{Mission 4} La Colombie sur la route des projets durables

Avec tous mes articles sur le défi créa, je suis sûre que ma petite escapade en Colombie est passée inaperçue! Pourtant, je reviens de 4 semaines de voyage, à la découverte de beaux projets de reforestation, une bonne ligne directrice pour tracer mon itinéraire à travers les Andes et la côte caribéenne.

 

Vous vous souvenez en Février, à mon retour de Martinique, je suis entrée au Mexique avec la « mauvaise surprise » de me retrouver avec un visa de trois mois au lieu de 6, faute de pouvoir prouver que je ne comptais pas travailler illégalement dans le pays.

Comme le hasard fait bien les choses (mais que ce soit clair, je ne crois plus du tout au hasard !), la fin de mon visa correspondait à un évènement de promotion de la biodiversité colombienne, organisé par Envol Vert, association dont je vous ai déjà fait les éloges. L’occasion parfaite de sortir du pays, voir de vieux amis et donner un coup de main là où je pouvais. Surtout que la Colombie… cela faisait un moment que j’étais sensée y aller !

 

Festival Colombiodiversidad

Le festival a eu lieu du 19 au 24 mai à Medellín, capitale de la région des Andes Antioquia. 5 jours de conférences, ateliers de jeux d’enfants, exposition de photos, projection de films et courts métrages autour du thème de la biodiversité colombienne et des insectes. C’est que la Colombie est le deuxième pays au monde en matière de biodiversité !

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Photo Envol Vert

 

C’est le second évènement organisé par Boris, co-fondateur l’association, et pour l’occasion ils ont même fait venir le célébrissime botaniste et biologiste français Francis Hallé, qui a fait deux conférences captivantes et est allé voir les projets de terrain soutenus par Envol Vert.

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Photos Envol Vert

 

Pour ma part  j’ai surtout prêté main forte pour les ateliers avec les enfants, avec des jeux comme le twister et le memory, ainsi que du coloriage, le tout avec un objectif éducatif sur la biodiversité. Ceux qui connaissent mon aise avec les gosses vont être bien surpris, mais j’ai tenu et je me suis plutôt bien débrouillée même ! 🙂

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Photos Envol Vert

 

Le festival a été l’occasion de visiter la ville de manière différente et de rencontrer des personnes tout simplement géniales. Pendant ce temps je faisais du couchsurfing, un pied dans la communauté des voyageurs, l’autre dans la vie locale. Autant dire que j’ai bien profité de mon séjour dans la ville du printemps éternel.

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Photo Envol Vert

 

Pépinière Cantos de Agua

Avant de me lancer sur la côte caribéenne, j’ai fait un saut sur le projet de reforestation d’une femme fabuleuse et passionnée, Nora, qui a commencé à replanter des arbres il y a sept ans et qui a transformé son terrain vague en véritable forêt tropicale miniature, accueillant au passage des espèces en voie d’extinction.

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L’objectif est de ré-introduire les arbres et espèces natives afin d’aider à conserver la biodiversité et de maintenir l’équilibre naturel.

Je ne sais plus combien d’arbres elle a en pépinière mais il y a en a énormément, dont des espèces rares. Son terrain est un vrai petit paradis exotique !

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Système agroforestier au village Los Limites

Après 10 jours dans la ville, direction Carthagène (que je n’aurai même pas visité au final faute de temps), pour aller sur un projet dans la campagne. Un projet agroforestier complémentaire à la protection d’une espèce endémique, le singe Titi. Ce projet consiste à combiner reforestation de la forêt sèche (il n’en reste que 2% en Colombie…), avec la petite agriculture locale et un élevage bovin plus soutenable. L’objectif est de protéger l’écosystème du singe Titi, de reforester mais aussi d’assurer des ressources court terme aux populations.

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L’arbre phare, c’est le Guaimaro, ou Noyer Maya. Un arbre qui donne des graines bourrées de protéines et nutriments, une alternative alimentaire saine et durable pour les habitants du village. Manquant de graines dans la région, j’ai accompagné Holman, volontaire colombien, dans la Sierra Nevada pour aller en débusquer, au cœur de la forêt !

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Après deux jours de collecte, et le corps gentiment dévoré par les insectes, j’ai pris la route pour Santa Marta, ville au bord de mer que je n’ai absolument pas visité ! Non, je suis restée sagement à l’auberge au bord de la piscine pour faire un point Internet et retrouver Daisy, la présidente de l’association avec qui je pars visiter le prochain projet.

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Restauration forestière de la Sierra Nevada

Accompagnée de Daisy et de Camille, nouvelle volontaire pour les 6 prochains mois, j’arrive sur le projet dans le village de Palomino. Un petit havre de paix entre la Sierra Nevada (ie. montagne enneigée) et caraïbes, un petit bout de paradis à tendance hippie qui m’a charmé (pas pour le côté hippie, mais pour la tranquillité et la nature).

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La déforestation dans la Sierra Nevada est assez frappante et met sérieusement en danger la biodiversité locale. Il reste seulement 15% de la forêt primaire originelle et 12 des espèces animales endémiques sont en état critique d’extinction. La déforestation est grandement due à l’élevage bovin, et j’ai pu me rendre compte de la tristesse des dégâts au cours d’une balade en forêt.

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Le avant- après visible sur une même parcelle…

 

L’objectif du projet est de reforester les zones dégradées tout en créant une alternative économique durable à la déforestation, afin d’améliorer la qualité de vie des paysans.

Au cours des quelques jours sur place, nous partons à la rencontre des porteurs de projets locaux, visitons pépinières et nouveaux terrains potentiels pour le projet. Ici aussi on plante le Guaimaro (c’est d’ailleurs ce projet qui a inspiré l’autre !), qui se porte très bien entre le maïs, le yuca, bananier et le maracuya !

 

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Leçon de vie

Tout d’abord, que ce soit clair, le changement climatique est un problème bien réel. Cela fait deux ans que certaines régions subissent de longues périodes de sécheresse, il ne pleut presque plus. Bah oui, sans arbres, pas de pluie. Le développement de projets comme ceux-ci est donc primordial pour assurer le maintien de l’écosystème et de la biodiversité.

Mais ce n’est pas si simple. La réalité économique sur place rend difficile une vision de long terme. Dans les campagnes, les gens n’ont pas grand chose à manger et les paysans possèdent parfois des terres sur une courte durée (2 à 5 ans), ce qui rend la notion de culture durable un peu insensée. Parfois, il est plus facile d’aller couper des arbres pour générer des revenus, et brûler les terrains pour les éclaircir et y mettre son bétail est bien plus rapide et rentable à court terme.

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Moi qui débarque avec mes yeux d’européenne et mes grands principes sur la gestion des déchets, la nécessité d’acheter des terrains pour replanter, d’engager l’action, je me suis sentie un peu mal placée pour faire la morale. Je ne vis pas dans la même réalité et donc mon approche doit s’adapter. Sur place, les gens vivent dans une réalité au jour le jour, et parfois les problématiques environnementales ne sont malheureusement pas prioritaires.

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Chargement de plants de bananiers à replanter

 

Ceci dit, cela n’excuse pas tout et il y a aussi clairement un manque d’éducation sur ces problématiques et les enjeux qu’il y a derrière (notamment sur les déchets…). Et il y a tout de même, fort heureusement, des gens conscients qui montent des projets sans avoir beaucoup de moyens, car ils sont touchés par ces problématiques et veulent agir. Rien est impossible, mais j’ai juste un peu changé mon regard pour aborder la question sous un autre angle.

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C’est d’ailleurs pour cela que j’aime autant cette association, qui cherche à impliquer les locaux pour qu’ils puissent se reconvertir et générer des revenus de façon saine et durable. Afin qu’eux aussi, puissent jouir de l’autonomie alimentaire qui leur manque. Si vous vous sentez inspirés, vous pouvez soutenir Envol Vert ici, votre don sera bien utilisé !

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 ***

Après 1 mois magique et de beaux apprentissages c’est le cœur battant que je suis repartie au Mexique, qui m’a laissé rentrer avec 6 mois sans me poser de questions, allez comprendre…

Et toi, as-tu déjà visité des projets de reforestation ?

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