L’alimentation en naturopathie – Interview d’Ombeline

Bien manger peut devenir un vrai casse tête car on trouve de tout et son contraire sur Internet et dans les livres de diététique. Pour éclairer un peu le chemin, j’ai souhaité vous présenter différentes approches. La semaine dernière, Cécile nous parlait de l’Ayurveda. Cette semaine, nous continuons dans l’exploration alimentaire, avec une interview de Ombeline, fraîchement naturopathe.

 

J’ai fait la connaissance d’Ombeline lorsque j’étais au Canada, nous nous étions rencontrées à Montréal alors qu’elle débutait un voyage à impact positif. À l’époque elle avait déjà répondu à mes questions à propos de son voyage En plein ère. Plus tard, la vie a fait que nous nous sommes retrouvées à Cozumel, où elle a posé ses bagages quelques mois. D’ailleurs, elle nous avait présenté une mexicaine qui lançait un projet de communauté autonome, auquel ma sœur prête toujours main forte à l’heure où je vous parle. Mais ça, c’est une autre histoire ;).

A son retour, passionnée du bio et de la nourriture, Ombeline s’est lancée dans une formation de naturopathie. Elle a accepté de nous expliquer tout ça !

 

Peux-tu nous expliquer rapidement ce qu’est la naturopathie et pourquoi tu as choisi de devenir thérapeute ?

La naturopathie est une médecine préventive, dite « de terrain ». Si tu attrapes la grippe, une visite chez le médecin sera sans doute indiquée pour soulager les symptômes et enrayer la maladie. En consultant un naturopathe, tu comprendras pourquoi tu l’as attrapée et comment faire pour que cela ne se reproduise pas. En fonction de la problématique et de la vitalité du patient, le naturopathe choisit une cure adaptée et peut recourir à une ou plusieurs des dix techniques à sa disposition pour accompagner le patient, telles que la bromatologie, la phytologie, la chirologie, la réflexologie, etc.

En ce qui me concerne, j’ai toujours connu les médecines douces et l’alimentation a très vite fait partie de mes sujets de prédilection. On se payait ma tête parce que j’aimais les graines germées mais j’étais celle à qui l’on venait demander conseil pour solutionner les petits tracas du quotidien. J’ai choisi d’en faire mon métier plus tard, alors que je cherchais à mettre « du sens » dans ma vie. La naturopathie s’est alors imposée d’elle-même, comme dénominateur commun de toutes les thématiques qui me sont chères : l’alimentation bien sûr, ainsi que les plantes sous toutes leurs formes, la psychologie, l’activité sportive…

Je me suis formée à la Faculté Libre de Médecines Naturelles et d’Ethnomédecine, l’école du Professeur Jean-Pierre Willem, à Nantes. Je précise « à Nantes » parce que mon cursus n’a pas eu grand chose à voir avec le programme suivi par les classes parisiennes. J’ai eu la chance de rencontrer Jerry Stassiaux, naturopathe holistique, à qui je dois énormément. Au début de ma formation, j’étais végétarienne, j’étais pleine d’idées préconçues, j’étais parfaitement obtuse. Aujourd’hui, j’ai conservé mon esprit critique mais je suis beaucoup plus ouverte d’esprit. Avec le recul, je crois que c’est une condition sine qua none pour être un bon thérapeute.

 

Cela veut-il dire que l’on peut se soigner uniquement avec l’alimentation, plantes et remèdes naturels et que l’on peut se passer de médicaments ?

L’alimentation devrait être la première médecine, c’est certain, sauf qu’à l’heure actuelle, rares sont ceux à savoir de quoi se compose une assiette équilibrée et que la qualité des produits mis à notre disposition laisse plus qu’à désirer… Si l’on fait ses courses en supermarché, j’entends.

Voilà qui renforce ma volonté d’aider les gens à devenir acteurs de leur santé et ça passe obligatoirement par ce qu’ils consomment. Personne ne sort d’une consultation sans avoir compris les besoins de son corps, je prends systématiquement le temps d’expliquer les bases de l’alimentation « physiologiquement » équilibrée.

En ce qui concerne « les remèdes naturels », je préfèrerais que les gens se réfèrent aux conseils d’un praticien de santé plutôt qu’à ce qu’ils lisent sur Internet. Il existe maintenant bien trop de sites sur lesquels on conseille tout et surtout n’importe quoi !

Quant à l’allopathie, je crois qu’il est important de rappeler qu’un naturopathe n’est pas médecin, c’est un éducateur de santé. Nous ne sommes pas habilités à prescrire quoi que ce soit, nous ne pouvons pas poser de diagnostic non plus. En revanche, il nous est tout à fait possible d’atténuer les effets secondaires de traitements allopathiques parfois lourds à gérer. Nos deux médecines sont complémentaires, il faut remettre les choses à leur place. Que ferait un naturopathe avec sa botte de carottes et son flacon d’huile essentielle sur un cas de variole ou de fièvre jaune ?!

 

Est-ce que tous les régimes alimentaires (omnivore, végétarien, végane, crudivore, sans gluten etc.) sont adaptés à tous ?

Ce qu’il faut retenir, c’est que la base est la même pour tout le monde : dans une assiette, il faut une source de protéines (viande, poisson, légumineuses, œuf…), une source d’amidon (céréales ou féculents), une source de légumes cuits (bio, locaux et de saison tant qu’à faire) et une source de crudités, que l’on arrose généreusement d’huile végétale, bio idéalement. Après, il est bien évident qu’un nourrisson n’a pas les mêmes besoins qu’une personne âgée ou qu’une femme enceinte !

En matière d’alimentation, je prône l’équilibre. Il existe trop de régimes farfelus que les gens s’empressent de suivre sur les recommandations de tel ou tel blog, auto-proclamé « expert en nutrition » pour l’occasion, alors que si l’on s’y attarde un instant, on s’aperçoit vite que ces restrictions ne s’appuient sur aucune logique physiologique !

Le végétarisme pourrait être « le meilleur » des régimes alimentaires si l’on savait correctement équilibrer légumineuses et céréales. Le problème, c’est que si le corps a besoin de « A + B + C » pour assurer ses fonctions, ce n’est pas en lui donnant « BB + CC », pour compenser, que l’on pourra le satisfaire… On le surcharge, on l’encrasse, on le fatigue, ni plus ni moins. Au fait, tu savais que 100g de légumineuses = 10L de gaz ? Alors manger végétarien de temps en temps, oui bien sûr, manger vegan de temps en temps, oui avec plaisir, mais mon assiette sera le plus souvent composée des 4 sources évoquées plus haut.

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Le secret, c’est d’opter pour une alimentation aussi variée que possible, avec des ingrédients de première qualité qui respectent le rythme des saisons, et de privilégier les cuissons basse température. Ah et chose indispensable : se faire plaisir !!

En consultation, l’objectif du naturopathe va plus loin puisqu’il doit adapter l’alimentation aux troubles du patient, à son terrain, son tempérament (ceux d’Hippocrate), sa constitution… Sans oublier son âge, son activité professionnelle et physique, et prendre en compte l’environnement dans lequel il évolue, ses goûts, etc.

 

Quelles sont les recommandations alimentaires en fonction des saisons ?

Voici la plus importante, valable en toutes circonstances : mâcher. On néglige souvent le temps de la mastication alors qu’il s’agit de la première phase de la digestion ! En terme de recommandations spécifiques aux saisons, je pense surtout aux personnes frileuses qui, en hiver, veilleront à commencer le repas par le plat chaud, et non par une crudité, pour détendre l’estomac et ainsi éviter tout stress digestif qui les glacerait pour le restant de la journée.

Si s’adapter au rythme des saisons est une composante importante de l’accompagnement naturopathique, je pense que se tourner vers l’ayurvéda permettrait d’obtenir des réponses plus étayées à cette question.

 

Comment connaître sa constitution et l’alimentation adaptée à son profil ?

C’est la tambouille interne du naturopathe ça ! On veut toujours en savoir plus alors que bien souvent, on ne maîtrise pas encore la base… A force d’intellectualiser l’alimentation, on ne mange plus que « parce que c’est bon pour la santé », on finit par se détourner complètement de la notion de plaisir.

Commençons par avoir en tête l’assiette que l’on divise en 4 (comme expliqué plus haut, à la 3è question) pour préparer des repas équilibrés et tâchons d’être à l’écoute de notre corps : il nous indique ce dont il a besoin ou au contraire, ce qui ne lui convient pas. Accordons-lui de l’attention pour guider nos choix alimentaires et si vraiment vous tenez à savoir quelle alimentation vous est adaptée, consultez un naturopathe !

 

Je vous invite à consulter le site d’Ombeline, Natur’Oh, pour en savoir plus. Elle propose des consultations et développe des ateliers en entreprise. Par ailleurs, vous pouvez aussi vous plonger dans son livre “J’achète moins, je vis mieux”, dont je vous ai déjà parlé en évoquant des lectures à offrir.

PS : toutes les photos sont la propriété d’Ombeline.

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Et toi, es-tu tenté par la naturopathie ?

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