La lumière au bout du tunnel

C’est une semaine bien particulière. Celle où je souffle la première bougie de mon blog! J’avais prévu d’écrire un article sur tout ce que m’a apporté le blog, parler d’optimisme, de voyage et de la bonté des gens. Mais cette semaine est aussi celle qui suit un grand drame qui a touché la France, et qui m’a rendu très triste et un peu déseperée l’espace de quelques minutes devant tant de haine. Après le tsunami provoqué par cette triste journée du 7 Janvier 2015, j’avais envie de partager mon point de vue et mes émotions.

 

Une bien sombre façon de commencer l’année

Les premiers jours de l’année sont toujours ceux ont l’ont choisi ses bonnes résolutions, comme si on remettait les compteurs à zéro et que l’on décidait de se remettre à neuf. Personnellement, je considère qu’on ne devrait pas attendre le 1er janvier pour opérer des changements dans sa vie, nous sommes maîtres de notre destin et nous pouvons changer quand bon nous semble.
Quoi qu’il en soit, cela reste une bonne intention et il est toujours positif de se remettre en question et de réfléchir à ce que l’on peut améliorer, non ? Et puis, le début d’une nouvelle année c’est symbolique, et c’est toujours plus sympa avec des ondes positives !

Donc ouvrir le bal avec un bain de sang et de haine, c’est franchement déprimant. Horreur, tristesse, incompréhension. Loin de mon pays, apprendre une telle nouvelle m’a donné la sensation que mon cœur s’était arrêté quelques minutes. Paris, comment est-ce possible ? Pourquoi tant de haine et de violence ?

Personnellement, je ne lisais pas Charlie Hebdo. Je ne lis pas vraiment le journal en fait. N’empêche que cela m’affecte car le message est fort, et l’acte sans pitié. Et après la mort de journalistes, d’autres morts, du racisme, du vandalisme et même une proposition de revenir à la peine de mort… C’est quoi ce délire, on va où ?

 

Solidarité, liberté d’expression, humanisme

Apres le choc, j’ai ressenti une lueur d’espoir devant la solidarité. Solidarité envers la communauté musulmane, qui n’a aucune raison de se justifier d’actes barbares commis par d’autres. Union face à la tragédie et refus de se laisser intimider. Arborons des banderoles, partageons notre soutien sur les réseaux sociaux et descendons dans la rue montrer que cela nous touche. On la reconnaît bien notre France là !

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Mais ensuite, un peu de réflexion et je deviens perplexe. On se bat pour quoi au juste ? Plus qu’un mot à la bouche: liberté d’expression.
Moi ça me gène un peu … Bien sûr, c’est un droit fondamental dans un pays en démocratie et je ne le remets aucunement en question. Mais on doit avouer que la liberté d’expression est très subjective.

Si Dieudonné s’était fait tuer pour ses propos, je doute que l’élan de solidarité aurait été le même. « Oui mais lui il le pense vraiment ! ».  Que ce soit le cas ou pas, et alors? Si la liberté d’expression s’applique à tous, personne ne devrait être censuré, non ?

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De la même manière, les tweets du genre « c’est bien fait pour eux, ils l’ont cherché »,  c’est aussi une forme de s’exprimer. Après on est d’accord ou pas. Personnellement, ces tweets me gênent, ainsi que les propos racistes, haineux, homophobes, mais aussi l’humour mal placé à répétition.

Je fixe une limite à ce qui m’est acceptable d’entendre selon ce qui me parait juste pour moi : lorsque ce que l’on exprime blesse, vexe ou n’est pas respectueux de l’autre, j’ai du mal à l’accepter. Et là encore, cette perception est totalement subjective. Pour beaucoup (et je m’inclus) la limite se place aussi dans l’intention. De l’humour venant de quelqu’un qui n’est pas raciste passe mieux que des propos venant d’une personne qui l’est. Mais selon la liberté d’expression, les deux ont les mêmes droits, ce qu’on a tendance à oublier.

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C’est pour ces raisons que crier sur tous les toits à l’atteinte à la liberté d’expression me dérange un peu, car je trouve cela un tentinet hypocryte.
Bien sûr, on ne devrait pas se faire massacrer pour un dessin, car un dessin n’est pas une arme, bien que je puisse comprendre que certaines caricatures de Charlie hebdo aient heurté la sensibilité de certaines personnes, quand bien même ce soit de l’humour. La violence verbale existe aussi.
Mais tout simplement, on ne devrait pas se faire massacrer. Point. Cela vaut pour Charlie mais aussi pour tous ceux qui sont victimes de génocides, de bombardements et fusillades (auxquels on a aussi participé), de tueries pour des désaccords qu’ils soient religieux, ethniques, sexuels ou culturels, et cela vaut aussi pour les animaux et la planète. Stop à la violence et la haine sous toutes ses formes. Pour moi il est là le problème.

 

Je suis heureuse et fière de voir tant de personnes dans la rue, mais un peu désolée en même temps car j’aimerais qu’on ait le même élan de solidarité lorsqu’il s’agit de ces cas là aussi. Malheureusement, lorsqu’il s’agit de personnes peu connues, cela passe sous silence et ce n’est pas normal selon moi. Comme le raid de Boko Haram qui a tué plus de 2000 personnes au Nigeria et 16 villages par exemple…

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Et tous les autres…

 

J’arbore un « Je suis Charlie » car je suis en deuil de ce qui vient de se passer pour la France, pour les victimes et leurs familles. Mais plus que ça, « Je suis un être vivant qui partage un espace avec d’autres êtres vivants que je dois respecter ». Battons-nous pour l’humanité. Car je suis un peu outrée de voir que la mort tragique tourne a une guerre de savoir si on est Charlie ou pas, si on soutient la liberté d’expression ou pas, et que cela puisse servir a redorer son image médiatique (dictateurs inclus, n’ayons pas froid aux yeux…).

 

De l’ironie et des notes plus optimistes

Lorsque nous avons annoncé à nos parents notre intention de passer par le Mexique, la réaction a été sans équivoque: hors de question, c’est trop dangereux. Étonnant pour nous car nos parents nous ont toujours encouragé à vagabonder le nez au vent. D’un côté on les comprend, c’est vrai qu’il y a des coins dangereux et de la corruption.
Mais au final, ce qui vient de se passer en France confirme ma pensée. Rien ne sert de s’empêcher de vivre des choses par peur. Bien sûr, ne soyons pas inconscients non plus, mais des drames il y en a partout et si on se concentre que sur ça, on ne fait plus rien.

Aujourd’hui, plutôt que d’avoir peur pour l’avenir de notre monde, j’ai envie d’avoir de l’espoir.

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Parce que justement, à travers mes voyages et ma nouvelle aventure dans la blogosphère, je vois que le monde est bon. Je vois à quel point les gens se sentent concernés, souhaitent sortir d’un système qui ne leur correspond plus et recherchent une meilleure qualité de vie. Je découvre aussi tant de fabuleux projets qui sont menés aux quatre coins du monde, quelques soient les ressources disponibles. Chaque jour des personnes prennent leur courage à deux mains et se lancent dans une aventure passionnante dans le but d’améliorer leurs conditions de vie et celle des autres. Tout cela me réconforte dans des moments douloureux comme celui-ci.

Ne nous laissons pas piéger dans la terreur et les messages négatifs véhiculés chaque jour par les médias.
Nous ne sommes pas seuls, et au contraire, je pense que l’on est à un grand tournant de notre société, où l’individualisme va être balayé par l’action collective et la solidarité. Bougeons nous plus souvent comme on vient de le faire.

 

Allez, bonne année, bon anniversaire et MERCI !

Un dernier petit mot tout de même pour remercier toutes les personnes qui suivent ce blog et le font vivre avec moi. Cette première année m’a montré que je n’étais pas seule et m’a grandement aidé à accepter mes imperfections et mes défaites, moi la reine de l’autoflagellation. J’en suis grandement reconnaissante !

Pour la suite j’ai envie de me concentrer sur l’échange. Parce que bien que l’action individuelle soit importante, comme tout petit colibri qui se respecte, l’impact est d’autant plus fort si on le partage avec les autres. Qu’est ce que j’apporte à ce monde si moi j’ai un comportement exemplaire mais que je m’isole des autres pour vivre selon mes valeurs ? Si je vois que personne ne change mais que je me rassure en me disant que moi, je fais bien ?

Je ne sais pas encore quelle forme cela va prendre, si je vais rendre mon blog plus participatif ou si je me vais me jeter à l’eau dans un projet personnel, mais je vais sérieusement m’y pencher… 🙂

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Hommage à toutes les victimes de violence.

Oublions la haine et la peur.

Concentrons-nous sur le positif, le partage, la sensibilisation, la solidarité et l’échange.

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