{Mission 5} Un pied dans les initiatives de Cozumel

Depuis que je suis arrivée à Cozumel (je ne compte plus les mois…), je suis confrontée à ses deux visages. Le premier très touristique, superficiel et polluant (bien que générateur de revenus), et l’autre plus authentique avec des gens qui mettent en place de belles alternatives. Je voulais vous faire découvrir 3 initiatives auxquelles j’ai participé, après avoir quitté le projet qui m’a retenu les 4 premiers mois ici !

 

Les deux visages

Cozumel est une île magique, dotée de ressources naturelles incroyables : la 2ème plus grosse barrière de corail au monde accueillant requins, raies aigles, tortues géantes et poissons multicolores, de la forêt, des mangroves, des centaines d’espèces d’oiseaux, et même des petites ruines, des lacs et des cenotes cachés !

Avec tous ces joyaux, c’est une destination touristique réputée, notamment pour les bateaux de croisière, contribuant aux ressources économiques de l’île (bien qu’une large partie ne parvienne pas dans les mains des locaux…) et pour lesquels sont installés des boutiques de diamants, de chirurgie esthétique, des restaurants à l’américaine, et à mon grand désespoir, un delphinarium.

Le tourisme classique est bien répandu mais cause des dommages : pour les infrastructures, l’éthique et les tours en bateau, jeep, plongée, qui sont polluants et endommagent les ressources naturelles, sans compter les déchets que cela engendre (je pense notamment aux bouteilles en plastiques sur les bateaux de plongée).

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Par exemple, même s’il y a un parc marin protégé, avec des règles strictes sur le fait de toucher ou ramasser des êtres vivants sous l’eau, elles ne sont pas toujours respectées, afin que le bon client soit content et laisse un généreux pourboire.

Heureusement, il y a des gens qui cherchent à proposer un autre regard sur la situation, en menant des projets plus éthiques et dans l’idée de préserver l’île.

 

Les femmes du petit marché bio

Petit mais présent, le marché bio de Cozumel a soufflé sa première bougie il y a peu. La première fois que j’y ai mis les pieds, j’ai été assez surprise. Moi qui m’attendais à rencontrer plein de producteurs locaux (à l’image de ce que l’on a chez nous), je me suis retrouvée devant une petite table avec quelques femmes qui vendaient des produits naturels et un peu de fruits légumes.

Mes amis d’En plein ère, qui ont passé quelques mois sur l’île en début d’année, ont rédigé un très bel article présentant ces femmes qui ont choisi de proposer une alternative aux produits de grande consommation.

Malgré la grande frustration de ne pas pouvoir manger de produits bios à tous les repas comme je le voudrais, je suis heureuse de voir le marché se développer au fur et à mesure des mois, avec de plus en plus de personnes qui s’y intègrent.

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Copyright En plein ère

De gauche à droite :

Martha, productrice de légumes, café et miel biologiques

Vanessa, aromathérapeute créatrice de produits santé sur mesure (qui m’a épaulé dans mon défi de Noël et la fabrication de crème solaire)

Raquel, créatrice de savons artisanaux

Ismene et ses laits végétaux

Nikky, créatrice de couches lavables et produits d’hygiène féminine

May, créatrice de bijoux artisanaux et recyclés

– Lorena, la reine de la transformation des emballages plastiques (avec notamment ses pochettes dont vous trouverez le tuto ici)

– Laura, productrice de légumes biologiques

– et enfin Gladys, productrice de légumes bio et propriétaire du restaurant accueillant le marché. La spécialité est le poisson lion, une espèce invasive qu’il faut tuer pour préserver l’écosystème marin !

 

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J’ai moi-même proposé durant quelques semaines des pâtes à tartiner véganes faites avec du cacao bio et du miel bio produits sur l’île, ainsi que des cookies végans de mon amie Lili qui ont fait fureur et des bougies à la cire d’abeille locale et aux huiles essentielles dans des oranges !!

Et parce que je suis trop sympa est que j’ai envie de vous tartiner d’amour, voici ma petite recette de Chocotella ! <3

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Ce marché est pour moi une belle preuve qu’il ne faut pas baisser les bras et que la persévérance porte ses fruits :).

 

Projet communautaire

Parmi ces femmes, Martha cherche a pousser un peu plus en développant avec sa famille et ses voisins une communauté durable proposant des activités d’écotourisme. Ces familles comprennent l’importance de préserver leur belle île, et cherchent à s’appuyer sur le tourisme pour générer des revenus mais aussi sensibiliser les visiteurs et leur offrir une expérience plus éthique.

Petit rappel, l’écotourisme, une forme de tourisme durable dans les espaces naturels qui contribue à la protection de l’environnement et au bien-être des populations locales.

L’idée ici est de développer des pratiques de vie soutenables et d’offrir aux touristes des activités en lien avec la culture maya, l’agriculture biologique, l’apiculture, les temazcal, etc.

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Sur les traces d’Ombeline et Mathieu d’En plein ère, qui ont également mis leur petite graine, nous avons intégré l’équipe de volontaires pour les aider à structurer leur démarche, sous l’expertise d’Alejandra, une mexicaine venue sur l’île suite à un rêve de communauté durable et qui depuis plusieurs mois travaille dur pour qu’il devienne réalité. Cette femme est incroyable et donne énormément de temps à ce projet.

Avec ma sœur, nous avons commencé notre action par un atelier sur le Zéro Déchet, afin de présenter le concept à la communauté et les sensibiliser davantage à la question des déchets. Incroyablement complémentaires, moi sur la partie technique et ma sœur sur la partie ludique, l’atelier s’est super bien déroulé, avec une réflexion sur de photos, des questions sur la biodégradabilité des déchets, la présentation de la démarche Zero Waste et des alternatives applicables pour limiter les emballages, en mettant l’accent sur les produits jetables, qui sont très répandus sur l’île.

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Nous en avons profité aussi pour glisser quelques mots sur l’upcycling pour leur montrer qu’on pourrait construire des choses utiles et limiter ses déchets en même temps. Étant donné que j’étais en plein Défi Créa, expérimentant la création à partir de plastique, papier, carton, textile, verre et métal, et que j’avais visité la déchetterie et les centres de recyclages de Cozumel, j’ai pu bien adapter mon discours aux réalités locales.

Depuis, moi j’ai filé en Colombie et au centre du Mexique, pendant que ma sœur continuait son travail sur le terrain, mettant en place un plan pour les mois à venir avec Alejandra, pour faire de la bio-construction, mettre en place les activités et faire tourner ce beau monde. Un joli challenge!

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Nettoyages de plage

Je vous avais déjà touché quelques mots sur deux initiatives de préservation marine auxquelles nous avons participé à notre arrivée: les plages de tortues afin de suivre la ponte et aider les petits à rejoindre la mer, et un nettoyage annuel de fonds marin avec la Conamp, organisation gouvernementale de protection environnementale.

J’ai continué mon travail avec cet organisme, avec qui j’ai fais plusieurs nettoyages de plages (à chaque fois mon cœur s’agite à la vue du désastre, mais je suis contente qu’on se bouge !). En parallèle, ils sont en train de développer un programme « adopte une plage » afin d’engager les opérateurs touristiques à s’occuper d’un morceau de plage et de s’assurer qu’elle reste propre.

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A mon goût il y a encore trop peu de communication à ce sujet, et trop peu de nettoyages (une fois par mois), et on se heurte pas mal aussi au « c’est pas a nous de le faire ».

Pour ma part, j’ai pris pour habitude de ramasser quelques déchets à chaque fois que je vais à la plage, remplissant des contenants que je trouve sur place (bidons, bouteilles, sacs en plastiques…) ou ramenant un emballage à moi afin qu’il ait une dernière utilité.

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J’en profite pour glisser un mot sur le fait que ce mois-ci je participe au challenge “Plastic Free July”, une initiative australienne afin d’évincer les produits en plastique jetable de notre quotidien. Pour moi c’est une bonne excuse de faire aussi un mois sans emballages plastique, et jusque là je m’en sors pas trop mal !

 

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Et toi, quelles sont les initiatives positives près de chez toi ?

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