{Mission 2} Les premières pierres d’un projet de permaculture

Et quand je dis les premières pierres, c’est au sens propre comme au sens figuré ! Le 16 septembre, nous avons débarqué au Mexique, direction l’île de Cozumel pour ses spots de plongée. C’est ici qu’on a décidé de faire une mission bénévole, afin de profiter de l’île tranquillement…

 

Le projet de la fondation Tortuga Azul

Nous sommes donc arrivées directement chez Yolanda, qui commence un beau et ambitieux projet d’éducation alternative et de permaculture. Plongeuse et très consciente des problèmes environnementaux de notre monde, elle souhaite sensibiliser les habitants de l’île à ses beautés et à la nécessité de préserver les espaces naturels.

En fait, elle a remarqué que les habitants connaissent très peu les ressources de l’île, sur terre ou sous l’eau, et ne sont pas du tout conscients de leur impact sur l’environnement. Au supermarché, c’est la fête du plastique et on trouve des déchets un peu partout sur le sol et en bord de mer.

Cozumel est une île très touristique et finalement, les touristes profitent bien plus de ses richesses aquatiques que les locaux, qui ne savent pas forcément nager…

A travers son projet, Yolanda souhaite d’une part accueillir des enfants de tout niveau social pour leur faire connaître leur île, comment ils peuvent la protéger, et les initier aux loisirs aquatiques, et d’autre part être une école de permaculture pour transmettre des connaissances à ceux et celles qui voudraient cultiver leur jardin.

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Dès notre arrivée, nous comprenons que tout est à faire. Le projet n’a pas commencé, et nous allons être les premières à nous impliquer. 🙂 Nous faisons la connaissance de Daniel, un mexicain de 24 ans incollable sur la permaculture. Ce gars est adorable, en connaît un rayon sur son sujet et est super attentionné avec tout ce qui l’entoure. On le surnomme Coconut Man ou Sprouts Man, car il nous ouvre une noix de coco fraîche tous les jours et chouchoute ses petites graines germées. Un hippie au grand cœur quoi !

Nous partageons donc la maison avec Yolanda, Daniel, mais aussi deux chiens qu’on surnommera la princesse et le clochard, et une tortue qui se prend pour un chien. Une belle famille !

 

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Préparer le terrain

Passons aux choses sérieuses, on a fait quoi au juste ?  Comme je l’ai dit, nous sommes arrivées au tout début, les premiers jours étant plutôt tranquilles, pendant que notre Danielito observait le jardin, l’exposition du soleil, les zones d’ombres, la trajectoire de la pluie etc. Parce que la base de la permaculture, c’est de connaître l’environnement dans lequel on travaille, ses ressources et ses faiblesses, pour en tirer le maximum.

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Notre première tâche à donc été de nettoyer le jardin, pour préparer le terrain à la culture. Mais en fait, on s’est vite rendues compte que les propriétaires n’ont pas du tout pris soin de leur terrain, le prenant même pour une poubelle géante. Au menu, des pierres, des blocs de ciments, du carrelage, du grillage, des bouteilles en plastique, des bouts se tuyau, des câbles et encore d’autres surprises. Sans oublier les scorpions, araignées et serpents qui séjournaient dans tout ça !

 

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Nous avons donc passé un temps fou à sortir tout ça de la terre, munies de nos petites mains, d’une pelle et d’un râteau. Car oui, les moyens sont très très limités et il faut parfois faire preuve d’imagination ! On est loin de ma première mission de woofing où il y avait de la grosse machine à disposition. Forcément, avec un matériel limité cela prend plus de temps ! Surtout que pour ma part, j’ai eu beaucoup de mal à m’adapter au climat les premiers jours, et travailler après 11h30 m’était très difficile.

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Pourquoi tout sortir, me direz-vous ? Tout simplement parce que si notre sol contient du plastique, des roches peinturées (oui, j’ai encore des traces de québécois! ) et d’autres matières non organiques, il est contaminé et on ne veut pas faire pousser quoi que ce soit dessus.

Au bout de 2 semaines, nous arrivons au bout et décidons de réutiliser les pierres d’origine naturelle pour faire des bordures de lits et de chemins (sans oublier un abri pour les petites grenouilles, n’oublions pas notre écosystème !). En revanche, le reste nous devons nous en débarrasser. Ce qui ne plait pas beaucoup à Daniel, car en permaculture nous sommes responsables de nos déchets, et les transférer ailleurs n’est pas la solution privilégier… Mais bon quand on a cette quantité là, on en fait quoi ?

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Dessiner le jardin

Finalement, on aura trouvé des personnes qui avaient besoin de matière pour leur construction, et qui nous ont débarrassé d’une bonne partie. Ce jour la, c’était la fête !

Ensuite, nous avons pu dessiner les chemins en bordures des plantations à venir, avec le challenge d’un manque de soleil flagrant sur le terrain à cause des arbres. C’était super intéressant de participer au design d’un jardin, en tenant compte des éléments naturels à notre disposition ! Nous avons rempli les chemins de gravier présent dans un réservoir sur place, après l’avoir tamisé à l’aide d’un grillage (quand je vous dit qu’on a peu de moyens !).

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Et enfin, après 3 semaines de présence, nous avons été initiées au « jardin instantané ». Le jardin instantané, c’est une technique qui te permets d’avoir un sol fertile en moins de deux, et de pouvoir planter dans la foulée. Voici le mode d’emploi :

1. Tu mouilles la terre et fais des trous à l’aide d’une pelle si le sol est dur, puis laisser pendant 24h.

2. Tu ajoutes des minéraux au sol à l’aide de sulfate de calcium, d’eau de mer diluée, de cendres de bois ou de roche etc.

3. Tu fertilises le sol en mettant une couche de 3 cm de fumier, algues ou matière organique fraîche (ie. Légumes, feuilles, fruits, en prenant en compte que les déchets organiques ont tendance à se compacter, il faut en mettre bien 10cm).

4. Tu mets du carton bien mouillé par dessus tout ça, cela permet d’étouffer les « mauvaises herbes » qui ne pourront venir asphyxier ce que l’on va planter.

5. Tu déposes une couche d’environ 20-30 cm de matière compostée (2/3 sèches et 1/3 fraîches).

6. Tu termines en mouillant le tout de manière à avoir une matière humide jusqu’au carton (pas plus d’une ou deux gouttes en compressant dans la main).

Voila, c’est prêt à planter ! Pour cela, tu fais un trou et où tu mets de la terre, tu plantes et tu recouvres! Si la plante à de longues racines, creuser jusqu’au carton et couper une forme de croix dans celui-ci pour laisser passer les racines.

Pour une version plus longue, on peut faire ces étapes à l’automne afin de laisser reposer l’hiver et avoir un sol fertile pour le printemps.

 

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Fin du projet et en route pour la suite !

Nous avions prévu de rester 3 semaines sur le projet, mais on sera restées un peu plus longtemps (ça commence bien), 1 mois entier au final, pour pouvoir assister à l’inauguration du projet autour d’un marché bio organisé à domicile et une belle cérémonie spirituelle pour la plantation des toutes premières graines, mais aussi profiter un peu de l’île avant de partir.

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Nous aurons vécues beaucoup d’émotions et appris beaucoup sur ce projet, grâce à la présence de Daniel, qui pour le coup est la personne la plus engagée qu’il m’ait été donnée de rencontrer. Avec lui, tout est sujet à réflexion : d’où ça vient, comment c’est fait, comment le jeter ? Par exemple, après avoir peint, que faire de l’eau contaminée ? Où qu’on la jette, cela sera toxique. Vu comme ça, on a tendance à réfléchir à deux fois avant de repeindre…  Dès que l’on se met dans un état d’esprit de ne pas simplement se débarrasser des choses dont on ne veut plus, on prend conscience de toutes ces choses toxiques desquelles on s’entoure.

Cela m’a d’autant plus fait réaliser à quel point je hais le plastique et que je veux l’éliminer le plus possible. Car quoi qu’on fasse, une partie se retrouve forcément là où ne veut pas, je l’ai bien vu en creusant le terrain.

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A présent est venu le temps de partir, un premier départ déjà un peu dur qui s’est donc transformé en départ temporaire, où nous allons faire un petit tour sur la péninsule puis revenir quelques jours à Cozumel et la suite est encore incertaine… Le plan initial était de s’envoler pour la Colombie, mais on se laisserai bien tentées par une formation de dive master ! A suivre… 😉

Inutile de préciser que si vous passez à Cozumel, je vous incite fortement à aller visiter la Casa Tortuga et d’écouter Yolanda vous raconter sa vision avec passion! Je dirai même plus, c’est un passage obligé ! Et vous lui passerez le bonjour de ma part !

Edit : La Tortuga Azul a désormais migré à Bacalar, dans le Sud de la Péninsule

 

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Et toi, tu connais un peu la permaculture ?

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