Développer la tolérance

On a tous tendance à juger les autres. Un passe temps que l’on adopte trop lorsque les autres ne répondent pas à nos propres codes. Pourtant on a tous à apprendre des autres et à travers cela, on en apprend plus sur nous-mêmes. Comment dépasser nos convictions profondes pour plus de tolérance ? Respecter les processus et valeurs de chacun ? Pourquoi les actions et dires des autres nous affectent tant ?

 

Le jugé est juge

Depuis un moment, j’avance dans des réalisations sur l’acceptation de soi et des autres. Sur l’amour de soi et des autres, de TOUS les autres. Mais comment puis-je aimer ceux qui blessent, tuent, agissent sans conscience, détruisent ma maison chaque jour, préfèrent se focaliser sur le matériel et les choses superficielles ?

J’ai compris quelque chose: moi aussi je juge les autres. Moi qui est souffert du jugement de la part des autres, moi qui subit encore parfois des incompréhensions concernant mes choix de vie, moi qui continue de me justifier et d’argumenter pour défendre ma vision des choses. Mais au final, je ne suis pas mieux. Moi aussi j’ai du mal à comprendre les attitudes de certains, du mal à comprendre qu’on ne me comprenne pas, que les gens ne se bougent pas plus, qu’ils n’intègrent pas dans leur vie quotidienne des choses dont ils ont pourtant conscience. Qu’ils n’aient pas conscience de ce qu’ils font, ou pire qu’ils en aient conscience mais n’en aient rien à faire. Moi aussi j’ai ressenti de la haine envers ceux qui font du mal.

Alors comment je peux me plaindre de me sentir jugée si moi aussi je juge les autres ?

 

Se regarder dans le miroir

D’autre part, si je regarde bien, n’est-il pas possible que moi aussi je fasse du mal sans le savoir, ou en le sachant mais que ce n’est pas ma priorité ? La réponse est claire : bien sûr que j’ai mes failles et encore beaucoup à apprendre !

Pas plus tard que le mois dernier, je découvrais mes impacts environnementaux à travers mon utilisation d’Internet. Quand je regarde en arrière, moi aussi un jour je mangeais beaucoup de viande et je consommais beaucoup de plastique. Si j’applaudis mes efforts aujourd’hui, je n’étais pas toute rose et je ne le suis toujours pas. Par exemple, je prends encore l’avion pour mes voyages, plus que ce que je voudrais, et je ne peux pas nier l’impact, même si en face je fais beaucoup d’autres choses.

De plus, j’ai choisi mes actions et mes causes en fonction de mes valeurs et de ce qui me parait juste, et j’avance sur ce chemin là. Mais puis-je prétendre que ce chemin est l’unique ? Que j’ai raison et les autres torts ? On a tous des perceptions différentes, alors qu’est-ce qui me permet de juger que les miennes valent mieux que celles des autres ?

20140520-Tolerance-001

 

Parfois, nos réactions reflètent notre propre regard. On reproche souvent aux autres des choses que nous-même on ne fait pas. Avant de critiquer, faisons une rapide introspection pour voir si on est vraiment en mesure de juger. Car peut-être que si je me justifie et me mets sur la défensive, c’est en fait envers moi que je le fais…

 

Pourquoi cela m’affecte ?

Jusque là tout va bien. Personne n’est parfait, c’est pas la découverte du siècle. Alors quand je creuse un peu : pourquoi les (in)actions des autres me gênent et pourquoi leur opinion pourrait m’affecter, c’est à dire m’énerver ou me blesser ?

De façon générale, je m’énerve lorsque les choses ne se passent pas comme je le souhaite ou que les autres ne pensent pas comme moi, selon ma propre perception.

Par exemple, les (in)actions des autres me gênent parce que j’aimerais que tout le monde se réveille et fasse sa part, parce que j’aimerais qu’on prenne les bonnes décisions et qu’on arrête de se tuer et de tuer notre planète, et parce que cela me frustre de voir tous ces désastres continuer.

Mais finalement ce n’est pas parce qu’une personne n’agit pas dans le sens où je l’entends qu’elle n’agit pas. Plus encore, si elle n’agit pas du tout, est-ce que Moi je vais me rendre malade, me faire du mal et souffrir de quelque chose sur lequel je n’ai aucun contrôle ? Au final, ce n’est pas l’autre qui me fait de la peine, c’est moi-même qui me l’inflige à lutter au lieu d’accepter et de me concentrer sur autre chose.

Et puis, ce n’est pas parce qu’une personne ne fait rien qu’elle ne fera jamais rien. Et si tel est le cas, qu’est ce que je peux y changer moi si je suis dans l’affrontement et la colère ? Comment je peux espérer que l’on m’écoute et me respecte si moi-même je ne respecte pas le choix des autres ?

20140615-Tolerance-002

 

Dans la même idée, si je me vexe, c’est peut-être que je ne suis pas très sûre de moi. Par exemple, si on m’insulte de grosse, je ne vais pas me vexer car je SAIS que ce n’est pas vrai. En revanche, si on me rabâche que je suis maigre et que cela me blesse c’est que je le pense également et que cela me complexe, donc le fait que quelqu’un me le fasse remarquer va me mettre mal à l’aise. Mais si je m’accepte telle que je suis, alors que quelqu’un me fasse la remarque ou non ne me touche plus.

Est-ce vraiment utile de gaspiller mon énergie sur des émotions négatives et de m’y accrocher, quand je pourrais plutôt me tourner vers l’acceptation, la tolérance et la compassion ?

Je ne dis pas que l’on ne devrait plus s’énerver ou se vexer, mais que chaque fois que cela nous arrive soit une opportunité pour comprendre le pourquoi et en sortir plus sage.

 

Respecter les processus de chacun

Récemment, une amie me racontait sa réaction face aux autres depuis son arrêt de la cigarette. Une libération pour elle et elle ne voulait qu’une chose: que ses amis la suivent. Alors elle les embêtait, leur faisait la morale et des réflexions. Qu’est ce qu’elle y gagnait ? A part se frustrer pour la non-action des autres, qui eux suivent leur vie tranquillement, et une détérioration des relations, pas grand chose. Alors elle a décidé de plutôt être là dès que son entourage cherche à arrêter, pour les aider par son expérience.

Elle m’a donné une métaphore qui m’a marqué. Si tu cherches à réveiller quelqu’un le matin et que tu sautes sur son lit, fait du bruit et le secoue, il est fort probable que l’autre t’envoie chier royalement. Alors que si tu lui apportes un petit dej’ sain et le laisse se réveiller doucement, déjà il sera de meilleure humeur et un jour il sera curieux et te demandera comment lui aussi se faire de bons petits plats.

20140617-Tolerance-003

 

Autrement dit, chacun son rythme. Lorsque j’étais carnivore, si on m’avait attaqué en me disant que je suis une meurtrière et que je ne devais manger que des pois chiches (je caricature hein), je pense que je me serai fermée au sujet et cela aurait été dommage. Et puis on a beau dire les choses 1000 fois, il faut les vivre pour en intégrer réellement le sens, et en somme le découvrir par soi-même, à travers ses propres expériences.

D’ailleurs, les actions parlent parfois plus que les mots. Des gens autour de moi commencent à faire leurs courses avec des sacs réutilisables, m’empruntent mes sachets, me demandent des recettes véganes, des postures de yoga, des soins Reiki. Et cela me comble de bonheur et je ne peux que me réjouir de chaque petite avancée. On plante parfois des graines sans le savoir et plus tard, on les voit grandir.

Et si certains ne changent jamais, je ne peux pas m’accuser et m’en rendre coupable ou responsable, au même titre que je dois lâcher prise et l’accepter. Car la tolérance s’applique partout, même pour les cas difficiles. Chacun à ses histoires, son passé, ses raisons. Avec les gens avec qui je n’ai rien en commun à première vue, je tente à présent de voir un apprentissage, ou de me concentrer sur une qualité ou quoi que ce soit de positif.

On a tous quelque chose à apprendre des autres. Alors au lieu de juger, si nous nous demandions quel est le message que veut nous faire passer cette personne sur notre chemin ?

DSC_2080

 

On est tous faits de la même chose, on est tous liés. Alors si j’ai du bon en moi, les autres aussi, forcément. Après tout le président de Monsanto doit aussi avoir des bons côtés non ? Les tueurs de dauphins et de baleines donnent sûrement de l’amour à quelqu’un ? Je ne sais pas, peut-être que oui peut-être que non. Même si c’est très dur, j’aime à croire qu’il y a du bon en tous et qu’un jour, ce bon se verra plus clairement. Et si non, que je ne les laisse pas me détruire.

 

***

Aidons-nous de nos ennemis plutôt que les combattre !

Et toi, comment vois-tu la tolérance ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *