Comment bien trier ses déchets 1/2

Si le tri de ses déchets est un geste devenu plutôt commun, il est fréquent de rencontrer des gens qui ne trient pas ou qui ne trient pas correctement. Remettons les pendules à l’heure, afin de ne plus avoir d’excuses pour ne pas bien faire son tri sélectif ! Dans cette première partie, nous reprenons les bases du tri.

Le traitement des déchets

Chaque année, un français produit plus de 355kg de déchets, soit 1 kilo par jour. Depuis une quarantaine d’années, les chiffres ne cessent d’augmenter. Bien sûr, je rediscuterai des façons à notre disposition pour réduire nos déchets, mais aujourd’hui ce qui m’intéresse est de comprendre ce que deviennent ces déchets et comment ils sont traités. Je pense que si tout le monde visitait une décharge, ou prenait le temps de regarder le film Trash, il serait beaucoup plus commun de repenser sa façon de consommer. Parce que nos déchets ne disparaissent pas miraculeusement une fois les poubelles sorties !

Une fois collectés par les collectivités locales ou des entreprises privées, les déchets vont suivre un traitement qui visera à les transformer en objet ou énergie, en réduire la dangerosité, les stocker ou les détruire.

Les déchets recyclables seront acheminés vers le circuit de recyclage adapté : un recyclage chimique pour séparer les composants, un recyclage mécanique pour les transformer (le broyage par exemple), ou encore un recyclage organique par fermentation pour produire de l’énergie ou de l’engrais. Les déchets dangereux auront un traitement particulier pour réduire les risques sur la santé et l’environnement par décontamination, puis seront démantelés afin de revaloriser certains matériaux ou produire de l’énergie.

Les déchets non recyclables et les déchets ultimes des procédés de recyclage seront soit incinérés, soit enfouis dans une décharge. L’incinération permet de réduire la taille des déchets et de produire de l’énergie par combustion. En revanche, c’est un processus polluant par le rejet de gaz nocifs dans l’air, comme le soufre, l’oxyde d’azote ou les métaux lourds, et par les résidus de déchets dont il faut ensuite se débarasser. What goes in comes out, comme dirait Annie Leonard, auteure de The Story of stuff.

Voyons plus en détail le sort réservé à nos déchets basiques.

Le plastique

Ah le plastique, magnifique invention qu’on nous sert à toutes les sauces, qui met des centaines d’années à se dégrader et repeuple nos océans. Il existe 7 types de plastiques différents, mais en France, seulement 2 types sont recyclables : le PET (polyéthylène téréphtalate symbolisé par le chiffre 1) et le PEHD (polyéthylène haute densité, symbolisé par le chiffre 2). Ce sont les plastiques utilisés pour les bouteilles et les flacons. Tous les autres plastiques ne se recyclent pas et se jettent à la poubelle (les pots de yaourt, les films transparents, les emballages fins, contenants de cosmétiques, polystyrène etc.).

Le recyclage du plastique consiste à le broyer en paillettes, le nettoyer et le réutiliser pour fabriquer des fibres et des objets. Ainsi, le PET se réincarne en polyester, rembourrage de couettes et sacs de couchage ou en bouteilles, et le PEHD se transforme en bouteilles, tuyaux, arrosoirs, ou objets.

Pour information, le plastique ne se recycle que quelques fois et nécessite parfois l’utilisation de plastique neuf pour produire un nouvel objet. En fin de vie, direction l’incinérateur !

Le métal

L’acier et l’aluminium sont des matériaux qui rouillent et mettent plusieurs années à se dégrader, avec des impacts négatifs sur l’environnement et la santé. Le point positif c’est qu’ils se recyclent bien et plusieurs fois, l’aluminium pouvant être recyclé à l’infini. Les métaux (canettes, conserves …) sont fondus une fois séparés et sont remis sous forme de barre ou de bobine, redevenant des matières premières prêtes à l’utilisation.

Quant à l’or, il est possible de vendre ses bijoux à des professionnels qui se chargerons de faire fondre l’or et de le purifier avant de le revendre auprès de bijoutiers. N’oublions pas que l’extraction de l’or des mines est très polluante, génère beaucoup de déchets et est dangereuse pour les mineurs qui y travaillent, qui sont d’ailleurs souvent exploités. Par ailleurs, l’orpaillage illégal se développe, avec des conséquences désastreuses sur l’environnement et la santé des travailleurs. Faire recycler ses bijoux permet donc de remettre l’or en circulation, mais il est conseillé de se renseigner et de s’assurer de l’expertise du professionnel.

Le papier

La fibre de bois, biodégradable, est la matière qui se recycle le plus facilement, et donc le plus fréquemment. Le papier et le carton sont broyés et dissous dans l’eau avant d’être réduits en flocons, qui seront ensuite nettoyés et séchés pour être transformés en papier neuf.

Attention tout de même, tous les papiers ne se recyclent pas : le kraft, les papier traités (photo, carbone, plastifié etc.) et les cartons souillés par la nourriture ou les microbes (boîtes à pizza, serviettes, mouchoirs…) seront à jeter à la poubelle. Par ailleurs, la fibre de cellulose se fragilise au fur et à mesure des recyclages, le papier ne peut donc se recycler indéfiniment. Au bout de quelques procédés de recyclage, le papier sera brûlé.

Le verre

Tout comme l’aluminium, le verre, peut se recycler à l’infini. Trié, broyé puis refondu dans un four, le verre déchet devient du verre neuf et coloré. A noter tout de même, tout ce qui est vaisselle, pyrex, vitre, porcelaine et faïence ne se recycle pas ! En effet, ces verres ont subi des traitements spéciaux et contiennent des substances chimiques les rendant non recyclable. Inutile de les mettre dans le bac de recyclage. En revanche, les bouteilles, verres et bocaux sont 100% recyclables.

Les matières organiques

Les déchets alimentaires sont communément jetés à la poubelle. Pourtant, ce sont de faux déchets, car ils peuvent être facilement valorisés et transformés en compost. Près d’1/3 de notre poubelle est composée de déchets organiques, qui pourrissent, sentent mauvais et deviennent toxiques. À Montréal, la ville met à disposition des poubelles de tri pour les matières organiques. L’effort est encore timide en France mais cela vient progressivement. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre mairie pour connaître les possibilité de compostage dans votre ville/ arrondissement.

Les déchets verts quant à eux (feuilles, bois, paille, fleurs…) devront être confiés à la déchetterie à défaut d’être compostés soi-même ou brûlés dans sa cheminée. Il est important de souligner qu’il est interdit de brûler ces déchets à l’air libre.

Les bonne pratiques

Il est essentiel de faire correctement son tri afin que le recyclage puisse être fait efficacement : tout mauvais tri sera refusé par le centre de traitement dans son ensemble. Voici quelques conseils :

  • Bien connaître les déchets recyclables ou non, à l’aide du tableau ci-après ;
  • Vider les contenants de leurs liquides et les compacter afin de réduire le volume et les odeurs des déchets : ce n’est pas parce que quelqu’un nous en débarrasse qu’il faut jeter n’importe comment ;
  • Il n’est pas forcément utile d’ôter les bouchons et étiquettes, ce sera fait lors du procédé de recyclage ;
  • Ne pas mettre ses recyclables dans des sacs poubelles (sauf ceux de couleurs prévus par la mairie), car ils seront tout simplement mis avec les ordures ménagères.

Par ailleurs, je tiens à repréciser que ce n’est pas parce qu’un déchet est recyclable que cela autorise à consommer sans limites. En tant que consommateur, nous ne maîtrisons pas la filière recyclage et ne savons pas avec certitude que nos déchets seront bien transformés. De plus, nous avons vu que tout ne se recycle pas à l’infini. Ainsi, nous pouvons aussi repenser notre consommation avec des gestes simples :

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