célèbre mangerbouger.fr) nous dit de manger viande, poisson et œufs 1 à 2 fois par jour ! On nous fait aussi comprendre qu’il est dangereux de ne consommer aucun produit d’origine animale !

manger bougerExtrait de la fiche-conseil sur manger-bouger

 

Je vous le dit tout de suite, un régime végétarien ne présente pas de risques particuliers pour la santé si on respecte ses apports en protéines, vitamines (surtout B12 si on est végétalien), minéraux etc. Au contraire ce type de régime diminuerait les risques de maladies cardiovasculaires, cancers, accidents vasculaires cérébraux et j’en passe.

Je ne suis pas en train de vous dire de devenir végétarien en une nuit! Simplement, on doit prendre conscience qu’on nous maintient dans cette illusion qu’on doit consommer tous ces produits en masse, alors qu’on peut s’en passer sans mettre notre santé en danger. Essayons de manger plus végétarien plusieurs fois par semaine, un acte écologique et humain !

Vous pouvez revoir les quelques conseils répertoriés dans mon interview avec lili de « Au vert avec Lili ». Je sais bien que dans notre culture française la gastronomie carnée est très importante, mais tout le monde est capable de faire un petit effort ;).

Et si on veut manger du poisson, tentons de privilégier des espèces qui ne sont pas en danger ou surexploitées :

Guide poissonsGuide conso du WWF France (qui doit être mis à jour mais en attendant, c’est toujours utile!)

 

Geste 5 : Cuisiner plus !

Dans notre société des temps modernes, prendre le temps de cuisiner est devenu has been. Vive les plats tous préparés et les fast food ! Pas très bon pour la santé tout ça, surtout qu’on ne sait plus vraiment ce qu’il y a dedans ! Par exemple, un simple thon tomates penne chez monoprix compte une vingtaine d’ingrédients (dont de la graisse de volaille).

Et vous avez tous déjà entendu parler du pink slime, cette pâte rose fabriquée à partir de déchets carnés et quelques substances chimiques (de l’ammoniac, miam), utilisée dans la fabrication de nuggets et de steaks hachés. Non ? Regardez donc la vidéo ci-dessous. Cette technique a été utilisée pendant longtemps chez McDonalds et est toujours autorisée dans la restauration collective aux États-Unis.

 

McDonalds a d’ailleurs changé ses procédés suite à leur exposition au public, mais comme le dévoile cette autre vidéo ce n’est guère plus appétissant, et cela montre également tout le tintouin nécessaire pour produire un malheureux nugget. Perso, ça ne me donne vraiment pas envie.

« Quoi mais je peux plus manger de burgers et de pizzas alors ? » N’aie crainte, pourquoi ne pas les faire toi-même ? On peut se faire un burger en allant chercher de la viande chez notre boucher, qui pourra la hacher devant nous, ou mieux, opter pour une recette végéta*ienne.

Bien vu, je rebondis sur le manger plus végétarien ;). Outre le côté environnemental, je ne pense pas qu’il soit possible que toute la planète mange de la viande tous les jours, de bonne qualité et à bas prix. Car les techniques développées par les multinationales permettent incontestablement d’offrir une nourriture à bas prix, accessible au plus grand nombre. C’est un peu là toute la « magie » du système !

Lorsque l’on doit nourrir une famille sur un budget serré, c’est malheureusement une option envisageable. C’est pourquoi encore une fois, manger plus végétarien permet de consacrer une plus grande partie de son budget aux légumes, au bio ou autres produits de qualité.

lola lollipopBD – Lola Lollipop

 

Consommer moins de produits alimentaires industriels permet de moins s’exposer aux produits toxiques, aux ingrédients non identifiés et surtout de prendre plaisir à redécouvrir les aliments. D’ailleurs, je me surprends moi-même – ancienne carnivore acharnée – à me tourner vers la cuisine végétalienne, tout simplement parce qu’elle est très créative. Avant, je ne savais pas ce qu’étaient de la fécule de maïs, des graines de lin ou de la purée de sésame (oui oui, je reviens de loin !!).

Prenons le temps de nous faire à manger. J’ai conscience que ce n’est pas simple dans notre société de l’instantané, où on veut en faire le plus possible en une journée. Mais ça ne vous arrive jamais de vous dire que vous avez envie de ralentir la cadence ?

***

Essayons de nous reconnecter avec notre alimentation en pratiquant un ou plusieurs de ces gestes et redécouvrons le plaisir de cuisiner !!

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