Se désintoxiquer d’Internet

Cela fait un petit moment que je songeais à faire une Detox d’Internet. J’ai réalisé que je me perdais facilement sur la toile, et que moi aussi je succombais à l’appel des réseaux sociaux, face de bouc en tête. Quand j’ai vu passer un défi TIC sur le blog de Natasha, je me suis rendu compte qu’en plus d’accentuer la procrastination, toutes ces connexions n’étaient pas très écolos. Raison de plus pour changer mes habitudes !!

 

Se connecter ou se déconnecter ?

Internet aura toujours le mérite d’avoir ouvert un monde de communication sans précédent. En tant que voyageuse, je ne peux pas bouder car sans e-mails et skype, je pourrais difficilement rester en contact avec mes proches. En tant que blogueuse non plus, car mon blog me permet de porter des messages qui me sont chers, et si cela peut inspirer ne serait-ce qu’une seule personne pour moi le jeu en vaut la chandelle.

Les réseaux sociaux et les e-mails nous permettent de discuter avec le monde entier à tout moment, de diffuser de l’information, des appels à pétitions, de nous solidariser. Ceci dit, on peut se poser la question de si Internet nous aura au final rapproché les uns des autres ou éloignés

Combien de fois je m’installe à une table où tout le monde à le nez plongé dans son i-phone ? Ou que quelqu’un décroche son téléphone au cours d’un repas ? Quand est-ce qu’on a oublié de communiquer avec la personne en face de nous? Quand est-ce que l’image que l’on donne sur Facebook est devenue plus importante que la personne que l’on est réellement ?

 

Côté solidarité, un statut facebook, un like, share ou un update de photo nous donne parfois l’impression qu’on a fait notre part et dans un sens n’encourage pas l’action réelle. C’est un premier pas important, mais qui manque ensuite parfois d’implication dans sa vie de tous les jours.

Il n’y a donc pas que des bons côtés. Internet nous a aussi poussé à vivre dans l’apparence et à en oublier l’importance de la vie physique.

 

Impact écologique

Pour être honnête, je ne m’étais jamais penchée sur la question de l’impact écologique d’Internet. J’avais bien entendu que l’on émettait aussi du CO2 en se connectant, mais mon savoir s’arrêtait là. Comme quoi, ce n’est pas parce qu’on se considère écolo qu’on sait tout !

Tout ce qui est en rapport avec l’énergie est encore assez flou pour moi, car il s’agit de niveaux plus subtils qu’on ne voit pas. C’est dans cette volonté de rectifier le tir que j’ai voulu commencer par fouiner dans l’impact énergétique d’Internet, en espérant prochainement m’attaquer à la construction de nos chers gadgets et à l’utilisation de l’énergie au sens plus large du terme.

 

La pollution générée par Internet est bien réelle, bien que les données soient virtuelles. Sans compter la construction de l’équipement de base tels que les ordinateurs, tablettes et téléphones, les TIC génèrent autant de CO2 que le secteur du transport aérien, soit entre 2 et 3% des émissions mondiales (plus de 830 millions de tonnes de CO2 chaque année) !

Et rien que les équipements « réseaux » (fibres optiques, cuivre, émetteurs wi-fi, antennes, routeurs et data centers nécessaires aux traitement et stockage de données) sont à eux seuls responsables de 37% des émissions de CO2 des TIC (source des chiffres).

 

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Chaque recherche sur les moteurs de recherche provoquerait 0,2g de CO2. Cela paraît peu comme ça, mais multiplié au nombre de recherches effectuées par an, cela reviendrait à environ 9,9 kg de CO2 par an et par internaute (en France).

L’Ademe estime que l’envoi d’un courrier électronique d’environ 1Mo émettrait 19g de CO2, et à 73g s’il est envoyé à dix personnes! Le chiffre monte à 13,6 tonnes par an pour une entreprise de 100 salariés (soit 14 aller-retour Paris/ New-York !).

Le stockage de documents sur clé USB, le visionnage de vidéos en streaming ou sur Youtube, l’envoi d’images et tout ce qui s’échange sur le web ont aussi un impact non négligeable en terme d’émissions carbone.

Pour réduire mon impact, j’ai commencé à adopter des gestes simples par rapport à ma consommation personnelle.

 

Diagnostic

Avant de désintoxiquer, il faut analyser.

En vivant mes connexions en pleine conscience je me suis rendue compte que j’étais un peu trop accro à mon i-pad, qui était allumé et connecté H24, et à messenger, application des messages Facebook que je consultais tout au long de la journée. Je jetais souvent un œil à l’écran dès le réveil et juste avant de me coucher !

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Concernant l’ordinateur, je l’allume généralement dès que je veux travailler sur le blog. Pour la rédaction des articles et la gestion des photos, c’est plus simple. Mais je me suis surprise à « m’évader » sur Facebook de manière assez récurrente, dès que je voulais faire une pause ou juste voir si j’avais eu une réponse à un mail, suite à quoi je me perdais rapidement dans le flot des publications et passais d’article en article. Bizarrement, je consultais moins ma boîte Gmail, mais c’est surtout qu’une fois que je voyais que je n’avais rien de nouveau, je partais aussi vite que j’étais venue.

Un jour je me suis même mise à rêver que j’avais un téléphone et que je me disais « youhou, je vais enfin pouvoir avoir whatsapp !! » WTF ?!!?

Bref, il était temps de changer !

 

La Détox !

Pour une fois, j’ai décidé de ne pas passer du jour à la nuit d’un coup. J’ai décidé d’y suis allée petit à petit.

J’ai commencé par éteindre mon i-pad quand je ne l’utilisais pas. Sérieux, il met tellement de temps à s’allumer que cela m’a fait une première barrière !

Ensuite, j’ai décidé de ne plus allumer mes écrans avant de petit déjeuner et de les éteindre avant de dîner, SAUF si je veux regarder un film le soir ou consulter une recette que je n’ai que sur Internet.

Au long de la journée, je tentais de me déconnecter du wifi lorsque je n’avais pas besoin d’un accès Internet, de mettre l’ordinateur en veille quand je m’en éloignais et de l’éteindre si j’allais ne pas l’utiliser avant plus tard dans la journée. Je ne me suis pas punie mentalement de me balader sur Facebook, j’ai simplement pris note que ce n’était pas forcément utile et que la prochaine fois, je pourrais peut-être attendre un peu.

J’ai suis également passée à un moteur de recherche responsable : Ecosia (qui plante un arbre pour chaque recherche). Edit : je suis à présent passé sur Lilo, qui finance des projets solidaires et environnementaux.

Image du Blog minalaw.centerblog.net
Source : minalaw.centerblog.net sur centerblog

 

A ce stade, j’ai réalisé que j’étais toujours obsédée par la lecture des mails dès le réveil, à parfois me frustrer de méditer au lieu de me connecter ! De plus, une fois que j’étais sur l’ordinateur, j’avais du mal à décoller de l’écran. J’avais toujours un article à peaufiner, une recherche à faire, ou un peu de procrastination en attente ! Même si j’avais plein de choses sympas à faire en dehors de l’écran, je ne parvenais jamais à les faire dans la journée.

C’est alors que j’ai décidé de me faire une matinée sans écrans, pour faire ces petites choses pour lesquelles je ne prenais pas de temps. Une matinée c’est pas grand chose, et pourtant cela m’a fait comprendre que ma vision de la productivité était complètement biaisée. Comment j’en étais venue à avoir le sentiment d’être productive collée à l’écran toute la journée et penser que faire des activités concrètes (écrire, créer, jouer de la guitare, ranger, méditer, discuter, nager etc.) étaient de la perte de temps ?

 

J’ai donc fait une pause écran pendant un week-end. Pas d’écriture, me connectant uniquement une ou deux fois par jour quelques minutes pour mes recettes ou consulter les mails. J’ai un peu tourné en rond au début, mais je me suis finalement mise à faire des choses plus manuelles en valorisant ce que je faisais, et j’ai vu que cela ne prenais pas tant de temps! J’ai pris plaisir à me cuisiner de bons plats, aller nager avec les amis ou pratiquer un peu de Reiki.

 

Nouvelle routine

Et de ces petites expériences est née une nouvelle routine, que j’applique depuis de manière plus ou moins stricte. Par exemple, j’ai encore parfois un peu du mal à respecter mes limites de consultations de mails et réseaux sociaux, mais je suis en bonne voie ! 😉

Routine new

 

J’ai oublié de préciser que ce petit défi personnel s’est inscrit dans un triple défi, tous les trois inspirés par les éco-défis de Natasha et en accord avec un nouveau mode de vie que je veux me créer : me déconnecter, manger mieux et me ressourcer en prenant soin de mon corps et de mon esprit et en faisant des choses qui me tiennent à cœur. Les trois s’imbriquent parfaitement et s’alimentent les uns les autres.

Donc ma nouvelle routine « connexion », en incluant de petits gestes inspirés en partie par cet article, me permet de dégager du temps pour d’autres activités et cuisiner plus sain.

Quand j'ai

 

Le travail n’est pourtant pas fini ! Pour la suite, je vais attaquer le tri et le regroupement d’information :

Trier les anciens mails de ma boîte Gmail

Trier mon compte Facebook et les informations que je suis

Trier mes articles en attente dans Pocket (outil de marque-pages)

Clôturer mon compte Hotmail que je n’utilise plus

Me tourner vers Feedly pour centraliser mes sources de lectures

Terminer de me désabonner des newsletters que je ne lis plus

Trier mes réseaux sociaux et me désinscrire de ceux que je n’utilise pas

Faire le tri dans mon matériel électronique

 

Si je ne l’ai pas fait d’ici là, tout cela fera partie de mon programme Grand Rangement à la rentrée, lorsque je serai de retour en France, car je prévois de faire un grand ménage suite à ma lecture du livre « La magie du Rangement » de la japonaise Marie Kondo. Ça va dépoter !

 

J’en profite pour remercier Natasha pour ses précieux conseils sur son blog et vous invite fortement à consulter les outils qu’elle a mis à notre disposition pour se désintoxiquer d’Internet en douceur et qui ont fortement inspiré mes nouvelles habitudes.

 

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Et toi, quels sont tes éco-gestes pour limiter tes émissions via Internet ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

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