Quel traitement antipaludique choisir ?

Quel traitement antipaludique choisir ?

Le paludisme est une maladie grave transmise par les moustiques à laquelle on s’expose dans certains pays tropicaux. La question de prendre ou non un traitement antipaludique pour mon voyage a été le sujet d’une longue réflexion ! Quels sont les risques, est-ce que j’en ai besoin, quel traitement choisir, existe-il des remèdes naturels ? Toutes ces questions m’ont traversé l’esprit et j’ai voulu partager cela avec vous, pensant que cela pourrait vous être utile dans la préparation de vos voyages.

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Moustiques, paludisme, à quoi je m’expose ?

Va-t-on dans une zone à risque ? La première chose à faire est de voir si le lieu où vous allez est une zone impaludée ou non, en consultant ce site. Ensuite, est-ce que vous allez vraiment dans la zone ou non ? Souvent, il s’agit des forêts tropicales ou rurales donc si vous restez en ville ou en haute altitude, il y a moins de risques.

Vient la question du temps. Combien de temps allez-vous rester dans la zone ? Une semaine, un mois, 6 mois? La durée est une donnée importante à prendre en compte car si on reste sur le long terme, ce n’est pas forcément recommandé de suivre un traitement.

carte zones

Quelles possibilités antipaludiques s’offrent à moi ?

Avant toute chose, il faut à quel type de paludisme on va s’exposer. Il existe 3 catégories différentes de paludisme classés par groupes selon le niveau de chloroquinorésistance (la chloroquine est un antipaludique), le groupe 3 étant le plus dangereux. De là découlent les traitements préventifs généralement conseillés.

antipalu groupes

antipalu traitements

Données tirées du site Pasteur.fr

Bon à savoir :

-> Ces traitements sont à titre préventif mais ne garantissent pas que l’on ne contractera pas la maladie.

-> Il faut tout de même réduire les chances de se faire piquer ! D’autant plus qu’il existe d’autres maladies qui se contractent de la même façon mais pour lesquelles il n’existe pas de traitement préventif ni curatif (à part du repos et de la patience), comme la dengue ou le chikungunya.

-> Tous les traitements peuvent avoir des effets secondaires, notamment le Lariam connu pour donner des états dépressifs, en particulier chez les femmes.

-> La Malarone peut aussi se prendre en traitement curatif en prenant 4 comprimés par jours pendant 3 jours en attendant de consulter.

Quelles sont les alternatives aux traitements antipaludiques ?

Je me suis demandée s’il y a avait des remèdes plus naturels que les comprimés. Hormis traiter le problème à la source, à savoir limiter son exposition aux moustiques, je n’ai pas trouvé grand chose de concluant.

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Quelques idées :

-> Stimuler son système immunitaire avec de l’extrait de pépin de pamplemousse et/ou de la propolis.

-> Se protéger en portant des vêtements longs et dormir sous moustiquaire.

-> Gober des têtes d’ail tous les matins à jeun comme un comprimé. Au bout de quelques semaines, on deviendrait naturellement répulsif (et pas qu’aux moustiques ?).

-> Utiliser un anti-moustique naturel à base d’huiles essentielles, les plus efficaces à ma connaissance étant : la lavande, l’eucalyptus citronnée, le géranium et le clou de girofle. Attention, pas d’huile essentielle de citronnelle car elle est photosensibilisante !

A lire aussi : 5 recettes DIY pour l’été : recette anti-moustique

En ce qui me concerne, j’ai fait une petite bavure à ce niveau. Par habitude, je me suis machinalement procuré une bombe répulsive à base de DEET. Le DEET est un ingrédient actif très efficace, très utilisé et très conseillé pour se protéger des piqûres de moustiques dans ce type d’environnement. Mais comme tout produit chimique, j’imagine que ce n’est pas très bon pour l’environnement et des études récentes feraient état d’un risque sur le système nerveux des mammifères… D’ailleurs, rien qu’en l’appliquant on reçoit un nuage horrible en pleine face.

Ceci dit, je le suis vite procuré un anti-moustique naturel fabriqué par une amie sur l’île de Cozumel (ouf !).

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-> Il paraît que l’huile essentielle de menthe poivrée à des propriétés anti-malarique, mais mon savoir s’arrête là !

Notre décision pour notre voyage !

Notre situation :

Partant à la base pour faire du volontariat dans des zones impaludées mais ne savions pas si les missions se dérouleraient dans les zones à risque et pour quelle durée. Impossible de connaître la quantité de traitement à prendre.

Nous ne voulions pas prendre d’antibiotiques type Doxy Palu car le traitement est à continuer pendant 1 mois après l’exposition. Nous ne voulions pas prendre de Malarone (ce que l’on prend habituellement) pour son prix exorbitant de 40 euros la boîte de 12 comprimés (30 euros dans certaines pharmacies) !

Nous n’étions pas 100% certaines de l’effet de produits répulsifs, naturels ou non et de notre désir de jouer à la roulette russe.

Notre choix :

Dans ces conditions incertaines nous avons choisi de privilégier en premier lieu une limitation de l’exposition avec les moyens mentionnés ci-dessus, et un spray traditionnel de DEET en secours. Car je répète, la malaria n’est pas la seule maladie qui courre (d’ailleurs, ma sœur chérie à chopé la dengue quelques semaines avant de rentrer, c’était pas funky)…

Nous avons pris chacune un traitement générique de la Malarone à un prix battant toute concurrence, pour une durée de 1 mois. On s’est dit que cela nous servirait si on effectuait une mission dans la forêt, et au pire des cas, pourrait servir de traitement curatif si l’une de nous se sentait fiévreuse.

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-> Bon plan : Ici, une boîte nous a coûté 10 euros à la pharmacie Zemiro au centre commercial de Bagnolet, métro Gallieni à Paris !

Finalement, cela ne nous a pas servi du tout, puisque ne n’avons pas voyagé dans des zones impaludées! J’ai donc offert mon traitement à une amie qui partait en voyage en Asie !

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Photo de tête de Jean-Raphaël Guillaumin sous licence Creative Commons

A lire aussi : Voyage : Que mettre dans sa trousse de santé

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J’espère que tout cela vous aidera, sachant qu’au final, le choix ou non de suivre un traitement vous revient entièrement !

Et toi que fais-tu quand tu voyages en zone impaludée ?

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Cet article a 14 commentaires

  1. Bonjour Emma,

    Je me permets de réagir à une phrase qui m’alerte et qu’en tant que biologiste, me dérange.
    “Les maladies type Malaria, Chikungunya et Dengue peuvent aussi se soigner grâce au biomagnétisme. Une amie à moi a guérit du paludisme de cette façon.”

    Je ne peux approuver, scientifiquement parlant, cette phrase.

    Le fait que une seule personne ait pu, en apparence, se débarrasser de symptômes ne constitue pas une base fiable pour se lancer dans une généralisation déclarant que ces maladies se guérissent par biomagnétisme.
    Franchement, avouons, si je dis qu’un ami s’est guéri du SIDA en marchant à l’envers pendant 48h, ça génère un peu de scepticisme , non? Ca ne donne quand même pas envie de batifoler sans protection (du moins je l’espère car au dernière nouvelle, le SIDA, ça ne se guérit pas).

    Comme tu le dis, le paludisme est une fichue maladie, grave et pouvant entraîner la mort si mal/non traitée. Elle ne disparaît pas en un claquement de doigt.
    Le paludisme est généré par une infection parasitaire: un petit organisme, assimilable à un ver, se nourrit et se développe dans les globules rouges. Quand il s’est bien reproduit, sa descendance fait éclater les globules pour en coloniser de nouveaux, ce qui provoque les symptômes connus comme les forts pics de fièvre. C’est très dur à enrayer par le système immunitaire.

    Donc, bien que je ne remette en question la santé de ton amie, j’invite quand même à doser les propos partagés à des lecteurs qui t’apprécient et pour qui tu joues le rôle de “figure de référence avec un certain pouvoir de persuasion”. Lecteurs qui plus est pouvant potentiellement se mettre en danger au regard du sujet concerné.

    Bref, mis à part cette remarque, j’ai trouvé ton article bien construit et clair, avec un bon comparatif des méthodes 🙂
    Belle journée Emma !

    1. Merci Émilie pour ton commentaire. Tu as tout à fait raison, je me suis un peu laissée emporter par ce “succès” et effectivement, je n’aurais pas dû généraliser. J’ai donc supprimé ce passage car je ne veux pas m’aventurer sur un terrain que je ne maîtrise pas, ni faire de polémique, c’est un sujet sérieux et je ne suis pas médecin.
      En revanche, le biomagnétisme est une vraie technique de guérison, contrairement à marcher à l’envers pendant 48h 😉 . Ce que je voulais surtout dire c’est que dans le cas de contraction d’une de ces maladies, c’était un traitement à envisager dont j’ai plusieurs fois entendu parler, en particulier pour celles qui ne disposent pas de traitement curatif. Ce n’était pas du tout pour désensibiliser sur la gravité de ces maladies ou inciter à ne pas se protéger! Mais je ne veux pas de mauvaises interprétations alors j’ai préféré supprimer.
      Il est vrai que je sous-estime le fait que je puisse avoir un certain pouvoir de persuasion.
      Merci d’avoir pris le temps d’apporter ces précisions 🙂

  2. Intéressant, oui en effet cela fait 10 ans que je pratique les anti-paludéens dans diverses régions et la Malarone semblait la meilleure option parmi les traitements médicamenteux.. Bonne nouvelle en effet les génériques de Malarone arrivent sur le marché, et la pharmacie Place Monge propose toujours des boites du princeps à 50% du prix elles aussi (soit 15euros maintenant)…
    Mais je regrette cette fois de l’avoir utilisée en Afrique dernièrement: les effets secondaires lors de l’arrêt (ou lors de l’oubli d’un ou deux jours de comprimés, donc lors du “sevrage” du médicament) m’ont mis par terre ! Vertiges, aucun équilibre, symptomes gripaux… j’ai cru avoir attrappé le paludisme lui-même ! Et cela s’est reproduit à chaque fois que j’ai terminé la Malarone (donc deux fois sur ce voyage). En en parlant autour de moi (et après être passé au laboratoire de test anti-palu, pas très rassurant la prise de sang en Gambie…) j’ai eu les mêmes échos : les effets secondaires que je n’avais pas avant me sont maintenant apparus, ce qui m’a valu chaque fois un bon 48h au fond des baskets. Donc je recommande les autres méthodes, si elles suffisent ! Sinon et bien, savoir à quoi on s’engage car effectivement ces anti-paludées, tout autant nécessaires et salvateurs qu’ils soient dans les cas sévères, mettent quand même bien l’organisme à plat !

    1. Oui, le choix est difficile entre risquer de ne pas se protéger et mettre son organisme à plat avec une protection. Je pense que c’est à chacun de décider une fois les risques évalués, et après les conseils d’un spécialiste.

  3. Coucou! J’ai vécu dans un pays tropical donc il est hors de question de suivre ces traitement sur une longue durée, on doit apprendre à vivre avec le risque. Sur plus de 20 ans passés en Guyane Française j’ai surtout contracté la dengue 3 ou 4 fois et le paludisme toute petite, j’ai même fait une réaction à la Nivaquine, à laquelle je suis allergique. La dengue je n’ai eu droit qu’à la forme “bénigne” on va dire (pas la forme hémorragique qui est la plus grave) et bien que désagréable à vivre la durée est courte et c’est vite un vilain souvenir comme une grippe. Le palu par contre là aussi selon la souche ça peut laisser des séquelles au niveau hépatique mais comme je l’ai dit plus haut c’est un risque connu et qu’on prend quand on vit sous ces contrées, comme n’importe quel autre risque au final. On fait juste le nécessaire pour limiter les dégâts (tout ce que tu as dit comme notamment les moustiquaires mais aussi limiter la stagnation de l’eau autour de chez soi, ce qui est efficace sur les pots de fleurs, bidons et autres abreuvoirs mais pas en saison des pluies quand il y a des flaques partout on qu’on vit près d’un marigot).
    Belle journée / semaine à toi. A bientôt. Estelle

    1. Merci Estelle pour ces précisions!
      Effectivement, pour des longues durées il n’est d’ailleurs pas recommandé de suivre ces traitements et pour ma part je pense que je ne les prendrai plus tout court. Mais tu comprends, je peux pas conseiller aux gens de ne pas considérer un traitement préventif dans un article. Chacun est libre de faire ses choix en connaissance de cause 😉
      Bonne journée à toi!

  4. Salut ! Il y a aussi l’homéopathie qui invite la peau à produire des toxines différentes (un peu le même principe de l’ail 😉 ).
    Mon homéopathe m’avait aussi prescrit une huile à base de plusieurs huiles essentielles, faite en pharmacie et qui remplaçait le DEET.
    Si tu suis Virginie sur son blog http://mamanbio.blogspot.be/, elle parle aussi de comment se protéger et le gérer quand on l’attrape si je me souviens bien. Très intéressant !

    Noémie

  5. Bonjour,
    Au risque de choquer les scientifiques purs et durs, je me permets d’évoquer mon expérience extrêmement négative avec un paludéen classique, la savarine pour ne pas la nommer (le lariam m’ayant été fortement déconseillé) et la solution en naturopathie que m’a protégée au cours de mes différents voyages : La prise de gélules de pranarôme “eubiarôm” 1 gélule le matin, 1 le soir pendant toute la durée du séjour ainsi que 1 semaine avant le départ et 10 jours après. A coupler avec 15 gouttes d’extrait de pépins de pamplemousse et éviter autant que possible de se faire piquer ;)… Traitement que j’ai personnellement expérimenté lors de plusieurs voyages et que j’ai conseillé à nombres de mes amis, personne ne s’en ai plein contrairement à la savarine, paludrine et lariam, grandement critiqués par les utilisateurs.
    J’insiste néanmoins sur le fait que mes voyages m’ont amenée dans des contrées à palu modéré (niveau 2-3). Pour les niveaux plus élevés, ma naturo m’aurait néanmoins conseillée un traitement plus classique bien que moins bien toléré..
    Bien à vous.

    1. Merci Zaza pour ces informations et le contexte dans lequel tu as utilisé ce traitement.

  6. Bonjour,

    Merci pour ton article,
    je suis tombé sur un documentaire très intéressant : Malaria Business diffusé sur France 0
    Une plante l’artemisia afra ou annua a des vertus très intéressante contre le paludisme. D’après les études réalisées, la plante serait plus efficace que les traitements conventionnels et zéro effets secondaires …
    https://www.plantes-et-sante.fr/remedes/l-armoise-contre-le-paludisme

    1. Bonjour,

      Pour info, l’Arthémisia annua contient de l’artémther qui est effectivement utilisé pour traiter le palu (notamment les formes à P. falciparum) en association avec la luméfantrine.
      Personnellement, je vous déconseillerait d’utiliser la plante en préventif. Les concentrations en métabolites actifs (artéméther et cie) peuvent variables selon les modes de cultivation, et non content d’attraper quand même un palu, vous risquez en ce faisant de participer au développement de résistances du parasites à l’artéméther… Qui ne sera pas en concentration suffisantes pour éradiquer l’infection!

      Et juste, dire d’un produit qu’il a “zéro effets secondaires”, ça ne peut pas être vrai :). Il y a même des effets indésirables avec ds placebo (effet nocebo). On confond aisément “naturel” avec “sans danger”, ce qui est bien loin d’être le cas!!

      Sinon, personnellement, je déconseillerait fortement d’utiliser de l’homéo ou de la phyto en préventif… Au moins tant que des preuves scientifiques seront fournies dans ce sens.
      La malarone générique est disponible partout, la doxy ne coûte pas cher, le Lariam n’est quasiment plus utilisé. Bref, protégez vous. On a tendance à oublier (surtout une fois sur place!) que le palu peut être mortel. Et même quand il ne l’est pas, ça peut être vraiment pas marrant….

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