Interview de Mélanie de Vert-Citron !

Un très beau blog que j’ai récemment découvert à travers le challenge de Noël et qui fait partie de ma sélection de blogs créatifs, Vert-Citron est LE blog des plantes et du vivre au naturel. Mélanie est une vraie passionnée des plantes, et je trouve son parcours tellement inspirant, que je n’ai pu m’empêcher de lui poser tout plein de questions! Voici le résultat d’un bel échange !

 

1. Mélanie, tu es une vraie amoureuse de la nature et tu en connais un rayon sur les plantes. Pourrais-tu nous raconter un peu ton parcours et comment t’es venue cette passion ?

Les plantes, je les côtoie depuis ma tendre enfance. Je suis originaire d’un petit village en Lorraine où je passais mon temps dans le jardin à aider (et regarder!) mon père et mon grand-père s’occuper du potager, à courir dans les bois, cueillir des fleurs, grimper dans les arbres, puis plus tard à prendre possession de certains coins du jardin pour semer, planter, tailler, bouturer des plantes surtout dites « ornementales ». J’adorais tous les livres proches de la nature et pratiques: « copains des jardins », « copains des bois », « castors-juniors » ! 😉

A 14 ans, je me suis orientée vers des études de paysage. Je voulais réaliser des lieux où les « gens se sentent bien », notamment en ville. J’ai passé un diplôme de BTS Aménagement Paysager puis je suis partie dans une école suisse, à Lullier, près des montagnes, pour un diplôme d’architecte-paysagiste.

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En sortant de l’école, je suis partie dans une agence environnementale à Caen. J’ai fais la connaissance de 2 collègues fabuleux : un géographe et un écologue. Je peux aujourd’hui dire que ce sont ces 2 personnes qui m’ont vraiment fait comprendre ce que le mot « écologie » signifiait, au sens holistique du terme. A cette même période, j’ai aussi rencontré une amie des chats (!) qui m’a initiée au « fait-maison » notamment pour l’entretien de la maison et les cosmétiques. Je crois que je ne remercierai jamais assez ces 3 personnes !

Je suis arrivée en région parisienne en 2009. J’ai découvert cette fameuse boutique d’ingrédients, Aroma-Zone pour ne pas la nommer, pour les cosmétiques faits-maison et je me suis notamment entichée pour les huiles essentielles, hydrolats et huiles végétales.

Depuis, cette passion pour l’écologie et pour les plantes, notamment autour des cosmétiques, des médicinales, du jardinage et de l’alimentation vivante, ne cesse de croître au fur et à mesure du partage de connaissances et des rencontres formidables.

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Je ne pourrai pas les citer toutes, mais je voudrais faire un focus sur 2 d’entre elles :

Julien Kaibeck, le fondateur du mouvement Slow Cosmétique, que j’ai rencontré en 2011. En 2012, il me proposait de l’aider à mettre en place l’association du même nom.

Claire Chanut : en 2013, j’ai assisté à une conférence dont la thématique était « Quel avenir sans semences fertiles ? ». J’y ai découvert un très beau projet plein d’espoir, celui de Pebble Garden en Inde et surtout, j’y ai rencontré pour la première fois Claire Chanut, représentante du mouvement des Femmes Semencières, un mouvement initié par Pierre Rabhi. Une amie devenue chère à mes yeux (qui plus est, a fait la même école de paysage que moi 😉 !

Slow

 

Enfin, depuis 2013 je me forme de façon complémentaire, notamment en aromathérapie, cosmétiques, compostage. La formation qui me tient le plus à cœur est celle d’Herbaliste avec l’École Lyonnaise des Plantes Médicinales. Un cursus complet et passionnant en 3 ans délivrant un certificat…. non reconnu en France, puisque les herboristes ont officiellement arrêtés d’être diplômés en 1941 sous Pétain.

Aujourd’hui, lorsque je regarde derrière moi et le chemin que j’ai parcouru, je me reconnais dans 3 grandes citations de Pierre Rabhi : celle du colibri bien entendu mais aussi: « Cultiver son lopin de terre, si petit soit-il, est non seulement un acte politique, mais c’est aussi un acte de résistance«  et : « Il ne suffit pas de manger bio pour changer le monde ».

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2. Qu’apporte l’herboristerie de plus à la médecine allopathique ? Le statut d’herbaliste n’est toujours pas reconnu en France, penses-tu que cela puisse évoluer ?

Je ne dirai pas que l’herboristerie apporte quelque chose de « plus ». Ces disciplines sont surtout complémentaires. Elles ne sont pas sensées se faire concurrence.
On peut aussi voir l’herboristerie de 2 façons: d’un point de vue allopathique (soigner uniquement le symptôme, non pas avec des médicaments mais avec des plantes) ou alors d’un point de vue holistique.

C’est cette deuxième option qui m’intéresse. C’est aussi le point de vue naturopathique : regarder l’ensemble, les causes et non pas uniquement les conséquences et les symptômes. Et puis le principe de base est de maintenir la santé et le bien-être. Le médecin est là pour soigner, l’herboriste (tel que je le conçois) est là pour être en santé. Petite nuance…

fleurs

 

Je conçois ce statut d’herboriste de la même manière que je tiens mes stands slow ou mes formations cosmétiques/jardinage: responsabiliser les gens, les rendre plus autonomes. Il faut ré-apprendre à s’écouter et voir ce que notre corps nous dit avec ses mots / maux.

Le statut d’herbaliste ? Je pense que oui, il peut évoluer ! Petit à petit, certes, mais on sent bien une tendance de fond, de plus en plus de monde est intéressé par des alternatives de santé et de bien-être. Je pense que tous les scandales pharmaceutiques que l’on découvre tous les ans n’y sont pas pour rien. Il y a aussi sans doute le fait que, de plus en plus de personne veulent se reconnecter avec la nature.

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Congrès des Herboristes 2014

 

L’année dernière au 2e congrès des herboristes, la fédération des écoles d’herboristerie est née. Elle réunissait 6 écoles françaises. Histoire de montrer et de prouver que les programmes abordés sont complets et unifiés. Que c’est du sérieux. Cette année, les 25 et 26 avril 2015, une 2e fédération devrait voir le jour, celle des boutiques d’herboristerie.

 

3. Quelles sont les plantes aromatiques/ médicinales que l’on peut faire facilement pousser chez soi, sans nécessairement avoir accès à un jardin ? As-tu des plantes médicinales favorites ?

C’est rigolo que tu me poses cette question car il s’agit de mon prochain article sur le webmag’ BLOP ! 😉

Pendant quelques années, je n’ai eu que des rebords de fenêtres, puis j’ai eu un balcon de 2m² et maintenant j’ai un petit jardin ouvrier de 72 m². Et je peux donc assurer quil n’est pas obligatoire d’avoir un jardin pour faire pousser des végétaux, notamment beaucoup de plantes aromatiques et/ou médicinales!

jardin balcon

Le jardin-balcon de Mélanie

 

Il suffit de respecter les besoins des plantes : inutile de placer un pot de lavande au nord par exemple, cette dernière dépérirait. Ni de mettre une menthe plein sud, elle demanderait beaucoup trop souvent à boire… ce n’est donc pas très écolo… Il y a aussi quelques maladies/bébêtes qui peuvent plus facilement envahir nos chères plantes si nous ne les mettons pas dans de bonnes conditions.

Mis à part ça, toutes les plantes que nous aimons déguster l’été et qui sont bien souvent des médicinales, peuvent très bien pousser sur nos fenêtres/balcons : thym, sarriette, basilic, ciboulette, menthe, mélisse, origan/marjolaine, coriandre, fenouil.

Ensuite, nous pouvons rajouter quelques petits arbustes aromatiques et/ou médicinaux faciles en pot: lavande, verveine citronnée, sauge, romarin, laurier sauce, framboisier. Au final, le choix est vraiment assez large !

Plante

 

Je n’ai pas forcément de médicinales favorites mais je peux te donner quelques plantes / extraits de plantes que j’ai toujours chez moi : cannelle, thym, lierre terrestre, verveine citronnée, origan, menthe, sauge, achillée. C’est un peu restrictif car finalement toutes les épices, plantes en vrac, huiles végétales, hydrolats et huiles essentielles, peuvent servir un moment ou à un autre en tant que médicinale.  😉 

Nous ne nous en rendons pas toujours compte mais notre alimentation et notre placard à épices et aromates sont de véritables petites « pharmacies » !

« Que ton aliment soit ton premier remède » disait déjà Hippocrate…

Tisane

Recette de Tisane de Noël

 

4. Tu t’es également joins à Julien dans le mouvement Slow Cosmétique, peux-tu nous expliquer en quoi cela consiste ?

En avril 2012, le livre « Adoptez la Slow Cosmétique » écrit par Julien, mettait en avant le tout nouveau mouvement Slow et fin 2012, nous mettions en place l’AISBL Slow Cosmétique. Puis, en 2013, la mention Slow Cosmétique voyait le jour. 2014, fut l’année des projets qui mûrissent et enfin en avril 2015, 2 grands évènements se concrétisent: un nouveau livre que j’ai co-écris avec Julien (Slow Cosmétique : le guide visuel) et une market place sous l’emblème Slow Cosmétique !

Livre

 

Bref, en 3 ans, la Slow Cosmétique a déjà parcouru un bon petit bout de chemin! Pour résumer, cette association, à but non lucratif et entourée de bénévoles, promulgue une autre consommation de la cosmétique. A l’instar de la Slow Food, la Slow Cosmétique s’oppose à la « Fast Cosmétique », ainsi qu’au greenwashing et au brainwashing cosmétique et préfère utiliser moins de produits mais de meilleure qualité.

C’est une cosmétique qui a du sens, tout en n’oubliant pas le plaisir. Est-il nécessaire d’avoir 3 gels douches, 5 crèmes hydratantes et 4 exfoliants ? Qu’en est-il des belles promesses vantées sur les produits ? Qu’en est-il de la part vraiment naturelle des cosmétiques dont les emballages sont « verts » à l’extérieur mais remplis de pétrochimie et de potentiels perturbateurs endocriniens à l’intérieur ?


Bref, nous apprenons aux gens à décrypter les listes des ingrédients des cosmétiques, pour qu’ils puissent ensuite choisir en toute connaissance de cause.

savon moringa

Savons maison à la Moringa

 

Nous montrons aussi les alternatives aux produits conventionnels: labels bio, fait-maison etc. et nous avons mis en place cette fameuse mention Slow Cosmétique qui récompense des marques réellement engagées.

Cette mention est établie sur 80 critères répondant aux 4 piliers de l’association : une cosmétique raisonnable, intelligente, humaine et écologique. La plupart de ces marques sont présentes sur la toute nouvelle market place : slow-cosmétique.com.

 

5. Il y a un récent engouement pour la cosmétique maison. Que dois-t-on savoir avant de se lancer dans la conception de cosmétiques ? Comment choisir les bons ingrédients, quel est le matériel de base, et n’y a-t-il pas un risque de tomber dans une surconsommation d’ingrédients ?

La cosmétique maison est souvent plus écologique que la cosmétique conventionnelle même si, cette dernière peut être aussi génératrice de déchets (pipettes, seringues, plastiques non réutilisables…) et il existe aussi des matières premières synthétiques. Tout dépend de la manière dont on se place dans la cosmétique faite-maison. Comme j’aime le rappeler: la slow cosmétique n’est pas forcément home-made et le home-made n’est pas forcément slow ! La surconsommation d’ingrédients en fait partie !

activateur de bronzage

 

Ce qui est très intéressant avec la cosmétique faite-maison est le coté sur-mesure des soins qu’elle offre ainsi que la connaissance de tous les ingrédients formulés et le coté ludique et pédagogique de réaliser soi-même son produit de beauté. C’est aussi, en règle générale et à qualité égale, une source d’économies significative.

Cependant, des règles doivent être respectées, notamment concernant l’hygiène stricte et les proportions des ingrédients. On n’improvise pas ses premiers cosmétiques : on suit des recettes, on prend des cours si besoin et on apprend !

ustensiles

 

Il n’y a pas de « bons » ou de « mauvais » ingrédients, encore une fois tout dépend de la conception que nous avons de la cosmétique faite-maison. Personnellement je préfère les ingrédients réellement actifs et les plus doux pour la peau et la planète (huiles végétales, hydrolats, tensioactifs doux, émulsifiants d’origine végétale…).

Je réalise des ateliers en collaboration avec des jardins médicinaux ou des formateurs en alimentation vivante, car j’estime que les cosmétiques doivent aussi pouvoir être médicinaux, vivants et à priori pouvoir être mangés.

beauté quotidienne printemps 2014

 

Le matériel de base ? un mini fouet, 2 ou 3 bols en inox, un thermomètre, une casserole, des petites cuillères, de l’alcool à 70°, et l’indispensable balance de précision.

Le dernier livre « Slow Cosmétique : le guide visuel » que j’ai co-écris avec Julien Kaibeck reprend beaucoup de ces principes et il est bourré d’astuces ! 😉

 

6. Quels seraient tes conseils pour quelqu’un qui souhaite se faire sa trousse de cosmétiques minimaliste maison ? Quels sont les produits les plus importants selon toi et as-tu quelques recettes à proposer ?

J’aime te répondre avec des « ça dépend » ! 😉 Car oui, cela dépend de ce que tu appelles « minimaliste ». Certain(e)s trouveront tout qu’ils ont besoin dans leur cuisine : huiles végétales, fécule, farines, argiles, yaourts, œufs. Autant d’ingrédients alimentaires permettant de se constituer une trousse de beauté !

Si on souhaite aller plus loin que les « simples recettes de grand-mère », ce qui est mon cas, alors je dirai que l’idéal pour débuter est d’avoir quelques ingrédients phares :

* 1 beurre végétal (ex : karité)
* 1 ou 2 hydrolats adaptés à son type de peau/cheveux et/ou 1 gel d’aloe vera
* 1 ou 2 huiles végétales adaptées à son type de peau/cheveux (Note de Planet Addict : trouve ton huile dans la sélection ici)
* 1 ou 2 huiles essentielles adaptées à son type de peau
* de l’argile blanche
* 1 conservateur

* facultatif : 1 actif commun pour la peau et les cheveux (protéines de riz par exemple)
* facultatif : 1 émulsifiant (comme la lécithine de soja)
* facultatif : 1 tensioactif doux comme le coco glucoside ou le décyl glucoside

baume

 

Voici 3 liens vers 3 petites recettes accessibles même aux débutants : Baume à lèvres des abeilles, Liniment oléo-calcaire modifié pour maman et bébé et Crème pour le visage à froid pour peau sensible.

Et bien sûr, je remets en avant notre dernier livre slow qui recense les 10 ingrédients phares de la Slow Cosmétique et qui propose 26 recettes slow !

 

7. Enfin, tu proposes aussi des green ateliers : des formations pour faire découvrir tout le pouvoir des plantes. Quels thèmes proposes-tu en ce moment ? Comment cela s’organise et comment faire pour y participer ?

Les ateliers s’organisent sur-mesure selon les demandes spontanées des futurs participants. Il n’y a donc pas de thèmes prédéfinis mais ils s’orientent selon 7 axes:


* Les cosmétiques végétaux, médicinaux et vivants: apprendre à confectionner ses produits,
* La découverte de la saponification à froid + des ateliers pour apprendre à formuler,
* Les médicinales et l’herboristerie familiale pour découvrir les secrets des plantes, des hydrolats, huiles essentielles…
* L’agro-écologie tournant essentiellement autour du jardinage et du compostage,
* Les balades botaniques pour reconnaître les plantes près de chez soi et apprendre à s’en servir,
* La maison au naturel pour confectionner ses produits pour un intérieur sain et sans produits chimiques,
* La conception paysagère pour proposer aux particuliers une aide/un guide pour aménager leur jardin.

Ateliers

 

Pour cela, il suffit de me contacter et de me faire part du type d’atelier que l’on souhaite. Je me déplace chez les gens, à la manière des réunions des fameux récipients en plastique, et je réalise des ateliers pour des petits groupes d’amis, famille, anniversaires, EVJF…

Aujourd’hui, je pratique principalement en Ile de France ou régions proches ainsi qu’en Lorraine ou en Midi-Pyrénées mais je peux me déplacer dans toute la France.

Je réalise aussi des ateliers en partenariat avec des boutiques bio, des propriétaires de jardins médicinaux, des coachs en alimentation vivante, des manifestations. Ce type d’évènement est, quant à lui, programmé en avance et prédéfini. Ces formations sont encore très enrichissantes car elles permettent d’échanger sur plusieurs savoirs complémentaires et de d’effectuer de véritables focus holistiques sur les plantes.

Prez

 

Mon blog Vert-Citron et ces ateliers représentent ce que j’aime: les plantes, le pouvoir de la vie, l’humanisme, les échanges, la magie de la nature, l’écologie avec un grand E… Un peu comme cette définition de la permaculture :

La permaculture est un mélange d’idées entre agriculture, architecture paysagère et écologie. Il s’agit de prendre soin de la terre, de prendre soin des êtres humains et des habitants de notre planète, et de partager l’abondance.


Merci à Mélanie d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions, et j’espère que cela vous aura autant passionné que moi !

Petit rappel des liens intéressants mentionnés :

Le Site de Julien Kaibeck : l’Essentiel de Julien
Le Site de l’association Slow Cosmétique
La Market Place de la Slow Cosmétique
Le Livre « Slow Cosmétique : Le Guide Visuel »
Et bien sûr, le Blog Vert-Citron !

Note : Toutes les photos de cet article sont la propriété de Mélanie, Vert Citron.

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Et toi, tu en es où dans ton amour avec les plantes ?

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