No impact man : celui qui a tout remis en question

Titre

Depuis le temps que je voulais lire ce livre, c’est chose faite!  No Impact Man vous connaissez? C’est l’histoire de ce gars qui un jour réalise qu’il est temps pour lui de changer ses habitudes quotidiennes pour être en accord avec ses principes. C’est l’histoire de comment il a entraîné sa famille dans le projet. C’est l’histoire d’un changement de vie. Une histoire qui me parle beaucoup.

 

Colin Beavan et son projet

Tout comme Béa Johnson et sa traque des déchets, Colin Beavan vit aux États-Unis, au cœur de la société de consommation et à décidé de chambouler tout ça pour le bien de la planète, et de sa famille. Concerné par les problèmes environnementaux, il a un jour compris que ce qui le révoltait le plus c’était l’inaction. Ne rien faire du tout alors que le monde court à sa perte, un monde dans lequel il vit et dans lequel il élève sa petite fille. Il a compris qu’il devait vivre en accord avec ses valeurs, et qu’il devait changer ses habitudes. Il se lance un challenge: devenir No Impact Man et lancer le projet fou de n’émettre aucun impact sur l’environnement pendant 1 an. Tout ça en plein cœur de Manhattan, avec sa femme fashionista-porteuse de fourrure-café addict, et leur petite fille de 18 mois!

Ce projet est découpé en plusieurs volets : réduire ses déchets, manger de manière durable (de saison, local, biologique), ne plus utiliser de transports émettant du CO2, ne plus acheter de choses neuves, couper électricité et enfin, contribuer à des projets pour contrebalancer les effets négatifs toujours produits. Oui, oui, ça veut dire plus de frigo, plus de café, plus de couches jetables, plus d’ascenseur, plus de télé, plus de transports en commun, plus de pizza à emporter et j’en passe !

La raison pour laquelle j’ai particulièrement aimé ce livre, c’est pour l’honnêteté de l’auteur. Celle qui le rend humain malgré le terme super héroïque de « No Impact Man ». Dans son livre, il raconte le « making of » d’un tel projet. Les révélations, les difficultés, les erreurs, les frustrations, les réussites. Des sentiments que je ressens moi-même dans ma bataille pour limiter mon propre impact. À côté de cela, il pousse son analyse jusqu’au bout en liant notre bien-être à celui de la planète, à la nécessité de changer de modèle, sans utiliser de ton moralisateur ou accusateur. Au contraire, le tout est saupoudré d’une pointe d’humour.

 

 

Je ne vais pas vous faire un résumé du livre – il faut vraiment le lire – mais je voulais mettre en avant certains passages et citations qui m’ont fait poser le livre et réfléchir.

 

Frustrations, auto-restrictions et faiblesses

« Day one and the whole thing is a big mistake » (Jour 1 et ce projet est une grosse erreur)

Lever le voile sur la vérité fait un choc. Surtout lorsque l’on vit à l’américaine : l’art du tout à emporter, d’avoir de grosses voitures, de l’air conditionné, des gadgets à gogo, du shopping à n’en plus finir.

Pour lui, vivre sans œillères c’est réaliser qu’il se mouche sur un arbre mort, que nos gobelets à emporter seront jetés dans les 5 minutes, que nos produits alimentaires sont sur-emballés, que nos produits cosmétiques sont toxiques, que manger de la viande et du poisson a un impact désastreux sur l’environnement, qu’il ne pourra pas succomber à cette pointe de pizza, qu’il faut se mettre à cuisiner, qu’il faut faire des choix. Savoir, c’est ne plus pouvoir fermer les yeux et tout remettre en question.

Cela pousse à s’auto-limiter et se sentir frustré car pendant ce temps, on regarde les autres avec envie de continuer de vivre normalement.

 

« I am bound to fail at times » (C’est inévitable de se planter !)

On ne peut pas réussir à tous les coups. Le temps de trouver son équilibre, il y aura des écarts et des tentations. Lire son expérience m’a fait beaucoup de bien. J’ai compris que je n’étais pas toute seule à galérer. Cela m’a permis de dé-culpabiliser un peu quant à certains dérapages. Moi aussi, j’ai mes faiblesses.

Quand je suis rentrée en France pour voir ma famille, j’ai fait une pause. J’ai succombé à la tentation de la livraison à domicile. Oh, ça ne paraît pas bien méchant. Mais quand cela fait des mois que l’on prend l’habitude de trimbaler ses contenants, de refuser les emballages superflus et que d’un coup on décide de mettre sur pause le temps de retrouvailles entres amis, je peux vous dire que ça file une boule dans le ventre. Je suis parfois très dure avec moi-même parce que je considère que je dois appliquer mon raisonnement tous les jours, au risque de me sentir hypocrite. Au fur et à mesure des pages j’ai réalisé que c’était normal de faire des rechutes et que cela ne remettait pas en cause toutes mes bonnes résolutions. Cela fait partie du processus de changement.

no impact man

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Qualité de vie, bien-être et progrès

« Changing the way we lived was changing us » (Changer notre façon de vivre était en train de nous changer)

Tout comme Béa Johnson, une fois le côté inconfortable du changement passé, Colin Beavan et sa famille ont redécouvert la vraie notion de qualité de vie. En s’asseyant au milieu de ses déchets, il a pris conscience de la façon dont il menait sa vie, et ce n’était pas joli! En diminuant leurs achats, en supprimant la télévision, en cuisinant, en allant au travail à vélo et en éteignant les lumières, la famille n’a jamais passé autant de temps ensemble. Ne pas avoir de télé pousse à se divertir autrement, à sortir, à lire. Cuisiner pousse à la discussion. Éteindre la lumière pousse à vivre de jour, et dormir de nuit. Des concepts simples, mais que l’on oublie complètement dans une société dictée par la consommation. Réapprendre à être heureux.

 

« You suck, but if you buy this, you won’t, and then everyone will love you ». (T’es nul, mais si tu achètes ce produit, tu ne le seras plus et tout le monde t’aimera!).

J’étais contente de retrouver les idées d’Annie Léonard dans le livre. A savoir que 3 000 fois par jour, nous entendons à travers la publicité que nous faisons tout de travers et que notre bonheur ne tient qu’à l’achat de tel ou tel produit. Ce n’est pas étonnant qu’on associe le bonheur aux biens matériels et qu’en même temps, nous ressentons une éternelle insatisfaction. On se met au service de l’économie, qui nous pousse à consommer toujours plus. Par pour notre bien-être, mais pour l’argent. J’en sais quelque chose, j’ai étudié l’économie et le point central de toutes les théories c’est la maximisation du profit, et non du bien être…

Une fois que l’on réalise ça, on n’a plus envie d’être pris pour un pigeon…

 

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« Continuer de faire ce que l’on fait depuis 200 ans ce n’est pas du progrès. C’est plus de la même chose »

On catalogue souvent les écolos d’être anti-progrès et partisans de revenir à l’homme des cavernes. Je suis parfois à court d’arguments pour démontrer que c’est faux, mai j’ai trouvé mes réponses dans le livre. En fait, c’est tout le contraire.

Colin Beavan s’interroge sur la vraie définition du progrès. Le progrès, ce n’est pas de rester sur le même chemin, à produire toujours plus de gadgets pour assister notre vie. Le progrès c’est accroître le bien-être, la qualité de vie, le développement humain. D’après lui, il ne faut pas se contenter de reconstruire le même système avec notre progrès technologique, mais inévitablement changer la manière dont on vit. Ce n’est pas facile, ce n’est pas confortable au départ, mais c’est ce que l’on cherche tous au final !

Et quand on voit les résultats sur sa famille (qui ne vit pas dans une caverne mais toujours à Manhattan !), ça donne envie !

 

Être de ceux qui essayent

Vous l’avez compris, j’ai adoré ce livre et je vous conseille vivement de le lire car c’est le message de quelqu’un qui a remis tous les éléments de sa vie en question, qui a cherché des solutions pour tout et qui a porté une vraie réflexion sur le monde d’aujourd’hui, sur notre place et notre utilité, en découvrant en route quel était le niveau de ressources dont il avait besoin pour être heureux. Ce message, c’est qu’au lieu de se demander si on peut faire une différence, il faut se demander si on veut être le genre de personne qui veut essayer.

 

 

Pour aller plus loin :

Le blog
Le projet

PS : Désolée pour le switch anglais-français des citations. Parfois c’était plus parlant en anglais :).

 

 ***

« Quelle différence peut faire une personne ? Et bien absolument aucune si cette personne n’essaye pas de faire la différence »

Et toi, as-tu lu No Impact Man ? Et même si ce n’est pas le cas, que penses-tu de cette réflexion ?

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