En route vers le Zéro Déchet : les 5 étapes !

Titre

«Avoir ou être ? Quel sera votre héritage ?». Mercredi 10h, je referme le livre de Béa Johnson Zéro Déchet sur ces derniers mots. J’ai la tête bourrée d’excitation et des fourmis dans les pieds. Il y a quelques mois, je me disais «et si je me lançais un défi zéro déchet ?». Je ne savais absolument pas par où commencer et je n’avais jamais entendu parler de cette fille. Puis, en parcourant le site de Shamengo fraîchement découvert et mon regard attiré par le titre une vie sans déchets, je suis tombée sur cet article à propos Béa Johnson, cette française expatriée en Californie, et son aventure zéro déchet. J’ai vite compris qu’elle était bien connue cette Béa, et que j’avais un train de retard !

 

Tout d’abord, pourquoi le zéro déchet ? Tout simplement parce qu’on est arrivé au point de dire Stop. Trop d’emballages, trop de produits jetables, trop de ressources gaspillées et de pollution. Depuis que j’ai eu la chance de voir le film Super Trash en avant première, sur les coulisses d’une décharge dans le sud de la France, j’ai eu envie de faire quelque chose pour arrêter le massacre.

Bande-annonce du film Super Trash – Un très bon article sur le film ici.

 

J’en reviens à Béa Johnson. Inutile pour moi de vous re-conter toute son histoire, d’autres l’ont très bien fait avant moi ! Mais pour résumer, c’est l’histoire d’une française qui vit son rêve américain, avec tout ce qui va avec: la maison, les cosmétiques, les bijoux, la voiture, la garde robe, la nourriture sur-emballée, et les biens en tout genre, le tout en taille et quantité à l’américaine. Un beau jour, ce rêve devient un cauchemar lorsqu’elle prend conscience des impacts environnementaux et sanitaires d’un mode de vie de surconsommation. Pour ses enfants avant tout, elle décide de faire le grand ménage et après de nombreux essais, échecs, remises en question, elle y parvient: sa famille de 4 ne produit plus que 1kg de déchets par an. Oui, vous avez bien lu !

Mais comment c’est possible ? 5 mots : Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler, Composter. Et bien dans cet ordre, elle insiste !

Pour en avoir le cœur net et vraiment m’imprégner de ces concepts, j’ai décidé de lire son livre en entier. Malgré quelques répétitions et des désaccords sur certains aspects de ses choix (comme maintenir sa consommation de beurre dont l’emballage constitue l’un de ses uniques déchets), j’y ai trouvé beaucoup d’inspiration. Tout y passe. La cuisine, la salle de bain, le bureau, la chambre, le jardin, les produits d’entretien, les jouets, les cadeaux, les sorties, les voyages, même le chien!

Vidéo de Béa Johnson – by Sunset

 

Voici les principales idées.

 

Refuser tout ce dont nous n’avons pas besoin

Ne plus laisser les produits éphémères entrer chez nous, tels que les articles jetables en plastique (qui sont conçus pour servir environ 30 secondes), les imprimés publicitaires (que l’on ne prend même pas la peine de regarder), les cadeaux de type échantillons (qui s’accumulent), ou les emballages superflus.

Pour s’approvisionner, privilégier les articles en vrac, qui sont plus faciles à trouver pour certains articles que d’autres, ou choisir des produits faits à partir de ressources compostables, renouvelables et exploitées de façon durables et emballées dans des récipients recyclables en verre, métal, papier ou autres fibres naturelles.

Vous pouvez télécharger l’application Bulk créée par Béa Johnson pour localiser une boutique de vrac, ou mieux l’enrichir de vos connaissances !

Zero dechet: RecyclageIllustrations de Réduisons nos Déchets

 

Réduire ce dont nous avons besoin

Évaluer sa consommation et se débarrasser de ce qui n’est pas nécessaire, déterminer ses besoins en fonction des réalités, restreindre sa consommation et son exposition à ce qui nous pousse à acheter (médias, lèche vitrine…).

Pour cela, on peut faire l’inventaire de ses biens en suivant la grille de questions suivantes :

1. Cela fonctionne-t-il encore/ Est-ce périmé/ Est-ce en bon état ?

Compostez la nourriture périmée, réparez, vendez, donnez ou déposez à la déchetterie un produit, vêtement, jouet, retournez les médicaments périmés à la pharmacie etc. Jetez s’il n’y a pas d’autre recours.

 

2. Est-ce que je l’utilise régulièrement ?

Soyons honnêtes avec nous-mêmes et séparons-nous de ces choses que l’on garde « au cas où« . Si tu n’as pas mis ce t-shirt depuis plusieurs mois, il est probable que tu ne voudras jamais le remettre. Inutile de s’encombrer avec des choses qui prennent la poussière. Donnez-vous un laps de temps pour voir si vous trouvez vraiment l’utilité de ces objets, sinon donnez ou recyclez-les.

 

3. En ai-je plusieurs ?

As-tu vraiment besoin de 10 torchons de cuisine, ou de 5 paires de lunettes? Gardez ce que vous préférez et ce dont vous allez vraiment vous servir, débarrassez-vous du reste.

 

4. Cela met-il la santé en danger ?

Notre nid douillet regorge de produits toxiques, chimiques et d’allergènes. Pour en citer quelques-uns : le plastique (et le Bisphénol A), le teflon, l’aluminium, les ingrédients imprononçables de nos cosmétiques et produits d’entretiens tels que le polyéthylène glycol (PEG), la diéthanolamine (DEA), le siloxane et bien sûr le paraben, ainsi que des produits toxiques se retrouvant dans les vêtements infroissables, ignifugés ou en Gore-Tex.

 

5. Est-ce que je le garde par culpabilité ?

Ahhhh, ce joli vase multicolore, cette bougie senteur toilettes et ce pull à motifs de Noël… Ne culpabilisez-plus! Ce n’est pas parce que c’est un cadeau que vous devez le garder, surtout s’il ne vous est d’aucune utilité. Informez plutôt vos proches de votre démarche et donnez-leur de nouvelles idées qui vous feront plaisir à coup sûr !

 

6. Est-ce que je le garde parce que tout le monde en à un ?

La société de consommation à bien rempli son rôle: créer des besoins où il n’y en a pas. Regardez d’un œil neuf vos biens et séparez-vous de ceux que vous possédez clairement par effet de mode ou faux-besoin, selon vos habitudes à vous (as-tu vraiment besoin de pansements, d’un épluche ail, d’un couvre lit ?)

 

7. Mérite-t-il que je consacre du temps à le nettoyer ?

Cela concerne souvent les objets décoratifs ou les collections, qui n’ont pas d’usage et prennent la poussière. Desquels pouvez-vous vous débarrasser ?

 

8. Est-ce qu’un autre objet pourrait remplir la même fonction ?

Une vielle chaussette comme jouet pour chien, le vinaigre blanc comme produit d’entretien, une bouteille en guise de rouleau à pâtisserie (ou vos doigts), laissez votre créativité vous porter.

 

9. Pourrai-je consacrer cet espace à autre chose ?

Analysez votre tiroir fourre-tout, éliminez les objets encombrants dont vous pouvez vous passer, revalorisez le rangement.

 

10. Est-ce réutilisable ?

La plupart des produits et objets jetables ont leur équivalent réutilisable. Notre société de l’instantané nous a appris à consommer et jeter, et nous incite à le faire le plus rapidement possible pour qu’on achète toujours plus. Fini les serviettes et mouchoirs en papier, rasoirs, cotons tiges, vaisselle plastique, essuie-tout, cotons et tampons! Place aux tissus et aux alternatives réutilisables (vaisselle lavable, disques de coton lavables, coupe menstruelle etc.).

 

Zero déchet: consommer mieuxSource de l’image

 

 

Réutiliser au maximum

Utiliser des contenants réutilisables (bocaux, thermos, gourdes en inox) et des sacs en tissu pour faire ses courses et stocker ses aliments et privilégier des produits rechargeables. S’orienter vers des produits durables et de qualité qui auront moins tendance à se casser et réparer ce qui est cassé plutôt que de jeter et racheter.

Participer à la consommation collaborative en prêtant, louant, revendant, troquant ou achetant d’occasion, et s’amuser à faire les choses soi-même (son livre regorge de recettes maisons pour cuisiner, faire ses cosmétiques, son ménage, son propre papier et d’astuces d’emballages et de décoration).

 Zero dechet: participatifIllustrations de Réduisons nos Déchets

 

Recycler

C’est là que l’ordre est important car il ne s’agit pas de se contenter d’acheter des produits recyclables! Le recyclage dépend de nombreux facteurs qui vont bien plus loin que notre simple acte de trier: la conception de produits recyclables, la communication de la recyclabilité, la connaissance des consommateurs de ce qui se recycle, la mise à disposition d’un service de ramassage, le tri efficace des déchets, la réutilisation de ces matières recyclées etc.

Un point que je partage à 100%. On s’est tous cassé la tête au moins une fois pour savoir si on peut mettre tel ou tel déchet dans le bac de recyclage ! Et j’ai déjà vu des éboueurs mélanger les deux bacs lors du ramassage. Si les consommateurs ont cette bonne volonté de trier leurs déchets, cela ne doit pas être un prétexte pour consommer encore plus car il reste du chemin à parcourir une fois le bac sorti. D’autant plus que les pratiques diffèrent d’une commune à l’autre, voire d’un arrondissement à l’autre !

Une belle citation de William McDonough (auteur de Cradle to Cradle) qu’elle reprend dans son livre: «Le recyclage est un cachet d’aspirine qui tenterait de soulager une gueule de bois plutôt sévère : la surconsommation». Attaquons-nous aux causes plutôt qu’aux symptômes.

Recycler, c’est bien. Avoir moins de choses à recycler, c’est mieux !

Pour savoir ce qui est permis dans vos bacs de recyclage en France, vous pouvez consulter ce guide de tri conçu par éco-emballages. Pour le Québec, le site Recyc Québec est aussi assez complet.

(Voir aussi mes articles sur le Upcycling !)

 Zero dechet: Guide triGuide du tri

 

Composter le reste

Les matières organiques telles que les épluchures de légumes, les restes de repas, mais aussi les feuilles mortes, les mouchoirs, les cotons tiges, les ongles, les cheveux et j’en passe, peuvent se composter !

Tout comme le recyclage, il s’agit de respecter l’ordre et de composter ce qu’il vous restera, c’est à dire normalement pas grand chose! En revanche, il faut prendre la main pour faire un bon compostage. De plus, il n’est pas accessible à tout le monde, surtout si on habite dans un appartement, où la meilleure option semble être le lombricomposteur, une caisse avec des vers qui transformeront vos déchets en compost. Une solution néanmoins envisageable! Ou sinon, pourquoi pas adopter une poule ou un lapin ? 🙂

Pour ma part, j’ai la chance d’avoir un ramassage de matières compostables dans la rue voisine (Montréal et ses éco-quartiers !), je suis donc en train de tester cette nouvelle organisation des déchets. Et là, je dois avouer qu’on voit une nette différence !

Pratiquement tout ce que je mettais à la poubelle avant, se composte. Je ne suis pas certaine de maîtriser encore la technique, mais cela me montre déjà clairement quel gâchis je faisais auparavant. Le changement est plus simple qu’il n’y parait, et on se remet d’autant plus en question lorsque quelque chose doit aller à la vraie poubelle.

Par exemple, voici nos déchets de deux semaines, à deux :

 Zero dechet: poubelle

 

Et là, réalisation qui saute aux yeux : les 3/4 de ce que je jette contiens…. du plastique !! Je précise que le Québec est plus avancé sur le recyclage du plastique que la France. Après un appel aux services de Montréal, j’ai pu confirmer que toutes les matières plastiques se recyclent, sauf le polystyrène. Oui, même le film alimentaire.

Donc de ce sac, j’ai ensuite remis au recyclage ces emballages plastiques, et au final il ne restait plus grand chose à part un citron moisi, quelques emballages et des choses qui collent. Mais j’ai voulu les inclure dans mon illustration car 1/ ces plastiques ne se recyclent pas en France et 2/ ce n’est pas une raison pour valider leur utilisation. Car si tout se recycle à Montréal, on témoigne aussi d’un festival d’emballages plastiques dans les magasins. De quoi vous donner le tournis.

C’est décidé, je lance la guerre au plastique !

 

Pour conclure

Le zéro déchet va de pair avec le minimalisme. Se simplifier la vie pour se re-concentrer sur l’essentiel. Cela permet en plus de faire des économies (moins de consommation d’énergie, moins d’achats, partage de produits), d’être en meilleure santé (moins d’exposition aux substances toxiques et aux matières plastiques, une alimentation plus saine, moins de poussières et d’allergies) et de gagner du temps (une meilleure organisation, moins d’entretien, plus de temps libre !).

Alors bien sûr, on ne peut pas tout révolutionner en une nuit ! Avant d’arriver à 1 kg de déchets par an, il faut essayer, accepter de se planter, se remettre en question, s’adapter à de nouvelles pratiques et sensibiliser son entourage à nous encourager dans la démarche. Cela a bien pris 2 ans à Béa Johnson pour stabiliser ce mode de vie.

Ce qu’il faut garder en tête, surtout, c’est d’y aller à son rythme, de se lancer des défis et de trouver le zéro déchet qui VOUS convient.

En ce qui me concerne, je suis déjà une adepte du minimalisme. Quelque chose que le voyage m’aura appris. Je n’aime pas posséder beaucoup de choses, et depuis que je voyage, je préfère garder mon argent pour des activités plutôt que pour des biens. Je faisais déjà régulièrement l’inventaire de mes possessions, mais ce livre m’a incité à aller plus loin, comme vraiment estimer ce dont on a besoin et faire plus de choses soi-même, en jouant sur la créativité.

Je n’ai pas de maison fixe pour le moment donc il est difficile pour moi d’instaurer ce mode vie à l’état sédentaire. En revanche, j’ai envie de relever le défi du zéro déchet en voyage ! Étant donné que je reprends la route prochainement, c’est l’occasion idéale!

Zero dechet: Conso

Pour plus d’informations :

Le blog de Béa Johnson

Le site de l’ADEME, réduisons nos déchets, un vrai petit guide illustré pour vous aider à avancer vers le Zero Waste.

 

***

Mes deux grands défis pour les prochains mois seront donc de:

  1. Bannir les emballages en plastique de ma vie
  2. Tendre vers le zéro déchet en voyage

 

Et toi, quel défi zéro déchet souhaites-tu te lancer ?

 

 

 

 

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