Diane : végane pour protéger les animaux

La semaine dernière, je vous faisais part de mon envie de végétaliser encore plus mon alimentation. La bouffe, c’est un sujet toujours un peu sensible, et en France n’en parlons pas ! Et comme je m’intéresse de plus en plus au véganisme, je voulais en profiter pour approfondir un peu le sujet, trop méconnu et beaucoup trop jugé de manière négative et agressive.

 

C’est quoi le véganisme ? 

Comme Lili vous l’avait expliqué ici, un vegan c’est quelqu’un qui refuse toute exploitation animale et qui tente du mieux qu’il peut de ne pas consommer de produits animaux et leurs dérivés, que soit dans l’alimentation, la cosmétique ou les vêtements, de ne pas utiliser de produits testés sur les animaux, ni de soutenir l’exploitation animale a des fins divertissantes, comme les cirques, les corridas, les aquarium etc. Cela va plus loin que le végétalisme qui ne concerne que l’alimentation.

En somme, c’est un vrai combat mené par la conviction que les animaux ne sont pas nos esclaves, nos jouets, notre nourriture, mais des êtres doués de sensibilité comme nous et qu’ils ont tout autant le droit de vivre tranquilles sur cette planète.
(Amis vegans, si je fais erreur ou que vous souhaitez ajouter quelque chose, corrigez moi en commentaire de cet article !)

 

Je me place où dans tout ça ?

Je m’intéresse beaucoup au combat de la protection animale. Cela a commencé par la réalisation de l’atrocité et de la cruauté des élevages industriels, et de l’absurdité de se dire ami des chiens et des chats (on est outré du fait que les chinois en mangent, comment peuvent-ils, c’est si mignon ?), mais pour les vaches et les poules, on s’en fiche pas mal.

image

Caricatures du célèbre Charlie Hebdo

 

En voyageant, j’ai aussi pris conscience que je préfère nettement voir un animal dans son environnement naturel, à l’état sauvage, que derrière les barreaux d’un zoo ou les vitres d’un aquarium (et non, pas forcément besoin d’être millionaire pour voyager !).

Pour finir, je trouve écoeurant de considérer que nous sommes supérieur à tout, et que TOUTE la planète est à notre service pour améliorer notre confort, nos papilles, notre style et … notre compte en banque.

 

Cela dit, mon objectif n’est pas de devenir vegan (du moins aujourd’hui !). J’essaye d’agir sur plusieurs niveaux petit à petit, et dans le fond je pense qu’il est possible de profiter de certaines ressources animales comme la laine ou les œufs sans pour autant être cruel, à condition d’avoir un niveau de consommation (très) limité.

 

Quittons les œillères

Une chose est certaine, c’est que je pense qu’on doive vraiment ouvrir les yeux sur la réalité et notre responsabilité dans le massacre. Beaucoup de gens ont un comportement de rejet envers les vegans. Ce sont des extrémistes, une secte, leur action est inutile, nous sommes des omnivores et puis c’est comme ça.

Si vous avez suivi mon article précédent, vous avez peut être regardé cette video. Prenez le temps de la regarder avant de juger les vegans, car vous verrez que nos idées préconçues sont fausses (et non, nous ne sommes biologiquement pas des omnivores !! Nous sommes herbivores) et que nous sommes manipulés pour servir quelques intérêts, qui vont à l’encontre de ce qui est bon pour nous.

 

Ce qui m’a frappé moi, c’est toute cette violence qu’on inflige à d’autres êtres vivants. Par cruauté, par négligence, par méconnaissance, peu importe, elle est là. Et juste, j’en peux plus de la violence. Et comme cela est si bien dit dans la vidéo, où est passée notre âme d’enfant, notre compassion ? Et honnêtement, on est content d’avoir de la viande sur la table mais combien seraient vraiment capables de tuer un animal lui même, ou du moins assister à un abattage ? N’est-ce pas un peu hypocrite ? Notre crème de jour vaut-elle le prix de centaines de vies ? Et si on se mettait dans la peau de la victime (je vous renvoie vers un magnifique texte de la blogueuse Antigone 21) ?

Alors, extrémisme ou justice ?

Si vous n’êtes toujours pas convaincus, regardez donc Earthlings, ça risque de vous calmer. Moi même, je ne l’ai pas encore regardée jusqu’au bout…

 

Bien sûr on ne peut pas mettre tout le monde dans le même bateau. Il y a des vegans cons et des omnivores gentils. Je ne parle pas de juger qui fait mieux que l’autre, ce n’est pas un concours. Juste qu’il est temps d’ouvrir les yeux et d’accepter que certaines personnes aient décidé de se battre. On peut très bien ensuite décider que cette violence est acceptable, ou y être indifférent. Moi, ça me dégoute.

 

Le quotidien d’une militante

Je souhaitais partager l’expérience de Diane, une très bonne amie à moi qui a toujours aimé les animaux. Mais comme beaucoup elle ne voulait pas trop voir la réalité car elle ne se sentait pas capable de pouvoir changer ses habitudes si bien ancrées. Et puis elle a décidé de voir. Après le choc, elle a décidé d’agir. Et c’est dur de changer ses habitudes, encore plus quand on se confronte au regard des autres.

 

1. Depuis quand as-tu décidé de réduire ta consommation de produits animaux et pourquoi ?

J’ai d’abord décidé de réduire ma consommation de viande progressivement il y a environ 1 an. Je continuais pour autant de consommer du poisson et des produits laitiers tels que le fromage et la crème fraîche, mais j’avais arrêté de consommer du lait et des yaourts classiques au lait de vache, en les substituant par des fruits, des yaourts de soja et par des laits végétaux, tels que le lait de riz, de soja, de noisette, d’épeautre, d’amandes…

Il y a 6 mois j’ai commencé l’arrêt progressif du poisson, et c’est pour bien débuter l’année 2015 que j’ai arrêté définitivement ma consommation d’œufs et de fromage. A ce jour donc, il m’arrive de consommer de temps en temps des produits contenant des œufs ou du lait, mais je les évite un maximum.

image

 

Le déclic m’est venu progressivement, notamment grâce à toi Emma, qui m’a initié quasiment depuis l’Australie. Tu avais commencé à réduire nettement ta consommation de viande à l’époque, j’ai vu et compris le processus que tu entamais, mais je pense que je n’étais pas encore prête. Je pense que le déclic s’est fait lorsque j’ai débuté les actions de PA (protection animale), j’ai suivi beaucoup l’actualité des droits des animaux et des conditions animales en général, et je pense que le fait d’avoir vu comment étaient traités les animaux dans les abattoirs et le combat que menaient de nombreuses associations à ce sujet, je ne pouvais pas faire comme si je ne savais pas, et j’ai donc refusé de fermer les yeux et de participer à tout ce massacre.

J’ai découvert l’association de protection animale L214, avec qui j’ai commencé à faire de nombreux évènements, tels que des marches ou des happenings. J’ai le sentiment d’être rentrée dans une vraie communauté, et je sais que je me sens bien, en accord avec moi-même quand je suis avec eux.

Je m’informe beaucoup sur internet, notamment via les réseaux sociaux, en suivant des pages spécialisées dans le véganisme ou en suivant des blogs ou des sites officiels, qu’ils concernent l’alimentation ou encore sur l’actualité législative des animaux. Je vérifie mes sources et prends le temps de faire les choses sans brusquer mon corps, et en cherchant ce qui me semble être le mieux pour moi.

Je suis également vigilante maintenant concernant mes achats. Je vérifie que les produits de beauté que j’achète ne sont pas testés sur les animaux, et je fais attention à ce que les produits alimentaires ne contiennent pas d’œufs, ni de lait, ni de graisse animale, et j’évite aussi les produits contenant de l’huile de palme. Je consomme également de la vitamine B12 qui me permet de combler les manques en vitamines que je ne trouve plus dans ma nouvelle alimentation.

image

 

Depuis, j’informe du mieux que je peux mon entourage, mes amis, ma famille, mes collègues de bureau, et les gens que je rencontre en général, car beaucoup s’interrogent sur mon nouveau régime alimentaire. La majorité reste très sceptique, mais j’ai déjà convaincu plusieurs personnes, qui, à leur niveau et à leur rythme, ont déjà modifié quelque peu leurs habitudes alimentaires. La majorité des gens consomment des produits issus des animaux sans savoir pourquoi, sans comprendre les conséquences que cela engendre.

C’est en transmettant l’information que les choses changeront, et même si cela se fait doucement, trop doucement à mon goût, et que je ne parviendrai pas à changer le monde, que les petites actions de tous les jours peuvent avoir de grandes conséquences !

 

2. Comment le vis-tu, qu’est ce qui est le plus dur pour toi ?

Je ne pensais sincèrement pas que cela soit si facile de modifier mes habitudes alimentaires. Je suis de nature très gourmande et j’aime la bonne nourriture. Ayant baigné depuis l’enfance dans une culture où la nourriture est très importante et représente la convivialité, lorsque j’ai annoncé ma décision de ne plus manger de viande, mon entourage n’a pas vraiment compris mon choix. Encore actuellement ma grand-mère a de la peine pour moi de ne pas me voir manger de viande, elle ne cesse de me dire que je vais tomber malade si je n’en mange pas !

Concernant les sensations physiques, je dois avouer que le changement le plus radical concerne le lait. Je me suis aperçue que depuis des années, je consommais par pure habitude du lait, que je digère en fait très mal. J’ai donc changé par du lait végétal, tout en variant régulièrement les parfums, comme le soja, le riz, l’épeautre, la noisette ou encore l’amande, et je n’ai plus de problème de digestion !!

image

 

Ma frustration la plus importante pour le moment concerne le fromage, car même si je suis plutôt à tendance sucrée que salée, j’avais ma petite habitude du morceau de pain avec du fromage juste avant le repas, et ça c’est très dur de résister. Alors je procède de manière progressive pour l’arrêt du fromage, je ne veux pas brusquer mon corps, j’ai déjà arrêté de manger beaucoup de choses, et je pense que c’est en habituant doucement son corps à de nouvelles habitudes alimentaires, qu’elles n’en seront que mieux acceptées.

Je ne me sens absolument pas frustrée lorsque je déjeune au restaurant. La plupart du temps, il existe toujours un ou deux plats végétariens, ce qui me satisfait totalement. Je ne cacherai pas que parfois le doux fumet d’une viande grillée me rappelle de bons souvenirs gustatifs, mais lorsque je me souviens des reportages et vidéos que j’ai pu voir sur la manière dont était faite la viande, et me dire que c’est un mélange de muscles, de tendons, de veines et de sang, je sais que j’ai fait le bon choix, et je me sens simplement en accord avec moi-même.

 

3. As-tu un message à faire passer aux personnes qui ont un comportement de rejet ou de critique face à ce type de régime ?

Oui, car beaucoup de personnes de mon entourage, que ce soit au niveau de ma famille, de mes amis, de mes collègues de travail, ne comprennent pas mon choix.

J’ai, encore à ce jour, beaucoup de personnes, qui tentent de me convaincre que ce combat est vain et que mes actions ne changeront rien. Ou alors elles me disent « aller Diane, un bon morceau de viande, ça ne te manque pas un peu ? Fais toi un petit plaisir ça ne fait pas de mal !! ».

image

 

Je pense que les gens ont encore une image trop caricaturale des végétariens/végans, comme des hippies en marge de la société et qui mangent de l’herbe.

Ce que les gens ignorent, c’est qu’il y a justement une multitude de choses à manger et que le fait de bannir la viande, les œufs, le lait ou le fromage n’est pas en soi une fatalité.

Le fait de prendre du plaisir en mangeant un plat qui n’a fait de mal à personne est pour moi une telle satisfaction personnelle, que je ne peux regretter le choix que j’ai fait.

Alors j’ai envie simplement de dire aux gens qui ne comprennent pas mon régime alimentaire : regardez, informez-vous, prenez conscience de ce que vous mangez, de la souffrance qu’il y a derrière tout cela, même un simple verre de lait cache une immense souffrance animale.

 

Beaucoup de gens m’ont déjà fait la remarque directement où nous interpellent lors des manifestations en nous disant « Vous ne pensez pas qu’il y a d’autres priorités ? Comme la faim dans le monde par exemple ? »

Les gens ne pensent simplement pas que tout est lié, et que les quantités astronomiques annuelles de céréales comme le soja, qui sont destinées à l’exploitation agricole du bétail, pourraient nourrir des millions de personnes. Donc en arrêtant de manger des animaux, on ne favorise plus les lobbies de l’industrie agro-alimentaire, et nous pourrions nourrir des humains plutôt que des animaux = réduction de la faim dans le monde.

image

 

4. As-tu des conseils pour les personnes qui n’osent pas encore se lancer ?

Il est important de bien se renseigner. Le végéta*isme/ véganisme devient un véritable phénomène de mode et se démocratise beaucoup. De plus en plus de gens prennent la décision du jour au lendemain de devenir végétarien, sans même se renseigner correctement sur nos besoins nutritifs.

Dites-vous que même des petites actions, si elles sont répétées, peuvent avoir de grandes conséquences et sauver des vies, c’est l’effet papillon !

Il est tellement bon de se coucher en se disant que nous avons épargné des vies, rien que ça, ça vaut tout l’or du monde !

N’écoutez que votre bon sens, vos convictions doivent être plus fortes que les médisances et les critiques des personnes ignorantes. Votre combat est noble, alors ne perdez jamais espoir, gardez le cap, car c’est pour la planète et nos futurs générations que nous agissons.

 

***

On peut tous faire un peu. S’engager dans de l’action plutôt que des paroles.
Et toi, prêt à faire bouger le monde ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *