Qu’est–ce qu’un voyage responsable ?

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Voyager rime avec évasion, vacances, découvertes et dépaysement ! Et dans nos vies occidentales rythmées par un travail prenant, c’est parfois une vraie libération que de s’accorder une pause. Voyager fait rêver, et pour moi le voyage est une vraie passion. Avec l’augmentation de la population dans le monde et l’accroissement des déplacements, le tourisme est aussi devenu une vraie source de dégradation environnementale et sociale. Alors pourquoi pas là aussi chercher des alternatives et voyager autrement ?

 

Pourquoi se tourner vers le tourisme durable ?

Le tourisme est la première industrie de la planète et ne cesse de progresser chaque année d’environ 4%. L’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) prévoit 1,5 milliard de touristes dans le monde en 2020, soit 21% de la population mondiale! En 2013, nous avons déjà passé la barre des 1 milliard, alors qu’il y avait environ 700 millions touristes dans le monde en 2000.

L’accroissement du nombre de touristes n’est pas sans conséquences sur l’environnement et les cultures du monde :

=> Consommation des ressources naturelles, comme l’eau douce consommée en abondance par les hôtels et les clients, les minéraux, les carburants fossiles, les sols fertiles, ou encore les forêts et zones humides victimes de déboisement.

=> Pollution de l’air et de l’eau par la production de déchets et l’utilisation de produits pétroliers et résidus chimiques. Le tourisme représente 60% du trafic aérien, il est donc une source majeure d’émissions de GES.

=> Menace de la biodiversité en raison de l’urbanisation touristique qui fragilise les écosystèmes  comme les récifs coralliens, et dégradent la végétation et les habitats de la faune sauvage.

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=> Transformation des cultures locales qui sont folklorisées du fait de la marchandisation associée au tourisme ou occidentalisées pour offrir un environnement semblable à la culture des voyageurs.

=> Choc des cultures entraînant des déséquilibres économiques pour les locaux souhaitant imiter le style et le niveau de vie des étrangers qui viennent visiter leur territoire, ou se traduisant par des comportements ne respectant pas les normes sociales, culturelles et religieuses du pays de la part des touristes.

=> Détérioration de la situation sociale des locaux à travers des discriminations professionnelles (emplois peu qualifiés et peu rémunérés comparés aux étrangers), les conflits sur l’occupation des terres, le recours au travail des enfants, le développement du tourisme sexuel etc.

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En réponse à ces pressions environnementales, sociales et culturelles, le tourisme responsable se développe en faisant apparaître de nouvelles façons de voyager visant à maîtriser ces impacts négatifs. De plus, la demande de la part des voyageurs pour des séjours alternatifs est croissante et reflète un certain rejet du tourisme de masse.

 

Les nouvelles formes de tourisme

Le tourisme alternatif prend plusieurs formes que l’on confond parfois, alors qu’elles ne répondent pas toujours aux mêmes enjeux et objectifs.

Tourisme durable / responsable

Le tourisme durable, ou responsable, n’est pas une forme de tourisme mais un concept intégrant la notion de développement durable, à savoir trouver un équilibre entre les piliers économiques, environnementaux et sociaux.

 

Tourisme éthique / solidaire

C’est une forme de tourisme alternatif qui met l’homme et la rencontre au centre du voyage, en appliquant les principes du commerce équitable afin de permettre aux populations locales d’en tirer des bénéfices socio-économiques et améliorer leurs conditions de vie.

Le tourisme équitable / solidaire représente une aide au développement local des territoires d’accueil, doit respecter les engagements impératifs du commerce équitable (travailler d’abord avec les producteurs les plus défavorisés, refus du travail forcé ou de l’exploitation des enfants…), et l’ensemble du projet est élaboré et géré en partenariat étroit avec les communautés locales et leurs représentants.

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Écotourisme

Selon The International Ecotourism Society,  « l’écotourisme est une forme de voyage responsable dans les espaces naturels qui contribue à la protection de l’environnement et au bien-être des populations locales« . Il se distingue du tourisme de nature par son côté plus militant.

L’écotourisme est un outil efficace de valorisation économique pour des zones naturelles ou des sites culturels menacés, de développement d’emplois locaux sans détruire l’environnement et de lutte contre la pauvreté et de réappropriation culturelle. L’écotourisme est aussi un outil pour maîtriser ses impacts sur l’environnement, financer des projets de protection de l’environnement et impliquer les communautés locales, en favorisant une prise de conscience chez les habitants du pays d’accueil comme chez les touristes de la nécessité de préserver le capital naturel et culturel.

 

Écovolontariat

L’écovolontariat est une activité de tourisme volontaire qui consiste à participer durant ses vacances à la préservation de la biodiversité (animale, végétale ou culturelle) en aidant des projets locaux sur le terrain. C’est un mode de voyage écologique et solidaire sous forme de missions sur le terrain qui mettent en lien des voyageurs et des acteurs locaux engagés dans la préservation de la biodiversité. (Si l’écovolontariat vous intéresse, je vous raconte mon expérience de wwoofing ici).

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Les structures d’accueil

En dehors de la forme de tourisme, les structures d’accueils se modifient également pour intégrer les principes de développement durable. On trouve ainsi un essor d’éco-gîtes, qui sont des gîtes éco-construits, ainsi que des écolodges, infrastructures construites et exploitées en accord avec des principes environnementaux et sociaux responsables (protection des espaces environnants fragiles, implication des populations locales…).

 

Adopter un comportement responsable

Opter pour une forme alternative de tourisme c’est bien, repenser son comportement de voyageur, c’est mieux! Les voyageurs responsables ont pris conscience que leur attitude et leurs actes sur place peuvent être pour les populations d’accueil autant un facteur de développement qu’un élément déstabilisateur. Par conséquent il est important de réfléchir aux façons d’éviter de bouleverser les équilibres sociaux, culturels et écologiques des communautés.

Pour cela, vous pouvez vous référer à la Charte des Voyageurs Responsables ©  développée par Voyageurs et Voyagistes Éco-responsables, qui propose pas moins de 80 critères sur lesquels ont peut se baser !

Lorsque j’ai préparé mon voyage en Amérique Latine (qui s’est transformé en expatriation d’un an au Mexique), j’ai réfléchi à ma propre mini charte pour adopter un comportement responsable sur la route.

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En plus d’avoir choisi de travailler avec les populations locales sur des projets de permaculture, de nettoyage de plages ou de développement communautaires – et ainsi privilégier un tourisme plus lent, plus authentique et contribuer à améliorer l’environnement dans lequel j’étais – j’ai également voulu continuer sur la route du végétarisme et du local, poursuivre mes efforts en matière de zéro déchet et rechercher des alternatives au recyclage quasi-inexistant, minimiser les transports (cela est tout de même resté mon point faible), mes produits électroniques et ma consommation en général pour privilégier la qualité à la quantité.

 

Enfin, j’ai pris la décision de ne plus participer à certaines activités touristiques, comme j’ai pu le faire dans le passé, notamment ceux en rapport avec les animaux (zoo, cirques, centres où l’on peut porter, caresser ou nourrir la faune sauvage etc) et les populations locales (mises en scène folkloriques par exemple). Même si c’est sympa sur le coup, ce ne sont plus des choses que je souhaite soutenir.

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Et toi, quel voyageur responsable es-tu ?

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