Le jour où j’ai participé à une cérémonie de Peyote

Le Peyote, ou Jikuri, est une plante médicinale, un petit cactus, qui pousse dans le désert mexicain. Elle est consommée par le peuple indigène Huichol (ou Wixarica) et lors de mon passage dans le Nayarit, j’ai participé à une cérémonie, que je partage avec vous aujourd’hui.

 

Quelques mots sur le Peyote

Le peyote est une plante médicinale puissante qui sert de guide à qui la consomme et qui donne l’énergie pour se guérir, que ce soit physiquement, émotionnellement ou spirituellement.

J’en ai appris pas mal sur le peuple Wixarica grâce à un ami qui travaille avec eux. Selon lui, c’est l’un des peuples les plus spirituels encore existants au Mexique (voir dans le monde). Un peuple qui continue ses traditions dans un profond respect de la Terre. Le mot Wixarica (nom originel du peuple plus communément appelé Huichol aujourd’hui), signifie « les hommes Peyote-Cerf-Maïs« . La trinité peyote-maïs-cerf est au centre de cette culture et forme un même esprit. Lorsqu’ils plantent une graine de maïs, ils sont responsables de sa pousse. Pour cela, il faut aller chasser le cerf selon un rituel bien précis, en demandant la permission aux parents du cerf et la guidance au peyote, pour ensuite bénir le peyote avec le sang de ce cerf, pour que la plante leur enseigne à chanter pour la pluie, afin de faire pousser le maïs.

Alors que dans notre monde moderne on prend pour acquis le lever et le coucher du soleil, la pluie et tous les phénomènes naturels expliqués par la science, pour eux il est essentiel d’exprimer de la gratitude et se connecter au spirituel pour permettre que cela se produise. Un peu comme dans la série Lost où les survivants doivent entrer une série de numéros pour prévenir la fin du monde, ils seraient les gardiens de l’équilibre du monde en continuant leurs traditions pour que ces phénomènes naturels se produisent et donnent la vie que nous connaissons.

Le peyote est donc pour eux une plante sacrée à laquelle ils se connectent pour atteindre les dimensions spirituelles et garder leurs liens avec la Terre et leurs ancêtres. C’est le mara’akame, ou chamane, qui a le pouvoir d’entrer en contact avec le monde divin et guider le peuple.

J’ai d’ailleurs appris qu’ils ont une tradition où pendant plusieurs mois ils bouleversent leur monde physique, en changeant le nom de tout ce qui les entoure, que ce soient les objets, leur nom, histoire, nom du village et des autres alentours. Pourquoi ? Car quand les conquistadores sont arrivés c’est exactement ce qu’il s’est passé. Pour se rappeler, se préparer à la possibilité que cela se reproduise, et rester concentrés sur la chose la plus importante au monde: la connexion avec la Terre. Le reste n’a pas d’importance.

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Source de l’image

 

Vous avez d’ailleurs peut être déjà entendu parler de l’Ayahuasca, liane originaire du Pérou (et de Colombie sous le nom de Yagé), aux effets hallucinogènes et aux vertus médicinales puissantes. De ce qu’on m’a dit, le peyote est beaucoup moins fort, plus subtil et fait travailler le côté masculin de l’être, alors que l’ayahuasca travaille sur le côté féminin. Si cela vous intéresse, retrouvez les expériences d’ayahuasca de Caroline et de Ryan.

 

Mettre une intention

Avant de consommer le peyote, il est important de poser une intention, afin de rester focalisé et que la plante puisse nous guider. J’ai voulu inscrire cette expérience dans la continuité de ce que j’apprenais sur moi-même depuis ces derniers mois.

Dernièrement, j’ai réalisé que même si je me sentais dorénavant beaucoup plus complète, je souffrais encore du poids des codes de conduite de notre société, qui me font me poser trop de questions sur mon avenir et sur l’argent, et me font douter voire angoisser. Je suis en ce moment en pleines réflexions sur de futurs projets, et comment investir dans moi-même. Cela fait un moment que je cherche de la clarté sur ce que je veux entreprendre (je suis atteinte d’indécision chronique !), et j’ai tout simplement compris que j’avais peur de me lancer, par peur d’échouer, de me retrouver sans rien, par manque de confiance en moi et manque de valorisation.

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Et puis récemment j’ai été entourée de conversations sur la peur justement, et son opposé, l’amour. L’amour pour soi-même et l’amour inconditionnel pour les autres. L’amour pur, sans attendre en retour.  Sans tomber dans l’attachement ou la possessivité (de personnes ou de choses), dans la jalousie ou l’envie. S’accepter, assumer ses choix et ses rêves, et ne plus être affecté par l’attitude ou l’opinion des autres.

Donc j’ai voulu travailler sur ça. La confiance en moi et en la vie, l’amour inconditionnel et le dépassement des peurs pour agir et créer ma nouvelle réalité.

 

La cérémonie

Comment raconter une telle cérémonie ? Chaque voyage est personnel et très différent. Certains peuvent avoir des hallucinations, des visions, d’autres des émotions fortes, des vomissements, ou encore ne rien sentir du tout. C’est ça la magie du Peyote : la plante te donne ce dont tu as besoin en fonction de l’intention que tu y mets.

La cérémonie a eut lieu sur une plage magnifique, entre océan pacifique et mangroves. Après avoir préparé les plantes et admiré le magnifique coucher de soleil, nous nous sommes tous (une vingtaine de personnes) mis en cercle autour du feu, installés confortablement sur des couvertures. Chaque personne a écrit son intention afin que le chamane les conserve tout au long de la cérémonie.

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Après quelques rituels est venu le moment de manger le Peyote. J’ai en tout pris 6 morceaux à manger, mais n’ai pu en manger que 5, avec difficulté car c’est vraiment dégueulasse pas très bon.

Le Chamane a commencé à chanter et l’envie de vomir s’est fait sentir (c’est normal m’a-t-on dit). J’ai résisté autant que je pouvais, mais dans un souci d’être indulgente avec moi-même, je suis sortie du cercle pour faire sortir tout ça, prenant le risque de ne pas bénéficier des pouvoirs de la plantes. Que nenni, la partie médicinale est bien restée !

 

De l’amour

De retour dans le cercle, le voyage a commencé. Je n’ai eu aucune hallucination, ni sensation de transe. En revanche j’ai été envahie d’un amour immense pour la vie et le moment que l’on était en train de partager avec les gens, tout était magnifique. Voir les gens rire, pleurer, se purifier, parler au feu, écouter différents instruments de musique enchantant (de la flute, du bol tibétain, un Tesserac au son cristallin envoutant, une guitare, des harpes africaines…), et sentir cette connexion entre nous tous, ce soutien que l’on offrait aux autres.

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De la guérison

Je me suis surprise a vouloir venir en appui a une femme en face de moi, qui me faisait penser à mon “Moi” apeuré, seul, désemparé. Je sentais l’envie intense de guérir, soulager la douleur, apporter mon aide aux gens. Je suis allé la prendre dans mes bras, et tout au long de la cérémonie nous nous retrouvions pour nous épauler.

Le chamane a rechanté plusieurs fois, et j’ai compris que ses chants activaient les pouvoirs de la plante, si bien que je sentais son énergie en moi, à m’en faire trembler les bras, et l’envie de vomir qui revenait. Mon amie qui m’a initié au Reiki était avec moi, et m’a aidé à canaliser cette énergie qui me faisait vibrer, et que je sentais tout autour de mon corps. Elle et un ami ont joué de la musique autour de moi, c’était un moment magnifique. J’ai de nouveau senti cette attraction pour les pratiques de guérison et la sensation que je devais continuer dans cette voie.

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De la peur

A chaque fois que je sortais du cercle, je me confrontais à l’obscurité, et donc à mes peurs, et je conversais avec moi-même, me rassurant. De ces situations, me sont venus différents messages de manière métaphorique. Les lucioles symbolisaient le fait qu’il y a toujours un peu de lumière, même dans le noir complet. La marque de l’eau sur le sable le rendait obscur et ne me donnait pas envie d’y aller, mais j’ai compris qu’en s’approchant des peurs, elles disparaissent car on réalise que ce n’est pas si effrayant. Mon amie assise dans le sable symbolisait mon Moi, car elle est un peu comme mon miroir, et j’ai réalisé que je serais toujours là pour moi-même.

De retour dans le cercle, j’ai abandonné l’idée que j’allais manger le dernier morceau. Je l’avais qualifié de “mon échec acceptable”, que parfois on calcule mal et c’est pas grave. Surtout que je n’en avais pas besoin, car j’avais déjà en moi les réponses que j’attendais.

 

De la gratitude

Au petit matin, on s’est rapproché du feu pour clôturer. Je me suis mise à pleurer à chaudes larmes, avec encore une fois un amour profond et une reconnaissance immense pour tout ce qu’il m’arrive dans la vie en ce moment, pour la famille que j’ai, les amis que j’ai, pour ma sœur, les expériences que j’ai vécu, les apprentissages, les rencontres, pour ces personnes qui m’ont guidées ces derniers mois, pour moi-même, et pour cette plante, qui m’aura accompagné dans ce joli voyage.

Nous avons ensuite fait des offrandes de fleurs à la mer, fait un grand plongeon de joie et tranquillement repris le chemin de la maison. Au final, la cérémonie aura duré plus de 12 heures, et l’activité de la plante jusque dans l’après midi !

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Cette cérémonie aura conclu une belle phase de transition, me permettant de comprendre que j’avais déjà tout à ma disposition et que je pouvais faire confiance à mon intuition. Elle a marqué le début d’une nouvelle vision des choses, plus complète et plus réelle.

 

***

Ma vie n’a pas changé, mais c’était une expérience magique qui m’a marqué.

Et toi, as-tu déjà participé à une cérémonie de Peyote ?

 

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