8 façons de protéger les océans

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Ce n’est plus un secret pour personne, je suis une grande amoureuse de l’océan et de ses richesses cachées. On ne s’imagine pas tout le beau monde qui vit dans les profondeurs de notre globe et leur importance pour notre survie à nous, êtres terrestres. Les océans vont mal, on le sait. Mais que pouvons-nous faire à notre échelle pour contribuer à limiter la casse, et au mieux à inverser la tendance ?

 

Dès mes premières plongées lors de mon premier long voyage, les fonds marins sont entrés dans mon cœur: une première rencontre avec une baleine, suivie de la découverte de la démarche planante des tortues marines et mystérieuse des requins, puis la fascination devant la danse des raies géantes et l’immensité des requins-baleines, sans oublier les poissons et coraux multicolores, les bêtes à tentacules ou carapaces, ainsi que les espèces microscopiques… bref, un monde envoûtant à découvrir !

Pourtant, face à toute cette beauté j’ai vite réalisé l’ampleur des dégâts, comme le blanchissement des coraux, la perte de biodiversité ou les déchets de plus en plus présents. En cause ? Principalement des méthodes de pêche catastrophiques, une demande croissante en poissons, et la pollution des océans par le plastique et le déversement de substances toxiques.

 

Pourquoi s’en préoccuper ?

Pour la survie des espèces

On estime que sont menacées d’extinction 1 espèce de poisson sur 3, 6 des 7 espèces de tortues marines, près d’1/3 des 256 espèces de requins évaluées par l’UICN et près de la moitié des 13 espèces de baleines. Par ailleurs, la chasse illégale de la baleine ainsi que le massacre de dauphins au Japon et aux îles Feroes continuent.

Pour ma part, rien que l’idée que des espèces tendent à disparaître me suffit à vouloir agir. Mais bon, je peux comprendre que certains n’en aient rien à faire de sauver les tortues et les baleines, question de sensibilité ou de priorités. Soit.

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Pour notre survie

Sauf que protéger les océans est aussi d’une importance cruciale pour notre propre survie. Comme je vous l’avais déjà expliqué lors de ma formation en restauration de corail, les océans produisent près d’un tiers de l’oxygène que nous respirons, grâce aux phytoplanctons, et font circuler la chaleur permettant de réguler le climat. Sans eux, notre existence est sérieusement compromise. Donc finalement, ça nous concerne aussi un peu !

De plus, avec la disparition de grands prédateurs comme les requins, c’est toute la chaîne alimentaire qui est perturbée. Certaines espèces, comme les méduses, vont proliférer et déséquilibrer l’écosystème marin. A Cozumel par exemple, l’arrivée du poisson lion dans un environnement où il n’a pas de prédateur a été catastrophique car il détruit les populations d’autres poissons et se reproduit à vitesse grand V. Du coup, c’est le seul poisson que les instructeurs de plongée sont autorisés à tuer.

 

 

Pour notre santé

Les océans sont malheureusement devenues de vraies poubelles. Nous avons été bercés sous l’illusion que lorsque les déchets disparaissent de notre vue, ils disparaissent tout court! Pourtant, il existe 5 grands bassins de déchets plastiques dans les océans, formés par les gyres océaniques. Par ailleurs, 80% des eaux usées seraient rejetées à la mer sans traitement, déversant tout un tas de produits chimiques et toxiques, de métaux lourds, mais aussi de l’eau chaude.

En plus de polluer les océans, cela intoxique les espèces qui y vivent et que – soit dit en passant – nous finissons par manger. Vous reprendrez bien un peu de saumon au mercure ?

La pollution des eaux est notamment un autre facteur de prolifération des méduses, les déchets plastiques faisant par exemple de très bons nids tous douillets pour leur reproduction.

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Pour l’économie

Il paraît que si on continue comme ça, nous n’aurons plus de poissons en 2035, soit dans 20 ans. Mais si on y réfléchit bien: s’il n’y a plus de poissons, il n’y a plus rien à pêcher et c’est toute l’économie de la pêche qui tombe à l’eau, sans mauvais jeu de mots. CQFD. Selon l’association Bloom, cela représente 12 millions d’emplois dans la pêche artisanale, et un demi million dans la pêche industrielle.

Et avec la recrudescence de méduses dans les eaux, bye bye baignade et tourisme littoral. Je me dis que c’est pas terrible pour le tourisme, première industrie de la planète.

Donc c’est bien beau d’avoir une vision court termiste et de placer les enjeux économiques avant notre bien-être et celui des autres espèces, seulement les conséquences du désastre que l’on est en train de créer et de soutenir ne sont pas très loin, et là c’est tout le monde qui coule.

Mais bon, ici on ne déprime pas, on passe à l’action car chacun peut faire un peu et influencer les autres. L’effet boule de neige peut aussi aller dans le bon sens ! Même si la tâche est grande, chaque action pour aider les océans à retrouver un équilibre est bonne à prendre.

 

8 Gestes à adopter !

Nous, consommateurs, ne sommes pas de simples moutons. Nous avons un choix qui s’offre à nous à chaque fois que l’on achète quelque chose et nous pouvons à travers celui-ci exprimer notre volonté d’aller vers une consommation plus responsable.
Alors voici 8 idées pour consommer mieux, favoriser les pratiques durables et limiter la pollution des eaux.

 

Repenser sa consommation de poissons

1. Réduire sa consommation : Les français avalent environ 34 kilos de poissons par an et par habitant. Nous pouvons déjà manger moins de poisson et ainsi diminuer la demande. Au passage, on ingère moins de métaux lourds et de plastique, ce qui n’est pas plus mal.

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2. Refuser de consommer les espèces les plus menacées comme le thon rouge, le cabillaud, le saumon sauvage d’Atlantique, le lieu ou la lotte. Pour vous repérer, GoodPlanet a développé une application gratuite pour nous aider dans nos choix. Car selon la provenance et le type de poisson (sauvage, élevage), le risque n’est pas le même.

3. Limiter sa consommation de poissons carnivores d’élevage, comme le saumon d’élevage norvégien. Pourquoi? Parce que pour produire 1 kilo de saumon il faut 5kg de poissons. De plus, ils sont parfois aspergés de pesticides et gavés d’antibiotiques, ça ne donne pas très envie.

4. Privilégier la pêche artisanale et les méthodes de pêches moins destructrices. Vous n’avez pas pu passer à côté de la campagne lancée par Bloom il y a 3 ans sur le chalutage en eaux profondes, illustrées par la dessinatrice Pénélope Bagieu. Certaines méthodes sont désastreuses pour les écosystèmes marins et sont en grande partie responsables de la surpêche et de la diminution du stock de poissons. Consultez cette infographie pour savoir quel type de pêche est plus durable (comme la ligne de main ou la senne sur banc libre) et choisissez votre poisson en fonction de l’engin de pêche utilisé !

5. Se référer au label MSC, le seul label pour la pêche responsable. Néanmoins, seuls 6 % des captures mondiales sont certifiées, autrement dit, pas grand chose.

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Limiter la pollution des océans

6. Réduire sa consommation de plastique : le plus simple est de commencer par tout ce qui est jetable, comme les pailles, la vaisselle en plastique, les emballages superflus ou les bouteilles en plastique. Réfléchissons-y 2 secondes. Consommer un objet pendant moins de 5 minutes mais qui va rester dans la nature pendant plus de 400 ans, est-ce vraiment sensé? Pour vous aider, j’ai rédigé tout un article sur les alternatives au plastique !

7. Faire attention aux produits toxiques : nos produits de grande consommation contiennent une panoplie incroyable de produits chimiques qui sont dangereux pour les océans mais aussi pour notre propre santé (fragrances, solvants, conservateurs, agents moussants, épaississants, fixateurs, filtrants, émulsifiants…). Nous pouvons acheter des produits dénués de ces produits ou encore fabriquer nous-mêmes certains cosmétiques et produits d’entretien ! En particulier, à l’approche des beaux jours, adoptez de bonnes pratiques dans votre utilisation de crème solaire !

Voici d’ailleurs une « petite » liste non exhaustive de 15 substances toxiques à éviter !

Substances à traquer

8. Ramasser ses déchets sur la plage, voire ceux des autres si on en a le courage. Et s’il vous plait, faites attention à vos mégots de cigarette !

Finalement, ce n’est pas si sorcier de faire un petit geste pour les océans. On peut choisir de tout faire ou de n’en privilégier qu’un seul, l’idée n’est pas forcément de devenir un consommateur modèle mais d’agir !

Pour aller plus loin, vous pouvez aussi soutenir des associations de protection des océans.

– Sea Shepherd lutte contre la chasse illégale et les massacres d’espèces marines;
– Good Planet sensibilise sur les rôles essentiels des océans;
– L’association Bloom a pour mission de protéger les océans et les espèces marines, ainsi que de promouvoir une pêche durable;
– Surfrider Foundation mène des actions sur les déchets aquatiques, le climat, la qualité de l’eau, les infrastructures maritimes et l’aménagement du littoral.

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Et toi, quel geste peux-tu faire pour les océans ?

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