Un voyage pour la planète

Parce que ça fait plaisir de voir que les initiatives positives se développent un peu partout et que j’aime terminer l’année sur une note positive, voici l’interview de Landry, voyageur ramasseur de déchets ! Sa mission : un voyage de 25 000 km du Nord de La Norvège jusqu’au Maroc en traversant 21 pays afin de ramasser les déchets trouvés sur les bas-côtés, sensibiliser et informer sur le gaspillage.

 » Je m’appelle Landry Routhiau, J’ai 29 ans et j’ai choisi d’arrêter de prendre la terre pour une poubelle « . Voici comment se décrit ce nomade partit en Août dernier à la pêche aux déchets. Actuellement en Suède après avoir traversé la France, l’Allemagne, le Danemark et la Norvège, il a accepté de répondre à mes questions au sujet de sa démarche. Sans plus attendre, voici le backstage de  » Un voyage pour la planète « .

 

Landry, tu es le co-fondateur d’une association écologique en Vendée, peux-tu nous en dire plus ?

J’ai créé Planète d’Économie et de Consommation Collaborative en début d’année 2016. L’association PECC a pour but de créer un mouvement collaboratif en associant la consommation et l’innovation du monde actuel avec le respect de la planète.

Avant tout, elle est de regrouper toutes les personnes ayant des idées autour de l’écologie et du collaboratif afin de les aider à réaliser leurs idées en les accompagnant et leur offrant un cadre de communication. Nos principaux projets sont le développement de jardin collaboratif, la mise en place d’un atelier pour lutter contre l’obsolescence, créer une machine de recyclage du plastique…

Cette association me permet d’avoir un cadre autour de mon projet, et de faciliter mes différentes démarches. Elle me permettra aussi de créer différents projets à mon retour.

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Pourquoi avoir choisi d’entreprendre un tel voyage ? Quel message souhaites-tu faire passer ?

Cette idée m’est venue au cours de mes voyages et différents travaux, j’ai toujours eu un gros penchant écologique, ne pas gaspiller, recycler, éviter les emballages… Je travaillais en tant qu’ingénieur mécanique dans des groupes industriels, mais après avoir changé à plusieurs reprise de société, le fait de créer sans penser au résultat de la fin de vie d’un produit m’a vite fait prendre la décision de tout quitter pour faire à ma façon.

Avant de créer un produit, j’ai toujours réfléchi sur son avenir et son déclin, comment il serait possible de le recycler une fois sa fonction terminée. Malheureusement, dans l’industrie de masse, on laisse peu de place à cette réflexion pour la diriger vers le profit.

En voyageant je me suis rendu compte de l’étendue des dégâts laissé par l’homme et cette société de surconsommation. J’ai ressentis un énorme mal-être et une certaine honte envers l’homme ! Je me suis donc lancé dans l’idée de faire quelque chose pour ça. A mon échelle et pour commencer, le plus simple était de constater les dégâts et ramasser ce que je pouvais, prendre des idées dans les pays qui nous entourent et revenir pour les développer, partager et informer les gens afin de les sensibiliser d’une façon originale. J’ai donc voulu associer mes 2 passions, le voyage et l’écologie, quitte à être à un endroit, autant ramasser les déchets et faire quelque chose de bien.

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Quel est ton rythme de croisière et comment se répartit ton temps entre voyage et ramassage ?

En fait, c’est assez simple, je ne programme pas tellement mon voyage, je vais ou les locaux me guide, c’est l’avantage de voyager en van, je m’arrête là ou je juge bon de m’arrêter. Et lorsque je fais une pause ou part en randonnée, je prends mon sac et ma pince et parcours les environs pour ramasser un maximum de ce que je peux trouver. Sur les longues distances, je m’arrête lorsque je vois des endroits un peu sales mais malheureusement je ne peux pas tout nettoyer ! Au début j’ai programmé un voyage de 11 mois, mais j’ai dû faire des pauses un peu plus longues, notamment à cause du froid et de quelques problèmes mécaniques. Donc la durée va certainement varier et se faire en plusieurs étapes. Je suis actuellement en Scandinavie et rejoins le continent début d’année 2017.

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Pensais-tu trouver autant de déchets sur ton chemin ? Qu’est-ce qui te choque le plus ?

Franchement, non, c’est quelque chose que nos yeux évitent habituellement, et donc je ne savais pas du tout la quantité que cela représentait. J’avais bien fais des ramassages dans ma région, mais seul sur de telles distances, jamais. Je me suis quand même laissé penser qu’en commençant par les pays du Nord, cela serait plus simple, car normalement plus propres. Et bien j’ai vite fait réalisé que même ici, c’était catastrophique.

Je ramasse en moyenne 21 kg de déchets par semaine, ce qui représente tout de même prêt de 700 bouteilles plastiques, mais qui reste très peu comparé à ce que je vois. Actuellement je suis à 181 kg de déchets ramassés et un peu plus de 3 200 mégots.

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Ce qui me choque le plus dans tout ça, c’est la bêtise humaine, car moins consommer de plastique n’est pas simple, mais laisser tout un pique nique (couverts, gobelets, sacs…) sur une petite plage au milieu d’un paysage magnifique, quel intérêt ? Ou encore de trouver les déchets d’un repas à 5 m d’une poubelle ! Quelle personne n’est pas capable de faire 5 m ??? Sérieusement, des fois c’est décourageant.

Je ne peux pas concevoir qu’un touriste, ici pour découvrir des paysages et une culture, puisse laisser toutes ses poubelles sur le bord de la route ! C’est juste absurde ! Et ce n’est qu’une aiguille dans un océan de plastique ! Suis-je trop utopiste ? Certainement…

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Penses-tu que c’est un sujet auquel les gens sont sensibles et ouverts ? Y a-t-il selon toi une prise de conscience sur la responsabilité individuelle de cette invasion de déchets ?

Ça dépend, il y a ceux pour qui c’est évident, et d’autres qui s’en moque complètement ou ne se rendent pas compte. Les gens n’ont pas conscience de ce que l’on trouve en cherchant, ils comparent souvent à ce qu’il y a autour de chez eux, mais la réalité est tout autre. Ce qui m’encourage à continuer, c’est ceux qui se rendent compte, grâce à mon blog, que oui, c’est une réells invasion, et qui commencent à changer et même certains à ramasser les déchets. Il y a donc beaucoup d’espoir, les gens changent, mais il faudra du temps.

Le problème vient surtout de l’industrie, on offre aux gens seulement de la nourriture emballée. Il serait à mon avis plus simple et bien plus économique d’offrir la possibilité d’acheter sans emballage car l’emballage coûte et le ramassage, le recyclage et le tri aussi sans parler du nettoyage des fossés ! Mais le marketing a réussi son travail, le peuple achète pour la qualité de l’emballage et non la qualité du produit !

Nous devons changer ce système de consommation. La nature en a réellement besoin. Changer ses habitudes n’est pas simple, mais nous n’avons pas le choix : il est impossible de continuer sur ce système de consommation ! Plus j’avance plus je le vois, et donc évidemment je me mets à la place des gens qui comme moi quelques années avant, étaient totalement aveugles de cette réalité.  Ce n’est plus une option, voir le bord d’une rivière du nord de la Norvège crouler sous les déchets est bien plus qu’une alerte ! Il est grand temps qu’on arrête de prendre notre terre pour une poubelle.

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Les déchets sont un véritable fléau. Si nous avons l’impression qu’ils disparaissent dès qu’on sort les poubelles, la réalité est tout autre. Comme j’ai pu en témoigner en visitant un centre de déchets au Mexique, ou simplement en marchant sur la plage au Canada, les déchets font de plus en plus partie du paysage. C’est malheureux mais plutôt que de critiquer, chacun de nous peut faire quelque chose pour réduire les dégâts. Après tout, nous pouvons contrôler nos propres déchets.

La lecture du livre de Béa Johnson est un très bon début ! Changer ses habitudes n’est pas bien compliqué en soi, il s’agit de petits pas à faire chaque jour et ajuster son mode de vie pour que notre confort ne soit pas nuisible pour la planète (et notre santé !). Par exemple, il existe des alternatives simples mais cruellement efficaces pour diminuer sa consommation de plastique, des box écologiques pour apprendre à faire des produits soi-même, et de plus en plus de magasins de vrac font surface.

En tout cas, je trouve la démarche de Landry très inspirante. C’est aussi par le voyage que m’est venue cette obsession pour préserver notre planète et pour moi voyage et écologie vont ensemble. Suivez les aventures de Landry sur sa page Facebook !

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Toutes les photos sont la propriété de Un voyage pour la planète.

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Et toi, quel est ton geste zéro déchet ?

 

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