La créativité dans les entreprises

L’Homme a tendance à détruire sur son passage, si bien que nous avons réussi à changer le climat de notre belle planète. Dans un monde court-termiste centré sur le capitalisme, la réalité économique nous rattrape et nous bloque la vue sur les projets durables. Mais est-ce impossible de combiner pérennité économique et responsabilité sociale et environnementale ? Après vous avoir parlé de la 3ème révolution industrielle et pour clore le défi de printemps, je souhaitais parler un peu de la créativité dans l’entreprise, avec 2 visions qui m’inspirent, pour que demain soit encore possible.

 

Le Cradle To Cradle®, par Bill Mc Donough et Mickael Braungart

Vous en avez sans doute déjà entendu parler, le C2C (en dehors d’être un groupe de musique – hors sujet !), c’est le Cradle to Cradle® ou en français : du berceau au berceau.

 

C2C

Source de l’image

 

Devant le challenge de la pénurie des ressources et dans un monde qui connait une croissance de la population sans précédent, il est de plus en plus difficile de satisfaire les besoins de tout le monde sans aggraver la situation environnementale.

C’est pourquoi Bill Mc Donough et Mickael Braungart ont pensé à un nouveau modèle d’entreprise et ont créé la certification Cradle to Cradle® en 2002, calquant le circuit de l’industrie (du berceau à la tombe), sur celui de la nature (du berceau au berceau), qui ne produit pas de déchets mais les consomme comme nutriments. Selon les principes du C2C, la matière n’est jamais détruire, mais reconvertie, métamorphosant les déchets en nouvelles ressources.

A la différence du modèle “Reuse, Reduce, Recycle”, basé sur la minimisation de l’utilisation de l’énergie, le modèle C2C repense complètement la façon de produire pour proposer une meilleure qualité et de garder les matériaux dans un cycle continu (à l’image de ce que nous raconte Annie Léonard dans sa série Story of Stuff).

 

Présentation du C2C

 

Le design est créé dans l’intention de réintroduire les matériaux dans un cycle technique (désassemblage pour permettre la production de nouvelles générations de produits et services), ou dans un cycle biologique (décomposition organique permettant de nourrir l’écosystème après usage).

Toute la logique de production change: on n’utilise plus de ressources, on les emprunte, supprimant ainsi la création de déchets !

Le produit créé doit intégrer les énergies renouvelables et les emballages et déchets doivent être impérativement biodégradables ou recyclables à l’infini, et ne doivent contenir aucune substance toxique afin d’être réutilisé, composté ou enfoui sans danger.

Les entreprises françaises sont encore timides, mais déjà plus de 2000 produits sont « cradelisés » dans le monde.

Je n’ai pas encore lu le livre, mais qui sait, ce sera peut être le prochain sur ma liste ;).

 

Exemple d’entreprise responsable : Patagonia

En parlant de livre, en voilà un que l’on m’a gentiment offert à Noël (il y en a qui me connaissent bien) : Let my people go surfing de Yvon Chouinard, créateur de la marque Patagonia.

Un homme bien inspirant, qui a commencé à prendre conscience des changements dans le monde et à voulu les prendre en compte dans la conception de ses produits. Patagonia est avant tout une marque pour les amoureux des sports d’extérieurs, créée par des sportifs qui ont cette sensibilité pour les beautés de la nature. Avec ses associés, il a regardé au sein de son entreprise pour voir comment réduire leur rôle en tant que pollueur.

 

Valeurs responsables

Ils ont décidé de donner la priorité à la qualité des produits, leur durabilité, l’utilisation minimum des ressources naturelles, la multifonctionnalité, la simplicité et la facilité d’entretien (le nettoyage faisant partie des principales sources de pollution). La mode en revanche, ne fait pas partie des valeurs de l’entreprise. Étant donné l’importance de la qualité, ils ne sont de toute façon pas capables de la suivre !

Every time we try to chase fashion we end up being 6 months or a year too late, and we look stupid.

 

Ce que la marque cherche n’est pas d’être la plus grosse entreprise, mais la meilleure. Elle ne veut pas de dette, et vise les clients qui ont besoin de leurs produits. Leur stratégie telle que dévoilée dans le livre, est axée sur l’idée qu’ils seront encore la dans 100 ans, afin d’avoir une vision long terme, compatible avec les rythmes de la nature.

Et ils sont continuellement en perfectionnement de leurs pratiques, que ce soit dans la confection des vêtements que dans le fonctionnement de l’entreprise : ils ont fait des recherches sur leurs fibres principales pour passer aux cultures bio et aux matières recyclées, suppriment les produits chimiques et toxiques comme le PVC de leurs vêtements, remplacent leurs ustensiles de bureaux jetables par des réutilisables, ont changé leur système d’éclairage, participent à l’achat d’une voiture électrique de leurs employés etc.

Patagonia1

 

Le mot d’ordre: ne pas causer de dommages non nécessaires et prendre la responsabilité de ce qu’ils produisent, de la naissance à la mort, et au delà de la mort, pour recréer (avec cette idée de Cradle to Cradle®).

La vision de Patagonia est donc bien loin du « rêve américain » qui veut développer son entreprise au plus vite afin de se retirer au pays des loisirs le plus tôt possible.

 

Un environnement de travail hors du commun

Depuis le départ, une importance cruciale est donnée au bien-être au travail, afin qu’il soit appréciable tous les jours : Pas de code vestimentaire, temps libre pour pratiquer son sport (d’où le titre du livre), ou pour être en famille, une garderie a été créée au sein de l’entreprise, avec un service pour aller chercher les enfants à l’école, les projets de volontariat humanitaire et environnemental sont valorisés (il est possible de partir jusqu’à trois mois par ans sans risquer sa place)… Vraiment à le lire ça fait rêver !

livre

 

Influencer les autres

Yvon Chouinard met l’accent sur le fait que l’humanité est à présent dans la première crise qui menace sa propre survie en tant qu’espèce. Les problèmes ne sont pas insurmontables mais il faut agir, et c’est la tâche de tous. Car on a beau critiquer le gouvernement (qui certes, n’aide pas à subventionner les “mauvaises” actions), mais quand on regarde bien, pour changer le gouvernement il faut changer les entreprises. Et pour changer les entreprises, il faut changer le consommateur. Ce qui revient à … tout le monde !!

As long as a demand exists for forest products, the forest will be cut, and if we continue to demand petroleum and whale meat, we will eventually drill for oil in our wildlife refuges and whales will continue to be harvested.

 

Tout le monde est d’accord pour dire qu’il veut un monde meilleur pour ses enfants, mais très peu font les choix pour que cela se produise. Car on pense : je ne suis pas le problème, donc je ne suis pas la solution. Or, c’est faux.

1 planet

 

Dès les années 80, Patagonia a commencé à verser 2% de ses profits pour soutenir des projets environnementaux et activistes, augmentant au fur et à mesure des années jusqu’à atteindre les 10% ! D’autres marques ont commencé à suivre, mais certaines d’entre elles jouaient sur le fait que les profits étaient artificiellement bas, après déduction des bonus et primes.

Donc Patagonia a corsé le défi en décidant en 1996 de donner 1% de leurs ventes, qu’il y ait profit ou non. Afin d’influencer les autres marques, Yvon Chouinard et un associé (Craig Mathews) ont créé 1% pour la planète en 2001, une alliance d’entreprises engagées à verser 1% des ventes dans des projets de restauration de l’environnement.

Aujourd’hui, la marque reverse le montant le plus élevé entre les 1% des ventes et les 10% des profits.

Selon Yvon Chouinard, Patagonia ne sera peut-être jamais complètement socialement responsable ou produisant des produits qui ne causent aucun dommage à l’environnement, mais il est engagé d’essayer et de faire son maximum. Cela me rappelle les paroles de notre cher No impact Man

Make the best product, cause no unecessary harm, and use business to inspire and implement solutions to the environmental crisis”

Y.Chouinard

Source de l’image

 

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Et toi, quelles sont tes initiatives entrepreneuriales inspirantes ?

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