Voyage : manger zéro déchet

Lorsque j’ai commencé mon aventure Zéro Déchets suite au livre de Béa Johnson, j’ai été face à un petit problème. Celui de préparer un road trip en voiture. Comment est-ce que j’allais faire pour manger sur la route, en limitant les emballages, en économisant l’eau, en faisant la guerre au plastique, et tout et tout? En fait, ce n’était pas si compliqué moyennant une bonne organisation: emprunter, réutiliser, acheter en vrac, recycler.

 

Déjà, passer en mode zero waste n’est pas simple, c’est un travail à faire petit à petit, par étapes, et par pièces de sa maison. Mais voyez-vous, le « petit à petit », j’ai un peu du mal. En fait, quand je m’informe sur quelque chose et que je décide d’en faire un changement, j’ai plutôt tendance à faire ça radicalement, ce qui me vaut quelques cheveux blancs! Mais je me soigne, et j’essaye vraiment de ralentir la cadence, pour que ces changements soient bien réfléchis, durables, et surtout applicables au plus grand nombre !

Comme je ne vis pas avec grand chose (je trie régulièrement mes possessions car je déteste m’encombrer), j’ai décidé de commencer mon aventure par la cuisine et surtout par l’achat en vrac, un véritable changement dans mes habitudes. Ce qui, je dois l’avouer, était un bon choix car cela m’a permis de prendre le coup de main avant de partir 2 mois en road trip à travers les États-Unis et le Canada.

 

Le matériel pour cuisiner sur la route

Avant de partir, j’ai arpenté quelques boutiques pour me faire un petit kit de pique nique light de voyage. L’idée étant de trouver des accessoires pratiques, réutilisables, sans plastique et transportables, comme ceux que je vous ai présentés dans mon article sur le plastique.

Voyager zéro déchet

 

J’ai choisi des filets en maille pour les légumes et autres condiments en vrac, une gourde thermos en inox pour l’eau, le thé et boissons à emporter, deux grandes et deux petites boîtes en inox hermétiques, deux sacs en tissu et deux wrap à sandwich réutilisables, deux serviettes en tissu cousues par mes petites mains :), deux sets de couverts et deux bols en inox.

Pour cuisiner, nous avons emprunté un réchaud à gaz, une poêle anti-adhésive garantie sans Teflon, une casserole en inox et deux cuillères en bois. Et la boule à thé! Voilà, c’est tout.

Voyager zéro déchet

 

Acheter en vrac, à la maison comme sur la route!

* Où ?

L’achat en vrac est quelque chose que j’ai trouvé très accessible dans ces deux pays, et ça fait bien plaisir. Je me suis au départ aidée de l’application Bulk de Béa Johnson, dont je vous ai déjà parlé, mais j’ai été surprise de tomber par hasard sur des magasins avec une bonne sélection d’aliments en vrac.

Au Canada, la chaîne Bulk Barn se trouve facilement dans les grandes villes, de même pour les Whole Foods Market aux États-Unis. Le second à l’avantage de fournir beaucoup plus de produits bios ! Sinon, je trouvais souvent du vrac dans les boutiques bios et parfois dans les super-marchés.

Voyager zéro déchet

La variété du vrac au Bulk Barn

 

* Quoi ?

Le plus facile à trouver, ce sont les légumes, généralement disposés sur des étals. J’évitais le concombre sous plastique et les champignons en barquettes, et je trouvais facilement des légumes biologiques que j’essayais de privilégier au maximum.

Aussi plutôt commun, tout ce qui est noix, graines et flocons étaient disponibles dans des distributeurs de vrac. A nous le muesli, les amandes au chocolat (une tuerie !), le riz, la quinoa, les lentilles, canneberges et noix en tout genre !

Voyager zéro déchet - bulk

Déjà, on a une bonne base de repas avec tout ça. Nous n’achetions pas de viande ni de poisson, en revanche il était difficile de ne pas craquer pour du fromage, malgré le prix exorbitant !

C’est là que ça se complique un peu, malgré cette base de vrac j’ai dû faire des concessions pour quelques aliments. Le fromage et le pain, qu’on trouverait facilement en vrac en magasin ou boulangerie en France, se vendent sous plastique, à mon grand désarroi. Nous avons essayé de rester simples et réalistes, je n’ai pas voulu courir partout (et utiliser de l’essence) pour trouver une potentielle boulangerie, sachant que le pain ne serait pas forcément meilleur…

Difficile aussi d’échapper aux emballages de paquets de pâtes (10 fois moins cher qu’en vrac, avouons-le), le lait d’amande, les chips, les confitures et les assaisonnements de type huile d’olive et moutarde.

Voyager zéro déchet

 

Mais globalement, je suis très satisfaite de nos trouvailles, à environ 70% en vrac et 60% biologiques.

 

Stocker et cuisiner

Pour stocker le tout, je me suis munie de mes bocaux (une bonne quinzaine de toutes tailles), issus de précédents achats de confiture, compotes et céréales. On réutilise ! 🙂

Voyager zéro déchet

 

Pour garder les légumes et le fromage au frais, nous avions une petit glacière que je m’étais procurée lors de mon road trip en Californie en 2011. Et pour la glace, on a fait fort. On trouve facilement des sachets de glaçons en vente dans les stations services, mais 1) c’est dans du plastique et 2) ça coule du sachet quand ça fond et 3) il y en a généralement trop.

Mes astuces :

#1 La neige ! Ah ben oui, quitte à nous coller aux basques autant qu’elle nous soit utile. Hop hop hop, on remplit nos boîtes en inox de neige !

Voyager zéro déchet

 

#2 Le congélateur. Avant de quitter un couchsurfing, on mettait de l’eau à congeler dans ces mêmes boîtes pour retrouver notre glace au petit matin.

#3 Demander au vendeur. On a pu avoir de la glace à la demande (gratuitement en plus) dans une station service.

#4 En dernier recours, acheter un sachet de glace et la répartir dans nos boîtes.

Donc oui, nos boîtes ont été très utiles, pour la glace et pour stocker notre surplus de repas. 🙂

Selon la température, la glace fond entre 1 à 2 journées. Il faut tout de même garder un œil sur ses condiments et donc faire ses courses tous les 3 jours environ pour éviter les pertes (et le stockage de trop grandes quantités).

Mais bon ce n’est pas tout, maintenant il faut penser aux repas! Je ne vous cache pas que c’est plus simple et plus agréable de cuisiner lorsqu’il fait beau! Sous la pluie, c’est moins l’fun, même si on s’est appliqué à la tâche !

Voyager zéro déchet

Petit déjeuner : Céréales, noix, canneberges et bananes

 

Notre rituel repas était généralement des céréales/ pain au petit déjeuner, une salade bien garnie au déjeuner, et un féculent ou une légumineuse avec des légumes et des épices au dîner. Place à l’imagination ! Currys, couscous, pâtes végétariennes, pommes de terres sautées, omelettes, bref : on s’est fait de bon petits plats. On s’attachait à varier tous les jours, et on cuisinait souvent notre base de repas du soir en surplus pour la manger en salade le lendemain.

Voyager zéro déchet

Salade de kale, épinards, avocats, poivrons, tomates, graines de courges, concombres

 

Voyager zéro déchet

Préparation d’un curry thaï d’aubergines et de bok choi

 

Manger dehors

Je vous mentirais si je vous disais que je n’ai pas craqué pour quelques repas au restaurant ou dans des fast-food, je reste humaine 🙂 Et puis, on mérite bien une pause de temps en temps. De plus, c’est intéressant de savoir comment adapter sa démarche pour les repas en extérieur car pour un voyage en sac à dos sans véhicule, comme j’ai pu faire en Asie, on se retrouve plus souvent à manger au restaurant que de se concocter de petits plats.

Dans ces situations je privilégie le réutilisable : j’essaye d’utiliser ma gourde, mes serviettes, mes wrap et parfois mon bol ou une boîte afin d’éviter de consommer du jetable ! Je pense d’ailleurs me procurer une fourchette/cuillère en bambou pour mes futurs voyages en sac à dos !

Économiser et transporter l’eau

Au début du voyage, nous avons acheté 4 bouteilles de 4 litre d’eau, car nous n’avions pas de grand contenant. Nous en avons ensuite gardés deux, que nous remplissions à nos arrêts (en camping, chez nos hôtes, dans les stations services) pour éviter de re-consommer de l’eau en bouteille.

Voyager zéro déchet

 

Cela nous servait pour nous hydrater (eau ou thé – en vrac) mais aussi pour faire la vaisselle, où on utilisait le moins d’eau possible. Un peu d’eau, on passe l’éponge (une éponge lavable et un grattoir en fibre de coco s’il vous plait !), on vide et on rince. On se rend plus facilement compte de la quantité d’eau utilisée pour laver sa vaisselle, car nos bouteilles s’épuisaient vite, malgré notre faible utilisation !

Sans oublier notre bouillotte, que je suis bien heureuse d’avoir apporté! On re-chauffait la même eau à chaque utilisation, en la jetant après environ 4 fois.

Sur les terrains de camping, il y avait généralement des robinets, rendant la tâche un peu plus simple.

Edit : Nous avons dernièrement testé le remplissage d’un « camel back », les poches à eau de randonnée qui nous ont servis de réserve.

Edit 2 : Je vous ai dernièrement présenté le SteriPen, qui permet de décontaminer l’eau grâce à une lampe UV transportable partout !

 

Recycler et composter ses déchets

Si c’est plutôt facile de trouver des poubelles de recyclage en tout genre, sur la route ou en camping, c’est plus difficile de trouver de quoi composter. J’ai fait une croix dessus pour ce voyage, en espérant pouvoir limiter encore plus mes déchets alimentaires à l’avenir (qui sont surtout des épluchures).

Voyager zéro déchet

La seule gugus à prendre les poubelles en photo, c’est moi !! 🙂

 

Il existe la technique du compostage en tranchées, citée dans le livre de Béa Johnson, qui consiste à creuser un trou d’une profondeur de 15 à 25 cm et y placer ses rebuts de cuisine puis les recouvrir d’au moins 20cm de terre.

Mais deux facteurs m’ont un peu empêché de le faire: le temps (pas trop motivée quand il pleut ou qu’il fait froid, et cela était souvent) et le fait d’être dans le pays des ours, car il faut faire très attention à ne rien laisser traîner dehors. Il existe des poubelles blindées pour les déchets alimentaires, donc je ne suis pas sûre que les enterrer aurait été une bonne idée. Dans le doute, je me suis abstenue.

Mais à tester une prochaine fois ! 🙂

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Et toi, quelles sont tes astuces pour limiter tes déchets liés à la nourriture en voyage ?

 

 

 

 

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