De l’Enfer au Paradis…

En ces jours de deuil, je tenais à écrire quelques mots pour exprimer ce que je ressens. Il y a un an, j’aurais certainement été très en colère, rongée par la haine et l’envie de détruire. J’aurai eu envie de hurler mon indignation et de peut-être baisser les bras face à toute cette barbarie humaine. Mais cette année, je me suis transformée de l’intérieur et dans les situations de désespoir je tourne la tête vers la lumière et je me recentre sur mon cœur car il n’est pas question pour moi de le pervertir.

 

Plus de paix

Cet événement me touche, car il touche à mon pays, il touche ma ville, il touche mon ancien quartier. Dieu soit loué, il n’a pas touché mes proches et je suis infiniment reconnaissante pour cela.

Ma première réaction, le matin suivant la tragédie, était de remercier pour toujours avoir ma famille et mes amis auprès de moi. Ma seconde, était d’envoyer de l’amour et de l’énergie aux familles des victimes. Je ne sais pas à quel point cela doit être dur et injuste pour elles.

J’ai eu la chance ce jour-là de pouvoir prendre mon père, ma mère, ma belle-mère, mes grands parents, et ma sœur dans mes bras. De les serrer fort et de leur dire une nouvelle fois que je les aime.

Cet événement me touche et pourtant je ne souhaite pas tomber dans les insultes, la rage et les cris de guerre. J’ai déjà connu cette pente et je sais ô combien elle est destructrice. Je comprends les gens qui souffrent et qui se déchaînent dans la colère, c’est normal, c’est humain. La tristesse et l’injustice nous font réagir de manière extrême. Mais cette année j’ai appris que ce n’est pas avec la haine que l’on arrive à la paix.

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La paix, elle commence dans le cœur de chacun. Tout comme arriver à une société plus humaine et plus respectueuse de la nature commence avec les actions de chacun. Nous ne formons qu’Un et chaque cellule de cette immense corps à son rôle à jouer.

Je ne sombrerai pas dans cette même haine qui a ôté la vie de ces innocents. « Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde » disait Gandhi. On le répète tout le temps, seulement intégrer la profondeur de ces mots est parfois difficile. Lui qui disait aussi « Œil pour œil rendra le monde aveugle« … Pour moi la haine divise alors que l’amour uni. Mon cœur réagit beaucoup plus à la vue de la solidarité et des messages d’amour qui tournent, et pour ça je suis fière de ma France.

 

Solidarité internationale

Certains peuvent penser que c’est vivre dans le monde des bisounours que de penser à l’amour et la paix dans des moments pareils. Ce que nous avons vécu est atroce et sans précédent. C’est pour cela que ça choque tant. Mais n’oublions pas que nous ne sommes pas les seuls à vivre ce type de tragédie.

Le 10 Octobre, la Turquie vivait son attentat le plus meurtrier. Le 13 Novembre, le Liban a lui aussi été touché par un des pires attentats de son histoire moderne. En Octobre, 1,7 million d’hectares de forêt ont été incendiés pour de nouvelles plantations d’huile de palme, entraînant des fumées sans précédents, affectant les systèmes respiratoire de plus de 500 000 personnes. Tous les jours nous massacrons des milliers d’animaux pour consommer leur bonne viande et avoir de bons produits laitiers.

Je suis reconnaissante que le monde entier soit solidaire de nous et affichent nos couleurs sur les réseaux sociaux. Mais je ne peux m’empêcher de penser aux autres et de ressentir une plus grande injustice que celle qui nous a touché. Ceux qui sont morts en Turquie, au Liban, au Mexique, en Indonésie, entre autres. Qui affiche leurs couleurs ? Qui parlent d’eux et leur accorde le droit d’un deuil international ? Je ne vous cache pas que je me méfie un peu des choix médiatiques…

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C’est justement parce que je ne vis pas dans un monde de bisounours que je réagis ainsi. Il y a beaucoup de souffrance dans ce monde, et tout m’attriste profondément. Mais si je m’adonnais à la colère pour toutes les atrocités, j’aurai déjà baissé les bras depuis longtemps.

Et puis, je me sens plus utile en travaillant sur le positif. Car lorsque je vois les gens qui se bougent, ceux qui malgré tout continuent de prôner la non-violence, de former leur propres modèles, ceux qui se battent pour leurs valeurs, ceux qui accusent les coups et se relèvent, ÇA, ça me donne de l’espoir. Je ne ferai pas ce que je fais si je ne croyais pas en notre capacité à renaître de nos cendres et nous guérir de nos maux. Continuer d’avancer…

Car tout est lié. Ce qui arrive est la conséquence d’une société qui va mal, qui ne tient plus car elle est contre-nature. Une société où on vend des armes et on fore pour du pétrole, créant inévitablement des conflits d’intérêts au passage. Une société où on n’attend que les brèches de la peur pour entraîner des personnes égarées dans le radicalisme et la destruction. Une société qui met le profit et le pouvoir avant le bien-être. Une société malade, rongée par un parasite qui la détruit de l’intérieur, l’âme des humains et la planète avec. Une société que l’on peut changer, mais avec nos propres armes, pas celles de nos « ennemis ».

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Basculer vers le Paradis

Samedi, j’avais dans mon sac le livre « Les Quatre Accords Toltèques ». En rentrant sur Paris, je l’ai ouvert et j’ai souris car c’était exactement ce dont j’avais besoin. Comment sortir de l’Enfer et accéder au Paradis, en remettant en question certaines croyances. Alors je voulais partager ça avec vous, parce que moi, ça me réconforte et m’aide à garder le cap dans le brouillard. Et je me dis que si on était tous heureux, on en arriverait pas là.

En fait c’est très simple. Il n’existe que 2 émotions : la peur et l’amour. La peur est une fréquence basse, qui mène à la douleur, la souffrance, la punition, la colère, le jugement, la jalousie, l’envie, la haine. Des émotions qui nous brûlent et nous consument de l’intérieur : l’Enfer. Et depuis toujours, nous avons appris à vivre en Enfer et à se conformer à une série d’accords avec nous-mêmes sur ce qu’on croit pouvoir faire, être ou ne pas être, sur ce qu’on attend de nous et sur l’image parfaite que l’on doit atteindre pour être accepté de tous. Et nous passons notre temps à nous rejeter et nous auto-flageller de ne pas correspondre à cette image.

L’amour est une fréquence haute, qui mène à la compréhension, la tolérance, la compassion, le partage, l’entre-aide, la bienveillance, la paix. C’est le Paradis. Et si on regarde autour de nous, nous avons déjà tout. Des arbres et un océan pour respirer, pour nous nourrir et nous hydrater. De la beauté à n’en plus finir, des fleurs, des animaux, des saveurs et des odeurs. Une perfection de création où tout à un rôle et tout s’emboîte merveilleusement bien. Le Paradis est disponible pour tous, si on déjoue la peur et que l’on conclue 4 nouveaux accords avec nous-mêmes.

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1- Que ta parole soit impeccable : la parole est un outil puissant de communication car elle implante des mots et des idées dans l’esprit des gens. Avec des mots violents nous restons dans la souffrance, avec des mots bienveillants nous nous dirigeons vers la guérison. Plutôt que de l’utiliser comme vecteur de poison émotionnel, perpétuant un cauchemar d’enfer, l’utiliser comme vecteur d’amour, nous amenant à un rêve de paradis.

2- Ne prend pas les choses personnellement : nous pensons souvent que tout ce qui arrive nous concerne alors que nous ne sommes pas responsables de ce que les autres font. Leurs actions et leurs dires dépendent d’eux-même, de leurs émotions, de leur contexte, de leur souffrance ou leur amour. Ne pas prendre les choses pour nous nous permet de nous immuniser contre le poison émotionnel et rester en paix même au milieu de l’enfer.

3- Ne fais pas de suppositions : Nous supposons que tout le monde voit la vie comme nous la voyons et passons notre temps à interpréter les actions et dires des autres. Nous pensons pouvoir changer les gens avec nos propres dires ou actions alors que les gens ne peuvent se transformer que s’ils le veulent. S’accepter soi-même tel que l’on est, accepter les autres tels qu’ils sont et avoir une communication claire pour éviter les mal-entendus.

4- Fais toujours de ton mieux : Faire les choses car nous en avons envie, et non parce que nous attendons quelque chose en retour. Accepter ses erreurs, son imperfection et cultiver l’auto indulgence car s’acharner à faire plus que son mieux est une perte d’énergie. Prendre le risque d’exprimer et de vivre ses rêves, de vivre dans le présent en se détachant du passé. Nous avons le droit d’être heureux car nous sommes vivants.

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Il existe 3 façon de se transformer : Prendre conscience de ses peurs et laisser tomber ses anciens accords/croyances en les remplaçant par les nouveaux. Pardonner à tous ceux qui nous ont fait du mal pour nous guérir (on ne pardonne pas parce que les autres le méritent, mais parce que nous, on mérite la paix). Enfin, vivre chaque jour comme si c’était le dernier, car si on savait qu’on en avait plus pour très longtemps, comment vivrions-nous notre vie ?

Pour ma part, j’ai appris à remonter au cœur de mes peurs, à lâcher prise du passé et à pardonner, et j’ai appris très tôt que tout peut s’arrêter n’importe quand. Terroristes ou pas. Cet événement ne va pas me consumer, me paralyser ou m’arrêter. Au contraire, cela me rappelle à quel point il est important de suivre mon cœur et de chérir ce que j’ai.

Alors vivons, aimons, pleurons, soutenons mais ne perdons pas notre cœur dans la haine. C’est une promesse que j’ai faite.

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Merci pour tous les messages d’amour.

Une pensée pour tous ceux qui ont perdu un être cher.

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