Retour sur Voyage (2013) : Exploration marine aux Philippines

Les Philippines. Pays mis de côté lors de mon petit tour du monde mais qui me titillait sérieusement pour avoir entendu de nombreux voyageurs m’en faire ses éloges. Voulant absolument y aller avant de me rendre au Canada (c’était mon petit caprice de voyageuse), j’ai sauté le pas d’y voyager seule pendant 3 semaines en Mai dernier. Et comme de très bons amis à moi sont en route pour cet archipel magique, j’en profite pour vous en parler aujourd’hui.

 

Préparer son séjour

Je ne vous cache pas que planifier son voyage aux Philippines peut devenir un vrai casse-tête ! Il suffit de plonger son nez dans son guide pour ne plus pouvoir le refermer, et en sortir avec une difficulté caractéristique du voyageur: choisir son parcours.

Je vous dirai que si vous partez pour deux mois, il n’est absolument pas nécessaire de tout planifier, et je vous recommande de choisir quelques endroits et de vous laisser porter.

Mais partant 3 semaines, je voulais prévoir un minimum mon itinéraire pour en profiter au maximum et ne pas perdre trop de temps sur place, sachant que les transports sont plus compliqués, moins fréquents et plus longs que pour le reste de l’Asie du Sud Est: normal, c’est un archipel de 7 000 île s!! Pour autant, pas question de tout prévoir à la minute, je préfère avoir la liberté de modifier mes choix en cours de route !

Sur place, je conseillerai de se renseigner à l’avance sur les départs de bateaux, bus et vans, pour ne pas louper le coche ! Il est aussi fréquent de voyager en avion pour aller d’une île à l’autre, qui s’avère parfois un moyen plus économique que les transports terrestres et maritimes. Essayons tout de même de limiter leur utilisation !

Pour ma part, j’ai décidé de concentrer mon voyage sur la plongée aux Visayas et à la découverte d’El Nido sur l’île de Palawan, qu’on m’avait décrit comme un petit coin de paradis.

Les philippines: ItinéraireMon itinéraire

 

Paradis de la plongée

Je suis tombée amoureuse de la plongée depuis mon expérience dans les eaux asiatiques il y a quelques années, et ce voyage aux Philippines était principalement dédié à explorer ses fonds marins, mondialement réputés pour leur beauté et leur diversité. Je vous préviens tout de suite, n’étant pas équipée pour, je n’ai malheureusement pas de photos sous marines, hormis celles récupérées de mes partenaires de voyages.

Les philippines

 

L’île de Balicasag

Accessible depuis Panglao sur l’île de Bohol, j’ai pu y redécouvrir la plongée en eaux tropicales, observer des coraux magnifiques, et rencontrer 6 ou 7 tortues, mon espèce fétiche que je pourrais observer pendant des heures si ma bouteille me le permettait !!

Les philippines: tortueMerci Jérôme pour les photos de tortues!

 

Bohol est aussi l’île où l’on peut aller voir les célèbres tarsiers, ces minuscules primates aux yeux globuleux et qui font la taille de votre main. C’est une espèce protégée, qui ne compte qu’un petit milliers d’individus à l’état sauvage. Pour les voir, vous pouvez vous rendre dans un sanctuaire, préférablement celui de la Fondation des Tarsiers.

Les philippines: Tarsier

Les philippines: Tarsier

 

L’île d’Apo

Toute petite et située entre les îles de Siquijor et de Negros, elle possède de superbes sites de plongée et un sanctuaire marin dans lequel on peut faire du snorkeling (masque – tuba) depuis la plage et observer 5 espèces différentes de tortues marines. Pour dire, j’en ai dévoré une bonne quinzaine des yeux pendant plus de 2 heures, avec parfois plusieurs autour de moi. (Quand je vous dis que j’aime les tortues !).

Les philippines: Tortues

Les philippines: Tortues

 

J’ai pu accéder à l’île depuis le Resort Coco Grove de Siquijor et dormir une nuit chez l’habitant (la famille du dive master du Coco Grove). Plus d’électricité après 21h, cette impression d’être perdu au milieu de la mer, du calme… bref, un endroit vraiment spécial !

Les philippines: Apo IslandOn dirait bien une tortue non ?

 

Les philippines: Apo Island

 

L’île de pescador

Au large de la ville de Moalboal sur l’île de Cebu, j’ai découvert une expérience toute nouvelle : faire le tour de l’île en suivant le courant pendant la plongée, à regarder le tombant de corail défiler et voir le plus gros banc de sardines possible tourbillonner devant mes yeux. La ville en elle-même ne m’a pas enchantée, mais le site en valait la peine.

Les philippines: Pescador Island

 

Et voilà ! Finalement, je n’ai pas pu en faire plus, car je voulais profiter un peu des moments sur place sans courir, et faire attention aux délais de plongée avant de m’envoler pour El Nido. Les spots de plongée sont tellement nombreux et variés, qu’il faut savoir faire un choix! Je me réserve les autres pour un autre séjour! Pour en citer quelques uns :

  1. L’île de Malapascua au nord de Cebu pour plonger avec les requins-renards
  2. L’île de Coron pour plonger sur des épaves (qui sont souvent logées entre 30 et 40m de profondeur) et possiblement rencontrer des dugongs (aussi appelées vaches de mer !)
  3. L’île de Mindoro, pour ses nombreux sites mais aussi son accès à Apo Reef (à ne pas confondre avec Apo Island), connu pour ses requins et pour lequel il faut prévoir une sortie croisière de plusieurs jours.
  4. Tubbataha Reef, un peu la crème de la crème: un récif corallien/ sanctuaire marin protégé et inscrit au patrimoine de l’Unesco, à pas moins de 12 heures de bateau de Puerto Princesa (croisière oblige !), mais qui promet un vrai festival d’espèces marines !

 

Les philippines: Siquijor

 

El Nido

Concernant El Nido, ce petit coin idyllique est à la hauteur de sa réputation! Si la ville en elle même n’est pas très jolie (ne vous attendez pas à une plage de rêve), les alentours sont magnifiques et c’est le point de départ pour du “island hopping”, la visite des petites îles entourées d’eau cristalline, avec possibilité de faire des excursions incluant une nuit ou plusieurs nuits sur une île déserte (si cela vous intéresse, j’ai un contact à vous donner !).

L’activité phare est le snorkeling (on peut également y plonger) mais malheureusement, le corail est en assez mauvais état, résultat de pêche à la dynamite et du réchauffement de l’eau.

Les philippines: El Nido

Les philippines: El Nido

Les philippines: El Nido

 

Petit conseil si vous vous rendez à El Nido : n’oubliez pas de retirer de l’argent avant d’y arriver, il n’y a pas de distributeur !

 

 Voir les requins baleines

Ah ben oui, on ne peut pas oublier le plus gros poisson au monde, qui est un peu l’attraction number 1 des Philippines.

Ce géant marin est une espèce migratoire, qui se nourrit essentiellement de plancton et de petits poissons (pas plus de 10 cm) – et donc totalement inoffensive pour l’homme. On les trouve en forte concentration aux Philippines, principalement de Février à Mai.

 

Les lieux phares aux Philippines

La capitale du requin baleine aux philippines, car c’est un passage migratoire, est Donsol, sur l’île de Luzon, où un tourisme communautaire bénéficiant de l’expertise du WWF Philippines en matière de protection de cette espèce vulnérable a été mis en place (comme des règles strictes sur le nombre de bateaux, de touristes et d’approche du requin). Malheureusement, ces dernières saisons ont été assez dépourvues de requins baleines et un nouveau spot fait fureur : Oslob sur l’île de Cebu.

Ce nouveau site appelle à la controverse car ce n’est pas un passage de migration, mais un lieu où les requins baleines sont nourris pour pouvoir les observer, offrant une garantie d’interaction à 100%. Les animaux sont donc semi-apprivoisés et s’approchent très près des bateaux et des touristes qui affluent. Cela pose des problèmes en matière d’éthique (nourrir des animaux sauvages à titre touristique), de protection (les requins peuvent se blesser en approchant les bateaux), et surtout d’évolution, les scientifiques s’interrogeant sur les changements de comportements de ces géants (migration, autonomie, agressivité).

Néanmoins, pour les locaux, c’est une source de revenu. D’ailleurs, ce sont d’anciens pêcheurs philippins chassant de requin baleine à des fins commerciales qui ce sont convertis à cet “éco-tourisme”, permettant de leur générer un revenu tout en contribuant à la préservation de cette espèce.

Mais les règles d’approche fixées ne sont pas toujours respectées par les touristes ni sanctionnées par les guides. Je vous invite à lire cet article pour en savoir un peu plus sur les enjeux de ce tourisme.

Après une longue lecture sur le sujet, et un conflit interne entre vouloir vraiment voir les requins baleines et être en accord avec mes principes éthiques, j’ai décidé de refuser d’y aller.

Il est primordial pour moi que cette solution soit bénéfique pour les requins baleines autant que pour les hommes, et je pense qu’il y a encore beaucoup à faire pour rendre cette activité vraiment responsable. Ce n’était pas un choix facile, surtout que tous les touristes rencontrés me racontaient leur rencontre, mais je ne pouvais pas. Je ne voulais pas les voir dans ces conditions, quitte à ne pas les voir du tout.

 

Mais j’ai quand même nagé avec un requin baleine !

J’ai épluché mon Lonely Planet et Google à la recherche d’alternatives, et j’ai trouvé deux autres sites possibles.

Le premier, dans la baie de Sogod sur Leyte, est réputé pour être une zone de migration, et est une région moins touristique. J’ai rencontré deux plongeuses qui y étaient allées et elles en ont vu là bas, dans de bonnes conditions. Il était difficile pour moi d’intégrer cette destination à mon parcours, donc je me suis tournée vers ma dernière solution : Puerto Princesa.

J’ai trouvé un article racontant une excursion avec ce philippin qui se fait appeler Toto. Je l’ai contacté et j’ai finalement eut la chance d’embarquer sur un tour. Je dis chance car en fait, les requins baleines sont dans le grand bleu, et ne remontent à la surface qu’en période de pleine lune pour manger le plancton qui remonte à ce moment. Et comme la fin de mon séjour correspondait à la pleine lune, j’ai nagé avec un requin baleine.

Les philippines: Requin BaleineSource de la photo : padi.com

 

Je ne saurais pas décrire cette expérience magique. Nous étions une douzaine de personnes, sur un seul bateau, et j’ai vite compris qu’il fallait scruter l’horizon à la recherche d’oiseaux qui mangent les poissons, signalant la présence de planctons et donc de requins baleines (vive la chaîne alimentaire!). On a également bénéficié de l’aide de pêcheurs du coin, qui nous indiquaient leur présence par radio. On en a vu un premier qui s’est vite éloigné, puis un deuxième qu’on a pu voir à plusieurs reprises.

Ce poisson géant d’environ 6 ou 7 mètres (encore « petit » car ils peuvent atteindre 15 mètres) m’a subjugué par sa beauté, son allure tranquille, sa taille impressionnante et ses petits yeux attendrissants. Mon cœur battait fort et j’ai dû calmer ma respiration tellement j’étais excitée. Je suis contente d’avoir loué une paire de palmes ce jour là, car cela m’a permis de nager avec le requin pendant une dizaine de minutes, et nous étions deux seulement à pouvoir le suivre.

Le seul point négatif que je mentionnerai est qu’on s’approchait un peu trop près du requin avec le bateau à mon goût, si bien qu’une fois  je me suis retrouvée nez à nez avec lui en sautant à l’eau. J’ai pourtant demandé plusieurs fois au guide de nous lâcher plus loin pour qu’on puisse nager à sa rencontre, mais ce n’était pas très concluant. :/

Cette expérience restera néanmoins inoubliable et m’a conforté dans l’idée que voir ces géants à l’état sauvage, et du coup de manière aléatoire, est tellement récompensant et fascinant !

 

Et merci aux philippins

Outre la vie marine captivante, je ne peux pas terminer mon article sans parler des philippins. C’est vraiment la population asiatique la plus accueillante que j’ai été amenée à rencontrer, et leur pratique courante de l’anglais permet de réels échanges. J’ai été très touchée par leur aide, leur gentillesse et leur accueil chaleureux, et je me suis très peu sentie comme une “touriste venant dépenser son argent”.

Je n’ai pas rencontré autant de voyageurs qu’ailleurs en Asie, et j’ai souvent été amenée à partager des moments avec des philippins. Pour mon premier voyage seule, je reconnais que c’était la destination idéale.

Les philippines: Manille

 

J’ai naturellement été profondément attristée après le passage dévastateur du typhon en Novembre dernier, qui a fait plus de 6 000 morts, et toujours près de 2 000 disparus, face auquel on se sent impuissant. On ne réalise pas toujours qu’il y a des catastrophes qui paralysent une population entière lorsqu’on est dans le confort de chez soi, mais c’est une réalité que l’on ne doit pas oublier. Je n’imagine pas la douleur que ce désastre a causé, et je souhaite de tout cœur aux philippins de se remettre sur pieds.

Les philippines: El Nido

 

Une piqûre de rappel sur les conséquences du réchauffement climatique qui doit nous pousser à réagir, même à notre petite échelle.

(A lire aussi, l’article d’Antigone XXI sur les Philippines).

Les philippines: El Nido

***

Les Philippines, un pays envoûtant duquel il est difficile de repartir et que j’ai hâte de redécouvrir.

 

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