10 astuces pour limiter le gaspillage alimentaire

10 astuces pour limiter le gaspillage alimentaire

On entend partout que bientôt, nous seront 9 milliards de personnes sur terre et qu’il est donc vital de produire plus de nourriture. C’est notamment un argument pour justifier le maintien d’une agriculture intensive, de la monoculture, des OGM, des pesticides. Oui mais voilà : aujourd’hui, nous produisons déjà suffisamment pour nourrir tout le monde, et même plus. 30% de la nourriture produite est jetée tous les ans, soit 1,3 milliards de tonnes par an !

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Ce n’est pas économique : cela entraîne des pertes économiques estimées à 750 milliards de dollars par an. Ce n’est pas écologique : cela gaspille les ressources naturelles et pollue les sols, l’air et les eaux. Ce n’est certainement pas humain : plus de 800 millions de personnes souffrent encore de famine. Mais comment faire ?

Selon la FAO, le gaspillage alimentaire a lieu « pour 54 pour cent, “en amont”, c’est-à-dire durant les phases de production et de manutention et stockage après-récolte, et pour 46 pour cent “en aval”, soit aux stades de la transformation, de la distribution et de la consommation.»

Des solutions pour les pertes en amont

Comme le mentionne l’article que j’ai mis en lien, les pertes en amont touchent plus les pays en développement, à cause d’un manque de moyens financiers et techniques et des conditions climatiques parfois extrêmes.

Certaines mesures sont mises en avant comme l’amélioration des pratiques de récolte, une meilleure adéquation entre offre et demande pour limiter les surplus, le cas échéant la réutilisation des excédents alimentaires (en faire don aux plus démunis, ou trouver des débouchés secondaires comme l’alimentation animale), et enfin recycler les sous-produits, composter ou récupérer l’énergie de ce qui ne peut être réutilisé. Ça ressemble assez aux 5 étapes de Béa Johnson, vous ne trouvez pas ? 🙂

J’ajouterais qu’un changement de mode d’agriculture ne serait pas une mauvaise chose non plus. Une production moins intensive, plus locale, qui nécessite moins d’intermédiaires permettrait selon moi de réduire une partie des pertes en haut de la chaîne.

Comment limiter le gaspillage alimentaire en aval

Toujours selon la FAO, les pertes en aval, et plus particulièrement au niveau de la vente et de la consommation, sont plus prononcées dans les régions à revenus moyens et élevés, représentant jusqu’à 40% des pertes totales !

En France nous jetons en moyenne 20kg de nourriture par an par habitant à la maison (dont 7 kg encore emballés), environ 230g par personne par repas au restaurant, et 197 tonnes d’aliments par an par établissement de type supermarché (Chiffres : ADEME)

Mais que pouvons nous faire, nous, simples petits consommateurs ?

Commençons au supermarché (ou épicerie)

La majorité des produits de supermarché qui sont jetés sont les denrées périmées et les fruits et légumes qui ont pourri.

1. Faire une liste de ce dont nous avons besoin, afin de ne pas acheter des produits en double, ou d’en acheter trop.

2. Faire attention aux dates, mais pas trop. Si vous allez consommer un produit dans les jours qui viennent, inutile de prendre celui qui est tout derrière et qui périme dans un mois. Prenez celui qui est devant, qui finira à la poubelle si personne ne le prend. Faites en fonction de vos besoins et gardez en tête que certaines dates peuvent être dépassées sans problème. Il existe en fait deux types de dates sur les produits :

Gaspillage alimentaire: DatesSite de l’Ademe

La date de limite de consommation (DLC) : c’est la date de péremption, date de limite impérative qui s’exprime par la mention “A consommer jusqu’au/ avant le …“. Le dépassement de cette date représenterait un danger pour la santé. Elle est souvent affichée sur les yaourts, viandes fraîches, crèmes, plats préparés.

Il n’est pas légal de vendre un produit dont la DLC est dépassée, au risque d’une peine pouvant s’élever à une amende de 75 000€ et 4 années de prison. C’est pourquoi de nombreux produits finissent dans les poubelles des supermarchés. Certains produits peuvent néanmoins être consommés quelques jours après la DLC, comme les yaourts, le fromage ou les œufs, sous condition qu’ils soient intacts et bien réfrigérés.

NB : Tout le monde ne partage pas cet avis sur la non comestibilité des aliments dont la DLC est dépassée. C’est le cas des “déchetariens” (Freegan en anglais), personnes qui se nourrissent des poubelles de supermarchés. A Lyon par exemple, le mouvement des “Gars’pilleurs” organise des stands ponctuels de redistribution de leurs trouvailles dans les poubelles. Ils se déplacent également dans d’autres villes, donc si cela vous titille, jetez un œil à leur blog.

Gaspillage alimentaire: Garspilleurs

La date limite d’utilisation optimale (DLUO) : c’est une date qui sert de point de repère mais qui peut être dépassée sans danger pour la santé. Elle est indiquée sous la mention “A consommer de préférence avant … “.

Un outil génial vous permet de déterminer combien de temps votre denrée est encore comestible une fois la DLUO dépassée : Gaspfinder, qui recense des milliers de produits de consommation courante. Il n’y a qu’à entrer le code barre du produit en question ! Facile, non ?

Gaspillage alimentaire: Gaspfinder

3. Donner leur chance aux fruits et légumes moins esthétiques. Ils ne sont pas moins bons, mais sont la source de nombreuses tonnes de déchets dans la grande distribution, et parfois même avant cela, dans la sélection des produits à vendre.

Lorsque j’étais en Australie, j’ai fait un bref passage dans une usine d’emballage de fruits et légumes et j’ai été effarée à la vue de ce qui était jeté car non conforme au calibrage et à l’esthétique du distributeur à qui ils étaient destinés !!

Gaspillage alimentaire: PubPublicité réalisée par des étudiants de l’école Sup de Pub

Sur les marchés, recherchez les produits moins conformes, ils sont en plus vendus moins chers ! A ce propos, Intermarché lance le premier rayon de fruits et légumes “moches”, ce que je trouve être une bonne idée, même si je ne suis pas d’accord sur le terme “moche” (je dirais plutôt “normal”).

Gaspillage alimentaire: Intermarché

Passons à la maison

4. Soigner son frigo. Le nettoyer régulièrement pour empêcher le développement des bactéries, et l’organiser en rangeant selon les recommandation suivantes :

Gaspillage alimentaire: FrigoSite de l’Ademe

5. Effectuer la rotation de vos produits pour consommer les plus anciens en premier. Datez les produits lorsque vous les ouvrez. Référez-vous aux DLC et DLUO pour prioriser leur consommation et ne jetez pas un aliment avant d’avoir vérifié s’il peut encore être mangé, grâce à l’outil Gaspfinder, ou faites confiance à vos sens. Sentez, vérifiez la moisissure, goûtez.

6. Congeler ce qui est en trop. Des plats préparés, légumes, fruits, viandes. C’est un très bon moyen de conservation. Attention tout de même, il paraît qu’il ne faut pas congeler un produit dont la DLC est très proche.

7. Valoriser ses restes ! On peut les utiliser dans des recettes faciles telles que des omelettes, des tartes, des soupes, des smoothies. Parfois, simplement couper et présenter des fruits font en sorte qu’ils soient mangés dans les quelques minutes qui suivent !

8. Penser consommation collaborative. Vendez vos restes de plats, avec Super Marmite par exemple, donnez à des amis ou inscrivez-vous sur Partage Ton Frigo !

9. Composter ses déchets alimentaires. Je reviendrai sur ce point dans un prochain article !

Sites utiles pour limiter le gaspillage alimentaire à la maison :

Ademe
Ministère de l’agriculture
France Nature Environnement et son guide très bien fait
Ça suffit le gâchis

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Et au restaurant ?

Combien de fois ai-je vu des assiettes à moitié pleines repartir en cuisine ? J’ai un petit pincement au cœur à chaque fois et je suis tentée d’intercepter l’assiette pour la terminer !

10. Avoir le reflexe “doggy bag”. Doggy bag est un terme anglais qui fait référence aux restes qu’on ramènerait pour notre chien. En l’occurrence, le chien c’est vous, mais chut ! 😉 Pensez à demander une boîte pour emporter vos restes. Cela vous fera un lunch pour un autre jour, ou vous pouvez très bien le donner à quelqu’un dans la rue si vous n’en voulez pas.

La seconde culturelle : Ce qui est très drôle en passant, c’est qu’à Montréal on n’utilise pas le terme Doggy Bag car il fait référence aux sacs à caca pour chiens. Mieux vaut ne pas en demander au serveur, qui risquerait de nous prendre pour un fou, on lui préfère le terme de boîte !

Il y a quelques temps, j’ai découvert cette initiative pour généraliser le doggy bag dans la restauration en France et je suis attristée de voir qu’aujourd’hui le projet n’a pas abouti. Je sais bien que ce n’est pas dans notre culture de français de rapporter ses restes de repas de notre sortie au restaurant, mais honnêtement, je ne vois pas où est le problème.

Et puisqu’on parle restaurant, c’est le moment de vous faire découvrir le Freegan Pony, restaurant qui cuisine les fruits et légumes invendus de Rungis, qui seraient jetés autrement. 5€ le plat + contribution personnelle, moi je dis: on fonce !

Quid de la responsabilité des distributeurs ?

Il y a un gros travail à faire au niveau des distributeurs eux-mêmes, pour qu’ils limitent aussi les déchets à leur niveau. En donnant à des associations pour les démunis, en réduisant les quantités proposées, en sensibilisant les consommateurs, en réduisant les déchets dans la restauration collective qui génère gaspillage alimentaire de 167g par personne par repas, surtout dans les établissements de santé (264g/repas/pers) etc. On commence à s’y mettre !

Gaspillage alimentaire: Campagne

***

2014 est l’année européenne de la lutte contre le gaspillage alimentaire. Tous les acteurs de la chaîne sont incités à s’impliquer. Espérons que cela bouge !

Et toi, quelle est ton astuce anti-gaspillage alimentaire ?

Pinterest - gaspillage alimentaire

La photo d’entête provient de France Nature Environnement

Planet Addict

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Cet article a 20 commentaires

  1. Je me demandais si les resto avaient tous de quoi proposer un doggy bag. En même temps j’avoue que je n’ose pas toujours le demander, souvent lié au ton hautain de certain serveur.
    Sinon après un passage en Sicile je suis maintenant en Ecosse et les deux pays ont une poubelle ramassée par la collectivité de “compost”, c’est à dire tout ce qui est organique. Je n’ai jamais vu ça en France et n’ayant jamais eu de jardin (de ma vie d’adulte), je pense que ce pourrait être une bonne idée.

    1. En France, on a vraiment du retard! Le compost arrive timidement, le doggy bag aussi! A nous de montrer qu’il y a une réelle demande. Les restaurants ont la plupart du temps quelque chose dans lequel mettre les restes, ne serait-ce qu’un papier aluminium…
      N’hésite plus à demander! Ils ne peuvent pas te refuser de te donner quelque chose que tu as payé. Et puis, ça leur fait moins de gaspillage, donc moins de pertes économiques 😉

      1. Je reviens en parler ici, mais j’ai vu sur l’article sur le plastique que tu proposes un doggy bag en inox.
        Je n’ose même pas aller jusqu’à là. As-tu déjà testé ? Comment réagissent les restaurateurs ?

        En voyage (ma famille est nomade depuis 7 mois), ce n’est pas toujours simple. Par exemple chaque aéroport (et pourtant on fuit les avions) amène notre bouteille plastique à la poubelle. Ma fille a une gourde (oups en plastique) depuis le début, et je viens de m’acheter (enfin) une gourde plate et donc en plastique (oui, ce n’est pas gagné avec nous). Je regrette un peu ma bento et surtout mon thermos. Du coup je suis en chasse pour en trouver un (ici en Ecosse) et c’est finalement beaucoup plus dur de trouver du joli, efficace (sans fuite) voir même tout simplement autre chose que Starbuck. Bon je m’égare, désolé.

        1. Bonjour Tiphanya!
          Je n’ai donc pas été assez rapide, mon article sur le plastique n’était pas terminé et a été publié par erreur! Mais contente qu’il te fasse réagir en avant première 🙂
          J’ai acheté un tupperware en inox et je peux te dire que je n’aurai aucun problème à le ramener au restaurant! Je leur demande déjà de remplir mes wrap et mes sacs en tissus. Certains sont perplexes mais d’autres sont curieux et me demandent où je les ai achetés! Ta remarque me fait penser que je vais ajouter mon ressenti de mes premières expériences dans l’article!

          Pour ce qui est Aéroport, je pense que tu peux passer ta gourde en inox vide et demander de la remplir une fois dans l’avion, plutôt qu’on te serve dans un verre en plastique, non?

          A très vite pour de nouvelles idées 🙂

  2. Excellent sujet que je te remercie de traiter ici !!!!! Et avec brio en plus !!! 🙂
    Plein de gros bisous ! <3

  3. Merci pour cet article très complet, informatif et plein d’astuces pratiques, comme j’aime! Le fait de faire nos menus à l’avance avec Mister Vert nous permet d’une part d’acheter exactement ce dont nous avons besoin pour la semaine à venir mais en plus de savoir qui va cuisiner quoi/quand, ce qui est très pratique en matière d’organisation dans la vie à deux mais aussi en terme d’équilibre alimentaire puisqu’on voir rapidement si les menus de la semaine manque de verdure ou de légumineuses… Bref, il y a plein d’avantages à faire ses menus à l’avance 🙂 Pour les restes, on n’hésite pas à congeler selon les quantités ou à se faire des repas où il finit le reste d’un plat et moi d’un autre, quitte à compléter avec une salade ou autre. En outre, on essaie de préparer la salade (emballée dans un torchon une fois lavée) et les herbes (conservées sur une feuille d’essuie-tout dans une boîte hermétique une fois équeutées) le jour où on les achète car c’est ce qui s’abîmait le plus vite chez nous; préparées ainsi, salades et herbes se conservent facilement plus d’une semaine… et sont prêtes à l’emploi pour plusieurs repas 🙂

    1. Merci pour les bons conseils. Pour conserver les herbes qui s’abîment vite, on met les tiges dans un verre rempli d’eau et on recouvre le tout d’un sac de plastique. Elles se conserveront bien plus longtemps ainsi.

      Aussi, alterner les aliments dans le frigo marche bien pour nous. La tablette du haut est réservée aux aliments qui doivent être mangés bientôt.

      1. Merci Geneviève! C’est une bonne idée ça de dédier un étage au “à manger d’abord”. Et merci pour le tuyau pour les herbes, c’est vrai que sinon il faut les consommer assez vite!
        Mais dès que j’ai mon chez moi, j’avoue que j’aimerai avoir mes plantes aromatiques en pot 🙂

    2. Merci Natasha!
      Pas bête pour les menus! Je dois m’y mettre car c’est toujours le problème du “qu’est-ce qu’on mange ce soir?” chez moi! 🙂
      Moi aussi je “re-costomise” mes restes, on voit bien qu’ils peuvent constituer un vrai repas!

  4. l’astuce anti gaspillage des ressources de la planète ? se nourrir comme un moine : végétaux en petite quantité , achats quotidiens, résistance à tout ce qui est promotion par grandes quantités y compris dans les ANAP qui vous fourguent des caisses de légumes pour un régiment et conserver pour le partage et les jours de fête la nourriture festive et le champagne, le très bon vin ….

    1. Consommer moins, consommer mieux. Cela s’applique à beaucoup de choses en fait! Je ne sais pas si les gens sont prêts à manger comme des moines, mais si tout le monde faisait attention à ces petites choses, cela serait un grand pas.

  5. j’ai depuis bien longtemps cessé de faire mes courses en remplissant le chariot de l’hypermarché comme le fond la plupart des gens, les voire me donne la nausée, les pack d’eau en quantité industrielle, les sodas,etc… j’y vais avec une petite liste de courses: d’après des menus établis d’avance et de saison.je diminue les quantités des recettes par deux le week-end comme ça il y a beaucoup moins de reste et le dimanche: midi c’est Brunch et le soir c’est ‘open frigo’ les menus bento sont parfaits les quantités adaptées à mon mode de vie ( repas de midi du lundi au vendredi)!! quand au restaurant nous n’y allons quasiment plus! trop d’industriel ou du congelé, quand à l’hygiène beurk!!!

    1. Les menus d’avance, c’est une bonne idée et je devrais vraiment m’y mettre! Ça limite le gaspillage et ça permet de savoir ce qu’on va manger en avance et éviter les stress du “on mange quoi?”. Ça limite aussi la tentation vers la junk food et les plats à emporter !

  6. Personnellement, j’utilise l’application Frigo Magic. On met ce qu’il nous reste dans le frigo et hop une recette ! C’est toujours réussi et vraiment pas long et pas compliqué à faire (je suis une quiche en cuisine) en plus ça permet d’acquérir la logique de la cuisine genre bah les légumes ça va avec tout en fait…

    1. Super astuce Didier, merci je ne connaissais pas! Je vais devoir tester ça rapidement 🙂

  7. Article très riche de conseils concernant le gaspillage alimentaire, Merci.

  8. nn mais franchement c quoi le probleme pour les doggy bag

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